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Esthétique et médical
23/10/2005 à 12h30
Suite à une réponse de Zorbeca à un de mes posts en cas cliniques :
> Quand l'esthétique vient au secours du médical.
J'aimerai comprendre pourquoi, beaucoup d'entre nous faisons une dichotomie aussi poussée entre les deux.
La personne, en l'occurence nos patients, n'est elle pas entière, qu'il faille la sauciner en divers tranches certaines relevant uniquement du paraitre d'autres du bien être ?
Si je fais des dents couleur dent, qui vont faire que mon patient se sentira mieux dans sa tête, et donc dans son corps, ne fais-je que du paraître ?
23/10/2005 à 12h54
attention la beauté rend les gens très anxieux car cela se dégrade dans le temps !
donc ne pas faire de trop beaux sourires ......aux jeunes
quand au vieux c'est leur retourner le couteau dans la plaie .. un vrai manque de respect ......leur rappeler physiquement qu'ils furent beaux .......
avoir la santé pose un vrai problème c'est qu'il y a de fortes chances que cela se dégrade !
mais t'as raison al evidemment ...et c'était bien le sens de la remarque de zorbec le gras non ?
23/10/2005 à 13h00
Il y a sans doute une gradation entre les deux. Quand un patient vient nous voir parcequ'il n'a plus de dents dans le secteur antérieur, je pense qu'on sera tous d'accord pour considérer qu'on soigne un réel handicap en lui remplaçant ses dents manquantes.
Maintenant quand un patient demande un blanchiment pour ressembler aux stars américaines, on peut peut-être penser qu'on s'éloigne du médical pour aller dans une demande purement esthétique.
J'entend bien ton idée selon laquelle en soignant l'esthétique, on soigne les douleurs morales, et qu'on n'a pas à juger de la validité de telle ou telle demande. Après ça relève un peu de l'appréciation de chacun.
Est-ce que tu considères par exemple que les seins siliconnés relèvent du médical ? Même si ils répondent parfois à un profond complexe de certaines des femmes qui se les font poser, est-ce que ça devrait être remboursé par la sécu ?
Est-ce que, devant certains complexes qui paraissent exagérés, le rôle du praticien n'est pas d'orienter le patient vers un traitement plus approprié, qui lui permettrait de comprendre l'origine de son mal être et d'éviter que la résolution purement dentaire de son problème ne mène à l'apparition d'une nouvelle douleur fixée sur une autre partie de son corps ?
Je pense que vous avez déjà tous vu à la télé des personnes manifestement malades qui sont passés par moultes opérations de chirurgie esthétique sans que leur mal être ait été résolu, et qui ne peuvent pas s'arrêter. En général, la vision de ce genre de reportage nous fait nous interroger sur les raisons pour lesquelles les chirurgiens acceptent les demandes délirantes du ou de la patiente. Je pense que de la même façon, nous avons un devoir en tant que soignant de repérer ce genre de demandes chez les patients et de les orienter vers les traitements appropriés. Maintenant ce n'est pas facile à faire et c'est souvent mal reçu par les patients, la faute entre autres à une formation initiale totalement muette sur le sujet.
23/10/2005 à 13h02
al Ecrivait:
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> Si je fais des dents couleur dent, qui vont faire
> que mon patient se sentira mieux dans sa peau, et
> donc dans son corps, ne fais-je que du paraître ?
Je bosse en vacation dans le milieu psychiatrique, mon rôle consiste souvent à rendre un sourire à des pauvres gens qui sont complètement déconnectés, on essaye donc de leur rendre une certaine dignité, cela passe par le dentiste, le coiffeur, l'esthéticienne etc...
Sans cela aucune chance de réinsertion.
Si grace au blanchiment on arrive à supprimer le tabac, quelle belle victoire!
A+
23/10/2005 à 13h09
choixpeau je vois pas où est le mal à vouloir des dents blanches, d'après toi ça releve d'un problème plus profond, alors je dois avoir un problème parce que moi je me suis fait un blanchiment dès que j'ai pu à la fac.
Et puis le matin quand je me leve j'essaie de bien m'habiller, je me coiffe...
23/10/2005 à 13h53
Ce n'est pas ce que j'ai dit.
Je ne considère pas que le blanchiment soit un acte médical. Mais ce n'est pas pour ça qu'il ne faut pas en faire.
23/10/2005 à 17h06
Je trouve une différence entre intégrer de l'esthétique dans une réhabilitation dentaire, et accéder à une demande purement cosmétologique du patient, quelquefois au risque , fut-il indirect, de porter atteinte à son capital dentaire.
Un exemple: un blanchimment chez un individu irresponsable qui poursuivra dans une attitude à risque (tabac, colorants alimentaires), c'est répondre à son phantasme esthétique et lui préparer des lendemains qui déchantent.
Or, en la matière, l'irresponsabilité du sujet peut aller jusqu'à des promesses qu'il ne se tiendra pas à lui-même (arrêt du tabac, prudence vs à vis des recolorations). Doit-on se sentir responsable de ce dérapage?
A fortiori, lorsque je constate que certaines de mes patientes se sont fait coller un brillant sur une incisive par un esthéticienne (5mn=25!), laquelle me fait demander une anesthésie des lèvres pour leur en tatouer le contour, ce que je refuse bien évidemment, et que celles-ci insistent pour un blanchimment, il ne m'est pas si difficile de résister à l'appât du gain pourtant si facile, en abusant de cette obsession de la blancheur et de la perfection visuelle.
On peut alors extrapôler à propos des facettes, CCM, et ce qui m'arrête à ce niveau c'est bien l'atteinte à l'intégrité d'un organe, aussi imparfait soit-il, pour accéder à une requête, sans possibilité de retour à la situation initiale.