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je prescris, tu prescris, il prescrit...
30/04/2006 à 10h42
quand je relis mes ratios dépense/patient en prescription, je suis dans une catégorie 4 étoiles. mais dans le sens très faible.
alors je me pose une question bête : soigne-je moins bien mes patients que mes confrères du coin, ou est-ce eux qui prescrivent trop ?
et quand je lis sur eugenol, les prescriptions qui sont faites, alors que moi je ne les aurais pas faite dans la même situation, je me demande si je fais bien ou mal.
en tout cas, depuis quelques années, quasiment la seule prescription d'antibiotiques que je fais concerne les flashes de 3g d'amoxicilline dans le cas de risque d'osler.
plus d'anti-inflammatoires stéroïdiens depuis des lustres.
et je ne prescris pas plus d'autres médicaments plus ou moins ésotériques.
donc je m'interroge. et aimerais avoir votre avis...
30/04/2006 à 11h30
Une fois par semaine le jour de chirurgie. 3-4 patients pour pose d’implants/greffe suivie de prescriptions de Brufen (non steroidal anti inflammatoire et analgésique).
C’est tout ! alors moi c’est quoi * * *, * * *1/2 ou * * * * * :)
30/04/2006 à 13h54
Il semblerait al que tu aies atteint le Nirvana de notre exercice, en n'ayant que des patients en bonne santé.
Pas de cas de cellulite séreuse hyper douloureuse?
Pas de récrimination post-opératoire?
Plus du tout de desmodontite?
Aucune confiance dans l'effet placebo d'un Arnica 15CH en post-traumatique, ou dans la "disparition" d'un abcès parulique sous Hepar Sulfur 4CH? :)
30/04/2006 à 14h45
j'ai jamais regardé ces relevé cpam d'activité, ils me gonflent severe, mais quant aux prescriptions c'est vrai qu'il y a souvent moyen de n'en pas user, ou abuser
30/04/2006 à 16h42
MARK Ecrivait:
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> Il semblerait al que tu aies atteint le Nirvana de
> notre exercice, en n'ayant que des patients en
> bonne santé.
je n'ai absolument pas cette sensation. simplement, je pense que plus de 90% des problèmes peuvent-être réglés par des solutions locales.
en particulier, en cas de cellulite, si elle est collectée, un coup de bistouri rend tout antibiotique à mon sens inutile, et si elle ne l'est pas, il suffit d'ouvrir la dent causale, pour soulager. et dans ce cas, je prescris ... un bain de bouche à l'eau très salée. (méthode machtou). c'est franchement déguelasse, pas remboursé par la sécu, mais extrêmement efficace.
je n'ai pas dit pour autant que j'ai cessé toute prescription, mais elle devient exceptionnelle. il m'arrive de prescrire des antalgiques, mais ça s'arrête à l'ibuprofène, ou au paracétamol.
quant aux desmodontites, mes patients en ont aussi suite à mes endos, mais comme je prend la précaution, un de les prévenir du risque, deux de mettre en sous-occ, le résultat en est que dans la très grande majorité des cas, le patient n'a pas besoin de prendre quoi que ce soit.
pour avoir visité il y a dix ans, quelques services de réanimation lourde, j'ai pris conscience de la gravité d'une prescription antibiotique et corticoïde. oui ces deux médicaments sont indispensables. mais les praticiens réanimateurs te diront qu'ils ont la hantise des résistances de plus en plus importantes qui se développent vis à vis des antibiotiques les plus courants. et d'après eux, ça tient au fait que plus de 9 prescription de sur dix est totalement inutile, je le répète pour ce qui concerne les antibiotiques. et leur crainte majeure, est de se retrouver face à un patient, pour lequel plus rien ne marche.
les corticoïdes, quant à eux, sont de merveilleux médicaments, pour des usages bien déterminés. et de l'avis de ces mêmes réanimateurs, le domaine dentaire n'entre pas dans ces usages, sauf, pour de la vraie réanimation, choc anaphylactique par exemple. mais certainement pas, d'après eux, pour une médication de confort.
c'est leur avis, et je le partage fortement. mais c'est vrai que l'ouverture des parapluies médicamenteux est tellement plus facile...
30/04/2006 à 17h22
Je partage ton point de vue,Al, encore que sa formulation eut pu paraître au départ quelque peu exclusive.
Mais bon, on n'se refait pas , pas vrai? :)
Heureux de constater que tu prescris encore quand c'est nécessaire. :)
Tu omettais le cas de la cellulite séreuse aigüe sur traitement canalaire insuffisant, qui empêche le geste salvateur de la simple ouverture camérale, et ne permet pas encore l'incision libératrice.
Dans ce cas, le tableau est tellement violent, et la nécessité de soulagement si urgente qu'il est pour moi un cas de prescription de stéroïdien, associé de ce fait à une antibiothérapie obligatoire.
J'avoue ne pas pratiquer la mise en sous-occlusion systématique, et en tout cas jamais comme il a fallu exceptionnellement que j'y procède sur des cas de surélévation maousse de la dent par desmodontite carabinée. (ben oui, ça arrive, une fusée de NaClO en chantant ou en racontant une bonne blague ou en engueulant l'assistante...). Aussi, je prescris SYSTEMATIQUEMENT un AINS après obturation canalaire en précisant au patient d'attendre le lendemain pour apprécier l'opportunité d'aller se le procurer en cas de besoin.
Enfin, cela me paraît à tout le moins du domaine de la plus élémentaire bienveillance que de prescrire un antalgique à un patient chaque fois qu'il risque d'en avoir besoin, selon la même procédure, c'est à dire prescription avec achat différé selon circonstance.
Les patients sont suffisamment informés et disciplinés pour respecter ce principe de temporisation. Inutile de les mettre en situation de consulter, soit en débarquant au cabinet le lendemain, soit en consultant un médecin le week-end!
Il est vrai cependant que le recours aux soins locaux personnels, et les traitements cliniques complets et définitifs, ont participé à la réduction significative des prescriptions de confort ou d'interséance.
Il n'en demeure pas moins vrai qu'épargner douleur, inconfort, impotence à nos patients, c'est la moindre des bienveillances à leur égard.
La résignation à la douleur est d'un autre âge... "si ça fait mal, c'est que ça soigne! " disait ma grand-mère.
30/04/2006 à 17h27
Le gros soucis, c'est qu'un nombre de praticien pour être "tranquille" prescrivent un atb-antalgique-bain de bouche pour les urgences-abces-douleur... à des patients pénibles qui ne comprendraient pas que l'on ne leur donne pas un traitement (dans leur tête s'ils ont mal il faut des médoc---à cause de leur medecin qui surprescrit pour justifier ses 20 mais c'est un autre probléme...) et comme le dentiste est aussi coupable et n'a pas envie de perdre son temps en justification et en temps précieux: ordonnance et tout le monde est content...
Sauf la sécu...
30/04/2006 à 19h08
moi je ne prescris pas trop non plus,souvent ce sont les patients qui demandent,mais cela dépend un peu du contexte
si c'est un patient suivi,avec un niveau d'hygiene satisfaisant,mes "bons soins" ne necessitent rarement de prescription,(sauf comme Mark,qd j'ai un doute,plutot que d'être dérangée ou obliger le patient à aller consulter ailleurs en cas de douleur "matinale",je fais l'ordonnance,en leur précisant bien de ne les consommer qu'en cas de complications éventuelles
maintenant quand un patient débarque avec une bouche "pourrie" sur laquelle on ne peut intervenir dans l'immédiat et que la dent semble à extraire,je prescrit des AB,souvent,ça les soulage et deux cas de figure ,ils ne reviennent pas,ce n'est pas une grande perte,ou alors ils reviennent et je commence l'éducation de leur santé bucco dentaire!
30/04/2006 à 20h13
MARK Ecrivait:
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> Dans ce cas, le tableau est tellement violent, et
> la nécessité de soulagement si urgente qu'il est
> pour moi un cas de prescription de stéroïdien,
> associé de ce fait à une antibiothérapie
> obligatoire.
Un anti-inflammatoire sur un tableau infectieux: ça sert à quoi ?
> Aussi, je prescris SYSTEMATIQUEMENT un AINS après
> obturation canalaire en précisant au patient
> d'attendre le lendemain pour apprécier
> l'opportunité d'aller se le procurer en cas de
> besoin.
Un de nos profs, quand il nous faisait la liste des indications des différents médicaments, mettait pour les AINS "pas d'indications".
En général, après une endo, j'indique toujours aux patients qu'ils pourront avoir un petit peu mal, et c'est suffisant pour les rassurer et rendre leurs éventuelles douleurs supportables.
>
> Enfin, cela me paraît à tout le moins du domaine
> de la plus élémentaire bienveillance que de
> prescrire un antalgique à un patient chaque fois
> qu'il risque d'en avoir besoin, selon la même
> procédure, c'est à dire prescription avec achat
> différé selon circonstance.
>
Amha, ça encourage les tendances à l'auto-médication des patients.
> Les patients sont suffisamment informés et
> disciplinés pour respecter ce principe de
> temporisation.
Tu parles ! Est-ce que tu as déjà demandé aux patients à qui tu as prescrit des antibios à postériori quand est-ce qu'ils les ont arrêté ? Tu serais surpris de voir le nombre de cas où les patients ont fait n'importe quoi, malgrès les nombreuses explications tant écrites que orales sur la nécessité de respecter la prescripition et de ne pas l'arrêter avant la fin.
> La résignation à la douleur est d'un autre âge...
> "si ça fait mal, c'est que ça soigne! " disait ma
> grand-mère.
Mais aussi "les antibiotiques, c'est pas automatique".
30/04/2006 à 20h27
Le Choixpeau magique Ecrivait:
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>
> Mais aussi "les antibiotiques, c'est pas
> automatique".
on est bien d'accord mais dans le doute,età égalité d'erreurs qu'est il préférable,de prescrire des AB ,alors que l'on aurait pu s'en passer,ou ne pas en prescrire lorsqu'ils étaient indispensables?
notre savoir est il assez fiable pour assurer nos certitudes?
30/04/2006 à 20h30
annie Ecrivait:
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> notre savoir est il assez fiable pour assurer nos
> certitudes?
Il y a des consensus (voir le site de l'has), mais encore faut il être capable de poser un diagnostic.
30/04/2006 à 21h29
tiens une question serieuse al, prescription d'antibio ou pas avant une chir touchant à l'os style implanto ou DDS incluse.
30/04/2006 à 21h42
implanto,j'en sais rien dds incluses,non pas systématique sauf après extraction si celle ci a été trop mutilante et encore!
30/04/2006 à 21h46
on est tous d'accord , le moins de prescriptions possibles, l'acte local prévaut.
ok pas d'AB pour un abcès d'une dent lactéale, tu l'as fait sauter direct, mais quid de la cellulite génienne même avec débridage de la dent causale, de l'abcès paro, d'une GUNA, d'une pericoronarite associée à une angine de Vincent...
ok jamais d'AIS sauf en bain de bouche sur un lichen plan diagnostiqué (et encore en 2eme intention), mais les AINS rendent il me semble service en post-op, mais pas" au cas où", c'est en effet faire la part belle à l'auto-medication (docteur, ch' trop mal, j'ai pris 2 boites de doliprane, çà fait rien, j'ai même fait des bains de bouche au rhum....)
30/04/2006 à 21h50
pour l'auto médication,la meilleure entendue et véridique (vécue par mon mari) un patient a mis du Dtt dans sa dent pour tuer le ver qu'il y avait dedans et qui le faisait souffrir
30/04/2006 à 21h50
mac Ecrivait:
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> tiens une question serieuse al, prescription
> d'antibio ou pas avant une chir touchant à l'os
> style implanto ou DDS incluse.
Je rebondis sur la question.
Cf mon post en rubrique implanto sur vidéos explicatives.
30/04/2006 à 22h00
pour le risque de nécrose?
je pense que le risque est plus du à un échauffement excessif de l'os qu'a l'exposition du lambeau.
30/04/2006 à 22h13
steph Ecrivait:
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> Donc pas d'AB.
>
pourquoi?
30/04/2006 à 22h20
et l'antidote du paracetamol c'est le mucomist (pour fluidifier les bronches) vous saviez?? par contre pour le dtt, annie, je vois pas, le brufen peut être (un ver, 2 vers, 3 vers...)
30/04/2006 à 22h36
mac Ecrivait:
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> steph Ecrivait:
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> > Donc pas d'AB.
> >
>
>
> pourquoi?
>
>
Pourquoi pas...