Tous les forums
la santé dentaire: une question de priorité???
08/08/2006 à 00h06
Après avoir vu aujourd'hui en consultation le patient le plus con de ma vie, je profite de l'alcalmie des vacances pour lancer le débat:
Quelle priorité les patients accordent-ils à leurs soins dentaires et plus généralement à leur santé?
La vie est une question de priorité, dit-on.
Alors que je sortais de fac, plein de bonne volonté et d'enthousiasme, je ne comprenais pas pourquoi on pouvait rester avec une bouche dans un état lamentable et ne rien faire, si ce n'est à cause d'une question d'argent.
J'ai compris cette notion peu de temps après en regardant une émission à la noix. On y voyait un couple de français, modeste, qui avait claqué 15000 dans leur laguna pour y adjoindre des pièces de tuning. Tout le fric du ménage y passait, quitte à manger des pates à la fin du mois. Il y a avait même une PS2 et un écran plat dans la caisse. Du pur délire!!! Jusque là, j'étais juste amusé voire consterné. J'ai compris en voyant sourire la conductrice: on voyait visiblement une sorte de CCM sur la 11 et tout le reste des dents n'étaient que chicots et dents bien grisatres. Purée! pour 15000, je lui fait un sourire à la julia roberts, me dis-je!
Et là tu te dis que ses dents, elle s'en fout complétement.
Pour le c.. d'aujourd'hui, il devient surement mon number 1 au classement du top 50.
Déjà, il se pointe avec une dizaine de minutes de retard "ah bon? il est quelle heure?". Comme ça ne se bouscule pas au portillon en ce moment et qu'il faut bien manger ce soir, je le prends quand même en lui faisant remarquer son retard et que je n'aurai que peu de temps à lui consacrer.
Son motif: a perdu un amalgame sur sa 36 réalisé 5 mois auparavant par un confrère. Il me tend une pano de 2004. Je mate vite fait la dent et prend une radio. bilan la dent est foutue, la zone interradiculaire est bouffée, à extraire. "vous êtes sûr?" oui, je suis sûr.
Il crache un peu sur le confrère qui lui a dit que ça tiendrait 5 ans alors que c'est tombé au bout de 2 mois. Il est resté 3 mois avec son trou, n'ayant pas mal car la dent est dévitalisée. je n'aime pas ce genre d'attitude car s'il critique le confrère, il me critiquera aussi auprès d'un autre. Je balance un cavit et lui dit qu'il faudra extraire cette dent.
Il me parle qu'il faudra combler le trou et il me lance agressivement: "quel prix!?"
quel prix? pour quoi?
"allez, pas de langue de bois?", etc...
je lui évoque la possiblité d'un bridge car la 37 est dévitalisée et il faut faire une bio sur la 35.
Je l'installe au bureau après lui avoir montré en bouche avec un miroir les principales caries.
Il me reparle de prix, je lui dis que c'est impossible à chiffrer pour le moment car la pano est trop ancienne (il y avait une dizaine de dents à soigner) et qu'il faut en faire une nouvelle. Je lui parle de l'importance de tout soigner, l'influence sur sa santé...
"il me lance arrétez votre barratin et donnez moi un prix!"
je lui dis que c'est impossible mais qu'il fallait compter au moins 3000 pour tout remettre en état. " C'est cher!" ben oui, c'est cher mais je n'ai pas inventé vos caries...
Il me dit qu'il n'a pas les sous car étudiant, commence à être vraiment haineux et agressif tout en s'en défendant de l'être.
Je vois son paquet de clope et son portable sur le bureau. Il fume environ 1 paquet par jour.
Pour le calmer un bon coup, je lui dis que ses priorités sont la clope et communiquer avec son téléphone. Ok, c'est son choix. S'il se prive de clope et de portable pendant un an, il pourrait remettre sa bouche en état! j'ai jeté un gros froid et je l'ai salué en lui disant d'aller se faire soigner via un tour operator à l'étranger, qu'il en aurait pour ce qu'il veut bien. Et ciao!
Pffiou, heureusement qu'ils ne sont pas tous comme lui...
votre avis sur la question?
Quelle place nos patients accordent-ils à leur santé dentaire en général?
Comment êtes-vous perçu par vos patients?
Recherchent-ils tous un prix? la qualité? ou les deux?
C'est un peu philo comme sujet mais ça m'intéresse.
08/08/2006 à 01h20
bon bein PREUM'S
Perso j ai la chance d avoir commencé a bosser dans un cabinet ou les patients etaient déja "eduqués "
En gnle ( meme si 6 fois sur 10 ils se pointent parce quils ont mal ) ils sont conscient que santé dentaire et santé tout court vont ensemble .
De temps en temps arrive un patient avec une bouche cata et la je prend en gnle 30 min de cs pour lui faire comprendre et lui montrer qu ils est en mauvaise santé , on le jauge pour voir si il est receptif aux explications et plan de traitement +/- Global ( juste dans les termes , pas dans le details des devis )
Mon avis sur le probleme est tres simple :
On est une des disciplines de santé ou les patients ne sont pas " obligés " de se soigner ( contrairement a un cardiologue ou un generaliste par exemple ) certains se rendent compte de l interet d autre non .
A chaques fois que je vois un patient qui rechigne rien qua voir le prix d une endo je pense au patient que jai eu recement qui a vendu sa voiture juste pour pouvoir remanger un morceau de poulet comme quand il avait 20 ans...
Je me dis donc que OUI tout reste une question de prioritées et que ceux pour qui la santé dentaire n est pas importante ne peuvent pas etre soigné correctement
Sans rentrer dans le debat traitement global ou non, rendre service aux patients en faisant une endo sur une dent a moitiée cariée et poser un amlg , c est aussi lui faire la promesse de le revoir dans 3 semaines avec un syndrome du septum , dans 6 mois avec une parodontite apicale ou dans 5 ans avec une dent implosée .
Comme dit un eugenolien ( dont jai oublié le nom ) et qui gagne a etre connu : Je ne tiens pas aux dents de mes patients plus qu ils n'y tiennent eux meme . Amen
08/08/2006 à 01h37
>: Je ne tiens pas aux
> dents de mes patients plus qu ils n'y tiennent eux
> meme .
tout est dit,tonio
mais qqes années pr l'accepter
reconnaitre les moulins à vent
et arreter de se battre contre
08/08/2006 à 02h03
la difficulté de la reponse tient au fait que tu aimerai qq chose de global qui s'applique à tout le monde et dont tu puisse te servir à volonté parceque c'est qq part sur l'unit entre la tubine et le detartreur....
il ne te reste + qu'a considerer qu'il n'y a pas une masse uniforme, mais une collection de cas individuels... et que tu va etre surpris ( en mal ou en bien ) assez regulieremnt ( en mal moins longtemps parcequ'on s'y habitue + vite du fait de la forte proportion )
A toi de faire ton boulot le mieux possible d'expliquer, parfois de convaincre en sachant que personne n'a envie de croire Cassandre.
Mais parfois ça marche.
Qd a l'histoire de l'interet comparéatif: autant déclarer etre un avocat qui ne defend pas les coupables.
Sur du moyen long terme, tu trira tes patients, les non motivés ont tendance à rater ou annuler leur RV: c'est le point d'appui sur lequel tu pourra jouer.pour le reste j'ai lu nombre de tes post, tu as toutes les qualités pour avoir une patientele assez large pour pouvoir la trier. je suis sur que dans ton cas ce n'est qu'une question de temps
08/08/2006 à 02h30
Tonio,
si ton patient ne voulait connaître que le coût des soins de cette dent, il fallait le lui dire, sans extrapoler sur les autres problèmes qu'il pouvait avoir dans sa bouche.
tu lui annonces 1800, sans préciser qu'il s'agira d'un bridge ou d'un implant, point final.
mais je te comprends, c'est difficile de ne pas se braquer en face d'un gland !
08/08/2006 à 03h01
ciwil Ecrivait:
-------------------------------------------------------
> Tonio,
> si ton patient ne voulait connaître que le coût
> des soins de cette dent, il fallait le lui dire,
> sans extrapoler sur les autres problèmes qu'il
> pouvait avoir dans sa bouche.
> tu lui annonces 1800, sans préciser qu'il s'agira
> d'un bridge ou d'un implant, point final.
> mais je te comprends, c'est difficile de ne pas se
> braquer en face d'un gland !
je pense que tu as vu juste ciwil.
En fait, je crois que ce patient était limite psychiatrique: il a l'impression que tout est hors de prix, que l'on veut l'arnaquer et lui piquer son argent.
Je crois avoir un petit peu plus d'expérience que tilc (sans vouloir te vexer). J'essaye d'appliquer au mieux un traitement global pour chaque cas, même s'il n'y a pas grand chose à faire.
Je commence à avoir un discours rodé pour présenter les pathologies en s'adaptant à chaque cas.
Après, je propose un plan de traitement. Ils acceptent, tant mieux pour eux; ils refusent, dommage pour eux, ce ne sont pas mes dents.
J'ai réussi avec le temps à accepter de faire le deuil de ne pas convaincre tout le monde. Et heureuseument, sinon il faudrait m'appeler Dieu... ;)
En fait, je n'étais jamais tombé sur un patient aussi borné, limite revanchard (apparemment sa famille appartient au corps médical et il met tout le monde dans le même panier en disant que l'on ne pense qu'au fric) et vraiment étroit d'esprit.
Je n'ai pas pour habitude de parler directement du prix, je pense que c'est néfaste pour l'image. Cela me fait penser au papy qui passe au cabinet "juste" pour un devis pour son complet. Zou, c'est direct sur le fauteuil, on examine et ensuite devis si intéressé, on évoque aussi les implants aussi même si c'est peine perdue. Au moins, j'ai mon job comme il doit être fait. Je m'en tape de ne pas faire le berlingot.
S'il demande le prix après nos explications, c'est qu'il est intéressé parce qu'on lui propose. S'il demande le prix directement, j'ai plutôt l'impression d'être le vendeur darty du coin (sans connotation péjorative) qui essaye de placer un home cinéma avec un lecteur DVD pour 50 de plus. Et je n'envisage pas ma pratique sous cet aspect.
Lui dire le prix directement cautionnait son attitude et son entêtement. Et comme je suis têtu aussi... ça ne pouvait que faire des étincelles!!!
08/08/2006 à 07h47
tonio Ecrivait:
-------------------------------------------------------
S'il
> demande le prix directement, j'ai plutôt
> l'impression d'être le vendeur darty du coin (sans
> connotation péjorative) qui essaye de placer un
> home cinéma avec un lecteur DVD pour 50 de plus.
Je me sens encore plus "agressé" quand on me demande "mes prix" par téléphone...
un jour où j'étais d'humeur, j'ai donné le vrai tarif de ma CCM et : "mais c'est dommage madame, vous venez juste de rater une vente-flash : pendant une heure vous aviez l'armature or au prix de l'armature acier, dommage, allez au revoir..."
08/08/2006 à 10h27
tonio Ecrivait:
-------------------------------------------------------
> La vie est une question de priorité, dit-on.
> J'ai compris cette notion peu de temps après en
> regardant une émission à la noix.
ce n'est pas parce que tes nuits sont chaudes que le commun des mortels se doit de dormir la fenêtre ouverte.
08/08/2006 à 10h58
Bonjour à tous, me revoilà, de retour de cette chère Asie du sud est.
Alors mon petit Tonio, je crois que la réponse à ta question-titre est "oui". Tout dépend des priorités du patient. Pardonne moi d'etre agressif, mais tu sais que c'est pour te taquiner, mais je te pose cette question: qui es-tu pour determiner que 15 000 seraient mieux employés dans une denture à la Julia roberts que dans des accessoires de Tuning, qui plus est pour laguna ? Tout simplement parce que tu vends des dentures à la julia roberts. Tu es donc soucieux de la santé de tes patients. Tu connais les conséquences à long terme de ce délabrement qui était déjà visible en façade. Mais tu serais vendeur d'accessoires de tuning, tu te dirais que quand meme, c'est du beau boulot cette Laguna, c'est quand meme une horreur sortie d'usine, et que là, quand meme, ça en jette.
On a tous des patients dont la mutuelle prendrait en charge 95 % du traitement, voire 100 % chez les cmu, et qui pourtant ne donnent pas suite. Ce n'est donc pas qu'une histoire d'argent. Il y a des gens qui s'en foutent. Et on a du mal à le comprendre, parce que c'est notre taf, ce qui nous fait vivre, ce à quoi on a consacré nos jeunes années pour apprendre... et on tombe en face de couillons à qui ça ne fait ni chaud ni froid. Tu t'escrimes à faire un beau plan de ttt, avec photos, tu imagines déjà essayer ce nouveau truc que t'as vu avec ton proth la veille et tout... "Non bah je vais prendre l'appareil en fait"... grrrr.
Deux voies s'ouvrent alors à toi. Soit tu les vires, genre "moi je fais pas les choses à moitié", et tu vas vers un exercice compliqué à mettre en place mais probablement très gratifiant. Quand un patient arrive, tu observes, tu établis et tu présentes "voilà ce que je peux faire pour vous".
Ou bien tu commences la séance en demandant "qu'est-ce que je peux faire pour vous ?", tu notes leur réponse sur un bout de feuille que tu emmènes avec toi et tu demandes l'autorisation de faire un tour complet, une pano... et tu leur "signales", en faisant celui qui signale, ce que tu vois d'autre. C'est comme ça que je fais depuis 3 mois après quelques vestes et une remise en question binhasso-collaborateuresque.
Verdict dans 6 mois !
Allez haut les coeurs, j'ai eu une patiente qui arrêtait pas de me dire "je ne suis pas crésus" quand je lui parlai prothese, je l'ai laissé mariner en lui disant "c'est de toute façon vous qui décidez, madame"... et elle est revenue, et n fait le stellite... C'est pas les implants, certes, mais, même avec un certain sens des priorités, un smic pour deux ne permet pas 5 implants.
08/08/2006 à 15h26
Ldl, tu pourrais développper un peu ta nouvelle "méthode" de proposition de plans de traitement globaux, tu m'intéresse, merci.
Tonio, je suis convaincu comme toi qu'il faut faire du global, mais l'autre jour tu n'as répondu que partiellement à mes interrogations. Si j'ai bien compris, tu essayes de présenter le plan de traitement complet le plus tôt possible, et de faire du global pour tous tes patients, même les plus petits cas. Moi ce que je ne comprend pas, c'est le timing. Le temps de faire les bilans radio, d'éventuels modèles d'étude, d'établir le ou les plans de traitement et les devis correspondants, tout ça prend quand même un certain nombre de séance. Est-ce que ça veut dire que pendant toutes ces séances tu ne commences aucun soin ? Perso j'aurais peur que les patients aient l'impression que je les ballade, ou que je ne suis bon qu'à palabrer. Et je ne peux m'empêcher d'avoir envie de leur "montrer ce que je sais faire" avant de leur faire signer un devis (surtout que comme tu l'as vu, je fais très jeune).
08/08/2006 à 15h33
Le Choixpeau magique Ecrivait:
------------------------------------------------------. Moi ce que je ne comprend pas,
> c'est le timing. Le temps de faire les bilans
> radio, d'éventuels modèles d'étude, d'établir le
> ou les plans de traitement et les devis
> correspondants, tout ça prend quand même un
> certain nombre de séance.
deux ou trois.
08/08/2006 à 15h48
Le Choixpeau magique Ecrivait:
--------------------------------------------------
> Moi ce que je ne comprend pas, c'est le timing.
tuning !! pas timing.
08/08/2006 à 18h43
au delà de la santé dentaire, il s'agit d'un probléme de santé publique. Nous ne parlerons pas des campagnes de prévention de l'état...pratiquement inexistantes !!
combien de gens vont chez le dentiste en cas de souffrance extrême et se cantonnent à une ou deux séances...plus de symptômes douloureux donc plus besoin de soins...
Sans parler de ceux qui viennent par obligation car patho associée (cancer, sida, etc)..
C'est une des principales difficultés mais aussi un intêret de sensibiliser le patient à la nécessité des soins et des conséquences pratiques de sa négligence.
si en plus, tu es tombé sur un patient psy..alors là !!
à quand des cours de psycho ???
08/08/2006 à 19h32
Le Choixpeau magique Ecrivait:
-------------------------------------------------------
> Ldl, tu pourrais développper un peu ta nouvelle
> "méthode" de proposition de plans de traitement
> globaux, tu m'intéresse, merci.
Ma foi, de méthode il n'y a pas. Le tout est d'amener le patient à faire ce que je veux, mais en sorte qu'il le choisisse lui même. Mes deux objetcifs sont -plan global et -rendez-vous long. J'explique dans la séance de bilan tout ce qui à mon avis est à faire. Ceci dit, comme je lui ai demandé avant ce qu'il voulait, j'adapte mon discours. S'il me dit qu'il veut soigner ce qui fait mal, je lui propose de lui soigner ce qui fera mal demain aussi. S'il me parle d'esthétique, je lui parle harmonie et santé... Je balubutie, j'expérimente, je me plante, je réussis parfois, pas souvent, mais en tout cas je réussis bcp mieux qu'avec la méthode Steichen La Dégaine. Et surtout les retours aux oreilles de mes titulaires sont moins acides. Je pense qu'à ma position, je peux appliquer mes méthodes de boulot, mais pas non plus travailler en opposition radicale avec mes collègues. Tout est une question de souplesse... Ce qui compte c'est qu'ils aient confiance.
Cependant, les photos, les modeles d'étude, je ne suis pas sur que ce soit nécessaire de sortir l'armada avant que le patient soit partant pour de la globale. Faire tout ça et qu'il vous dise 'ça fait trop d'argent docteur', y a de quoi etre frustré, et c'est normal.
08/08/2006 à 19h38
mouai...
mais à la fin, fais-tu un rendez-vous compte ?
08/08/2006 à 19h40
Ca fait un an que je bosse, tu t'attends quand meme pas à ce que je fasse et pense comme les pros quand meme !:-)
08/08/2006 à 21h18
Tonio, pourquoi te laisses-tu promener par ton patient ? Il faut abréger quand c'est nécessaire et surtout ne pas entrer dans le jeu du patient tel que décrit dans ton post...
08/08/2006 à 21h19
Réponse lucide...
Bravo.
Tester, s'adapter et aiguiller... Si refus, soit on soigne "à l'ancienne", soit on refuse de revoir le patient tous les 2 mois pour refaire toujours la même chose...
09/08/2006 à 00h27
post sans a priori, lapadoué en pleine sérénité.
LdL :)
09/08/2006 à 00h36
finalement nous devons lutter contre Publicis, tâche difficile!
Il nous faut mettre en avant dans nos cabinets ce qui fait le succès des autres produits "conccurents": beauté, qualité, technicité, bien-être, plaisir....
Par exemple, quand on voit les prospectus d'appareil photos numériques, çà a une autre gueule que nos devis. Soyons lucides et communiquons avec des moyens modernes qui pourront décider certains à faire le tunning aussi dans leur bouche et pas seulement dans la laguna.
@+
09/08/2006 à 00h43
Plus c'est long plus c'est bon Lapadoué !
Analyse fort intéressante.
Il est vrai que pour certains patients la santé, la qualité des soins et le résultat esthétique comptent beaucoup. Mais il ne faut pas se leurrer, nous avons peu de patients comme cela qui soient aussi dento conscient de ce qu'ils ont et de ce qu'ils peuvent avoir.
En ayant racheté mon cabinet, j'ai été étonné de voir à quel point la patientèl ne réalisait pas de réhabilitation buccale tout simplement parce qu'on ne leur avait rien proposé...
" Ah bon ben le docteur précédent ne m'en avait pas parlé", ou bien, " je lui avait déjà demandé de me faire quelque chose pour cette dent, mais elle (la dentiste) m'a dit que c'était pas la peine.»
Il faut donc reconnaître que notre propre motivation à réaliser des bridges, des implants, ou tout autres actes qui nous sortent de l'ordinaire, est parfois un peu faible.
La fatigue ou la lassitude des refus nous poussent parfois à la facilité.
A mon arrivé dans le cabinet, j’ai commencé à proposer des traitements globaux sans vraiment m’en rendre compte.
Le moins que l’on puisse dire c’est que ça marche. Pas toujours, mais qui ne tente rien,…
C’est comme en amour, même si on se prend dix râteaux, il y a bien une fois ou ça fonctionne. Et là, on peu enfin se faire plaisir en faisant plaisir au patient.
09/08/2006 à 02h01
Le Choixpeau magique Ecrivait:
-------------------------------------------------------
>
> Tonio, je suis convaincu comme toi qu'il faut
> faire du global, mais l'autre jour tu n'as répondu
> que partiellement à mes interrogations.
Je pensais t'avoir fait une analyse assez détaillée.
Si j'ai
> bien compris, tu essayes de présenter le plan de
> traitement complet le plus tôt possible, et de
> faire du global pour tous tes patients, même les
> plus petits cas. Moi ce que je ne comprend pas,
> c'est le timing. Le temps de faire les bilans
> radio, d'éventuels modèles d'étude, d'établir le
> ou les plans de traitement et les devis
> correspondants, tout ça prend quand même un
> certain nombre de séance. Est-ce que ça veut dire
> que pendant toutes ces séances tu ne commences
> aucun soin ? Perso j'aurais peur que les patients
> aient l'impression que je les ballade, ou que je
> ne suis bon qu'à palabrer. Et je ne peux
> m'empêcher d'avoir envie de leur "montrer ce que
> je sais faire" avant de leur faire signer un devis
> (surtout que comme tu l'as vu, je fais très
> jeune).
Tout dépend comment tu amènes les choses. Franchement, il est difficile d'avoir une démarche universelle car les patients sont tous uniques. Certains, il faut amener le devis dès le début, d'autres lors d'une séance de soin. C'est au feeling.
Une chose est sure, mes plus beaux plans de traitement ont été acceptés après une présentation type traitement global, avec examen clinique + pano + empreintes, devis faxé à la mutuelle, entente financière... Peut être que j'étais plus en forme, plus motivé ces jours-là mais je pense que ces patients étaient "mûrs" quand ils sont arrivés au cab. ils savaient au fond d'eux-mêmes qu'ils devaient entreprendre quelque chose pour leurs dents.
Le sondage téléphonique par l'AD est primordial.
Il donne une multitude de renseignements sur le motif de consultation (visite de routine, patient en urgence qui fait le tour des cabinets, patient pensant avoir plusieurs caries), sur la compliance future du patient (flexibilité de ses horaires)...
En fonction de tout ça, je module déjà la durée de la première consultation: 30 min si visite de routine, 20 si urgence, 40 à 50 si première vraie consultation. J'amorce les problèmes en bouche, dit qu'une pano est nécessaire, conseils d'HBD. J'en profite aussi pour découvrir le patient, parler de la pluie et du beau temps, de son boulot. Je soulage aussi son motif de consultation: dent cassée qui blesse, ouverture de chambre si la dent comme à titiller sérieusement. Ce point est essentiel, répondre à leur première attente. Ils ont l'impression d'avoir été écouté et compris.
C'est un moment de travail mais aussi de détente qui amène sur une mise en confiance réciproque.
Lors du deuxième rdv, on fait le tour de la pano ensemble, je procède à un détartrage supra-gingival et parle de mon plan de traitement.
Après, je fais comme j'ai dit plus haut. S'il me demande un prix, on fait les devis, accompte et on prévoit les séquences de soins. S'il n'est pas intéressé, cela ne va pas plus loin. Au moins, tout le monde est sur la même longueur d'onde.
Après, j'ai l'impression que tu me demandes la solution miracle qui fait tilt à chaque patient, je ne l'ai pas...
Te dire ce que je dis pour sensibiliser les patients est impossible, c'est au cas par cas. Visiblement, je dois quand même être convaincant car j'ai quand même réalisé quelques gros plans de traitement (cf. le post de zorbeca dans cas cliniques) malgré mon jeune âge (sans aucune prétention de ma part).
http://www.eugenol.com/eugenol/file.php?11,file=6877
Les patients sentent si tu es passionné par ton boulot et si tu es convaincu par ton projet.
Et comme toi, je fais jeune de visage. On me demande encore si je suis étudiant... ce n'est donc pas facile de convaincre. Comme toi et tout le monde, je me suis pris des vestes. Mais un discours rassurant aide souvent à oter une partie de leurs a prioris.
Mais as-tu un manque d'assurance ou de conviction quand tu proposes un traitement??? toi seul a la réponse... ;)