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paro sociale
28/10/2006 à 17h13
Ca y est, c’est fait. On va implanter une activité paro dans un centre de soins sécu en plein dans une cité.
C’est pour moi une surprise que ça se soit si bien passé. J’aurais pensé rencontrer davantage de résistances, et celles que j’ai rencontrées dans le montage de ce dossier ne sont pas venues d’où je le pensais en l’abordant.
Lorsque l’idée a germé dans la tête du praticien, je l’ai bien sur soutenue, mais j’étais persuadé que ça allait inévitablement capoter. Mais on a surmonté assez facilement le premier obstacle : le financement des formations. Bon, je reconnais être intervenu assez lourdement au niveau des tutelles, et elles ont fini par céder.
On a donc bâti un projet de santé publique, pas un praticien libéral à la ronde, aucun, bien entendu dans la cité. Clientèle potentielle nombreuse, essentiellement d’origine étrangère, et qui considère que la perte des dents est une fatalité. Direction et tutelles approuvent, c’est mon premier étonnement.
Deuxième obstacle : la paro est très chronophage. Que va-t-on faire de tous les patients ? Le praticien, sans faire de paro, ou en la faisant a minima, a déjà 7 mois d’avance dans son carnet de rendez-vous. Pas le choix, il faut embaucher un deuxième ; et donc on arrive à un troisième obstacle.
Il n’y a plus de place dans la maison médicale, où pratiquent déjà 2 médecins et 2 infirmières. On ne va quand même pas les mettre dans la cave ! Donc, on agrandit ? Combien ça couterait ? Ouah ! 160 000E ! Ou va-t-on trouver ces sous ? On ne sait jamais, qui ne demande rien … On les aura, on a déjà l’accord oral, et l’accord mail, manque plus que le courrier, mais c’est acquis. Deuxième bonne surprise.
Mais on est obligé de rogner sur le parking, donc, on démarche la mairie. Ca roule avec enthousiasme, la mairie va même participer aux travaux extérieurs.
Autre difficulté : que va-t-on faire le temps de construire ? Attendre encore ? Et si on embauchait de suite un autre praticien en augmentant les plages d’ouverture du centre. C’est jouable en le faisant travailler le vendredi aprem et le samedi, ça fait 15 heures. Reste 20 heures à trouver dans les autres centres, peut-être en lui faisant assurer les remplacements dans les autres centres.
D’où dautres difficultés : où trouver une telle perle qui accepterait de jouer le bouche-trou pendant 2 ans ? Je l’ai, un hasard heureux ! maintenant, va falloir plancher pour trouver des solutions horaires sans froisser les praticiens, et peut-être imposer une rotation partielle pour les congés, là, ça va grincer des dents… Ouf, la perle n’exige pas de travailler à temps plein. C’est jouable.
De toutes façons, on ne peut reculer, la paro est sur les rails. On fera avec, même si ce n’est pas parfait.
Reste le fonctionnement du cabinet. Faudra pratiquer des tarifs HN légers légers, sinon, avec une telle clientèle, c’est raté d’avance. Les règles comptables sont strictes, et je me méfie comme de la peste des virages dans la mansuétude des tutelles. S’il y a déficit, je veux un dossier « santé publique » indiscutable, je pense l’avoir, mais je ne veux pas compter dessus. Donc, on négocie avec la caisse, et le budget « action sanitaire et sociale » donnera un coup de mains pour financer des à-cotés (brosses, dentifrices…). J’ai aussi pris des assurances, la direction accepte que les autres cabinets financent par un effet de vases communicants un petit déficit éventuel, du coté là, je suis tranquille, ils fonctionnent tous bien.
Pour le matériel à acquérir, j’ai le financement. La tutelle a accepté le projet et est bien obligé de le financer. J’ai juste un petit souci, comme on est dans le cadre des marchés publics, et que je rédige le cahier des charges et le descriptif du matériel, et que je ferai l’analyse des offres, et que, si je pense être compétent en matériel « normal », je n’y connais pas grand-chose en matériel « paro ». Là, je compte un peu sur les eugénoliens spécialistes de la question.
Le projet n’est plus un projet. S’il n’est pas encore complètement abouti, et ne le sera pas avant la fin de la construction, il est entré en phase active.
Donc, j’en parle.
C’est ma déception principale.
Je l’annonce officiellement lors d’une réunion avec les chirdent de la Caisse. Incrédulité et les yeux tournés vers le ciel, soupirs dans l’assistance. Je leur dis compter sur le réseau. Ils peuvent déléguer leur paro à ce praticien. Quelques commentaires à la limite du désobligeant, puis les interventions privées et téléphoniques.
Résumé : mais ameli, t’es fou ? comment tu veux que ça marche ? tu vas nous plomber les finances alors qu’on marche bien comme ça ! et si on n’a plus les finances, on n’aura plus les investissements.
Bientôt tu vas nous demander de nous lancer dans l’implanto ou l’endo exclusive. Dans un cabinet de Caisse, faut être dingue, on n’est pas des libéraux etc…
Et je réponds oui, pourquoi pas, faut y réfléchir, je ne vois pas de raison d’écarter une activité a priori. Pourquoi, l’implanto et l’endo exclusive, tes patients, ils n’y ont pas droit ? c’est de la frime ou de la dentisterie, tu préfères continuer à dévitaliser des dents saines pour poser tes bridges ? Si on continue à travailler comme des cons, on devient con. Je n’ai pas dit qu’on allait réussir, mais au moins, il faut essayer. Déjà, il faut trouver des volontaires chez vous, les traitants, et moi, j’essaie de trouver les sous.
J’ai trouvé un volontaire pour l’implanto… va falloir que je m’y remette, à trouver les sous !
28/10/2006 à 17h46
Ameli, tu as de la chance de trouver des volontaires, ce n'est pas le cas dans le libéral, il est vrai que les jeunes ne veulent plus prendre de risques et sont plus tendance 35 heures..et surtout moins...
Bon vent à ton projet.
28/10/2006 à 18h34
bravo ameli...la paro doit être accessible à tous .......c'est une discipline phare dans le domaine de la prévention.....agissons ensemble ..et je suis sur que l'on peut sensibiliser une large partie de la population avec assez peu de moyens .......on peut aussi faire des traitements type paromed sans que cela soit trop lourds pour les patients ....c'est évident .....un patient bien informé et qui se responsabilise vis à vis de sa santé coutera moins cher à la société ....il faut donc encourager ce genre d'action ...
je suis sur que tous les eugenoliens peuvent t'aider et sont fiers de faire partie de cette communauté d'entraide
si tu as besoin de matériel dis le .....car peut être n'oses-tu pas ...
L'ADF approche ......peut être que certains labos ou vendeurs de matériels pourraient te contacter ....
Merci ......tu nous rassures sur la nature humaine......il y a tant de méchantes choses sur cette terre
28/10/2006 à 18h49
Petit complément, afin qu'il n'y ait pas d'interprétations.
Quand je dis "la tutelle finance", c'est évidemment une expression d'usage courant, et c'est évidemment faux.
La réalité, c'est que la tutelle autorise la dépense. La dépense sera payée par le cabinet et amortie en suivant les règles comptables classiques.
C'est la Caisse qui joue le rôle de la banque : elle avance l'investissement, et le cabinet rembourse la Caisse.
28/10/2006 à 19h26
Merci phil pour les compliments.
Mais je me refuse à l'idée d'entrer dans le domaine humanitaire. Une cité, ce n'est pas le tiers-monde, et on doit pouvoir travailler normalement, sans compter sur la générosité. L'objectif est de se rapprocher de l'auto-financement, et je suis persuadé qu'on peut y parvenir. Je sais qu'au début, ce sera dur, tant pis, il faudra assumer.
L'aide dont j'ai le plus besoin, c'est de conseils, pour éviter les bourdes.
De plus, on sera pour les investissements dans le cadre strict du code des marchés publics, et je n'ai pas pour habitude de jouer avec ça. Bien sur, si certains fournisseurs cassent les prix, j'en serais ravi, mais j'ai un peu de mal à croire en la philanthropie d'un vendeur de microscope ou autre...
29/10/2006 à 20h46
L'aide humanitaire commence la ou l'on s'interesse à son prochain......pas besoin de faire du très loin et du très compliqué pour améliorer la condition de son voisin.....ce qui est essentiel c'est de répondre aux vrais besoins....
pour les fournisseurs .....il y a des hommes et des femmes aussi derrière...ce sont des professionnels souvent compétents et qui si ils le peuvent aident..... faisons leur confiance
t'aider c'est peut être seulement faire en sorte que dans ton budget avec les efforts de chacun tu puisses offrir un peu plus que prévu..
car je suis sur qu'avec le coeur que tu as tout sera utilisé au mieux !