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Petite chronique de PAL
03/01/2007 à 14h47
Au premier coup d’il, c’était une évidence : j’avais autant de chance de m’entendre avec cette caricature de noblaillonne catho sous-vergée qu’un tourne-vis cruciforme avec une motte de Saindoux.
Assise ultra cambrée de semi-profil, pose naturelle et relax façon Arielle Dombasle, encapsulée dans une jupette gainant les fesses, le gîte à la noix et les jambonneaux, les genoux serrés sous pression et désaxés de façon à donner une oblique élégance aux tibias parallèles, elle délivrait un message clair : celui qui voudra me passer entre les guiboles devra user d’engins de chantier !
Tout le reste de la panoplie était à l’avenant : tifs blonds platine plaqués sur la théière, tirés en force et enroulés en un chignon- bouse occi-piteux, maquillage type crépi-ripolin double-couche, fumet cocotte, et tout le matos périphérique classique : foulard de soie, collier de perles, boucles, broches, bracelets et bagouzes, gants en peau d’ zob de chameau et pébroque de luxe.
A l’appel de son blaze, la précieuse se met à papillonner des cils et me regarde d’un air ingénu, avant d’opérer une progressive transmorphose faciale aboutissant à un sourire reflétant autant d’intelligence qu’une portion de brie.
« Veuillez vous translâter tout droit, prout-prout ma chère ! »
La démarche est hachée. La coincée se meut à tout petits pas avec difficulté, tant le fourreau de sa roupane limite le déplacement des genoux, alors elle tente désespérément de compenser en grâce et raffinement avec un ample mouvement de balancier de la main libre, style gestuelle auguste de la semeuse. Défense de pouffer, Pal !
La bécasse se pétarde délicatement au burlingue et m’écarquille des mirettes ahuries en attendant que je l’anamnèse. Mais ce genre de potiche empruntée a tendance à me piler le gros nerf assez vite, alors je fais au plus court : « Alors, Madame… ? »...
Suite ici: http://www.omnidentiste.com/
( Extrait du Tome 3 à paraître dans 15 jours.)