Cookie Consent byPrivacyPolicies.comY pleut... un peu de pub pour un blog familial où qu'y a de - Eugenol

Y pleut... un peu de pub pour un blog familial où qu'y a de la lecture...

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gai-luron

17/06/2007 à 18h34


Au bar du Commerce...

- Tiens, tu me mettras une blanche, Leloufiat. Bien fraîche et avec une rondelle de citron.

Silence satiné. Marinette essuie les verres au fond du café, elle a trop à faire pour pouvoir rêver.

- Ben qu’est-ce ki t’arrive, Marcel ! s’esclaffe Dédé en se tapant sur les cuisses (flop, flop). T’as vu comment que t’es fringué ? Hein, les gars, zavez vu comment qu’il est fringué, le gros Marcel ?

- Ma parole, mais t’as mis une cravate ! s’étouffe Maurice en se tapant sur les cuisses (flop, flop). Et un costard. Tu te maries, assteure ?

Silence éberlué. Leloufiat en oublie d’arrêter la pompe à bière et la mousse coule sur sa manche, sans qu’il pense à ôter son bras. Marinette casse un verre. Regard noir du patron qui laisse à penser que ce sera retenu sur sa paye.

- Ben quoi ? s’étonne Marcel. C’est devenu un bar branché, non ? On va pas dans un barabobos comme si qu’on allait chez le bougnat du coin. Faut être sapé, asskeujékrukomprendre.

- Parce que tu t’imagines que t’as l’air bobo, comme ça ? demande le patron. T’as tout juste l’air d’un bon péquenot qui s’est endimanché pour aller à la foire et qui s’est aspergé d’eau de Cologne des fois qu’il aurait l'occasion d'aller aux putes. Parce que tu t’imagines qu’il faut un costard, pour être bobo ?

- Ben je sais pas, moi, admet le gros Marcel, désorienté. Je sais même pas à quoi ça ressemble, un bobo.

Silence affligé.

- Un bobo, explique le patron, c'est un bourgeois bohème, c’est dans la tête. Il faut des fringues un peu avachies, des falzars qu’ont vécu, des chemises avec les coudes usés, le genre intello qu’a bourlingué, d'aventure en aventure, de train en train, de port en port, et puis faut un bouquin sous le bras qu’on pose sur la table bien en évidence. Un bouquin branché que personne il l’a lu, mais qu’il faut l’avoir lu.

- Un bouquin de Où est le bec, par exemple, explique Leloufiat. Ou un bouquin de Amélombe Nottie. Quelque chose que t’es pas obligé de l’avoir lu, mais qu’on doit croire que tu l’as lu.

- Je connais pas Où est le bec, avoue Marcel. D’ailleurs, je lis pas, ça me fait chier. Si je comprends bien, j’ai mis mon beau costard pour rien ? Passke si ki faut des bénards pleins de trous et des limaces pleines de peinture pour faire bobo, j’ai ce qu’il faut à la maison, faites-moi confiance.

- Même avec ça, t’auras pas l’air d’un bobo, tranche Dédé. Parce qu’en plus des fringues, de l’air intello qu’a bourlingué d'aventure en aventure, de train en train, de port en port, et en plus du bouquin d’Où est le bec, il faut du fric, et faut dire qu’on n’en a pas.

- Ben j’en ai pas, c’est un bon début, se défend Marcel.

- Mékilékon ! s’exclame Maurice en se tapant sur les cuisses (flop, flop). Toi t’en as pas, mais ça se voit. Un bobo, il en a, mais ça se voit pas. Ça se devine. T’as tout faux, Marcel.

- Quelle vie de chiotte qu’on vit de nos jours, résume le gros Marcel. Tiens, Leloufiat, tu me remettras une blanche.

- Avec une rondelle de citron ? demande Leloufiat, stylé.

Silence dubitatif.






http://www.paul-et-mick.com/


Utilisateur banni

17/06/2007 à 18h35

T'as fini tes rillettes?