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faut-il lire...
31/07/2007 à 22h11
c'est qui les bienveillantes? je sais la denrée rare, si tu sais ou en trouver je suis bougrement preneur.
31/07/2007 à 22h30
écrit par un petit, le sujet est un peu lourd pour les vacances.
je vais d'abord finir les livres que j'ai commencés au cm2.
31/07/2007 à 23h16
pas franchement une lecture de vacances,la justification du national-socialisme,(je n'ai fait que mon job..)
lis le polar historique d'Andrea H japp à la place en 3 tomes
c'est plus lointain l'ordre des templiers et hospitaliers,il est donc plus facile de rester à distance
31/07/2007 à 23h23
j'ai subitement une idée,qui pour ceux qui commencent à me connaitre, ne va pas surprendre.
le titre:Hygiène,asepsie,ergonomie:un défi permanent.
aux Editions CDP.
ça tombe bien le 29.09.2007,il va y avoir un truc intéressant,à Paris.ça fera des révisions.
31/07/2007 à 23h26
bbbrrrr....t'as pas assez d'etre dentiste, il faut en plus que tu te delectes de la torture et de la douleur dans tes lectures?
31/07/2007 à 23h41
Dire que je vais rater ça. Je suis à la piscine de Gemenos, avec les autres druides. Et ma brosse à dents
31/07/2007 à 23h54
ciwil Ecrivait:
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> écrit par un petit, le sujet est un peu lourd pour
> les vacances.
> je vais d'abord finir de colorier les livres que j'ai
> commencés au cm2.
01/08/2007 à 01h12
Vazy! Fait toi plaise.....
http://www.fermeauxcoloriages.net/colodonald/index.htm
01/08/2007 à 01h18
http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/ete2007/cavousderange/archives.php
Emission du 31/07/07
01/08/2007 à 01h26
mac Ecrivait:
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> NON.
POURQUOI?
un seul mot pour dissuader d'en lire tant d'autres, c'est vraimment trop court!
01/08/2007 à 01h30
LdL Ecrivait:
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> http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/ete2007/c
> avousderange/archives.php
>
> Emission du 31/07/07
justement! cette émission a été un rappel de l'enthousiasme d'un Frédéric Bonnaud, dont l'intellectualisme affable c'était fait un soutien permanent de cet ouvrage dont je sais la lourdeur du cadre historique et la polémique qu'il a pu soulever, toute qualité littéraire mise à part
j'espère des avis de lecteurs...
01/08/2007 à 01h43
Il faut le lire mais c'est un livre difficile qui m'a demandé beaucoup d'efforts.
Claude Lanzmann, qui est souvent très dur dans ses critiques, a fait un commentaire qui m'a aidé à ne pas abandonner. Il a simplement dit " rien de ce qui est écris n'est faux ".
01/08/2007 à 12h09
mark Ecrivait:
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> mac Ecrivait:
> --------------------------------------------------
> -----
> > NON.
>
>
> POURQUOI?
>
> un seul mot pour dissuader d'en lire tant
> d'autres, c'est vraimment trop court!
tu poses une question, j'y réponds.
essaye et tu comprendras, perso j'ai pas réussi à aller au bout.
01/08/2007 à 13h28
Je veux pas paraphraser Nafisi, mais un roman, ce n'est qu'un roman. Une fiction. Une vision des choses.
Pas une biographie, pas un essai. Et dire que les bienveillantes justifie le national socialisme reviendrait à penser que Nabokov justifie la pédophilie. Or tout ça n'est que fiction.
A prendre comme ça vient, voilà tout. Et j'en parle beaucoup plus facilement que je ne l'ai pas lu.
Quelqu'un peut me le prêter ?
01/08/2007 à 14h33
mac Ecrivait:
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> mark Ecrivait:
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> > mac Ecrivait:
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> > > NON.
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> > POURQUOI?
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> > un seul mot pour dissuader d'en lire tant
> > d'autres, c'est vraimment trop court!
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> tu poses une question, j'y réponds.
>
> essaye et tu comprendras, perso j'ai pas réussi à
> aller au bout.
merci pour ta précision
merci à Albert, également
LdL, je ne suis pas loin de partager ton sentiment.
Il est vrai que la plupart des lecteurs indiquent qu'il faut avoir de la tenacité pour supporter l'abondance et la précision des éléments historiques, et la cruauté (de cru) des descriptions.
Pour le reste, il doit falloir, pour se plonger dans le roman, se rapprocher du sens du travail de Marc Ferro (de mémoire) "le comportement des individus dans les crises du vingtième siècle"
On pourra toujours se laisser arrêter par la question des motivations de l'auteur ou du risque d'empathie avec le personnage, mais ça n'est que de la littérature, non?
Merci pour vos avis
D'autres?
23/09/2007 à 16h54
Bon, j'ai fini hier.
Je l'ai commencé y a 1 mois, faut dire j'ai pas eu que ça à faire. Mais bon, 900 pages, faut les enfiler !
D'abord, je dirais que pour avancer dans cette introspection d'un SS, il faut connaitre sa charte des "droits du lecteur" édictée par D. Pennac. Et notamment, le "droit à sauter des passages". Ce n'est pas trop l'horreur des executions ou des camps qui est insoutenable, car le narrateur n'est finalement qu'un administratif et on n'y "passe" peu de temps, mais plutôt ses phases de délires fébriles, quand il part dans ses phantasmes avec sa soeur ou bien ses crises auto érotiques qui ne sont pas d'un grand intérêt. On a bien compris qu'il ne vivait pas très bien tout ça, mais bon, les dernières pages de ses tribulations dans la maison de Von Uxkul, franchement, relou !
La lecture ressemble un peu à une lecture d'un roman étranger dans le texte. J'aime bien en vacances me faire un polar en anglais, mais bon, y a des mots qu'on comprend pas, forcément, quand on est pas bilingue.... Les premières pages, on réflechit, on pense au contexte, on déduit. Et puis après, on zappe, on comprend le sens global et on cherche plus. La c'est pareil. Les mots en allemand, les grades, les noms, on finit par s'y perdre. Le truc raconte plusieurs années d'un gars qui voyage dans plusieurs pays; autant vous dire que des noms, on en voit. Heureusement Littel nous rappelle de temps en temps de qui il s'agit.
Les introspections sur la légitimité de tout ça et sur la responsabilité de chacun, sont le bon copié-collé de la propagande allemande de l'époque et de ce que diront les quelques accusés. Il n'y aucune justification de rien, ça s'auto-justifie juste comme ça le faisait à l'époque. Rien de nouveau ni de particulièrement choquant, donc.
Reste alors, paradoxalement, un grand roman, si ce n'est d'aventures, au moins historique, finalement, ou l'on se surprend parfois à vouloir qu'il s'en sorte, à comprendre sa descente dans la folie, à se trouver frustré à la dernière page de ne pas connaître la suite. C'est un document, certes, mais ça reste un roman. Meme si "rien n'est faux" je ne le prends pas comme un manuel d'histoire, mais comme une vision de la chose. On y voit par exemple beaucoup plus la corruption et les lourdeurs administratives que l'horreur de la solution finale. Quand on y parle des crématoires, c'est pour comparer les prix des deux fabricants... Il faut dire qu'à partir du moment ou on est du coté de l'horreur, il reste à voir comment elle marche. Tout est question du point de vue du départ.
Celui qui dit que ce bouquin excuse ou donne des arguments à la guerre de 39-45, au national socialisme ou à je ne sais quoi d'autre ne l'a pas lu. Expliquer, décrire n'est pas excuser. Mais à l'heure où certains osent encore mettre en doute la véracité de ce qui s'est passé, de ce qu'on a pu décrire... ce bouquin ancre la guerre et la Shoa dans la réalité de ce qu'elle a pu être pour les allemands, convaincus ou non.
La place des victimes n'est pas bien grande, certes. Les allemands y sont même parfois montrés comme victimes, soit. (ceci dit, même les civils ont un sentiment d'avoir "quelque chose à payer") Mais c'est le parti pris du narrateur, si la vision de la guerre par un SS ne nous intéresse pas, il ne faut pas ouvrir ce livre.
Bon. Alors, à conseiller ? Aux gros lecteurs, seulement. C'est que c'est chronophage. Et on pige pas trop le Goncourt. Mais bon.
23/09/2007 à 17h15
Bravo pour ce moment de bravoure, j'avoue ne pas avoir le courage de rentrer dans ce livre ; déjà par manque de goût pour le sujet que par flemme (900 pages tu m'étonnes que c'est chronophage).
Quant au Goncourt, à l'image des festivals de film et en particulier Cannes, j'ai l'impression d'un cercle élitiste qui cherche tant bien que mal à faire preuve de modernité, limite underground pour faire parler, non pas des livres, mais de son prix.
La concurrence est sévère, et prendre le contre-pied des faveurs des critiques est devenu une nécessité : "parlez de moi en bien, parlez de moi en mal mais parlez de moi."
Pour les livres comme pour les films je ne suis pas assez expert pour apprécier toutes les prouesses techniques apparemment.
Mais merci de ton impression.
24/09/2007 à 14h29
Merci Ldl ! Je n’osais pas remonter ce fil, tant étaient rares les signes d’intérêt manifestés à son sujet.
10 jours ont suffit, pendant mes vacances, la météo aidant, pour que je me plonge dans cette fresque glaçante de l’inexorable marche d’une idéologie dévastatrice au travers du parcours de ce juriste, repêché in extremis de sa déviance, pour devenir d’analyste statisticien de cette sombre sauvagerie.
Ce roman vaut plus par les contradictions du personnage (entre morale et idéologie) et son parcours inouï (je n’ai pu m’empêcher de penser aux incroyables péripéties d’un Forest Gump). Je sous-titrerais volontiers par « Itinéraire d’un barjot cynique au cul bordé de nouilles ».
Je n’irai pas jusqu’à qualifier le contexte historique, les descriptions de l’organisation criminelle et de ses exactions d’« anecdotiques», dans le sens où ces faits sont connus et avérés, mais ils ne sont que peu de chose dans le plaisir de la lecture des idées et sentiments qui s’affrontent entre le Dr Aue et les personnages qu’il croise, accompagne, affronte, défend ou dont il s’ »accommode ».
Son ami Thomas est la personnification même du salaud parmi les salauds, qui surfe sur le système nazi pour son profit et plaisir personnel, prenant discrètement une distance intérieure au mépris des convaincus disciplinés et appliqués.
Deux grands moments, les dialogues, d’une part avec le vieux sage juif des montagnes aux confins asiatiques qui se présente à lui car il a tout compris, d’autre part avec le commissaire communiste prisonnier au cours duquel est fait le constat de la convergence totale des deux totalitarismes et de leurs crimes en tous points comparables.
Jubilatoire, l’argument de la compétition idéologique sur le thème du peuple supérieur entre les tenants de la race supérieure et ceux du peuple élu, comme la principale motivation hitlérienne pour la destruction du « concurrent ».
Glauque, le déséquilibre affectif et la perversion sexuelle du «héros».
Saisissant, la justesse et la précision historique du cadre, quoique l’usage du lexique relatif aux organisations et grades est quelque peu rébarbatif.
Frustrant, l’absence du lien entre la fin quasi miraculeuse du récit et de nos jours.
Troublant enfin cette schizophrénie d’artiste frustré qui se perd dans la culture tout en s’accommodant du déni institutionnalisé d’une part immense de l’humanité (tziganes, juifs, partisans communistes), si indulgent avec sa propre folie, comme ignorant d’une part de ses actes, tout en exerçant d’autre part son droit de vie ou de mort sur ses semblables.
Cocasse, cette application de bureaucrate à vouloir satisfaire l’industrie toute puissante, contre la folie exterminatrice d’Hitler.
Oui, une uvre cynique et bouleversante, drôle et révoltante.
Il y a dans la construction du récit de quoi faire un film au souffle historique d’un Schindler ou d’un Jivago, forcément plus dérangeant.
24/09/2007 à 15h31
J'ai pas lu le bouquin, mais je viens de lire mark... Ca fait du bien... Trop rare en ce moment...
24/09/2007 à 18h41
même theme meme cadre, meme mecanique desincarnée:
"la mort est mon metier" de Robert merle. plus facile a lire pour ceux qu'un pavé rebute
24/09/2007 à 21h06
Dans le marianne de cette semaine, un article sur les différents livres de la RL qui traitent du sujet, selon différents points de vue.
Mais bon, pour ma part, je laisse un peu tomber la période, mais pas l'auteur. Du moins pas sa famille, vu que c'est le père Littel maintenant qui me raconte l'histoire de "la compagnie". Ils aiment pas écrire de nouvelles, chez les Littel
[très drôle, à ce propos, les deux refus de l'administration de naturaliser Littel français, lui américain de naissance, jusqu'à ce que l'académie le couronne, et là il n'a même pas eu à demander.]