Cookie Consent byPrivacyPolicies.comSachons négocier! - Eugenol

Sachons négocier!

PAL

02/11/2007 à 15h31

On l’ connaît depuis des lustres, nouzôtes !
Et c’est toujours la même jubilade intense que de repérer son nom sur le calepin ! Freldshardt ! Le genre de blase à la schleu qu’on ne peut qu’aboyer ! Pour un français, c’est quand même boche ! Ça sonne gutturo-martial, pour ne pas dire gestapo de vache !
Mais ça lui colle parfaitement à la dégaine, car le zig est un courtaud à tête de lard renfrognée, le menton haut mussolinien et l’œil génocidaire. Une trogne aussi engageante qu’ un chiotte à la turque en période d’épidémie de gastro ! Faut dire qu’il fut trouffion-chef, avant de se recycler dans la godasse bas de gamme. Il a gardé la mentalité en passant comme qui dirait chef d’espadrille.

Comme c’est toujours les meilleurs qui s’en vont, il reste. Ça fait huit piges qu’il aurait dû battre en retraite, mais il préfère l’ambiance du front. Alors il passe ses journées dans son antique boutique de grolles, un vrai souk, à passer des engueulos aux malheureuses greluches qu’ont commis la boulette de lui signer un contrat de servage.
Y a rien à faire, il est né du pied gauche. Il rogne contre tout depuis son premier cri. Et, pire, il est persuadé d’avoir pour tout la solution finale. Le hic, c’est qu’il a pas oublié d’être con comme un bouc. Avec son accent de Ménilmuche, il hésite pas à faire la classe à tous « ces pourris et incapables de politicards », mais j’ suis sûr que si on lui demandait où se trouve l’hémicycle, il chercherait partout un vélo coupé en deux !
Pour régler définitivement « le problème de l’immigration », par exemple, c’est selon lui extrêmement simple : « Y a qu’à refaire grimper tous ces bons à rien dans leur bananier ! ». Et pour sauvegarder le p’tit commerce ? « Suffirait d’ payer ces faignasses d’employées comme les polacks, les crouillâts ou les chinetoks chez eux ! »

C’est quand même palien d’entendre des conneries pareilles !

Nonobstant, cette crème d’enflure est blindée d’oseille. Mais les biftons, il les lâche avec un élastique. Il est tellement constipé du morlingue qu’il est prêt à tout pour grappiller trois rondelles de bigaille. Avec sa gueule de faux témoin, il nous a déjà fait des coups de vice au moment de raquer l’addition. Seulement Pal a quelques heures de vol, et y s’est fait tellement blousé que maintenant, quand y a caca sous neige, y détecte ! Un vrai Geiger ! Les tentatives de margoulinage, on lui fait plus !

Alors donc, l’aut’ matin, le triste sire se présente tout à trac au comptoir de notre honorable micro-entreprise. Ce crapaud ne s’abaisse jamais à demander au p’tit personnel si ça mousse, ni à lui demander quoi que ce soit d’autre d’ailleurs. Comme d’hab, il exige recta de « parler au docteur », punkt !
C’est donc dans de très affectueuses dispositions mentales que j’accueille en mon burlingue le paroissien en question.

« Docteur, je viens pour parler du devis que vous m’aviez fait en début d’année. »
« Jactez, mon brave, je vous ois. »
« Voilà, je me suis bien renseigné : vous êtes trop cher ! », affirme t-il, avec l’œil satisfait du sous- brigadier croyant avoir tazérisé le suspect dans ses charres.
« Trop cher ? »
« Oui, ma mutuelle me l’a confirmé, et j’ai trouvé deux dentistes moins chers pour le même travail. » assène t-il, triomphant.
En l’instant, je ne peux réfréner l’esquisse d’un léger sourire en toisant le toquard d’un air navré.
« Eh bien Monsieur, je suis très content pour vous ! Vous allez certainement faire une affaire ! »
Et je me lève d’un bond pour aller entrebâiller la lourde et l’inviter subtilement à décarrer ses clarks de mon lino.
La neuro-chaîne complètement déraillée, le charlot se décompose à vue d’œil. Il tire une pitoyable tronche déconfite et pédale à donf dans l’ yoghourt.
« Mais, heu, je… Vous ne voulez pas discuter du prix !? »
« Ah jamais ! Question d’éthique ! » Et toc !
Bien, tu m’excuses, papa, j’ai du taf, faut que j’ cadence sinon j’ vais m’ faire enguirlander par la clientèle. Tu sais ce que c’est !
« Bon, ben, dans ce cas… j’aviserai ! »
« C’est ça, voilà, très bien, tout à fait ! C’est par là. Au revoir, Monsieur. »

Trois semaines plus tard, le branque nous passe un coup de bigot pour avoir un rencard et démarrer le chantier !

Gnarff !


024 vownvo - Eugenol
annie

02/11/2007 à 20h16

Ton titre est faux par rapport au texte,Pal,il devrait s'intituler,
" sachons ne pas négocier!"!!


LdL

02/11/2007 à 20h28

PAL Ecrivait:
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> Comme c’est toujours les meilleurs qui s’en vont, il reste.

Les PALeries, c'est comme les huitres de Tahiti. Au moins une perle dans chaque !


Ivetol gth5hw - Eugenol
ivetol

30/11/2007 à 17h54

"La neuro-chaîne complètement déraillée..."
celui-la aussi je l'avais loupé


Amibien

30/11/2007 à 21h10

Comme c’est toujours les meilleurs qui s’en vont, il reste.