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Un beur demi-sel
21/11/2007 à 17h43
« Mais, nom de bleu, arrêtez-donc de remuer la calebasse !! »
Ah scrogneugneu, c’est d’un crispant !!
Encore, quand c’est un Parkinsoneux qui dodeline de la cafetière, on hésite un peu à lui passer un savon. Mais là, c’est un gominé qu’a pas trente piges ! C’est pénible ! Toutes des dix secondes, faut lui ramener la roubine dans le faisceau ! Quand il gire pas la teuté côté crachoir, il s’affaisse jusqu’à avoir le spot en plein dans les mirettes. Et le v’la qui beurzille et grimace comme un greffier pris dans les phares d’une bagnole !
La loupiote en pleine face, ça m’ fait triper à chaque fois ! J’imagine un interrogatoire en sous-sol de commissariat. J’ai envie d’ faire chercher des sandwichs et de lui beugler à dix centimètres du blaire : « Dis, tu vas parler, fumier ? »
D’ailleurs, j’en mettrais mon service trois-pièces sur le billot, l’individu n’est certainement pas inconnu des bignolons.
Comme son nom l’indique, Nabil est au chômedu. Il a eu la vocation très tôt, et il a jamais regretté son orientation de départ. Il a les mains palmées, comme son daron, ses frangins, frangines, beaufs, cousins, potes et voisins. Tous à traîner les trocsons, le baveux sous le bras, enfin, ceux qui sont pas au ballon pour des broutilles en multi récidive. Je sais pas si c’est génital, la glandouillite chronique, mais y a qu’à regarder les pyramides d’Egypte : on voit bien que les hommes ont toujours eu tendance à en foutre de moins en moins.
L’allocataire en question s’est donc pointé laste ouique avec une gencivite nécro-tartreuse commak. Pas vraiment étonnant, vue la couche sus-muqueuse de strates coca-collées entre elles : à première vue de presbyte, y avait du goudron de shit par-dessus un compost de vieille frite et de kébab aux ufs de mouche. C’est pas pour enfoncer le Maghreb, mais avec une alimentation saine à base de sauciflard, de camerlof et de picton, ce s’rait jamais arrivé !
Le mecton flippait tellement que j’ai parié avec moi-même qu’on ne le reverrait pas après que les « câchets » eussent réduit l’algie. Eh bien, je me gourais. Est-ce l’exceptionnelle force de conviction du praticien ou le charisme irrésistible de l’homme, je ne saurais le dire, toujours est-il que notre reubeu s’est radiné comme prévu à son rancard.
Bon, un cave qui dégouline chez le doc, c’est courant. Et c’est d’autant plus désopilant que le pétochard roule les mécaniques pour essayer en vain de planquer ses fouettes. Mais une fois en selle, même en l’absence d’éducation au respect de la blouse, faut être con pour gonfler l’opérateur avec des gémissages, soupirages et gigotages intempestifs. Un geste malheureux d’énervement est vite arrivé !
Le protocole classique est pourtant mis en uvre sans barbarie inutile : ayant infiltré le milieu jusqu’à lui avachir complètement la badigoince du bas ce qui lui confère une face de crétin fort cocasse - je peux régler la meuchine US au voltage maxi pour martopiquer en moins de deux l’ensemble des sédiments précipités.
La précision du geste Palien, confessons-le, serait peut-être un chouïa moins millimétrique qu’à l’accoutumée, mais c’est à cause que l’autre glandu trépide et gigote de partout comme si qu’il était assis sur un cacté. La baston est donc homérique, et, au bout de dix broquilles, les deux belligérants sont complètement bouillis. Je décrète alors que nous levons, moi la séance, lui son séant.
Citation à comparaître une semaine plus tard est remise au patient aux fins de constater avec satisfaction la régénération papillo-gingivique attendue. Nous envisageons, dans le même temps, de rééduquer le sujet sur tous les plans.
Mais trois heures après, coup de théâtre ! La voilée du flipochard bigophone, paniquée, mais presque : « Il a du sang dans la bouche !! »
« Passez-la moi. », susurre-je à l’assistante avec la mimique ultra sereine du ponte qui sait.
« Allons, allons, mon amie, un peu de sang froid, que diable ! »
« Ben justement, y en a beaucoup !! »
« Mais non, ah, ah ah, rien que de très normal, sachez-le, à une discrète buccorragie post lithotartrique. En d’autres termes, y a pas de quoi en chier une comtoise ! Servez z’y un godet d’eau fraîche et n’ vous caillez pas le lait ! »
Ah ces p’tits caïds de banlieue, raille-je en raccrochant le biniou, z ont pas grand-chose dans l’ calebard : une micro goutte de raisiné et les v’ là qui tournent de l’il !
Et Pal de retourner en souriant à sa noble mission maxillo-réhabilitatrice.
Mais une plombe plus tard, à l’heure où seule la perspective de l’apéro nous permet de supporter le fardeau de la journée de labeur, l’on m’informe que le zigotal s’est immiscé en salle d’attente sans moufter mot ! En plus, ce pignouf se tape l’incruste juste en face du cas clinique ultime, une bourgeoise à particule sur le retour, très peu encline à faire risette au néo-migrant basané.
Il commence à m’ urtiquer géant, l’autre, mais j’ai pas le choix. Bien résolu à l’envoyer rebondir après un coup d’il pour la forme, je fonce et fait irruption.
Horreur et maux statiques !
L’air toujours aussi connard mais le teint macchabéique, le ramier est penché en avant, avachi les coudes sur les genoux, se tenant sous le menton un bol de pyrex rempli aux deux-tiers de sang rouge et mousseux ! Face à la rombière épouvantée, il crachouille comme un porc égorgé de grands filets d’hémoglobine baveuse en tirant un masque d’agonisant ! All gore !
Avant de penser à lui faire un garrot au niveau du cou, je propose des sels à la vioque, à moitié dans les quetsches. Puis, profitant qu’il soit encore ambulatoire, j’enjoins le moribond de fuser sur le billard sans foutre en l’air sa bolée de fressure.
Diagnostic.
Sachant que ce remarquable article paraîtra nécessairement dans quelque revue destinée à l’élite, je mesure l’écrasante responsabilité pédagogique qui m’incombe. Je veux donc rassurer le lectorat : le cas clinique ci-dessus décrit, bien qu’ extravagant, ne constitue pas pour autant un cas taclisme : la saignation continue proviendait d’un nano-égratignage sur une papille enflammatoire. Vétille que cela ! Une minute de comprimure viscostatique me suffisa pour sauver la vie du malheureux.
Ah le noble art que le nôtre !
21/11/2007 à 23h16
Soit il ne travaille pas et passe son temps à les chercher ses savoureuses, soit il travaille et nous pouvons alors crier au génie !
21/11/2007 à 23h42
Ah, Pal,c'est beau!
Criant de vérité toute crue,
Et avec une émotion cont'nue,
J'imagine le daron dans son jus:
Quelle face d'idiot!
Quatre-vingt dix-neuf fois sur cent,
Les gens nous emmerdent de leurs dents.
Ratiches pourries, chicots tous branlants,
Faites des miracles pour moins d'un cent.
De l'enfance à l'adolescence,
Maturité à sénéscence,
Allergiques à la moindre hygiène,
Haleine allant chacal à l'hyène.
Sainte Rita pourtant excelle:
Les dents venant à la précelle:
Point n'est besoin de la ficelle,
Pour les ramasser à la pelle.
Claquoir bénit.
Ces vivoperl© qui vous sourient,
Seront ce soir au coin du lit:
Sterradent et les odeurs fuient!
Dentiste: merci!
22/11/2007 à 00h02
Ah, enfin du vécu qui s'exprime, de l'authentique, du pas beau, du qui saigne, du qui morfle, enfin tout mon quotidien qui défile sous cette plume confraternelle...J'm'y retrouve, j'me pourlèche, j'y suis, je revis...Viens par là, frangin, que je te fasses un becquot...smac...toi aussi, tu as connu ça: ce que les autres appellent l'enfer, on appelle ça notre cabinet.
Nous, on l'a vécu: le sang, les tripes, le patient qui beugle et que l'on doit achever dans la tranchée d'un coup de davier...toute une époque révolue que les autres ne peuvent pas comprendre.
Et pas une médaille en retour, pas un point retraite de plus, à peine une entrée visiteur à l'ADF...Ah, les lâches...
Mais plus tard, devant l'âtre de la cheminée, la pipe au coin du bec, nous dirons à nos petites têtes blondes: "Oui, mon grand, j'y étais: j'ai connu la campagne CMU et j'ai survécu. Mais plus jamais,je ne veux revivre ça!"
23/11/2007 à 10h00
Fu-chan Ecrivait:
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> Ah, Pal,c'est beau!
> Criant de vérité toute crue,
> Et avec une émotion cont'nue,
> J'imagine le daron dans son jus:
> Quelle face d'idiot!
>
> Quatre-vingt dix-neuf fois sur cent,
> Les gens nous emmerdent de leurs dents.
> Ratiches pourries, chicots tous branlants,
> Faites des miracles pour moins d'un cent.
>
> De l'enfance à l'adolescence,
> Maturité à sénéscence,
> Allergiques à la moindre hygiène,
> Haleine allant chacal à l'hyène.
>
> Sainte Rita pourtant excelle:
> Les dents venant à la précelle:
> Point n'est besoin de la ficelle,
> Pour les ramasser à la pelle.
>
> Claquoir bénit.
> Ces vivoperl© qui vous sourient,
> Seront ce soir au coin du lit:
> Sterradent et les odeurs fuient!
> Dentiste: merci!
>
>
>
en plus de prolifiques prosiques, il y a aussi des poètes, pouet !
merci aux 2
23/11/2007 à 10h50
Merci aussi PAL de cultiver le droit à l'indifférence. Les pauvres rombières de la rue Creb' en avaient marre d'être la cible de tes coups de crayon, il était temps qu'on s'interesse un peu aux Derv'. L'exercice est très délicat, et, une fois de plus bravo.
Pour ce qui est de la remarque sur les pyramides, elle mérite d'être dans les plus brefs dictionnaires de citation.
J'ai hâte de la ressortir :-)
23/11/2007 à 23h08
"La forme même des pyramides nous apprend que,dès la plus haute antiquité, les ouvriers avaient déjà tendance à en faire de moins en moins".
Alphonse Allais
24/11/2007 à 13h43
encore une fois j'ai failli m'étrangler de rire ....
haaaa que c'est bon de te lire après une éprouvante semaine
merci PAL
26/11/2007 à 00h09
ciwil Ecrivait:
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> >
> la réponse est: calme toi joe!
> Quand est-ce qu'on mange ?
>
> Averell
si tu as envie de te prosterner devant le dieu PAL c'est ton choix,