Cookie Consent byPrivacyPolicies.comC‘est le bagne. - Eugenol

C‘est le bagne.

ameli

01/02/2008 à 01h27

Il y a quelques semaines, j’ai reçu une invitation à participer au congrès de la SOG, organisé sur 2 jours à Kourou. C’était sans doute une erreur d’homonymie.
Une telle invitation ne se refuse pas. Un congrès très « implanto-corte », ça fait un beau tir groupé, et puis, ça fait voir du pays.
De plus, la réputation du pays m’alléchait, et correspondait à mes aspirations profondes. La chaleur moite, la pluie, les moustiques pour harceler les passants ; le bagne à disposition pour les fraudeurs, les mygales et les serpents pour faire peur, les caïmans pour le coup de grâce. Avec une telle rafale, t’as pas besoin d’indus.

Je l’avoue, je me suis trompé. Ce n’était pas un congrès de touristes. Ca volait haut, mais ça restait compréhensible pour un profane. Des conférenciers de haut-vol, ça aide. Mais l’étonnant était l’ambiance chaleureuse. Je n’avais encore rencontré ça nulle part.
C’est l’atmosphère péri-congrès, amusante, originale, qui en a fait son charme : les repas pris en commun chez l’un ou l’autre, l’extraordinaire show-bal des Touloulous, les visites, etc.
Les « métros » étaient pris en charge, véhiculés, guidés, pendant leur séjour, par les praticiens locaux, ce simple fait a grandement contribué à l’esprit de bande de joyeux complices dans lequel je me suis complus.

Il y a moins d’une vingtaine de praticiens en Guyane, et ils arrivent à organiser avec des moyens sponsoring très faibles un congrès qui ferait pâlir qualitativement nombre de sociétés savantes. Qu’on ne vienne pas me dire qu’on ne peut pas !, ils l’ont fait.

Mon souvenir le plus fort, c’est évidemment la forêt et la pirogue, seul moyen de locomotion. Le séjour en carbet, au bord de la rivière, dans un paysage de rêve. La pèche avec des hameçons-esses de boucher, et des lignes qui sont des cordes, faut bien ça, le résultat est garanti.
Le radin peut espérer payer son voyage en cherchant de l’or. On s’est bien fait 1g en 1h !

D’où vient la mauvaise image de la Guyane ? Du bagne ?, des bestioles, du climat pluvieux ? le bagne, il n’y a plus que des traces, le seul moustique qui m’a piqué, c’était à l’aéroport en repartant, les bestioles ont plus peur de nous que nous d’elles, une pluie bienvenue a rendu service à mon coup de soleil… Le seul véritable traître, c’est le ti-punch.
Non, la mauvaise image, c’est les Guyanais qui l’entretiennent. Ils savent ce qu’ils ont, et ils ne veulent pas qu’on vienne tout gâcher.


ameli

01/02/2008 à 02h16

Bien entendu, on peut chasser les bestioles dangereuses, ça anime !
Je me suis fait expliquer des méthodes de chasse par Zina l'orpailleuse, sous la bâche pendant la pluie. Je ne comprends pas le portugais, mais le sens général doit être bon.

La mygale est d'un naturel débonnaire, mais a horreur quand on la chatouille sous les épaules, surtout les 4 de devant. Dans ce cas, elle devient hargneuse.
Vu sa dimension, le coup de la savatte dans la gueule, ça ne prend pas, même si on chausse du 48. D'autre part, elle est très musclée des jambons et mollets. Il est donc dangereux de sauter dessus à pieds joints, car elle fait trampoline. La solution la plus simple, c'est le calibre 16, chevrotine petits grains, et boum. Et si on veut le trophée, on va l'acheter dans une boutique de souvenirs à Cayenne pour 15E.
Sinon, il y a la méthode du balai : on la pousse sous le hamac du voisin, et on pousse un grand cri pour le réveiller. Ca fait passer un moment.

Les caïmans. Il y en 4 sortes. Le vert clair, le vert, le foncé, et celui en costard. On n'a pas le droit de chasser le foncé qui est voie de disparition et moins bon gustativement. Celui en costard non plus, mais on n'en voit peu, les enseignants de Normale sup ne supportent pas la forêt.
Il se chasse de nuit en pirogue, sans moteur. On éclaire la berge avec une mince et faible lampe-torche. On voit 2 yeux rouges. Alors le coéquipier allume un gros projecteur pour l'éblouir pendant que le tireur fait feu en visant la tête. Immédiatement, on saute sur la berge et on lui coupe la tête avec la machette, des fois qu'il ne soit qu'assommé, et la queue, et les pattes. Si l'autopsie montre que c'est un foncé, c'est pas de pot, on s'excuse.
Pour le faire cuire, c'est simple comme chou : on le coupe en 2 par les flancs, et on le fait cuire dans sa coquille. Bien cuit, ça s'épluche tout seul.


Blason dql7mj - Eugenol
growler

01/02/2008 à 09h30

et Zina, elle t'a juste expliqué les méthodes de chasse? :)


Spriford

01/02/2008 à 11h31

Super l'ambiance exotique, merci! Quasi irréelle pour le métropolitain en cabinet... C'est vrai qu'on y va en fusée là-bas ?


Dr - Eugenol
JeRis

01/02/2008 à 11h45

... un jour de plus là bas, et il nous aurait raconté son stage commando à Régina ... dommage!


Dos02 qpcfgi - Eugenol
Rick

01/02/2008 à 12h43

Je reconnais le civilisé que édifie la symbiose avec l'humain, le vrai.

=> "Une telle invitation ne se refuse pas."
Mince Ameli, la révérence de l'inviteur a plus de sens que la bienséance ;)

=> "le seul moustique qui m’a piqué, c’était à l’aéroport en repartant,"
là tu n'as pas compris ô malotru.

=> "en cherchant de l’or. On s’est bien fait 1g en 1h !"
Trop peu, bizarre pour quelqu'un qui a l'habitude de la pelle et pioche!

=> "et on le fait cuire dans sa coquille. Bien cuit, ça s'épluche tout seul."
Pas sûr que jeff 2 y adhère au mode de cuisson

Ameli
Me imagino ver-te
A comer com os olhos o que não podes comprar,
Compartires o olhar,
Ilusões me vão dar


Attila

01/02/2008 à 13h02

Vous êtes alle à kourou que 2 jours?


Amibien

01/02/2008 à 13h13

Et trismus ? tu ne l'as pas vu ? ça fait envie ton truc... bises