Cookie Consent byPrivacyPolicies.comEncore un cas! - Eugenol

Encore un cas!

PAL

18/06/2008 à 18h31

Y a pas que les pisses-vinaigre qui nous affolent les glandillons stressogènes ! Tel que vous me voyez, je viens de me faire foutre l’orthosympathique en surchauffe par un mecton tout c’ qu’y a de gentil.
Mais alors gentil…gentil.
En découvrant ce duduche binoclard de vingt six balais au fond de la salle d’attente, je me suis dit d’abord : « Ouh qu’il est vilain ! » Puis il s’est levé, les pieds en dedans. Il m’a lancé un regard et un sourire si nigauds que j’ai pensé qu’il était.…au bas mot bisomique.
L’avantage, avec les gourdiflots dans son genre, c’est qu’on pétoche pas de se faire persécuter à la première foirade. On a le droit à l’aléa. Et puis, quand le mec a la CMU et que c’est pas lui qui casque, on risque pas non plus les chicanailleries d’oseille.
Bref, pour passer la ligne en roue libre après une journée truffée d’avaros, ça me semblait le client idéal. Grave, que j’ me gaffais !
Le ramollo vient de se prendre une giboulée de juin, il dégouline de partout. Selon le rite, je tente de détendre l’atmosphère par le truchement d’une fine calembredaine :
« Z ‘avez pas réussi à passer entre les gouttes ? »
Avouez qu’elle est excellente !
« C’est qu’y mouille ! » geint-il comme si on venait de l’ enguirlander.
« Oui, bon, c’est pas grave. Qu’est-ce qui vous amène ? »
« J’ai une cârie ! »
Ca tombe bien, chuis cariologue.
«Installez-vous, on va voir ça. »
Le benêt s’exécute. Il pose ses lorgnons, hyper délicat, et se cute, bien centré, le dos bien droit, les paluches bien jointes. Je lui tend la torchette en papelard, il la plie en quatre et la pose délicatement sur son cuissot.
Il veut bien tout c’ qu’on veut. Il fait ce qu’il peut, mais l’hic, c’est qu’il peut peu. Au moment où je l’invite à déverrouiller la soupape, je pige qu’ avec lui, va falloir se fritter contre les éléments. Au lieu d’écarter ses grosses lippes, il contracte à mort l’orbiculèvre, ne présentant plus à l’opérateur qu’un grotesque troufignard par lequel on ne saurait introduire plus qu’un manche de miroir.
°°°°°Bien. D’accord. Pal, du sang-froid ! Le patient est manifestement contracté, il te faut le détendre. °°°°°
« Tenez, rincez-vous donc un peu, s’il vous plaît. » que j’y fais d’un ton jovial.
J’ai bien l’honneur, mes chers confrangins, de compter dans ma patientèle le champion toutes catégories du rinçage buccal. Méthode, technique et concentration. Après s’être embouché avec recueillement un premier gorgeon, il lève la tronche, les yeux au ciel, en se gargarisant longuement et bruyamment pour se déterger tout le complexe luetto-amygdalien. Puis il secoue frénétiquement la tête de droite à gauche comme un cabot qui veut vous arracher une vieille chaussette. Phase trois, le voilà maintenant le regard dans le vague, qui poursuit l’opération en gonflant-dégonflant les joues , balançant les commissures d’une esgourde à l’autre, avec force barouf de lessiveuse. Ca doit mousser, là-dedans ! Au bout de trois minutes, enfin, il termine le taf en crachant violemment le dernier jus de rinçage, avec éclaboussure générale du périmètre.
Bon, on va p’tête pouvoir y aller ?
Mais c’est pas vrai ! Il s’envoie une seconde lichée ! Alors toi, mon gars, t’es pas prêt de te r’ faire payer une bolée !
Je l’arrête net avant qu’il attaque le fond du gobeloche.
« C’est bon ! Allez, ouvrez, s’il vous pl… Non, bien ouvert, plus grand, serrez pas les joues comme ça ! »
« J’ m’ escuse. » pigne t-il encore.
« Oui, mais faut vous décontracter, sinon j’y vois que tchi ! Voiiiilà…. Oubliez pas de respirer, quand même ! »
Bon. J’ai aperçu 36 qu’est complètement avariée. On peut encore lui sauver la mise, mais pour l’endo et la suite, je l’ai en demi-molle. Les emmerdements, c’est comme le faf à derche : t’en tires une feuille, il en vient dix ! Non seulement le godichon spasme des buccinateurs toutes les dix secondes, mais il est doté d’une infâme mégaglosse qui lui encombre tout le magasin et il bave comme un cent de cagouilles ! Quand j’ pense que nos devanciers trempaient leurs salsifouettes là-dedans, beurk !
Et c’est pas tout : on lui demande de tourner un chouia la caboche vers mézigue, cet empaillé donne un brusque quart de tour dans l’autre sens ! Il occluse de traviole, il ouvre quand on lui dit de fermer et il visse vers ça ! Jamais vu un bourricot pareil ! En plus, il s’excuse sans arrêt, un vrai paillasson, c’est doublement pénible !
Fffffff...
Mais le pire, c’est qu’y a pas moyen de trouver une seule raison valable de le jarter : il est gentil !!


Avatar transparent iqadnc - Eugenol
adhoc

18/06/2008 à 18h39

Cariologues de tous les pays, z'unissez vous.
Merci, pal!


024 vownvo - Eugenol
annie

18/06/2008 à 19h16

déja expérimenté! Dommage que je n'ai pas ton talent pour décrire le "gentil" qui s"endort au bout de 5 minutes, fermant la bouche,mordant mes doigts ou écrasant les broches!


azerty

18/06/2008 à 20h18

exellent


Image 4 lrchtq - Eugenol
Alain

19/06/2008 à 00h26

Tournée générale de Cavit.


Avatar transparent iqadnc - Eugenol
adhoc

19/06/2008 à 00h52

Tournée générale d ac qu avit.
C'est plus bon!


Utilisateur banni

19/06/2008 à 02h31

PAL Ecrivait:
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>> Mais le pire, c’est qu’y a pas moyen de trouver
> une seule raison valable de le jarter : il est
> gentil !!
>
>Et quand le patient rentre chez lui, il se sent ridicule: c'est ce que l'on appelle la PAL et honte au logis...(Promis, je ne la referai plus...trop capillotractée pour Nonol...).
:.)))



LdL

19/06/2008 à 09h23

annie Ecrivait:
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> Dommage que je n'ai pas ton
> talent...


Oui !