Tous les forums
protocole de vissage des pièces prothétiques sur implant
10/09/2009 à 01h40
lorsque je mets en place des prothèses transvissées je serre à 25 N.cm (connectique conique 11°). Or quelques semaines après, en vérifiant, systématiquement je peux redonner 1/5ème de tour pour que la clé redéclenche à 25 N.cm (comme si il y avait eu un "relachement" de la vis)
Malgré tout, sur des couronnes unitaires scellées sur moignon vissé dans la même séance et donc sans resserage ultérieur, je n'ai jamais constaté de dévissage par la suite.
je me demande donc si ce resserage a vraiment une utilité pour la stabilité de la jonction pilier-implant.
Quels sont vos protocoles de vissage? avez vous constaté le même phénomène sur d'autres connectiques?
@+
10/09/2009 à 04h55
Il me semble que Dr Misch serre @ 25 N, attend 10 minutes, dévisse et revisse @ 30N, pour ''étirer'' le métal...
je vais vérifier mes notes...
--
Céramik
10/09/2009 à 10h34
je n'utilise pas le même système d'implant que vous...mais voici le protocole de vissage que j'utilise pour tout...et je n'ai jamais eu le moindre dévissage...
vissage à la main de la pièce...à fond....puis léger dévissage et "re-contact" de début de serrage pour la vis... vissage à la clef dynamométrique...si celle ci fait plus 1/4 de tour avant de débrayer...je re dévisse un peu et reprend ce protocole...;-)
10/09/2009 à 11h26
J'ai déjà eu le même genre de déboires avec la même connectique que toi. J'ai toujours mis ça sur le compte de la gencive. (J'ai peut-être tout faux)
Je m'explique. Lorsque je serre une couronne transvissée, il arrive que le profil d'émergence soit plus large que mon pilier de cicatrisation. Donc quand je serre, la gencive se retrouve comprimée. La résistance à la compression joue dans les 25N.cm . Au bout de quelques minutes et donc aussi au bout de quelques jours, lorsque la gencive s'est bien positionnée, elle n'exerce plus de contraintes. Il est alors possible de serrer réellement à 25N.cm
J'ai moins le cas avec les piliers sur lesquels je scelle une couronne car en général le profil d'émergence que me fait le prothésiste est moins compressif. La compression se fait plutôt au scellement de la couronne.
Ma maigre solution est de serrer à 25N.cm, attendre quelques minutes, resserrer, attendre... etc (pendant une dizaine de minutes). Et quand je sens que c'est nécessaire, je reteste quelques jours plus tard.
Voilà, c'est pas très scientifique, ça vaut ce que ça vaut mais c'est mon avis.
10/09/2009 à 11h33
Lors du vissage du pilier le filetage de la vis est en pression dans le sens vertical en direction du col de l’implant. Pendant la mastication par un phénomène de pompage, cette pression se relâche et la vis peut se dévisser. Avec le cône morse selon le degré de conicité, cet état est diminué mais le col subit une pression horizontale avec un élargissement de celui-ci. Par une force centripète, le col cône morse de l’implant participe au serrage du piler d’implant. Pour les prothèses vissées, il est important d’avoir une armature passive pour limiter ces données. Pour les prothèses scellées, le ciment joue un rôle de joint et facilite la passivité de l’armature qui doit comporter une jonction cervicale et un espacement sur les ¾ supérieur du pilier.
Growler, pour les prothèses scellées, ce « relâchement » se produit mais tu ne peux pas le constater. Serrer le pilier en 2 temps me parait une bonne solution pour compenser l’extension du col de l’implant. Dans tous les types de prothèse une passivité des armatures et un équilibrage de l’occlusion me paraissent indispensables pour limiter les dévisages.
Posit
10/09/2009 à 12h40
Le diamètre de forage des implants est inférieur au diamètre du col de l’implant. Pour l’implant juxta-crestal le pilier standard peut avoir une forme évasée et venir alors buter sur l’os. Cela m’a conduit à développer un protocole de forage avec un foret pour évaser l’os dans la partie supérieure à la limite du col de l’implant.
Le diamètre des vis de cicatrisation va conduire et préparer la gencive au diamètre de la partie cervicale de la couronne et éviter tout pincement de celle-ci. Dans les cas de mise en charge immédiate le provisoire joue ce rôle avec l’avantage d’être facilement modelable pour une mise en forme des papilles.
Posit
10/09/2009 à 12h43
juste une question, est-ce que ça ne pourrait pas être dû à la dilatation thermique, ta vis étant à température ambiante, donc plus froide qu'une fois en place ?
il faudrait faire un calcul avec le coef de dilatation thermique du métal et le delta de température avant/après vissage. peut-être que quelques microns peuvent justifier ce 1/5 ème de tour.
10/09/2009 à 13h05
hop écrivait:
-------------
> il faudrait faire un calcul avec le coef de dilatation thermique du métal et le
> delta de température avant/après vissage. peut-être que quelques microns peuvent
> justifier ce 1/5 ème de tour.
Coefficient de dilatation linéaire du titane 8,64 10-6 K -1
température extérieure à déterminer
température de l'implant 37° sans fièvre
merci pour le calcul
10/09/2009 à 13h24
je pense pas hop, le delta de température est trop faible (salle de soins à 23 °C et vis-pilier à 37°c)
en plus je ne constate jamais ce phénomène 5 à 10 minutes après le premier vissage (là les températures sont équilibrées) mais bien après au moins quelques jours.
je pense qu'il s'agit plutôt du phénomène d'écrouissage?
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89crouissage
10/09/2009 à 16h14
je pense plutôt que lors de ton serrage initial, la friction entre le pilier et le col de l'implant fausse ta valeur de serrage optimale du fait de la contrainte sur la vis...
voilà pourquoi je redessere toujours avant d'appliquer le couple de serrage...
rien ne t'empêches d'essayer...et de voir si çà change quelque chose...
10/09/2009 à 19h26
pluton écrivait:
----------------
> je pense plutôt que lors de ton serrage initial, la friction entre le pilier et
> le col de l'implant fausse ta valeur de serrage optimale du fait de la
> contrainte sur la vis...
si pour emboiter une Connectique tu dois exercer une pression supérieure à 10 15 ou 25N change de marque
10/09/2009 à 20h13
vava écrivait:
--------------
> si pour emboiter une Connectique tu dois exercer une pression supérieure à 10 15
> ou 25N change de marque
vava...lis comme il faut stp...
alors je vais simplifier pour toi...:
-moi pas avoir de problèmes
-moi donner juste mon protocole de serrage: moi serrer à la main (10/15Ncm pour faire rentrer le pilier à fond), puis léger dévissage et moi serrer à la clef dynamométrique (30Ncm pour mes implants...)
-moi essayer expliquer pourquoi mauvais serrage si serrage direct à la clef dynamométrique...(friction du pilier en plus de l'effort sur la vis)
çà te vas???? ;-))
10/09/2009 à 21h35
growler écrivait:
-----------------
> lorsque je mets en place des prothèses transvissées je serre à 25 N.cm
> (connectique conique 11°). Or quelques semaines après, en vérifiant,
> systématiquement je peux redonner 1/5ème de tour pour que la clé redéclenche à
> 25 N.cm (comme si il y avait eu un "relachement" de la vis)
>
> Malgré tout, sur des couronnes unitaires scellées sur moignon vissé dans la même
> séance et donc sans resserage ultérieur, je n'ai jamais constaté de dévissage
> par la suite.
> je me demande donc si ce resserage a vraiment une utilité pour la stabilité de
> la jonction pilier-implant.
>
> Quels sont vos protocoles de vissage? avez vous constaté le même phénomène sur
> d'autres connectiques?
>
> @+
>
si tu utilises les "moignons de repositionnement" qui te sont fournis avec les implants comme des piliers droits, il faut savoir que la vis est plus fine sur ces piliers provisoires que sur piliers droits vendus séparéments.
(valable sur les Masters).
mais je pense que tu le savais déjà...
sinon, j'ai jamais constaté cela avec les XIVE ou pire encore avec les ANKYLOS.(c'est déjà assez dure comme ça de les retirer, même quand tu ne les serres pas...)
10/09/2009 à 21h38
Céramik écrivait:
-----------------
> Il me semble que Dr Misch serre @ 25 N, attend 10 minutes, dévisse et revisse @
> 30N, pour ''étirer'' le métal...
> je vais vérifier mes notes...
>
>
> --
Céramik, le couple que tu indiques n'est valable que pour un type d'implant, suivant les marques et les modes de connexions, cette valeur de serrage est changeante. on ne peut pas généraliser.
10/09/2009 à 22h59
pluton écrivait:
----------------
>
> -moi donner juste mon protocole de serrage: moi serrer à la main (10/15Ncm pour
> faire rentrer le pilier à fond), puis léger dévissage et moi serrer à la clef
> dynamométrique (30Ncm pour mes implants...)
>
> -moi essayer expliquer pourquoi mauvais serrage si serrage direct à la clef
> dynamométrique...(friction du pilier en plus de l'effort sur la vis)
>
> çà te vas???? ;-))
ho toi big costo, vérifie la force maximale que toi obtenir avec tournevis manuel
11/09/2009 à 00h23
vava écrivait:
--------------
> ho toi big costo, vérifie la force maximale que toi obtenir avec tournevis
> manuel
>
>
les 10Ncm sans problèmes...et certainement beaucoup plus....en règle générale...ma clef dynamométrique fais rarement plus d'1/8 de tour pour arriver au 30Ncm....
ah et oui, si tu doutes encore...faut que je fasse gaffe à mes daviers...j'ai des Carl Martin qui s'en sont pas remis....
11/09/2009 à 00h54
pardons de ne pas lire correctement (et écrire) pluton tu est un extraterrestre.
11/09/2009 à 01h01
synthèse de quelques lectures que j'ai pu avoir ce soir:
La mise en tension de la vis
permet de se prémunir de tout risque de dévissage, le vissage calibré ne peut être garanti
que par l’usage d’un instrument de précision, muni d’un système de réglage de couple.
TECHNIQUE D’ASSEMBLAGE PRÉ-CONTRAINT
Cette technique consiste à mettre en tension optimale la vis de fixation de la pièce prothétique. Le couple de serrage qui doit être déployé pour obtenir cette mise en tension est déterminé en fonction notamment de la limite d'élasticité de la vis.
qu'est ce que la limite d'élasticité?
c'est la contrainte à partir de laquelle un matériau commence à se déformer de manière irréversible.
Facteurs influençants cette limite:
La déformation élastique se produit par déformation réversible de la structure du matériau par une modification des distances interatomiques. La déformation plastique se produit par déplacement de dislocations, qui sont des défauts cristallins. L'apparition de ces mouvements, se produisant au seuil de la limite d'élasticité, dépend de plusieurs facteurs dont les principaux sont :
* les forces de cohésion interatomiques : plus les liaisons entre atomes sont importantes, plus il est difficile de les déplacer donc plus la limite élastique est élevée ;
* la structure cristalline : les glissements (les déplacements des dislocations) se font plus facilement sur les plans atomiques ayant une forte densité ; les cristaux ayant le plus de possibilités de glissements sont les cristaux de structure cubique à face centrée ; de fait, les matériaux les plus ductiles (or, plomb, aluminium, austénite) possèdent ce type de structure ;
* les atomes étrangers bloquent les dislocations (nuage de Cottrell, épinglage) ; les métaux purs sont plus ductiles que les métaux alliés ;
* les dislocations sont bloquées par les joints de grain (grain boundary en anglais) ; plus il y a de joints de grain, donc plus les cristallites sont petits, plus la limite élastique est élevée ;
* les dislocations se bloquent entre elles ; plus le matériau contient de dislocations, plus la limite élastique est élevée (écrouissage).
Ces facteurs dépendent entre autres de la température, donc la limite élastique dépend elle aussi de la température.
Ainsi pour une vis type M2, en alliage de titane Ta6V, de limite d’élasticité de 1000 MPa (Mega Pascal), le couple de serrage nécessaire sera évalué entre 32 et 35 N.cm. Pour une vis M2 en or (type Pivozyl® 2),de limite d’élasticité de 800 MPa, son couple de serrage nécessaire sera évalué entre 30 et 32 N.cm
bref, il apparaît qu'on devrait toujours serrer à la limite d'élasticité du matériau de la vis et si possible reverifier ce serrage après quelques temps (mais impossible de trouver quelque part la durée de ce laps de temps: 10 minutes, 3 jours, un mois?).
de plus, la vis de fixation définitive du pilier
transvissé ne doit pas être utilisée pour les
essayages & manipulations de laboratoire afin
de ne pas altérer son coefficient d’élasticité.
Aussi,il faut utiliser une vis neuve pour le vissage final
en bouche.
(çà tombe bien, les moignons que j'utilise sont livrés avec une vis de labo et une vis pour la fixation en bouche)
@++
11/09/2009 à 01h18
vava écrivait:
--------------
> pardons de ne pas lire correctement (et écrire) pluton tu est un extraterrestre.
je pense seulement que tu avais fais une "lecture en diagonale" de ce sujet...comme je te l'ai dis...je n'ai aucun problème avec les implants que j'utilise...
un extraterrestre??? pourquoi???
tu sais, les 10/15 Ncm sont atteignable par n'importe quel praticien ayant un tant soit peu de poigne....
11/09/2009 à 01h18
tu as de biens pieuses lectures growly..!
:)
tout ceci est très bien, mais le facteur principal de stabilité pour la liaison entre ton implant et ton élément prothétique est surtout lié à la forme de la conexion entre les deux pièces.
tout ce que tu évoque concerne essentiellement la liaison au niveau du filetage de la vis.
11/09/2009 à 02h02
dentiste57 écrivait:
--------------------
> Céramik écrivait:
> -----------------
> > Il me semble que Dr Misch serre @ 25 N, attend 10 minutes, dévisse et revisse
> @
> > 30N, pour ''étirer'' le métal...
> > je vais vérifier mes notes...
> >
> >
> > --
>
> Céramik, le couple que tu indiques n'est valable que pour un type d'implant,
> suivant les marques et les modes de connexions, cette valeur de serrage est
> changeante. on ne peut pas généraliser.
>
Oui, ces valeurs sont pour les Bio-Horizon, ceux que Misch utilise, et moi aussi
Le truc c'est de le faire en 2 temps.
Ça marche bien pour moi.
--
Céramik
11/09/2009 à 15h32
pluton écrivait:
----------------
> vava écrivait:
> --------------
>
> > ho toi big costo, vérifie la force maximale que toi obtenir avec tournevis
> > manuel
> >
> >
>
> les 10Ncm sans problèmes...et certainement beaucoup plus....en règle
> générale...ma clef dynamométrique fais rarement plus d'1/8 de tour pour arriver
> au 30Ncm....
>
> ah et oui, si tu doutes encore...faut que je fasse gaffe à mes daviers...j'ai
> des Carl Martin qui s'en sont pas remis....$
ben moi ce matin, c'est en serrant comme un damné une vis de cica que je me suis retrouvé avec l'implant au bout des doigts.
j'étais pourtant sure qu'il était parfaitement ostéointégré.
BOOOOOOOOOOOOOOUUUUUUUUUUUU!!!!!!!!!!!!
11/09/2009 à 15h55
çà m'est arrivé aussi une fois....sur un pote...bien entendu...
mais quand çà arrive...faut se dire que çà n'aurait de toute façon pas tenu le coup avec la prothèse...
23/09/2009 à 16h06
la semaine dernière moi c'est en dévissant la vis de cica (sur une 46) pour faire l'empreinte que l'implant est venu avec, sans douleur, même le curetage c'est fait sans AL. En 45 l'implant est quand à lui bien ostéo-intégré. Bon c'est vrai que le patient est diabétique...
--
;O)