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mésaventures
03/04/2010 à 18h18
SALUT LES COPINES ET LES COPAINS
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Nous sommes en 1995, le cabinet dentaire que j'ai repris en 1980 du Dr D., comme décédé, marche à donf.
Le téléphone appelle en continu. Il fallait vraiment une personne employée à plein temps pour y répondre.
C'était alors la fuite en avant.
Investissements pour assurer le plateau technique, embauche pour les ressources humaines (RH), jusqu'au jour où:
- 1er contrôle S.S. en 1995, qui se solde en 1997 à une condamnation à 1 mois d'interdiction d'exercice avec sursis. Bof...
La vie continue et les contrôles S.S. aussi...
En 1999, condamnation à 2 mois avec sursis, et un avocat indifférent. Rebof...
2001: j'ai beaucoup progressé en qualité de travail, en nombre de cas résolus, grâce en particulier à la gestion des RH, que je croyais pertinentes.
Nouveau contrôle S.S., cette fois-ci beaucoup plus appuyé.
Il en ressort en 2004 un contentieux global de 1500 Euro, négligeable mais non nul puisque je suis traduit devant la Section des Assurances Sociales et le Conseil National de l'Ordre des Chirurgiens-Dentistes (CNOCD).
Pourquoi mets-je des Majuscules à ces instances?
Parce que je suis celui qu'on appelle Povtype Du Moulin et je m'explique.
J'adhère au syndicat de notre confrère, Jean-Pierre E., qui s'occupe de l'A..., et que je crois capable, étant donné sa virulence exprimée sur sa newsletter, de pouvoir peser sur l'Ordre.
L'Ordre, toujours droit dans ses bottes et aux ordres de la S.S.
Jean-Pierre E. me recommande alors à un avocat, que je crois très compétent mais pas forcément informé de la technicité du monde dentaire.
En fait, Jean-Pierre E. m'a balancé dans les bras de l'avocat Michel S. et m'a oublié.
Bref, de Charybde en Scylla, et en procès toujours perdus d'avance, je suis à la fin condamné à 3 mois fermes d'interdiction d'exercer, qui commencent le 01/03/2010 pour finir le 31/05/2010.
Quand je recontacte par téléphone Jean-Pierre E., en décembre 2009, que je l'appelle au secours au moment où j'apprends la teneur du jugement, il me fait savoir exactement à ce moment-là,
que: ”c'est trop tard car c'est jugé, je ne peux pas dire par téléphone certaines choses, etc...”
Je suis décontenancé devant tant d'hypocrisie, je ne peux pas réagir sur le coup.
Je raccroche le téléphone et je pense... Lui, l'amateur de rallyes, ne serait-il pas membre de l'Automobile-Club de France?
Ce club très fermé, façon british, lieu de rencontres huppées d'où je ne serais pas étonné que sorte un certain Denis de la V., président de la Section des Assurances Sociales devant le Conseil National de l'Ordre des Chirurgiens-Dentistes.
Celui qui m'a condamné...
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J'exerce actuellement en SELARL.
Pauvre SELARL... Le comptable, Remi D., m'avait fait miroiter un superbe outil de défiscalisation dont je vous passe les aspects techniques, mais qui se sont toujours trouvés retoqués a posteriori devant le législateur. C'est comme un outil magnifique mais inopérant, et de surcroît, dont on ne fournirait pas le mode d'emploi.
Naïvement, aprés avoir créé la SELARL et versé de forts honoraires à Remi D., j'ai cru que tout continuait comme si j'exerçais en nom propre.
Hélas, Remi D. ne m'a jamais donné de consigne particulière pour gérer une SELARL, et je me retrouve aujourd'hui en compte-courant débiteur.
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Attention, chers amis, peut-être que les initiés savent ce que celà veut dire, mais moi, je l'ai appris à mes dépends devant un tribunal: je dois 140 000 Euro à ma propre SELARL unipersonnelle!
Celà concerne mes dépenses personnelles mais surtout des dettes que j'ai contractées en nom propre pour combler des déficits de financement de ma SELARL que je considérais comme une partie de moi-même. A ce titre, je peux être poursuivi au Pénal.
Sachez ce que je ne savais pas à l'époque, c'est-à-dire que les banques se méfient des SARL et assimilés, donc des SELARL, qui se révèlent être des structures particulièrement volatiles en termes financiers. De refus en refus de crédit, j'ai fini par m'engager personnellement pour pouvoir financer mon projet professionnel.
Et j'ai tenté tout celà parce que je voulais fuir une certaine forme d'exercice.
J'ai déménagé en 2005 à grands frais.
Pourquoi?
Parce que j'exerçais dans des locaux que je partageais avec un médecin.
Erreur funeste.
Tandis qu'un toubib ne facture que des C conventionnés, avec ou sans CMU; nous dentistes,
sommes contraints à une facturation conventionnelle de plus en plus sophistiquée sous la pression des Administrations Sociales, qui, du fait de leur déficit abyssal, sont de plus en plus pointilleuses sur le respect de la NOMENCLATURE.
Il se crée de ce fait une séparation entre un médecin qui “s'en fout” et un dentiste qui, s'il veut exercer son art avec cette même clientèle, doit nécessairement trier dans une population, ceux qui sont aptes à recevoir des soins que nous qualifierons simplement de contemporains.
En conclusion, si vous vous refusez à gratter des sillons que vous obturez à l'amalgame cotés moins chers qu'une C, vous entrez dans le collimateur de la S.S., en tant que, et je cite les minutes de mon procès:
“abuseur, de mauvaise foi, escroc”.
Celà me vaut donc trois mois fermes d'interdiction d'exercer.
J'ai écopé à ce jour le premier mois, mais ma pauvre SELARL, qui était déjà en RJ (redressement judiciaire pour les initiés), n'y a pas résisté et passe en liquidation judiciaire.
Mais pourquoi ma SELARL était-elle en RJ?
En 2004, je rencontre un type formidable, Pascal S., qui me fait l'apologie au cours de ses conférences d'une certaine vision de la gestion des cabinets dentaires.
Elle est basée sur une conception libérale, commerciale, de haute qualité, élitiste.
Mais entretemps la crise, qui nous est venue des USA, a balayé tout ce concept, surtout dans les zones pauvres où ma SELARL s'était établie.
Baisse d'activité, entretenue par un personnel formaté sur les principes rigides de la société E., qui n'est qu'une émanation des concepts de Pascal S., et que ce dernier dirige de loin...
Alors la clientèle trouve que mon cabinet dentaire est inabordable et me fuit.
Chute d'activité de 30% en 2008, puis encore de 30% en 2009.
Fin 2009, la SELARL, exsangue, est placée en RJ, et alors, la jonction entre le RJ et l'interdiction d'exercice s'ajoutent : la SELARL passe en liquidation judiciaire.
Aujourd'hui, je suis dans le flou le plus total. J'ai autant de visions de ce qui peut m'arriver que de conseillers.
Ceux qui me suivaient en RJ, maître François-Xavier C. et son acolyte Jean-Michel B., avocats plus assoiffés de gain que d'efficacité, me prédisent le pire, jusqu'à ma radiation du CNOCD.
Un huissier me prédit la même chose que ces rapaces qui m'ont suivi en RJ.
L'avocat Michel S., qui m'assistait contre le CNOCD me dit, qu'une fois la liquidation passée, je pourrai, bien que déchiré, laminé, reprendre mon activité libérale en nom propre.
Le comptable, Remi D., me raconte à peu près la même chose.
A qui se fier?
Est-il possible, dans ce pays, qu'un homme responsable ne puisse pas se projeter plus loin que le bout de son nez?
Merci pour vos commentaires, vos suggestions.
Signé:
Povtype Du Moulin
03/04/2010 à 21h23
nous avons eu ds notre région un cabinet mis en liquidation judiciaire , et ayant été en contact avec le mandataire liquidateur (une connaissance) celui m'a clairement fait comprendre que lorsque la situation financière venait à se dégradée il ne fallait pas compter sur les conseilleurs habituels qui sont tous des futurs créanciers mais que s'adresser le plus rapidement possible et en direct à un mandataire liquidateur peut permettre de rechercher et trouver des solutions pour sauvegarder son patrimoine.
04/04/2010 à 17h15
C'est la fable de la grenouille qui voulait devenir aussi grosse que le boeuf ...
Et l'appât du gain (selarl) qui fait confondre bénéfice et chiffre d'affaire avec la cohorte de vautours qui tourne autour de la bête blessée en attendant sa mort pour la dépecer.
Un bel exemple à méditer.
04/04/2010 à 17h23
povtype écrivait:
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> En conclusion, si vous vous refusez à gratter des sillons que vous obturez à
> l'amalgame cotés moins chers qu'une C, vous entrez dans le collimateur de la
> S.S., en tant que, et je cite les minutes de mon procès:
>
> “abuseur, de mauvaise foi, escroc”.
>
> Celà me vaut donc trois mois fermes d'interdiction d'exercer.
>
Il doit quand même y avoir eu quelques 'dérapages' pour en arriver là et la sécu, l'ordre et consors n'ont pas pris un nom au hasard dans l'annuaire dans le seul but de s'acharner sur lui jusqu'au bout: il n'y a pas de fumée sans feu.
04/04/2010 à 20h29
Ouaip pareil, je ne sais pas si tu es venu là trouver du réconfort, mais là franchement, autant de contrôles SS, autant de pertes d'exploitation (140000€, pfff), je dirai, au minimum parce qu'entre confrères on doit rester corrects:
1. Tu es un très très très mauvais gestionnaire, vise plutôt le salariat.
2. Soit tu poursuis la SS de ton coin pour harcèlement, soit tu dois être pour le moins border-line sur pas mal de trucs.
Ce qui me fait le plus penser que ta pratique est un peu limite, c'est que visiblement, rien n'est jamais ta faute...
Bon vent quand même.
06/04/2010 à 01h38
"1er contrôle S.S. en 1995, qui se solde en 1997 à une condamnation à 1 mois d'interdiction d'exercice avec sursis. Bof"
NON pas bof, un contrôle SS qui se solde par une interdiction d'exercice est très rare, et équivaut à une fraude prouvée et répétée, de la convention que tout dentiste conventionné a signé avec la sécurité sociale.
Comme tout contrôle, tu es en observation pendant 3 ans pour savoir si le message envoyé, a bien été compris.
"En 1999, condamnation à 2 mois avec sursis, et un avocat indifférent. Rebof."
NON pas rebof, là il y a récidive. Ta situation est aggravé car tu n'as pas modifié le comportement déviant qui t'as valu la première condamnation.
"Nouveau contrôle S.S., cette fois-ci beaucoup plus appuyé."
Tu n'as tenu compte d'aucun avertissement et tu as continué à ne pas respecter ta signature (convention).
"Le comptable, Remi D., m'avait fait miroiter un superbe outil de défiscalisation"
Exact, si tu respectes les procédures.
" Remi D. ne m'a jamais donné de consigne particulière pour gérer une SELARL"
C'est faux : il a écrit 2 bouquins là dessus très explicites.
Il fait 1 fois par an une réunion d'information soit au cours de voyages à l'étranger, soit lors de journée de séminaire.
Ansel fait également des réunions informatives.
Je dois avoir 8 bouquins sur les Selarl dans ma bibliothèque.
"les banques se méfient des SARL et assimilés, donc des SELARL".
Totalement faux: Tu as un capital social qui donne la valeur de ta garantie.
Un capital de 1€ garantit à la banque de récupérer cette somme.
Un capital de 200 000€ garantit à la banque de récupérer cette somme.
Elle se méfie de quelle société à ton avis?
"Pascal S."
"Elle est basée sur une conception libérale, commerciale, de haute qualité, élitiste"
"la clientèle trouve que mon cabinet dentaire est inabordable et me fuit"
"Chute d'activité de 30% en 2008, puis encore de 30% en 2009"
Alors là, c'est encore mieux:
Tu ne sers pas une conception qui te convient (ainsi qu'à ton portefeuille), mais une clientèle a qui tu dois rendre service ( serment d'hippocrate).
Si on te fuit, c'est que la conception est mauvaise et ne rend pas service.
Mais Pascal est un vendeur qui, lui a su se diversifier pour ne pas craindre la crise:
Formations, presses, sociétés écrans pour vendre des produits pouvant intéresser les dentistes sans savoir à qui ils achètent, immobilier,...
La diversification d'un dentiste est dans l'offre qu'il peut proposer : omnipratique, ODF, implants, paro, ....
Cela n'empêche pas le reste.
Mon conseil :
change de région, recommence un autre cabinet dans une région où on a besoin de dentiste,
commence avec de l'omnipratique de base à 5 jours semaine: tu vas monter facilement (pour quelqu'un d'organisé comme tu l'es!) à 300 000€.
RESPECTE intégralement la nomenclature.
Formes toi en ce que tu aimes et crée une journée de spécialité : 4 jours d'omnipratique + 1 jour de spécialité.
etc,...
N'abandonne jamais ton métier de base qui est de soigner ta communauté (l'omnipratique) et tu auras toujours ce qu'il faut pour alimenter ta journée de spécialité.
Continues à te former sur comment utiliser les outils que tu as en place:
Tu achètes un outil que tu ne connais pas (une grosse moto, une selarl), et sans formation, tu la pilotes.
Tu as un accident et tu accuses la moto, puis après le vendeur de motos, puis l'état qui fait les routes et les règles de conduite.
Pour l'instant tu n'accuses pas les autres conducteurs (sauf le médecin)!!
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Antony
06/04/2010 à 09h48
c'est quand même dur ce qu'il lui arrive depuis quelques années, et je crois que le conseil de Antony est bon/
Si possible changer de région(de caisse sécu haha) recommencer une nouvelle vie professionnelle en démarrant doucement pour reprendre du plaisir et redonner une chance au métier!
Courage