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Mediator, autopsie d'un silence mortel

azerty

19/10/2010 à 12h41

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Mediator, autopsie d'un silence mortel
Contenu reconnu d'Utilité Publique Ce contenu a été voté "d'utilité publique" par nos abonnés, ou sélectionné par la rédaction pour être gratuit. Il est temporairement accessible à tous, abonnés et non abonnés Version imprimable Discuter sur le forum"Le Mediator serait responsable de 500 à 1000 décès en France". C'est peu dire que l'information publiée dans Le Figaro du jeudi 14 octobre (lire cette chronique de Daniel Schneidermann) a frappé. Le Mediator, commercialisé par le groupe Servier depuis 1976, est un médicament réservé à l'origine à des diabétiques en surpoids. Mais son effet coupe-faim en a fait l'un des médicaments les plus prescrits à des patients souhaitant simplement maigrir.
Véritable succès en France, le Mediator était une poule aux oeufs d'or : 88% des ventes mondiales ont été réalisées dans l'hexagone, 2 millions de patients en ont pris, 7 millions de boites étaient encore vendues en 2009 et remboursées par l'Assurance maladie à hauteur de 65%. Au total, ce médicament aura rapporté 1 milliard d'euros au groupe Servier.




Seul problème, la molécule à la base du Mediator - le Benfluorex - fait partie de la famille des fenfluramines, interdite aux Etats-Unis et en Europe depuis 1997 à cause de sa toxicité. Par quel miracle le Mediator a-t-il échappé à cette interdiction ? Pourquoi a-t-il fallu attendre plus de dix ans (novembre 2009) avant qu'il ne soit retiré de la circulation ?
Un livre tente de répondre à toutes ces questions, celui du Dr Irène Frachon, pneumologue au CHU de Brest, intitulé à l'origine Mediator, combien de morts ? avant que le sous-titre ne soit censuré suite à la plainte du groupe Servier. Publié en juin 2010, le livre n'a pas eu le succès espéré en raison du silence assourdissant de tous les acteurs du milieu médical. Rarement une affaire a aussi bien illustré la collusion entre les autorités sanitaires supposées indépendantes, les laboratoires, et une presse médicale sous influence, le tout sur fond de connivence politique.



Comment le groupe Servier a tué le livre sur le Mediator
Le 3 juin 2010 est sorti le livre du Dr Irène Frachon sur le Mediator, un médicament interdit à la vente en novembre 2009 alors que des signes de sa toxicité étaient apparus dès 1995. Le livre retrace l'incroyable légèreté des autorités, à commencer par l'AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) qui a attendu novembre 2009 pour interdire la commercialisation du produit, qui peut provoquer des "valvulopathies cardiaques" pouvant entraîner la mort.

Au CHU de Brest, Irène Frachon a rencontré de nombreux cas. D'où son livre, pour tenter de comprendre pourquoi ce médicament n'a pas été interdit plus tôt. Un livre qu'elle a d'ailleurs failli ne pas publier : "de grands journalistes de la presse écrite ont tenté de me dissuader, car j'allais avoir des procès jusqu'à la fin de mes jours" nous a-t-elle raconté.

Dans les premiers jours de sa sortie, l'ouvrage au titre choc - Mediator, combien de morts ? - bénéficie d'une couverture médiatique limitée, mais correcte. Le Monde, Ouest-France, Le Télégramme, Libération et Le Nouvel Obs évoquent sa sortie. L'auteur a également été reçue sur France 5 dans Le magazine de la santé.


Mais ce lancement est entravé par les laboratoires Servier, qui portent plainte. Le 7 juin, la justice oblige les éditions Dialogues à retirer le sous-titre au motif qu'il causerait des dommages notables aux laboratoires Servier... si le médicament était remis en vente. Un jugement "ahurissant" pour l'éditeur qui résume sur son site son incongruité : "si un médicament qui est un poison était demain considéré comme un bonbon inoffensif, alors demain il y aurait préjudice". L'éditeur a fait appel, la décision doit intervenir fin novembre.
Un livre, deux couvertures



En attendant, il a fallu changer le sous-titre. Une manière de "tuer le livre" explique à @si l'éditeur brestois, Charles Kermarec. Car il a fallu rapatrier tous les exemplaires, apposer un autocollant sur les couvertures pour remplacer le sous-titre "Combien de morts ?" par "Sous-titre censuré" et procéder à un nouveau tirage. Tout cela n'était pas forcément insurmontable mais la remise dans les rayons a posé problème: le changement de sous-titre signifiait qu'il s'agissait d'un autre livre, avec une nouvelle référence. "Les libraires étaient perturbés car il y avait deux codes barres pour un même bouquin, explique l'éditeur. Ils ne savaient plus comment le commander, ils commandaient avec le premier code barre et la base de données Electre [utilisée par les professionnels du livre] leur indiquait que le livre était indisponible (normal puisqu'il venait d'être interdit). Généralement, ils n'allaient pas plus loin."
Kermarec en a fait l'amère expérience dans une librairie parisienne : "lorsque j'ai commandé le livre, ils m'ont dit qu'il était indisponible" alors que la deuxième version avec le bon sous-titre était en stock. "Les laboratoires Servier nous ont planté le bouquin, c'était très malin de nous demander de changer de titre. Je n'ai pas vu le coup venir, ils ont gagné la bataille du silence". Après quatre mois de mise en place, seuls 3500 exemplaires ont été vendus. Et ce n'est pas le soutien de 30 éditeurs, outrés de la censure du sous-titre, qui a changé les choses.


Un livre peu relayé par une presse médicale sous influence des labos

Stoppé net dans son élan, le livre d'Irène Frachon n'a pas non plus bénéficié du soutien de la presse médicale, même après le 14 juin 2010, date à laquelle l'Agence européenne décidait d'interdire définitivement la molécule Benfluorex (à la base du Mediator) car le lien entre cette molécule et des cas de valvulopathies était formellement établi.
A l'exception de la Revue Prescrire, seule publication "vraiment indépendante" car ne dépendant pas des ressources publicitaires des labos, le livre d'Irène Frachon est tombé dans le trou noir de la presse spécialisée. A notre connaissance, pas une seule ligne dans la publication la plus importante du secteur, Le Quotidien du médecin, qui n'a évoqué l'affaire... qu'en publiant un communiqué des laboratoires Servier (rebaptisés "Groupe de Recherche").

Communiqué Servier dans Le Quotidien du médecin du 4 juin 2010



Pour les connaisseurs du secteur, ce blackout dans la presse médicale n'est pas une surprise, la collusion entre cette presse spécialisée et les laboratoires étant traditionnelle. "Quand je travaillais dans une agence de com' dans le domaine de la santé, nous explique un médecin, c'était moi qui écrivais les articles du Quotidien des Médecins". Et celui-ci d'ajouter : "les médecins savent que la presse n'est pas indépendante mais la plupart d'entre eux se croient indépendants des labos même s'ils lisent des publications qui ne le sont pas (...) Aujourd'hui, il est devenu quasiment impossible d'avoir une information indépendante car c'est l'industrie pharmaceutique qui finance l'argent des études."

Un élément supplémentaire de cette collusion entre laboratoires et autorités sanitaires apparaît avec la publication de l'article du Figaro sur la mortalité liée au Mediator.

Quand l'AFSSAPS et Servier tentent de discréditer le Figaro

L'affaire est relancée fin août avec la publication dans Le Monde d'une tribune d'un député socialiste qui reprend le titre censuré du livre d'Irène Frachon : "Mediator : Combien de morts ?" Gérard Bapt, rapporteur spécial de la mission santé pour la Commission des finances, s'interroge sur "l'influence des grandes firmes sur les avis scientifiques qui fondent les décisions" et s'étonne que le Mediator n'ait pas été interdit beaucoup plus tôt. Il dénonce en outre le laxisme des autorités : "Dès 1999, la Commission de la transparence proposait le déremboursement du Médiator au vu de son peu d'intérêt thérapeutique. Remboursées à 65 %, les 140 millions de boites vendues au prix de 5,04 € auront couté près de 500 millions à l'Assurance-maladie…" Jusqu'à son retrait de la vente en novembre 2009, le Mediator a été remboursé.
La publication de cette tribune réveille l'AFSSAPS, qui commande alors à la CNAM (Caisse nationale d'Assurance maladie) une étude de mortalité. Jusqu'à présent, une seule estimation circulait, issue d'une thèse de troisième cycle. L'étude de la CNAM était censée rester confidentielle jusqu'à la publication des chiffres dans Le Figaro du 14 octobre :

"Le Mediator serait responsable de 500 à 1000 décès en France" écrit la journaliste Anne Jouan. On comprend tout de suite l'enjeu : même la fourchette basse (500 morts) signifierait qu'il s'agit d'une catastrophe sanitaire. A titre de comparaison, l'affaire du sang contaminé avait fait environ 280 morts.
L'étude confidentielle dans Le Figaro du 14 octobre 2010


Quelques heures après la publication de l'article du Figaro, la contre-attaque s'organise. Selon l'AFSSAPS et Servier, l'étude confidentielle... n'existe pas. Il s'agirait simplement d'une extrapolation à partir d'une étude d'octobre 2009, qui établissait le lien entre le Benfluorex et des atteintes aux valves du cœur potentiellement mortelles. Cette étude d'octobre 2009 ne portait que sur des diabétiques et n'avait pas pour objectif de fournir des statistiques sur le nombre de morts.

A la demande de l'AFSSAPS fin août (après des premières plaintes contre Servier), la CNAM aurait repris cette étude en catastrophe en essayant d'extrapoler ces données pour aboutir à une évaluation du nombre de morts sur l'ensemble de la population. Version immédiatement relayée, par exemple, par le journaliste de France Info, Bruno Rougier : les chiffres ne sont pas fiables, seule une nouvelle étude complète pourrait donner des estimations plus précises.




La journaliste du Figaro aurait-elle mal compris en parlant d'une nouvelle étude ? Contactée par @si, Anne Jouan maintient qu'il s'agit bien d'une nouvelle étude. D'ailleurs, le lendemain, Le Figaro publie un nouvel article sur le sujet en maintenant sa version :
"une deuxième étude confirme le risque".




Cette bataille de communication fait doucement sourire Irène Frachon. Dans son livre, elle raconte que l'étude de la CNAM d'octobre 2009 a été réalisée... en seulement 3 semaines. Réaliser une nouvelle étude fiable de mortalité, en prenant en compte un échantillon plus large que les seuls diabétiques, ne prendrait pas plus de temps selon elle. Dans ce cas, pourquoi la CNAM se serait-elle amusée à réaliser une extrapolation incertaine à partir de la première étude ? Mystère...
Une chose est sure : dans cette affaire, l'autorité qui a commandé cette étude, l'AFSSAPS, est elle-même contestée.


Censée être indépendante, l'AFSSAPS est financée... par les laboratoires pharmaceutiques

En 2005, une commission d'enquête du Sénat avait dénoncé le désengagement de l'Etat dans cette structure censée pourtant être indépendante : "En 2003, les ressources de l'AFSSAPS provenaient pour 83% de l'industrie pharmaceutique et pour seulement 6,4% de l'Etat" écrivait la commission d'enquête du Sénat. Le constat est rude: "n'étant plus soutenue financièrement par l'Etat (4,9 millions d'euros de subvention en 2003), l'AFSSAPS n'ose plus prendre de décisions contrariant un tant soit peu les intérêts immédiats des firmes (...) La préservation de la santé de l'industrie pharmaceutique semble ainsi passer avant celle des patients". Rien que ça !

Depuis, rien n'a vraiment changé, les industries pharmaceutiques ont même renforcé leurs positions au moment où l'Etat cherche, ici comme ailleurs, à faire des économies. Selon le député socialiste Gérard Bapt, joint par @si, l'AFSSAPS "n'aura plus aucune subvention de l'Etat en 2011". En clair, l'autorité censée être indépendante fonctionnera exclusivement sur fonds privés.


La collusion entre l'AFSSAPS et les labos explique-t-elle la lenteur de l'AFSSAPS à interdire le Mediator ? "Il y a manifestement une proximité extrêmement forte entre l'AFSAPPS et les laboratoires Servier" selon Frachon. Même conclusion pour Bapt : il y a clairement "un conflit d'intérêts". Elément troublant, par exemple : quand les membres de l'AFSSAPS se sont envoyés des mails pour réfléchir à une contre-attaque au livre de Frachon... des employés de Servier figuraient parmi les destinataires (@si a pu consulter ces mails).

En toile de fond de cette collusion entre les laboratoires et les autorités sanitaires, n'oublions pas la bienveillance d'une partie de la classe politique qui ferme les yeux sur ces relations incestueuses, voire l'encourage en retirant les fonds publics de l'AFSSAPS.

Où l'on découvre que le Groupe Servier organise des dîners entre patrons et politiques
Jacques Servier, le fondateur du groupe, est la neuvième fortune de France. Agé aujourd'hui de 86 ans, il a toujours su être bien vu par la gauche comme par la droite... mais surtout la droite. Lorsqu'il est fait Grand'Croix de la Légion d’Honneur par Nicolas Sarkozy en personne en juillet 2009, Sarkozy trouve par exemple ce mot aimable : "Je me souviens de notre première rencontre en 1983. C’était déraisonnable, c’est là que je vois que vous êtes enthousiaste, vous pensiez déjà à l’époque que je serais Président de la République. Incorrigible Jacques Servier !"




Les petites attentions encouragent d'ailleurs cette amitié. Dans le numéro "Fric et politique" des dossiers du Canard d'octobre 2010, on découvre que le Groupe Servier sait entretenir ses réseaux : "Sous la houlette du laboratoire Servier, [le Cercle Hippocrate] réunit économistes et jeunes loups de la politique pour des dîners dans un luxueux hôtel particulier de Neuilly. L'un des produits de l'école Servier n'est autre que Luc Chatel, le prometteur ministre de l'Education et porte-parole du gouvernement".
Dossier du Canard d'octobre 2010



Y a-t-on jamais évoqué le Mediator ?


azerty

15/11/2010 à 21h53

Mediator : plus de 500 morts et plus de 3500 hospitalisés
Mots clés : Mediator, Médicaments, Diabétiques, FRANCE, Servier

Par Anne Jouan

15/11/2010 | Mise à jour : 20:06 Réagir
INFO LE FIGARO - Les autorités sanitaires envisagent désormais un rappel, par les généralistes, des patients ayant pris ce médicament.

Entre 1976 et 2009, plus de 500 patients seraient morts en France d'avoir pris du Mediator. Et plus de 3500 auraient été hospitalisées pour des lésions des valves cardiaques. Ces chiffres sont issus d'une nouvelle analyse que Le Figaro s'est procurée et dont les résultats ont été présentés ce lundi après-midi lors d'une réunion extraordinaire de pharmacovigilance à l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Ce document, qui doit être rendu public ce mardi, insiste sur le fait que cette estimation de mortalité est «a minima». Il confirme et précise les informations du Figaro du 14 octobre dernier. Mais des formes bénignes auraient également concerné des dizaines de milliers de patients. Dans ce contexte, l'Afssaps devrait annoncer ce matin qu'elle engage les généralistes à procéder à un examen cardiaque de leurs malades traités par ce médicament. Une option encore en débat ce lundi soir. Le Mediator des laboratoires Servier (deuxième groupe pharmaceutique français après Sanofi-Aventis) était à l'origine réservé aux diabétiques en surcharge pondérale ou présentant une hypertriglycéridémie puis prescrit aux personnes désireuses de perdre du poids.

Effets secondaires
L'Afssaps note également dans cette analyse que le Mediator (dont le principe actif est le benfluorex) serait responsable de 1750 interventions en chirurgie cardiaque. Mais «cette estimation ne prend pas en compte la surmortalité des cas de valvulopathies plus modérées causées par le benfluorex (et qui n'ont donc pas été hospitalisés, NDLR)», relève encore cette analyse. Or ces atteintes valvulaires sont très fréquentes d'après une étude récente réalisée par le laboratoire Servier lui-même.

Mediator a été mis sur le marché en 1976 et retiré du marché en novembre 2009 en raison justement d'effets secondaires sur les valves cardiaques mis en évidence par un travail du CHU de Brest*, puis confirmé par la Cnam. Durant toute cette période, plus de 145 millions de boîtes ont été vendues en France (sans compter les prescriptions hospitalières).

Cet été, l'Afssaps avait demandé une enquête à la Caisse nationale d'assurance-maladie (Cnam) sur la mortalité attribuable à ce médicament dans un contexte de judiciarisation, plusieurs malades ayant porté plainte contre le laboratoire Servier du fait de complications cardiaques. L'Agence du médicament a aussi été vivement critiquée pour avoir tardé à retirer cette molécule du marché: trente-trois ans après sa commercialisation et dix ans après la première déclaration de pharmacovigilance en France. Pour réaliser cette enquête, la Cnam avait alors passé à la loupe le devenir médical de 303.000 patients (83 000 hommes et 220.000 femmes avec une moyenne d'âge de 53 ans) ayant pris du Mediator depuis 2006. Elle n'avait pas pu remonter plus dans le temps car les données médicales ne sont pas conservées dans ses ordinateurs plus de trois ans. L'objectif était d'évaluer le nombre d'hospitalisations et de morts potentiellement attribuables à ce médicament. Conclusion: 64 décès avec une mortalité des patients hospitalisés de l'ordre de 1%. C'est l'analyse par l'Afssaps de cette enquête qui conduit aujourd'hui à ces taux de décès, de chirurgie et d'hospitalisation. Selon d'autres travaux de la Cnam, le risque de complications graves liées à ce produit serait de l'ordre de 0,5 cas pour 1000 personnes exposées. Celles-ci surviendraient pour des traitements d'au moins quelques mois.

Dès 2000, la revue scientifique américaine Circulation publiait un article détaillant les effets néfastes de la norfenfluramine (le métabolite du Mediator) sur les valves cardiaques, alerte reprise en 2007 par le prestigieux New England Journal of Medicine. D'autres articles scientifiques suivront notamment dans Plos One. Or le Mediator n'est pas un produit inconnu puisqu'il s'agit d'un dérivé des amphétamines, chimiquement proche d'un autre médicament de Servier, l'Isoméride, retiré lui de la vente en 1997. Le laboratoire ne pouvait donc pas ignorer que l'Isoméride et le Mediator ont le même métabolite toxique .

Quand le Mediator a été retiré du marché en novembre dernier, 300.000 personnes étaient sous traitement en France. Chaque année, sept millions de boîtes étaient vendues dans notre pays. Outre la France, le Portugal et Chypre ont été les derniers pays à interdire ce médicament.

* « Mediator 150 mg, sous-titre censuré» (Éditions Dialogues) par le Dr Irène Frachon.

LIRE AUSSI :

» Les patients ayant pris du Mediator doivent consulter

» Mediator : une deuxième étude confirme le risque



azerty

01/12/2010 à 14h04

Mediator : l'agence du Médicament inquiète dès 1998

Mots clés : MEDIATOR, AFSSAPS, AGENCE DU MEDICAMENT

Par Anne Jouan
01/12/2010 | Mise à jour : 12:54 Réagir

INFO LE FIGARO - Un document émanant de l'Agence du Médicament (ex-Afssaps) montre que les experts s'inquiétaient que le Mediator puisse favoriser une maladie grave onze avant son interdiction..

En 1998, le Mediator des laboratoires Servier est en vente depuis 1976 en France. Aujourd'hui il est accusé d'être à l'origine de 500 décès et de 3500 hospitalisations selon une étude réalisée par la Caisse nationale d'Assurance Maladie. Pourquoi a-t-il fallu plus de 33 ans avant que ce médicament soit retiré du marché français (novembre 2009), alors que toutes les molécules anorexigènes ont été interdites à la vente en 1998 ?

Un document du 30 avril 1998 émanant de l'Agence du Médicament montre que dès cette date là, des inquiétudes apparaissent clairement. Selon ce compte-rendu du comité technique de pharmacovigilance que s'est procuré Le Figaro : « On ne peut écarter la possibilité d'une déviation de l'utilisation du benfluorex comme anorexigène étant donné que l'indication « adjuvant de régime » entretient une certaine ambiguité. De plus, la métabolisation du benfluorex (la molécule du Mediator, NDLR) dans l'organisme entraîne la formation de norfenfluramine, métabolite apparenté à la fenfluramine, elle-même impliquée dans l'apparition d'hypertensions pulmonaires graves ». Autrement dit, cette métabolite serait accusée de favoriser une maladie grave, en l'occurence une hypertension artérielle pulmonaire.

Si l'idée que ce médicament est proche des anorexigènes apparaît jusqu'en 1998, elle disparaît ensuite dans les compte-rendus ultérieurs de l'Agence du Médicament. Réservé aux diabétiques en surcharge pondérale ou présentant un taux de triglycérides trop élevés, le Mediator a également été prescrit d aux personnes désirant perdre du poids.

En Suisse, ce médicament a été retiré de la vente en 1998, en Espagne en 2003 et en Italie en 2004. Pour la France, il aura fallu attendre novembre 2009.