Cookie Consent byPrivacyPolicies.comLes mutuelles recrutent dans les facultés - Eugenol

Les mutuelles recrutent dans les facultés

Avatar hjdsnm - Eugenol
TiGabi

10/12/2010 à 18h39

Bonjour,

Incroyable cette affiche que j'ai trouvé dans le hall de ma faculté.

Un centre mutualiste propose de verser une "bourse" de 600 euros par mois aux étudiants en échange d'une promesse de travailler dans ce centre pendant plus de 2 ans.

C'est :

- Immoral :
Bien des étudiants ont des situations socio-économiques difficiles. Les sommes proposées sont très importantes : une telle offre incite à ne pas considérer le long terme au vu du bénéfice à court terme.

- Malhonnête :
Un étudiant ne sait rien des enjeux actuels pour la profession et de ce que représente son "futur employeur" mutualiste.
Il ne connaît pas la réalité des conditions d'exercice en cabinet libéral et en mutuelle : il ne peut donc pas juger et comparer ce pour quoi il s'engage.

- Dangereux :
Un jeune praticien qui à peine sorti de la fac commence par travailler deux années en mutuelle ne pourra pas développer sa propre démarche qualité. Il commencera son activité professionnelle par apprendre à travailler "en centre mutualiste" : il n'aura peut-être ni la volonté ni la capacité de faire autrement plus tard.

- Restrictif :
L'avenir de l'étudiant est bloqué pour au moins deux ans : il ne sera pas libre d'aller faire des remplacements, de tester différents modes d'exercice, de s'installer dans la zone qu'il souhaite.

- A la limite de la légalité :
Sans être juriste, j'ai de forts doute sur la légalité d'un tel contrat.


J'ai arraché cette affiche.

Je l'ai montré à des étudiants : c'était édifiant ! Certains m'ont reproché de l'avoir retiré car "c'est une offre super intéressante"...

Je l'ai montré au doyen : il n'était pas au courant de cette affiche. Elle a été posée sans son accord et il fera en sorte qu'elle ne revienne pas.

Mut ifnrya - Eugenol

Canard fkryf7 - Eugenol
Agachon

10/12/2010 à 18h58

Les mutuelles commencent à anticiper les problèmes de recrutement futurs. Ceci dit, cela ne leur coûte pas cher : 600 € / mois pendant un an.


Cobra

10/12/2010 à 19h42

Atroce.


Cuisinier2 vnbbxx - Eugenol
jeff2

10/12/2010 à 20h16

je crois plutôt que c'est un bon signe. En effet, il faut prendre conscience que les mutuelles ont des éléments (leurs salariés) qui savent les conseiller.
Il ne faut surtout pas les prendre pour des imbéciles, mais là cette fois ci, ils baissent leur garde un peu trop tôt.
On sait en effet que notre profession va voir son effectif diminuer de 25? d'ici 5 années.
Vu la stratégie du gouvernement actuel, lié aux groupes mutualistes ( merci Guillaume!) et la pauvreté d'un syndicalisme dentaire français. Il ne faut surtout pas leur en vouloir d'en profiter
D'où l'importance de voter avant le 15 décembre pour les urps si vous ne voulez pas que votre profession soit vendue aux mutuelles par des syndicats qui de toute façon, depuis de longues années auront vendu la profession.


Rape p0as4f - Eugenol
rapelapente

11/12/2010 à 00h28

UN tel engagement est totalement contraire au droit en général (l'objet: le futur contrat de travail ne peut être connu) et au droit du travail.
Je conseillerai donc aux étudiants de foncer là dedans, prendre le fric des mutuelles et les envoyer balader après! Gnark!


endomaitre

11/12/2010 à 09h05

Si ils cherchent les étudiants c'est qu'ils ne peuvent recruter en aval,c'est le signe de la limite de leur systéme ,demain ce seront des polonais et des marocains ,alors la messe sera dite.
Ils seront spécialisés dans les cmu .

--
CNSD what for?
FSDL we can!


Rape p0as4f - Eugenol
rapelapente

11/12/2010 à 10h47

très juste.
Ceci dit il est clair depuis longtemps qu'ils ont du mal à recruter, il n'y a qu'à voir le nombre d'offres d'emploi des centres mutualistes dans l'ID.


Canin

11/12/2010 à 12h09

Déjà, il faudrait effectivement savoir si ce genre de pratique est légale.

Après moi, ça ne me choque pas.Au contraire je trouve que cela est un bon moyen de lutter contre les collabo foireuse dans les cabinets (nombreuses comme discuté dans un autre post). ça fait jouer la concurence libéral-salariat.

Après il faut aussi consédérer la démographie professionnelle. Si par hasard elle est très faible dans le TARN que veux-tu y dire ?

Je peux te dire que dans certaines disciplines comme la radiologie, les labos et les cabinets déroulent le tapis rouge à leurs internes en fin de de 3e cylce et chef-clinique. A côté, on est vraiment des petits joueurs.


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Canin


caredent

11/12/2010 à 12h46

Je ne vois rien de choquant et je ne pense pas que ce soit illégal : il y a 10 ans ou plus certains hôpitaux alsaciens finançaient les études d'infirmières à condition de s'être engagé à travailler chez eux 5 ou 10 ans à la fin de ses études .
Pourquoi ?
Parce qu'elles partaient toutes à l'étranger , une fois leur diplôme en poche !
De toute manière , avec tous les tracas administratifs actuels et à venir , liés à l'exercice libéral, même sans rétribution , une majorité d'étudiants a déjà fait le choix du salariat : cf. les médecins !


Kon nx3ojp - Eugenol
Kon

11/12/2010 à 12h57

6000 euros pour l'année et des chaines pendants deux ans.
Avec quelques remplacement en quelques vacances le score est largement dépassé. Tu bosse l'été et entre noël et nouvel an c bouclé.
Pour soigner les patients assistés ils forment des praticiens assistés.


ameli

11/12/2010 à 13h31

Ci dessous un extrait de la loi HPST.
L'engagement est similaire. Il est parfaitement légal.
Il fut une époque où j'ai moi-même profité de ce type d'engagement, ce n'est donc pas une invention récente.
Les "écoles normales" fonctionnaient ainsi : tous frais payés, petite paye, mais engagement de 10ans dans l'éducation nationale. J'ai démissionné, et remboursé.
Où est le problème ?
J'ajoute que la gratification HPST n'est pas négligeable. Mais elle est, pour le moment peu demandée, parce que peu connue et que les fac n'en font pas la promotion lors des inscriptions. Mais je suis certain que, avec le temps, ça va venir...

« Art.L. 632-6.-Chaque année, un arrêté du ministre chargé de la santé et du ministre chargé de la sécurité sociale détermine le nombre d'étudiants qui, admis à poursuivre des études médicales à l'issue de la première année du premier cycle ou ultérieurement au cours de ces études, peuvent signer avec le centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière un contrat d'engagement de service public.
« Ce contrat ouvre droit, en sus des rémunérations auxquelles les étudiants et internes peuvent prétendre du fait de leur formation, à une allocation mensuelle versée par le centre national de gestion jusqu'à la fin de leurs études médicales. En contrepartie de cette allocation, les étudiants s'engagent à exercer leurs fonctions à titre libéral ou salarié, à compter de la fin de leur formation, dans les lieux d'exercice mentionnés au quatrième alinéa. La durée de leur engagement est égale à celle pendant laquelle l'allocation leur a été versée et ne peut être inférieure à deux ans. Pendant la durée de cet engagement, qui n'équivaut pas à une première installation à titre libéral, ceux qui exercent leurs fonctions à titre libéral pratiquent les tarifs fixés par la convention mentionnée aux articles L. 162-5 et L. 162-14-1 du code de la sécurité sociale.
« A l'issue des épreuves mentionnées à l'article L. 632-2 du présent code, les étudiants ayant signé un contrat d'engagement de service public choisissent un poste d'interne sur une liste établie chaque année par arrêté du ministre chargé de la santé et du ministre chargé de l'enseignement supérieur, en fonction de la situation de la démographie médicale dans les différentes spécialités sur les territoires visés à l'alinéa précédent.
« Au cours de la dernière année de leurs études, les internes ayant signé un contrat d'engagement de service public choisissent leur futur lieu d'exercice sur une liste, établie par le centre national de gestion sur proposition des agences régionales de santé, de lieux d'exercice où le schéma visé à l'article L. 1434-7 du code de la santé publique indique que l'offre médicale est insuffisante ou la continuité de l'accès aux soins est menacée, en priorité les zones de revitalisation rurale visées à l'article 1465 A du code général des impôts et les zones urbaines sensibles définies au 3 de l'article 42 de la loi n° 95-115 du 4 février 1995 d'orientation pour l'aménagement et le développement du territoire. Le directeur général de l'agence régionale de santé dans le ressort duquel ils exercent leurs fonctions peut, à leur demande, à tout moment, changer le lieu de leur exercice. Le directeur général du centre national de gestion peut, à leur demande, à tout moment, et après avis du directeur général de l'agence régionale de santé dans le ressort duquel ils exercent leurs fonctions, leur proposer un lieu d'exercice dans une zone dépendant d'une autre agence régionale de santé.
« Les médecins ayant signé un contrat d'engagement de service public avec le centre national de gestion peuvent se dégager de leur obligation d'exercice prévue au deuxième alinéa du présent article, moyennant le paiement d'une indemnité dont le montant égale les sommes perçues au titre de ce contrat ainsi qu'une fraction des frais d'études engagés. Les modalités de remboursement et de calcul de cette somme sont fixées par un arrêté conjoint des ministres chargés de la santé et de la sécurité sociale.


Cobra

11/12/2010 à 13h49

Feraient mieux de se baser sur les résultats universitaires ET le niveau de revenus des parents pour accorder des aides d'Etat plutôt que de subventionner uniquement les pauvres pour qu'ils aillent bosser là où les gosses de riches ne veulent pas aller.

Il serait plus juste d'être forcé d'aller bosser là où personne ne veut aller quand on est au-delà de la deuxième partie du NC en première année (qui a été doublé pour repeupler ces zones je le rappelle...) On pourra toujours refuser d'être dentiste ou médecin et laisser sa place à ceux qui sont derrière au classement, et il n'y aura pas de sélection par l'argent à peine déguisée comme dans ce qui est proposé ici. Ensuite rien n'empêche d'accorder des bourses à ceux qui en ont besoin.

J'imagine bien ce que doivent se dire entre eux les fonctionnaires s'occupant de la chose ("c'est vraiment super..."), persuadés de la générosité intrinsèque du dispositif et se persuadant que mon discours est empreint de mauvais esprit.

Egalité mon cul.


ameli

11/12/2010 à 14h20

hihihi
Moi, je suis bien d'accord avec toi. ;))
Bien que je ne sois pas tombé dans les mêmes excès socialo-communistes que toi !


ameli

11/12/2010 à 14h39

Bien que, à la réflexion... ce système n'est pas si mal. Ou plutôt, ça se discute.

Les bourses, c'est bien, mais ça se coupe.
Déja, quand on en a une, elle ne couvre pas la dépense, loin s'en faut. Donc, faut bosser en sus des études, et en dentaire-médecine, ce n'est pas simple : on ne peut pas prétendre être pion ! c'est l'usine, le manoeuvre et les vacances pour mettre un peu de sous de coté.
Donc, on sèche des cours, et on manque de temps pour réviser, car il faut pointer au boulot.
Et on se plante à l'examen, et on coupe la bourse, et l'année suivante, c'est pire, car il faut bosser davantage pour compenser le manque de bourse.
C'est donc des années de galère, alors qu'on ne sent pas plus con que ceux qui passent dans l'année du dessus sans problèmes.
Au moins, avec ce type de contrat, c'est du donnant-donnant, et un confort qui permet de finir les études sans faire le pied de grue chez Manpower...


Cobra

11/12/2010 à 17h39

Les prêts étudiants ça existe, les chambres CROUS et le RU aussi.
Bosser pendant ses vacances n'a jamais tué personne.
Quand tu ajoutes bourse+chambre CROUS+RU midi et soir+travail de vacances(pas forcément désagréable...), tu t'en sors sans avoir à bosser dans l'année.

Bien sûr, si on filait des bourses proportionnelles aux résultats, dès le début de la scolarité, on pourrait parler d'égalité avec les débiles qui ne s'en sortent qu'à coup de boîtes à concours privées, de piston et autres joyeusetés.

La "Nation" serait même gagnante si on sélectionnait dès le plus jeune âge les enfants très doués, pour les placer dans des conditions d'apprentissage stimulante, entre eux, et leur éviter de perdre leur temps avec la masse et de devenir fainéants par absence de compétition sérieuse.
Au final, cela éviterait de fortes discordances entre le capital génétique et la réussite sociale, et cela lisserait les inégalités sociales initiales, bien que ces inégalités soient souvent le reflet de la qualité de ce capital génétique.
Pas sûr que ça intéresse beaucoup de monde, en particulier ceux qui appartiennent à la catégorie visée par mon deuxième paragraphe, qu'ils en soient conscients ou pas, et qui sont souvent aux commandes.

C'est communiste comme idée?


ladentETeve

11/12/2010 à 18h09

Pire, c' est du néo-darwinisme oO


Canin

11/12/2010 à 18h09

Kon écrivait:
-------------
> 6000 euros pour l'année et des chaines pendants deux ans.
> Avec quelques remplacement en quelques vacances le score est largement dépassé.
> Tu bosse l'été et entre noël et nouvel an c bouclé.
> Pour soigner les patients assistés ils forment des praticiens assistés.


Pas toujours aussi simple. Certaines facultés limitent l'exercicent de leurs étudiants. A cela tu ajoutes le stage inactif, les séminaires à la con et tout le reste, ils arrivent à faire du gardiennage une année entière pour nos chers jeunes.

Permière chose, tu n'as pas le droit de remplacer durant l'été qu'après la validation en juin de ta cinquième année contrairement à une certaine époque.

Faire des rempla entre noël et nouvel an faut avoir l'autorisation si tu n'es pas obligé de faire de la présence à l'hosto vu que les étudiants ont à présent leur statut hospitalier avec leur fiche de paye.

enfin, les rempla foireux, ça existe aussi.

C'est sûr qu'au final, les 600/mois en 6e année, ça va pas intéresser un max de monde.

Par contre, l'argument d'être sûr d'avoir un immédiatement un boulot payé tant, ça risque d'intéresser beaucoup de jeunes étudiants frileux du libéral.

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Canin


Canin

11/12/2010 à 18h13

Kon écrivait:
-------------
> Pour soigner les patients assistés ils forment des praticiens assistés.

Excellente remarque !!!

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Canin