Cookie Consent byPrivacyPolicies.comSoigner uniquement les riches ? - Eugenol

Soigner uniquement les riches ?

Maupertuis

25/08/2012 à 23h15

Bonjour à tous.

Je voulais vous faire part de mes interrogations du moment.
Voilà, je suis associé depuis 2 ans dans une petite bourgade de campagne. J'ai ma patientèle, les patients sont sympas et tout et tout.

Mais plus ça va, et plus je me dis que j'ai peut être merdé, que j'ai peut être mal choisi mon lieu de travail. Je gagne peu par rapport à mes collègues des centres-villes et pourtant pour le même travail. Tout se joue au niveau prothétique (quand je peux le faire): là ou je fais 8 métal pour 2 céram, ceux qui soignent des patients plus aisés font le contraire, si ce n'est jamais de métal. Je ne parle même pas des inlay-onlay que je fais à l'occasion, généralement vers le 30 du mois de février.

Même si je suis encore jeune, je gagne autant voir moins qu'un dentiste de mutuel et moins certaines fois que des dentistes remplaçants choisissant bien leur cabinet. Ca me laisse songeur...

Soigner tout le monde et en majorité la classe moyenne basse ne m'a pas l'air d'un plan d'avenir. Encore, j'aurais, comme dans les dom, des cmu, je pourrais faire chauffer la carte verte mais la classe moyenne basse, ils ne sont pas assez riche pour se payer de la céramique et pas assez pauvre pour avoir la cmu...

A la fac, j'étais un tant soit peu idéaliste, je désirais soigner tout le monde et ne pensait pas qu'il y avait une telle disparité de revenu. Maintenant, j'avoue penser de plus en plus à retourner dans le centre ville même si je sais qu'il est toujours plus difficile de se faire sa patientèle.

On m'avait pourtant prévenu et dit que j'étais fou de vouloir m'installer à la campagne. Qu'il fallait prendre l'argent là ou il était.

Alors dîtes moi que je fais fausse route svp, que je ne devrais pas penser ça.

Et puis j'aurais besoin de quelques conseils pour faire payer mes provisoires, mes déposes prothétiques, les séances à l'hydroyde, les resc...... Et puis aussi des conseils pour réussir à faire accepter plus souvent la céramique que la métal. (je suis un piètre vendeur)

Je suis content de mon travail et même si ce soir, je suis un poil cynique, ça me laisse malgré tout un arrière gout dans la bouche de me dire que pour le même travail effectué, je pourrais sûrement gagner 50% de plus...mais peut être que je me trompe et c'est pour ça que je poste.


Photo pluton1b h9n4ea - Eugenol
pluton

25/08/2012 à 23h34

Maupertuis écrivait:
--------------------
Et puis aussi
> des conseils pour réussir à faire accepter plus souvent la céramique que la
> métal. (je suis un piètre vendeur)


tout est dit dans cette phrase...

arrêtes de te prendre la tête avec le rapport soins/prothèse/fric et çà ira mieux...
proposes ce que tu ferais pour toi, ensuite les alternatives plus économiques...tu verras que les patients te suivront plus facilement...

ensuite, il faut se diversifier, ortho, implanto, paro, etc...les voies sont nombreuses, mais actuellement, je vois difficilement un cab "up to date" ne pas intégrer l'implantologie dans sa pratique...même si çà n'est que la prothèse...
pour les prix des implants, y a des moyens de faire des traitements de qualité sans se ruiner ni "éventrer" le porte monnaie des patients, simplement en utilisant des systèmes moins onéreux (voir mon post "le cadeau de pluton"...)

bon courage, il faut tenir bon, y a pas de raison que çà ne marche pas, contrairement en ville où la concurrence est féroce...


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TiGabi

25/08/2012 à 23h39

Je suis mal placé pour parler vu que je ne fais pas de prothèse mais...
Pourquoi proposer en 2012 des couronnes métalliques ? Ce sont les mêmes étapes cliniques que pour une céramique, donc le même temps de cabinet, et la différence de coût laboratoire est minime comparée au coût global du traitement.

Tu n'es pas un vendeur. Tu expliques le traitement, pourquoi il est nécessaire, les honoraires correspondants. Au patient de voir. Il ne veut pas payer de HN pour les "provisoires, déposes prothétiques, séances à l'hydroyde, rescellements" ? Il trouve un autre cabinet.

Si tu cherches à "vendre", tu aura des patients qui cherchent un commerçant. La patientèle d'un cabinet correspond à l'attitude du praticien.


Salamandre

26/08/2012 à 00h10

Pour moi, il y a une étape de plus (essayage de la chape ou du biscuit, selon mon empreinte et le cas). Mais je ne sais plus qui m'a dit un jour: les patients montreront ce que tu leur as fait et le suivant demandera la même chose.
Chez moi, prix de la ccm = prix de la CC+différence prix protho. Soit une faible différence. Résultat il penchent très vite pour la ccm. Je leur dis: "c'est vous qui voyez, le prix est le même. Pour la ccm il y a un surcout prothésiste de x pour le rajout de ceram".


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danteyeah

26/08/2012 à 00h38

Tu semble motivé par une dentisterie plus esthétique, plus en phase avec les données acquise de la science, commence par bien te former à toute les techniques et indications des céramiques et des collages, et cela deviendra plus clair pour toi, il te sera alors impossible de proposer du métal car tu sera convaincu toi même du bien fondé de tes traitements et tu n'aura donc plus rien à "vendre" comme la dit pluton.
Pour aller à contre pied de ton impression sur campagne/centre ville, je te donnerais mon expérience perso comme modèle qui devrait te rassurer un peu sur ton choix: j'ai repris mon premier cabinet en campagne (pas profonde, plutôt limite urbain mais j'ai déjà eu des patients venant en tracteur), il y a prés de 15 ans, mon prédécesseur posait essentiellement des couronnes à incrustation vestibulaire, de l'appareillage résine (à l'époque la PBM n'était pas remboursée), et du screw-post laiton/Hg.....du Hi-Tech quoi ;-), et la patientèle s'en contentait (il était tellement gentil.........). J'arrive avec mes gros sabots....et j'fais pas beaucoup mieux (à part IC au lieu de screw-post, pas remboursés non plus à l'époque), j'avais bien tenté de l'Incéram mais sans grand succés (1 ou 2, en 3 ans).
Prise de conscience, moi aussi comme presque nous tous je ne suis pas vendeur, mais pourtant je suis persuadé que ce que je fais n'est pas bon. Je potasse, je bouquine (merci QI), découvre des ouvrages de fou furieux (Magne/Belser, Paris/Faucher), on me fait l'éloge du DU esthétique de Strasbourg nouvellement créé, et je me lance, les premiers cas de facettes arrivent sur des patients de longue date, de la CCC (Empress2, puis rapidement de l'Emax que mon labo venait d'intégrer), pour arriver à plus aucune CCM (ou si peu) et que de la zircone ou de l'Emax.
Pour dégager les couronnes métal c'est simple, je les ai mise au même tarif que les CCM, elles même à peine moins cher que les CCC....et j'en ai plus jamais fait!

Aujourd'hui ce cabinet qui dégageait des revenus horaires très supérieur à la moyenne à été revendu et fait le bonheur de mon successeur avide lui aussi de formation. J'ai repris récemment (pas beaucoup de recul encore, donc avis à mitiger) un cabinet 800 km plus loin en centre ville cette fois ci (même profil de prédécesseur, mais locaux mieux équipé (Pano, Rvg, informatique, caméra un peu vieillot c'est vrai), plus grand bien que vétuste (on y travail)), et je me pose vraiment des questions, car les patients semble moins motivés, l'état paro générale est désastreux et les plans de traitement complexe résonne dans le vide.....va falloir chercher les patients , ceux qui veulent des traitements de qualités ont suffisamment de praticien sous la main pour faire jouer la concurrence et il semblerait que la jovialité, la présentation du praticien et de ses locaux soient bien plus importante à leur yeux que son niveau d'expérience et de formation. Avant en campagne il me semblait qu'il suffisait de se former pour pouvoir proposer des traitements de qualités à une patientèle demandeuse (mais qui l'exprime rarement......fait les parler de leur désir secret d'avoir un beau sourire, tu sera surpris du potentiel de ta campagne!), maintenant en ville j'ai comme l'impression qu'il va falloir sortir les griffes et jouer de la courbette pour pouvoir vivre (pas sûr que je ne plante pas ce cabinet d'ailleurs, car pour l'instant je paye pour bosser, alors qu'en campagne cela faisait déjà un moment que le bénéfice horaire net était au alentour de 100€).
Donc détend toi, forme toi et va découvrir le potentiel de ta campagne!


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Akrobat

26/08/2012 à 13h23

J'ai moi aussi beaucoup de mal a proposer des solutions thérapeutiques onéreuses. Au début de mon exercice, je proposait systématiquement couronne coulée ou ccm. J'étais moi même gêné de proposer un traitement a plus de 500€ et ce n'est pas le titulaire du cabinet qui allait m'aider pour la petite histoire, il y a deux an, je lui dis: "tu sais il faudrait revoir le tarifs des prothèses" Il me répond: "tu as raison on va passer la CCM de 396€ à 398€. au dela pour les gens il y a un seuil symbolique des 4OO€ et ils vont trouver trop cher" (IC 120€: moins que le tarif de convention!).
Maintenant ça va mieux, je me soigne. Le problème vient du praticien et pas des patients, surtout a la campagne où le volume de patient est important. Des gens qui ont des sous il y en a et certains se retrouvent avec un dentier en plastoc parce que leur dentiste aura pas osé proposer X implants et la prothèses fixe pour 6 10 ou même 20 000 euros.


machu

26/08/2012 à 13h37

Installée comme associé dans une scm depuis 4 ans, au début j'ai eu aussi l'impression de ne pas bien gagner ma vie (moins que comme collaboratrice). J'avais la même problématique que toi, comment faire payer les déposes, les séances de caoh... Bien, un jour je l'ai marqué dans le devis, en expliquant aux patients. Pas de réaction, pas moins d'acceptation. Aujourd'hui, rares sont ceux qui disent "ah bon", et le malaise disparaît quand j'explique qu'il me faudra 30 min pour faire péter le truc et que je vais passer 3 fraises. Je pense comme les autres que quand tu ne te sens pas coupable de proposer l'acte HN, les patients suivent sans problème.
Je ne te parle même pas de mon associé qui fait ses provisoires à 80€ mais comme il n'y a pas de prise en charge sécu ou mutuelle, il est bon prince et les fait à 50€ en espèces, et ce depuis 20 ans sans aucun problème. C'est la campagne, les gens ont l'habitude de payer en espèces !!!

Je trouve que c'est une chance d'être à la campagne, pour la qualité de vie personnelle et aussi pour les patients, moins prise de tête qu'en ville. Avec de la formation et l'envie de bien faire (digue, localisateur...) tu te fais vite une réputation et ton cabinet ne désemplit pas des gens qui ont du travail qui te fait manger.


Ulysse 31 nono le petit robot tjdbmb - Eugenol
ptitrobot

26/08/2012 à 14h43

+ 1 avec danteyeah ...

J'ai moi aussi fait le même chemin .. pour raisons familiales j'ai choisi de venir en ville dans une nouvelle région après vingt ans de "campagne proche d'une grande agglo et je regrette amèrement cette implantation qui m'a fait vivre plus que généreusement avec ma famille pendant toutes ces années.

Les débuts n'ont pas été très évident (reprise après un "ancien" praticien), et même s'ils n'étaient pas très fortunés, par la suite ils acceptaient très bien l'implanto, paro et autres facettes.

Par contre pas sûr que je ne plante pas moi aussi ce nouveau cabinet ..


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Guillaume T

27/08/2012 à 06h26

Bon... enfonçons joyeusement une porte ouverte et même deux !

1/ Le financement de la prestation dentaire de qualité étant essentiellement à la charge des patients, comme le laisse entendre le titre de ce sujet, il vaut mieux avoir une patientèle aisée

2/ il y a des villes riches et des villes pauvres ruinées par le chômage, idem pour les campagnes. Les données sont très faciles à trouver ( INSEE - ARS CartOsanté etc ... )

Conclusion : il est impossible d'opposer ville et campagne et le facteur "praticien" sera au moins aussi important que le facteur "patients"

Il faut avoir la "gagne" l'enthousiasme, la foi, quoi...

Le problème est que les "bons" quartiers des grandes villes sont très bien pourvus et il est difficile d'y trouver sa place ( j'ai testé )

L'autre problème c'est que dans les campagnes de préférence non sinistrées il faut être patient pour faire rémunérer une qualité de travail correcte sachant que si tu te trouves proche d'une grande ville attractive, son tropisme accaparera une bonne partie de ta patientèle potentielle