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Plan hopital, politique.
08/09/2012 à 11h17
https://www.google.com/news/story?ncl=dc-ss8aeXk5prlMKb_KGr9pJpJ63M&topic=m
http://pourquoi-docteur.nouvelobs.com/Marisol-Touraine-au-secours-de-l-hopital-1154.html
"Désengorger les urgences, éviter la course à la rentabilité, le ministre de la Santé veut mettre fin à l’hôpital-entreprise pour restaurer les missions de service public.
.......
Elle signe ainsi la fin de l’harmonisation progressive des tarifs entre les cliniques et les hôpitaux. Ce dispositif, selon ses détracteurs, ne prenait pas en compte les missions spécifiques de l'hôpital, comme, par exemple, l'accueil aux urgences.
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Dans cette réforme du système de santé à venir, la Ministre a rappelé qu’elle voulait en finir avec les délais d’attente interminables, mais aussi avec l’entassement des patients dans les couloirs. « Nous pouvons y remédier », explique Marisol Touraine, en amont, en fluidifiant les liens avec la médecine de ville ; en aval, en introduisant de nouvelles fonctions dans l’hôpital : je pense par exemple à des gestionnaires de lits. » Une première réunion avec l’ensemble des représentants du monde des urgences aura lieu au ministère le 16 octobre prochain.
........."
Donc plus d'argent pour la mission de service publique qui consiste à envoyer les patients se faire prendre en urgence dans le secteur libéral où les tarifs de prise en charges sont massacrés.
Dans le publique, les urgences sont un service publique qui doit être rémunérés. Dans le secteur libéral qui devra pendre en charge ces urgences, ces actes ne doivent pas être rémunérés à leur juste valeur.
10/09/2012 à 01h19
Je n'ai pas tout lu mais ce que tu évoques semble à première vue cohérent.
- Le coût d'exploitation d'un hôpital est exorbitant, il dispose de plateaux techniques qui le destinent à l'urgence lourde et à la médecine spécialisée... mobiliser une équipe pour poser trois points sur un doigt n'est pas très logique.
- le "futur" ou hypothétique maillage sanitaire qui s'appuie sur les MSP associées à une régulation 15 efficiente serait un complément indispensable qui permettrait peut être de compenser la disparition des toutes petites unités hospitalières
- Pour ce qui nous concerne, même s'il demeure une notion floue de PH en "odontologie polyvalente", force est d'admettre que hormis le cadre universitaire voué à l'enseignement et les UCSA , le "dentaire" n'aura sans doute pas vocation à se développer en milieu hospitalier.
Reste la question de l'accès au soins des populations dites spécifiques relevant d'une politique de santé publique pour la quelle le paiement à l'acte n'est pas adapté: obturer des cavités ne traite pas la maladie carieuse, nous le savons tous... Là il y a une réflexion politique a mener.
1/ développer une offre de soins publique avec des praticiens salariés oeuvrant dans le cadre de directives de santé publique ( modèle britannique )
2/ Penser un modèle vertueux de valorisation du travail permettant au secteur libéral de dispenser ces mêmes soins
10/09/2012 à 13h07
Guillaume T écrivait:
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> - Pour ce qui nous concerne, même s'il demeure une notion floue de PH en
> "odontologie polyvalente", force est d'admettre que hormis le cadre
> universitaire voué à l'enseignement et les UCSA , le "dentaire" n'aura sans
> doute pas vocation à se développer en milieu hospitalier.
Sans doute, mais avec des nuances.
Le milieu hospitalier "odonto" peut jouer un rôle dans le recours "urgence grave" que j'appellerais 2è recours, sous forme d'astreinte 24h/24 : l'exemple avec les accidents, les fracas, les accidents de ski, etc. Les patients seraient envoyés par les gardes des praticiens de ville, par les pompiers, ou par les urgences des hôpitaux périphériques.
> Reste la question de l'accès au soins des populations dites spécifiques relevant
> d'une politique de santé publique pour la quelle le paiement à l'acte n'est pas
> adapté: obturer des cavités ne traite pas la maladie carieuse, nous le savons
> tous... Là il y a une réflexion politique a mener.
>
> 1/ développer une offre de soins publique avec des praticiens salariés oeuvrant
> dans le cadre de directives de santé publique ( modèle britannique )
> 2/ Penser un modèle vertueux de valorisation du travail permettant au secteur
> libéral de dispenser ces mêmes soins
Je confirme :
- donc, une utilisation plus pertinente des centres de santé, centrée sur la santé publique, et rémunérés (pourquoi pas) à la capitation.
- et un transfert des recettes du paiement à l'acte vers des rémunérations forfaitaires, mieux adaptées aux populations spécifiques.
10/09/2012 à 13h33
Je confirme :
- donc, une utilisation plus pertinente des centres de santé, centrée sur la santé publique, et rémunérés (pourquoi pas) à la capitation.
- et un transfert des recettes du paiement à l'acte vers des rémunérations forfaitaires, mieux adaptées aux populations spécifiques.
Je sens que ça va extraire un max avec ce type de rémunérations. L'objet du problème étant éradiqué plus d'emmerdes.
10/09/2012 à 14h13
Le papier ne parle pas de dentaire mais des urgences à l’hôpital qui au titre du service publique devraient être encore plus rémunérées alors que le but est d'envoyer les patients aux libéraux avec des prises en charges de misères et aucune rémunération là du service publique.
Quand à l’amélioration de la santé publique buco dentaire par des services hospitalier c'est tout simplement impossible au vu de leur engorgement.
Déjà il faudrait revoir la notion d’hygiène dentaire et alimentaire au niveau de l'encadrement dans certaines structures de soins où les aides médicales n'ont déjà pas le temps de s'occuper des toilettes et où le grignotage est utilisé pour maintenir le calme chez les patients (les patients trisomiques dressés comme des chients avec une récompense sucrée pour induire certains comportements; c'est pas fantastique au niveau du développement carieux surtout quand l'encadrement ne vient pas aider à l’hygiène dentaire).
11/09/2012 à 09h41
Certes, l'article parle de l'hôpital en général mais comme nous sommes des dentistes...
Oui, il est exact que la permanence de soins ainsi que la sécurité sanitaire sont des enjeux essentiels. Or la population attend, en plus, de la proximité et on ne peut pas tout avoir.
Le système actuel a été conçu au cours des décennies de croissance et de plein emploi autour d’un principe essentiellement assurantiel financé par le travail,.
C’est fini, et il est illusoire d’espérer augmenter indéfiniment la masse monétaire allouée à la santé publique.
Si on ne peut pas augmenter les dépenses de santé il y a néanmoins des gains ou des économies considérables à faire en modifiant la manière dont l’argent circule, les mutuelles l’ont bien compris.
L’hôpital, a donc vocation à redevenir un pôle de référence universitaire et constitue un débouché professionnel légitime pour les ex internes et assistants hospitalo-universitaire qui ne souhaitent pas intégrer le secteur libéral.
L’hôpital aura-t-il alors pour vocation de faire des soins chez des polycariés en ambulatoire ? Je ne le pense pas… c’est un travail « ordinaire » qui ne nécessite pas une telle structure… Mais alors qui ? Qui s’occupera des populations défavorisées, des adultes dépendants, des handicapés légers ?
Il existes des réseaux de soins ( handicapés dans l’Indre, Handident et bien d’autres encores ) qui sont autant de laboratoires.
Même si la passion et l’éthique personnelle sont indispensables, on ne peut demander un tel engagement à l’ensemble d’une profession.
Mais il y a sans doute beaucoup à attendre de la « démocratie sanitaire », et ces réseaux pourront sans doute apporter des réponses intéressantes pour les soins en EHPAD.
Restent les populations dispersées dites défavorisées et là c’est un tout autre problème.
Doit on raisonner en termes de santé publique ou d’égalité d’accès aux soins ? c’est pareil ? pas tout à fait…. Pour un médecin de santé publique, « le dentaire » se résume, chez l’enfant, à l’incidence et à la prévalence carieuse , alors que chez l’adulte il n’est plus question que des comorbidités dans les cas de polypathologies chroniques.
Pourtant, nous sommes formés, ou même formatés, pour dispenser des actes « conformes aux données actuelles de la science »… je l’ai dit plus haut, on pourrait faire de magnifiques obturations sans pour autant traiter la maladie carieuse… et l’hôpital n’y parviendra pas mieux, car c’est un travail de romain ! un travail de petites mains qui se pense à l’échelle d’une population… l’hôpital ne peut traiter toutes les pulpites de la misère humaine.
Dans ces quartiers un peu « perdus » le correspondant médecin se fiche complètement que l’on fasse une pulpo ou une extraction… il veut juste une courbe de croissance normale et une absence de foyers infectieux récurrents ORL/STO
Par ailleurs, les études démontrent que ces populations ne se déplacent pas vers les centres médicaux , à telle enseigne que certains pays on crée des unités de soins dentaires mobiles lorsque la population déshéritée et dispersée.
Est-ce à dire que seul que le secteur public a vocation produire de la santé publique pour les populations dites « spécifiques » ? Certains le pensent.
Les anglo-saxons ont tranché dans ce sens, sans état d’âme.
Exemple : population en polycarie infantile avec CAO / 12 ans à 4… il serait trop long de détailler toutes les réponses possibles en fonction du système de soins mais les Australiens ont raisonné de la façon suivante : Un programme de comblement de sillons apporte une réduction d’incidence carieuse de 30% et coute 38 dollar par an et par gamin, une fluoration de l’eau publique coûte 0.98 dollar par an et apporte le même résultat … ils ont donc créé l’outil juridique permettant des fluorations à plus de 0.5 mg/l d’eau ( si mon souvenir est bon … )
L’hôpital ne va évidemment pas se lancer dans du dépistage et des applications de topiques fluorés… Alors qui ? Et pour quel mode de tarification ? SC4 pour une application de Bifluorid ou de Duraphat … non, ça, ça ne marchera pas.
M’T dents a donné de bons résultats dans le cadre de réseaux ville – hôpital, mais on reste très loin du CAO à 0.4 obtenu par les britanniques.
Nous sommes donc tous d’accord, l’hôpital ne peut pas répondre à ce besoin de santé publique bucco dentaire.
Je serais curieux de savoir quelle serait la réaction des mutuelles si une toute petit modif du Code de Déontologie rendait irrecevable les rémunérations exclusivement assise sur le CA encaissé dans les contrats salariés… c’est pourtant faisable, et ça changerait tout !
Si le jeune « débutant accepté » se trouve rémunéré avec un salaire fixe décent, assorti d’une gratification proportionnelle modérément incitative et surtout d’une prime en capitation dépendant de sa participations à des programmes de santé publique dirigés, animés et suivis par des référents hospitalo-universitaires, on parviendrait à une organisation territoriale pas très différente de celles des Grands Bretons sans avoir à créer de nouvelles structures.
Mais pour ça il faut désamorcer la pompe à pognon des mutuelles et modifiant les flux financier issus des reversions du Régime Général.
Bon … c’est un peu trop long mais je ne pense pas m’être (trop) écarté du sujet.