Cookie Consent byPrivacyPolicies.comLe pigeon Ramier - Eugenol

Le pigeon Ramier

PAL

05/12/2012 à 14h56

M’sieur Ramier ! Un drôle de paroissien, celui-là ! Il est- non, il fut- expert-comptable, mais du genre véreux, vermoulu jusqu’au trognon même. Et bouffon malgré lui.
Fondamentalement intégriste et vice-versa, catho-Lefebvriste, tendance anti-papiste, ce blaireau quadra, bien sous tous rapports, a déjà engrossé douze fois sa bourgeoise! C’est le genre de pharisien bondieusard qui prêche l’abstinence dès qu’il a fini de planter son goupillon dans le mou de veau ! Quand il est pas en train de trousser la jupe plissée de sa légitime pour la zober sauvagement, il va réciter latin à la messe, puis s’affaire au bureau, principalement à empapaouter le percepteur dans les grandes largeurs. Le zigoto a tellement bidoché que, fatalement, il s’est retrouvé un jour cerné de tous les côtés et complètement ratatiné question flouze. Sur le coup, comme de juste, il a gueulé au complot judéo-maçonnique. Ensuite, il a cherché un coup fumant pour se refaire, et il a sauté à pieds joints dans la baisure classique à l’africaine.
Par un étrange et heureux z’ hasard, il reçoit un jour un papelard à en-tête officielle de prestige, genre ambassade ou Ministère de l’intérieur burkinabé, exposant qu’on quête, en très haut-lieu, un mecton de confiance pour rapatrier une valtouse bourrée de biftons, et qu’il y a pour icelui une commission super intéressante à la clé. Au poil ! s’écrie notre chaste endetté ! Ni une ni deux, il fuse au rencard prévu chez un bronzé en costard trois pièces, il empoigne le précieux bagage cadenassé et saute dans le premier zinc, compagnie Crash-Airlines, en partance pour Ouagadougou.
Sur le tarmac, il se fait accueillir en grandes pompes par trois crépus bien sapés, hilares et plaisantins (des négros spirituels, pense t-il), qui l’invitent poliment à se poser le dargiflard à l’arrière d’une grosse limousine à vitres fumées avec le petit fanion national en bout de capot. Dans la guinde, le pieux combinard biche, tapote des doigts, sifflote et chantonne "Allez Louya", se voyant déjà ramener une mallette farcie de grosses coupures à la barbe de Bercy.
Léger affaissement des commissures lorsque la caisse s’arrête devant un hangar désaffecté en rase cambrousse. Franc relâchement des sphincters lorsque déboulent en mobs six bamboulas mastars à trognes de bouchers, schlass et coupe-coupe au ceinturon !
Avant d’avoir pu réciter un premier acte de contrition, le saint homme se fout à caguer mou dans son froc. Il se retrouve en moins de deux ficelé comme un sauciflard, puis accroché, pitoyable jambonneau, à une poutrelle.

Après une chiquenaude, deux tartes, trois directs au groin, quatre coups de pompes dans les roupettes et une giboulée de coups de pelle en travers de la tronche, il a accepté, sans trop faire de façons, d’affaler ses numéros de cartes et de comptes off-shore, lesquels ont été vidangés illico-presto.
Heureusement qu’il lui restait trois liasses de talbins dans le faux plafond pour me banquer la rénovation dentaire… au black!

Il a eu un sacré bol ! D’habitude, dixit les poulets, on retrouve même pas les macchabées des pigeons plumés dans son genre. Lui, au moins, il est rentré. La biroute - bleue et enguimauvée- entre les guibolles, dans la dèche intégrale et la vitrine atomisée, certes, mais encore viable….


En tout cas, question grosses coupures, il a été servi !