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pourquoi les dentistes répugnent à apprendre à gerer une entreprise
11/01/2013 à 16h34
Salut,
suite à un post lancé hier et encore un autre aujourd'hui sur un confrère victime de burn out, je suis toujours surpris de constater à quel point apprendre à gérer une entreprise nous offusque car nous sommes des soignants et parler gestion, argent nous répugne hypocritement.
Pourtant avec les bonnes méthodes et les bons outils nous nous épargnerons énormément de stress, de tension inutile et de situation que traverse notre confrère.
Pourquoi cette tartufferie d'admettre cette réalité ? On nous a appris à etre des "techniciens" des dents mais pas des managers, gérants, gestionnaires d'entreprise et s'il y a des écoles sup de commerce pour ça ce n'est pas par hasard. Ces choses la ne sont pas innées et un doctorat de chirurgie dentaire n'offre pas ces compétences.
J'aurai tellement préféré me payer une vraie formation ou séminaire à ce sujet à mes débuts que réinventer la roue et apprendre à mes dépends très chèrement ces principes la. Et même aujourd'hui je continue d'apprendre sur le tas à mes dépends.
Alors pourquoi selon vous refusons nous d'admettre cette réalité?
Sommes nous si imbus de nous mêmes? Les offres existentes sont insatisfaisantes? l'argent tabou même si la je ne parle de course au profit à la Steichen and co?
11/01/2013 à 17h21
D'accord avec toi.
Un des premiers facteurs de stress, c'est l'endettement et les charges financières trop lourdes.
Pour répondre à ta question, nous sommes toujours dans la même problématique, d'une culpabilité de la profession savamment entretenue.
Le dentiste est
- celui qui fait mal, qui fait peur (docteur, quand j'étais petit... bla bla bla, depuis j'ai toujours eu peur... c'est pour ça que ...)
- celui qui fait fortune en faisant mal, en faisant peur, en profitant de la malchance des gens avec leurs dents
- celui qui profite qu'on ne voit rien de ce qu'il fait dans notre bouche pour faire n'importe quoi
- celui qui fait des marges pas possibles
Par ailleurs, la société nous rémunère une misère pour les soins, qui sont notre mission première. On a beau se battre contre ça, je suis sûre que cela laisse des marques dans notre inconscient. C'est une dévalorisation de notre savoir-faire qui ne peut que laisser des traces partout (il n'y a pas de fumée sans feu...)Cela nous encourage à travailler plus vite, à donner moins d'attention, à chercher de la productivité au dépend de la qualité, et donc à nous sentir encore plus coupables.
Il est difficile de passer par-dessus tout ça et de s'affirmer comme chef d'entreprise.
Le fait que nos soins ne soient pas honnorés à leur juste valeur nous condamne à rester dans ce schéma, car je le répète, notre premier métier est d'éviter aux patients de devoir faire des prothèses. Nous sommes là avant tout pour protéger leur bouche.
Tant que nous ne pouvons facturer ni la prévention, ni les soins correctement, nous gardons fichée au fond de nous la blessure de celui qui pour s'en sortir est tenu de souhaiter malgré lui avoir le plus de prothèses et d'implants à faire.
Ca ne va pas!!! c'est un fonctionnement pervers, qui nous rend malades.
Pour couronner le tout, le dentiste est à la fois le chef d'entreprise et le seul productif. Lourde tâche!!
Je ferai le parallèle avec les artistes. Il est très difficile à un pianiste, ou à un peintre, de se vendre lui-même, il lui faut un agent, pour qu'il puisse se consacrer à son art. Et ne parle-t-on d'art dentaire?
Il y a à trouver une forme d'exercice à plusieurs, avec des compétences variées, l'une de ces compétences étant la gestion de l'entreprise adaptée à notre profession.
Il y a également à renverser le système qui refuse de prendre en compte le coût réel de nos prestations.
11/01/2013 à 17h50
> nous gardons fiché au fond de nous la blessure de celui qui pour s'en sortir est
> tenu de souhaiter malgré lui avoir le plus de prothèses et d'implants à faire.
j'avoue, j'ai fait la réflexion à ma femme hier.
"je suis obligé d'espérer que des travaux prothétiques se présentent..." lui ai-je dit.
11/01/2013 à 19h57
Oui , effectivement , un cabinet est une entreprise ; il faut savoir prendre 5 mn pour réfléchir à l'évolution de son cabinet , de sa vie professionnelle .
La profession attend , figée sur ses acquis , tétanisée , ne proposant rien ; mais la société évolue , les cabinets doivent aussi s' adapter comme n' importe quelle entreprise à la situation présente , et non vivre des souvenirs de l' âge d' or !
Il faut partir de l' existant , du présent et voir les tendances en cours.
Beaucoup de signes ne trompent pas : mutuelles , low cost , rationalisation des soins , régulation autoritaire des installations , numerus clausus en faillite , praticiens étrangers ...
Les cabinets doivent s' adapter à l' évolution de la demande des patients , à des objectifs de qualité ( c'est notre mission ) , ne pas toujours attendre que les pouvoirs publics vous imposent leurs choix ou décident pour vous ... pour des soins sinistrés ou bas de gamme !
Tout plaide pour un regroupement des praticiens , un développement de structures adaptées , de plateaux techniques de qualité ... C'est aux acteurs de la santé dentaire à mettre cela en marche , en place , et non à ceux qui tirent ...en arrière !!!!
11/01/2013 à 20h02
C'est culturel et propre à la France: parler argent et profits, c'est mal. L'entrepreneur, c'est quelqu'un qui ne pense qu'à ça, exploite les pauvres salariés et arnaque les clients. Les soins, ça doit être gratuit, c'est un droit. Et comme chez le dentiste ils ne sont pas tous gratuits, c'est forcément un voleur et un escroc qui abuse des gens sans défense, et il aura beau se plier à toutes les exigences, rien n'y changera...
En fait, l'idéal, c'est qu'il soigne gratuitement ET surtout qu'il ne gagne pas trop d'argent (un peu comme à Cuba ou dans feu l'URSS), voire qu'il y mette de sa poche pour assurer des traitements tip top (mais toujours gratos). C'est ce genre de discours martelé à longueur de journée qui aboutit à ce genre d'inhibition...
Le mieux, c'est d'en faire abstraction mais c'est dur de changer les mentalités...
11/01/2013 à 20h08
gad écrivait:
-------------
> Tout plaide pour un regroupement des praticiens , un développement de structures
> adaptées , de plateaux techniques de qualité ... C'est aux acteurs de la santé
> dentaire à mettre cela en marche , en place , et non à ceux qui tirent ...en
> arrière !!!!
Problème, le tarif des soins ne permet pas le développement de ces structures. L'exemple suisse montre qu'il faut aussi un certain niveau de rémunération sur les soins.
Regrouper les praticiens, c'est dire à ceux qui partent à la retraite que leur cabinet ne sera pas repris et aux politique qu'ils faut un certain degrés de désertification rurale avec des patients qui doivent comme à la maternité accepter de faire une heure de route.
11/01/2013 à 20h20
si je ne me trompe pas... il ya une baisse de vente des voitures française et une augmentation des nouvelle immatriculation des voitures allemandes..
meilleurs finitions, image de plus hauts standards de qualités, image sociale etc... il y donc bien une industrie qui fait plus rêver que l'autre.
s'adapter à la demande des gens? qu'est ce que cela veut dire? ...; rien on ne peut s'adapter à la fois à une dentisterie CMU esque et une dentisterie de haute image de qualité. il faut choisir son créneau des restaurants qui servent du haut de gamme ne font pas du self service en même temps.
et ces chefs qui veulent faire deux cuisines différentes le font dans deux locaux différents...
notre cabinet c'est pareil. on s'adapte à la CMU mais à mon sens il faut tout faire pour débiter et s'organiser pour le faire et donner du verre au prix du verre.... ou sortir par le service, une meilleure qualité qui passe peut être par plus de dents provisoires pour manager les gencives ou plus d'essayage etc....mais le diamant ... partout sauf sur le marché de Vintimmille se vend au prix du diamant.
11/01/2013 à 22h27
cartman écrivait:
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> je suis toujours surpris de constater à quel point
> apprendre à gérer une entreprise nous offusque car nous sommes des soignants et
> parler gestion, argent nous répugne hypocritement.
Non.
Absolument pas.
Mais si tu soignes vraiment, alors tu gagnes rien.
Prévention, obturations bien finies, détartrage peaufinés ne sont pas recommandés par les instances françaises.
La france t'encourage à faire de la couronne en masse en tiers payant et des obturations sans bonding en 5 mn.
Cela fait chier grave.
11/01/2013 à 23h29
paradoxe écrivait:
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> Non.
> Absolument pas.
> Mais si tu soignes vraiment, alors tu gagnes rien.
> Prévention, obturations bien finies, détartrage peaufinés ne sont pas
> recommandés par les instances françaises.
> La france t'encourage à faire de la couronne en masse en tiers payant et des
> obturations sans bonding en 5 mn.
> Cela fait chier grave.
>
On ne peut plus d'accord. Après tu as 2 façons de réagir. Soit tu t'adaptes, soit tu luttes. C'est un choix à faire.
12/01/2013 à 00h18
-----Cela fait chier grave
OUI!!!!!
-----et ces chefs qui veulent faire deux cuisines différentes le font dans deux locaux différents.
Oui!J'aime bien ce parallèle avec la cuisine. Quand on paye 2 balles son repas à la cantine, on ne peut pas s'attendre à manger dans un trois étoiles.
-----Regrouper les praticiens, c'est dire à ceux qui partent à la retraite que leur cabinet ne sera pas repris
Oui, c'est déjà le cas non?
-----et aux politiques qu'ils faut un certain degré de désertification rurale avec des patients qui doivent comme à la maternité accepter de faire une heure de route.
A voir...il y a peut-être des solutions à trouver pour éviter ça
-----C'est culturel et propre à la France: parler argent et profits, c'est mal.
YES!
-----j'avoue, j'ai fait la réflexion à ma femme hier.
Merci Riccyman, d'oser le dire
---- mais la société évolue , les cabinets doivent aussi s' adapter comme n' importe quelle entreprise à la situation présente , et non vivre des souvenirs de l' âge d' or !
Trois fois oui. On ne peut rien faire contre un monde qui change. La seule solution, c'est de s'adapter avec intelligence, sans chercher à s'accrocher aux vieux paradigmes. Trouver une nouvelle forme d'équilibre gagnant-gagnant pour les patients et nous.
----Tout plaide pour un regroupement des praticiens , un développement de structures adaptées , de plateaux techniques de qualité ... C'est aux acteurs de la santé dentaire à mettre cela en marche , en place , et non à ceux qui tirent ...en arrière !!!
Oui, c'est à nous de le mettre en marche. Qui d'autre? Nous seuls pouvons, qui connaissons et vivons le problème au quotidien.
12/01/2013 à 01h45
Piccalilly écrivait:
--------------------
>
> Pour couronner le tout, le dentiste est à la fois le chef d'entreprise et le
> seul productif. Lourde tâche!!
> Je ferai le parallèle avec les artistes. Il est très difficile à un pianiste, ou
> à un peintre, de se vendre lui-même, il lui faut un agent, pour qu'il puisse se
> consacrer à son art. Et ne parle-t-on d'art dentaire?
+1. C'est marrant je m'étais fait la même réflexion ces derniers jours....je m'étais dit "mais oui , c'est bien sûr, un agent c'est ce qu'il faut".....puis je me suis souvenu que nous, bin on n'avait pas droit à la pub!.......Snif, dommage!
12/01/2013 à 02h45
La dentisterie francaise est restée bloquée dans les années 70 à cause d'un manque de financement et un blocage de la nomenclature. En gros, le résultat d'un cabinet est fonction du nombre de couronnes posées dans l'année. Le résultat financier peut être certes intéressant mais au prix d'un exercice monotone comme la grisaille d'un mois de janvier.
12/01/2013 à 09h56
Piccalilly écrivait:
--------------------
>
> -----et aux politiques qu'ils faut un certain degré de désertification rurale
> avec des patients qui doivent comme à la maternité accepter de faire une heure
> de route.
>
> A voir...il y a peut-être des solutions à trouver pour éviter ça
Tu avais un exercice majoritairement individuel dans des structures avec un seul praticien. Si tu regroupe des dentistes au sein d'une même structure pour permettre d'absorber les couts et les investissements, cela impliquera obligatoirement une désertification médicale en retour.
Et sans matériel, ni radio c'est comme faire dépistage dans les école. C'est mignon, mais pas le plus efficace en terme de qualité surtout avec les modifications de l’Émail qui avec la prise de fluor casse moins vite sur les caries.
12/01/2013 à 11h15
La désertification médicale , c'est comme la désertification sidérurgique ... ; ce sont des choses qui se gèrent ! Les entreprises sidérurgiques , à partir du moment où cela n' a pas été rentable pour elles de continuer à perdre de l' argent , elles ont fermé la boutique , les unes après les autres , maigré les vociférations des politiques de tous poils !
Les cabinets dentaires , c'est pareil ! La politique de santé publique , c'est l' affaire des politiques ; c'est à eux à la mettre en place ! S'ils sont incapables de promouvoir ( avec l' accord et la participation effective et concertée de la profession , et non imposée ! ) une réelle politique de santé dentaire , qu' ils aillent se faire foutre ... !
L' avenir de nos cabinets passe avant eux (!) et leur haute stratégie !
Il n'est pas question de travailler à perte , de n' avoir aucun droit ( seulement des obligations et des contraintes ... , dont celle de la fermer ... ) !
C'est à la profession à prendre les choses en main , à ne pas se laisser laminer ( pour reprendre l' image sidérurgique ! ) , à créer et imposer les conditions normales et décentes de notre exercice ... , pour la survie même de nos cabinets .
12/01/2013 à 13h25
Développer des plateaux techniques de qualité ... moi ça me fait un peu peur ...
Mon cabinet : 30 k€, murs 60 k€, renouvellement matos 50 k€
pour un petit cabinet familial simple.
Des copains qui ont monté un gros truc :
matos + murs tout neuf 350 k€ par personne ...
A vrai dire ... A l'heure actuelle, je ne voudrais pas me lancer dans une telle aventure. Je suis frileux -surement- mais, l'avenir me semble pas forcement très heureux pour notre profession !
--
J'occluse donc je suis
12/01/2013 à 13h31
cheval de troie écrivait:
-------------------------
> La dentisterie francaise est restée bloquée dans les années 70 à cause d'un
> manque de financement et un blocage de la nomenclature. En gros, le résultat
> d'un cabinet est fonction du nombre de couronnes posées dans l'année. Le
> résultat financier peut être certes intéressant mais au prix d'un exercice
> monotone comme la grisaille d'un mois de janvier.
Oui, mais pas question de se pendre!
La déprime, au placard
12/01/2013 à 13h34
barbabapat écrivait:
--------------------
>
> Tu avais un exercice majoritairement individuel dans des structures avec un seul
> praticien. Si tu regroupe des dentistes au sein d'une même structure pour
> permettre d'absorber les couts et les investissements, cela impliquera
> obligatoirement une désertification médicale en retour.
>
> Et sans matériel, ni radio c'est comme faire dépistage dans les école. C'est
> mignon, mais pas le plus efficace en terme de qualité surtout avec les
> modifications de l’Émail qui avec la prise de fluor casse moins vite sur les
> caries.
Le vieux modèle est mort! RIP, Paix à son âme.
Tout est à faire, nous devons inventer une nouvelle forme d'exercice.
Oublier l'ancien modèle pour se libérer la tête et laisser la place à l'imagination, à l'inventivité.
12/01/2013 à 14h37
Piccalilly écrivait:
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> nous gardons fichée au fond de nous la blessure de celui qui pour s'en sortir
> est tenu de souhaiter malgré lui avoir le plus de prothèses et d'implants à
> faire.
La réhabilitation globale de patients qui arrivent avec une dent sur deux absentes ou complètement délabrées peut être extrêmement gratifiante, et pas que pécuniairement parlant... Le retour du patient, est immédiat... Voir un patient retrouver un sourire perdu depuis de nombreuses années, recevoir ses remerciements pour notre travail fait aussi parti du plaisir que peut procurer notre métier, et cela n'est en rien une blessure...
Nous devons certes soigner nos patients pour qu'ils évitent d'en arriver là, mais pourquoi devrions-nous nous culpabiliser pour ceux qui ont mal été soigné durant des années, et/ou qui ont trop négligé leur dents...
12/01/2013 à 14h51
gad écrivait:
-------------
> C'est à la profession à prendre les choses en main , à ne pas se laisser
> laminer ( pour reprendre l' image sidérurgique ! ) , à créer et imposer les
> conditions normales et décentes de notre exercice ... , pour la survie même de
> nos cabinets .
Oui. Mais il faut réfléchir ensemble à ce qu'on pourrait proposer comme évolution de notre organisation, ça ne va pas venir comme ça en deux minutes. Pour survivre, on est obligé de changer.
12/01/2013 à 14h55
vincent63 écrivait:
-------------------
> Développer des plateaux techniques de qualité ... moi ça me fait un peu peur ...
>
> Mon cabinet : 30 k€, murs 60 k€, renouvellement matos 50 k€
> pour un petit cabinet familial simple.
>
> Des copains qui ont monté un gros truc :
> matos + murs tout neuf 350 k€ par personne ...
>
> A vrai dire ... A l'heure actuelle, je ne voudrais pas me lancer dans une telle
> aventure. Je suis frileux -surement- mais, l'avenir me semble pas forcement très
> heureux pour notre profession !
>
> --
> J'occluse donc je suis
Merci de le dire, il y a beaucoup de gens dans ton cas.
Ca fait partie des choses importantes à prendre en compte.
12/01/2013 à 15h04
carident écrivait:
------------------
> La réhabilitation globale de patients qui arrivent avec une dent sur deux
> absentes ou complètement délabrées peut être extrêmement gratifiante, et pas que
> pécuniairement parlant... Le retour du patient, est immédiat... Voir un patient
> retrouver un sourire perdu depuis de nombreuses années, recevoir ses
> remerciements pour notre travail fait aussi parti du plaisir que peut procurer
> notre métier, et cela n'est en rien une blessure...
>
> Nous devons certes soigner nos patients pour qu'ils évitent d'en arriver là,
> mais pourquoi devrions-nous nous culpabiliser pour ceux qui ont mal été soigné
> durant des années, et/ou qui ont trop négligé leur dents...
Loin de moi l'idée de nous culpabiliser, ou de nier le grand plaisir de redonner le sourire à quelqu'un. Quand on n'a pas le moral, se souvenir de ces cas-là, comprendre combien on a été important pour ces personnes. Retrouver une bouche saine, fonctionnelle et belle, c'est une vraie renaissance pour eux. On leur rend tout simplement le plaisir de vivre : rire, sourire, embrasser, manger, c'est du vital.
12/01/2013 à 20h12
J'ai eu de la chance, j'ai commencé par faire sciences éco avant dentaire, le minimum que j'ai appris là-bas, m'a permit de gérer mon métier, comme une entreprise, j'ai fait pendant les dix premières années la compta et la gestion.
Je ne fait pas le plus gros chiffre (et je m'en tape) mais quand je faisais attention j'arrivai dans les années 80 à mini 60% de bénef par rapport au chiffre... de quoi faire rêver non?
Bien sur maintenant c'est beaucoup moins (et avec François????) mais c'est correct quand même.
Le vrai problème c'est qu'il faudrait des cours de compta gestion à la fac, plutôt que des formations binhas, qui sont un moyen pour faire gagner des ronds, mais pas forcement à celui que l'on crois.
--
xbk
"Si tous ceux qui croient avoir raison n'avaient pas tort, la vérité ne serait pas loin" Dac Pierre
13/01/2013 à 12h19
De plus en plus de praticiens ayant leur cabinet axés ou essayant de faire de la qualité, alignent à peine deux Smic, plusieurs sont membres actifs d'Eugénol (la raison ? mauvaises langues!). J'en fais parti.
La seule raison est notre syndicat majoritaire qui a avalisé la baisse constante de nos soins.
La seule solution est d'arrêter d'y adhérer et de prendre leur RCP, à croire que leur assurance est une forme de vente forcée de syndicat.
Même si la FSDL monte à chaque élection professionnelle, elle n'est pas majoritaire.
Il faut croire que la plupart des confrères se satisfont de faire de la qualité au juste prix, donc merdique.
--
Quand Eugénol a exclu Narik, Eugénol a perdu un peu plus que Narik.
13/01/2013 à 12h44
o⅁ pnɐuɹ∀ écrivait:
-------------------
> De plus en plus de praticiens ayant leur cabinet axés ou essayant de faire de la
> qualité, alignent à peine deux Smic, plusieurs sont membres actifs d'Eugénol (la
> raison ? mauvaises langues!). J'en fais parti.
+1 mon ami.
J'ai bossé 6 mois dans un remplacement qualité socialiste ou j'ai appris à faire 6 ou 10 composites à l'heure et au doigt.(pas de matériel, "les patients sont habitués, faut pas les brusquer") et les endos en 10/20 mn.
Aucun stress, très bons revenus, aucune tension nerveuse, taux urssaf faible, peu d'horaires (2 à 3j/semaine).
Le rêve personnel. Le cauchemar pour l'égo.
Je suis parti parce que j'ai un grand égo, et je veux être fier et content de mon travail.
Et bé... maintenant que je fais des beaux travaux qualité USA, je n'ai même pas de quoi payer l'assistante et je fais 40 à 44H par semaine.
Quand je vous dit que la France (CPAM, journalistes, syndicats, gouvernements) vous pousse à faire du boulot de merde, c'est vrai.
> Il faut croire que la plupart des confrères se satisfont de faire de la qualité
> au juste prix, donc merdique.
C'est le cas. Il ne peuvent pas faire autrement.
13/01/2013 à 13h36
Je suis à moitié d'accord.
Il est clair que les honoraires opposables sont une catastrophe, et ne rémunèrent pas la qualité. Je n'ai pas besoin de m'étendre sur le sujet.
Cependant, et même si je préfère évidemment faire de la prothèse, je reste persuadé qu'il est possible de vivre mieux que ça des soins, en travaillant vite et bien. Le SC7 en 30 min, c'est bien entendu du vol. Mais reconstruire un secteur au compo, sous digue, ça prend 45min. Une endo molaire/tenon fibré, loc d'apex et sous digue, c'est 30min. 4 sealents, 20min. Refaire tous les vieux compos pourris en antérieur, sous digue et en stratification, 1h.
Par contre, ça implique une assistante au fauteuil, qui se rentabilisera toujours largement; du travail sous digue; et si possible un exercice groupé, pour répartir un peu mieux les charges.
Le seul vrai problème, c'est les plannings vides, et ça j'imagine que ça dépend du coin...
(vraiment, si je bossais sans assistante, je pense que diviserais mon chiffre par 2 ou 2.5)
(nous sommes évidemment d'accord que la NGAP n'incite pas à la prévention, ce qui est d'une stupidité économique sans fin; à chacun de faire selon ses principes)