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Pessoa , il y a longtemps
16/06/2013 à 00h39
La fin des privilèges pour les étudiants étrangers de la Faculté de médecine
Article paru dans le Figaro du 13 juin 1913.
On sait de quel privilège jouissent à la Faculté de médecine les étudiants étrangers. On demande à ces jeunes gens de produire certaines pièces considérées comme les équivalences du baccalauréat, moyennant quoi leur sera accordé le droit de prendre leurs inscriptions, puis de se faire délivrer le diplôme dit «d'Université».
Quelques-uns sont arrivés à «décrocher» ce diplôme bien simplement: en présentant au secrétariat de la Faculté, comme pièces d'équivalence, des papiers quelconques, que nos fonctionnaires acceptaient de confiance. On parle d'un Russe et d'un Roumain qui présentèrent un jour, comme diplômes de leur pays, l'un une quittance de loyer, l'autre un permis de chasse!
Or ce «diplôme d'Université», si facile à conquérir, ne conférait pas à l'étudiant étranger le droit de pratiquer la médecine chez nous. C'est vrai. Mais, il lui permettait de faire pendant les vacances, en province notamment, des «remplacements». Il n'était même pas nécessaire que ce diplôme fût conquis; il suffisait que l'étudiant fût inscrit en vue de l'obtenir, comme pour l'étudiant français muni de seize inscriptions.
Le résultat, on le devine. Dès le temps des vacances venu, une légion d'étudiants étrangers, particulièrement d'étudiants russes; turcs, bulgares, roumains, venaient s'inscrire à la Corporative de médecine comme candidats à d'éventuels remplacements: et s'en allaient en province soigner les malades… Dieu sait comment! Et ce n'étaient pas seulement les malades qui pâtissaient d'une telle tolérance; c'étaient nos étudiants aussi, dont les étrangers prenaient la place.
Ils ne la leur prendront plus désormais. Le ministre de l'instruction publique a décidé que le diplôme universitaire ne saurait conférer le droit d'exercer la médecine en France, fût-ce à titre de remplaçant.
Tout est bien qui finit bien