Cookie Consent byPrivacyPolicies.comLa fronde contre les professionnels de santé ou l’implosion - Eugenol

La fronde contre les professionnels de santé ou l’implosion de notre système de santé !

dr.demolay

03/02/2014 à 17h07

La fronde contre les professionnels de santé ou l’implosion de notre système de santé !

LE CERCLE. Comme pour les enseignants qu’on a réduits à de simples exécutants dans un système hyper dirigiste, bureaucratique et déresponsabilisant, le microcosme s’est donné comme objectif de mettre au pas ceux qui conservent encore de la liberté dans leur exercice, les professionnels de santé libéraux.

ÉCRIT PAR
FredericBizard
Frédéric Bizard
Economiste
Sciences Po Paris


Nos hommes politiques sont-ils encore crédibles en matière sociale!

Deux mois après sa prise de fonction, la ministre de la Santé annonçait en Conseil des ministres qu’il était de temps "de mettre en place un système de sanctions directes et rapides" contre les tarifs abusifs des médecins libéraux. Mi-novembre 2013, l’attaque a été dirigée contre les dentistes que l’on a accusés en boucle "de dérives tarifaires inacceptables" et ce mois-ci l’estocade est portée contre les opticiens. Régulièrement, la grande distribution montre du doigt le monopole des pharmaciens, dénoncé déjà dans le rapport Attali qui les rendait responsables des prix élevés des médicaments. Les kinésithérapeutes, infirmières et autres professionnels de santé n’ont qu’à bien se tenir, leur tour viendra.

Tout se passe comme si nous avions identifié les responsables de tous les maux de notre système de santé, les professionnels de santé, en particulier les libéraux. Ceux qui osent allier entrepreneuriat, indépendance professionnelle avec la délivrance de soins et de produits de santé. Ceux qui plutôt qu’être salariés de la fonction publique ou d’institutions mutualistes se permettent de percevoir depuis 1928 des honoraires directement de leurs patients pour les soigner, les soulager et souvent sauver leurs vies.

Ceux qui, médecins généralistes et spécialistes, certes ont la rémunération la plus faible des pays comparables de l’OCDE, mais se permettent d’avoir un modèle économique basé sur le profit dont ils tirent leur rémunération et les ressources pour investir dans leurs cabinets médicaux. Tous ceux-là sont condamnables et ne sont plus les bienvenus dans un nouveau système que le milieu politico-technocratique veut mettre en place.

Comme pour les enseignants qu’on a réduits à de simples exécutants dans un système hyper dirigiste, bureaucratique et déresponsabilisant, le microcosme s’est donné comme objectif de mettre au pas ceux qui conservent encore de la liberté dans leur exercice, les professionnels de santé libéraux. Pour les premiers, leur sort est joué depuis longtemps, on a enlevé tout le lustre et la noblesse de la profession d’enseignant, les résultats (classement PISA) nous en apportent le prix payé.

Pour les seconds, cela prend plus de temps du fait de leur indépendance économique. On maintient le tarif des actes médicaux en dessous du coût de la pratique, on prend le contrôle des flux financiers avec le tiers payant et on amplifie toujours plus les contraintes et obligations administratives. En bref, on les met sur le gril en asséchant leurs ressources financières dans l’attente qu’une majorité se décourage et disparaisse. Nous sommes en bonne voie, leur taux de suicide est deux fois plus élevé que la population générale, moins de dix pour cent des jeunes médecins veulent s’installer à leur compte, deux pharmacies par jour font faillite…

Notre système de santé s’est construit au XXe siècle autour de trois valeurs : la liberté, la responsabilité et la solidarité qui en ont fait un système unique, reconnu comme le meilleur au monde au siècle passé. Ces valeurs se sont déclinées sous la forme d’une sécurité sociale qui assure la solidarité entre les bien-portants et les malades, des professionnels de santé libérale en ville pleinement responsables de leurs actes et de la gestion de leurs outils de travail, qui garantissent l’accès pour tous à des soins de proximité de qualité, et une offre concurrente publique et privée à l’hôpital garante de la recherche de l’équité et de la qualité.

Au cœur de ce système se trouve l’usager libre de consulter et de mettre en concurrence sans limites et sans barrière financière une des meilleures excellences cliniques au monde à proximité de chez lui. C’est ce pari impossible qu’a réussi la France du XXe siècle et qui a implosé ces vingt dernières années du fait de l’inaction, de l’irresponsabilité et de l’impuissance de nos politiques. Pour la plupart obnubilés par leurs petits intérêts politiciens et leurs carrières dans le milieu, ce sont incontestablement eux les premiers responsables de la déliquescence d’un système qu’il faut adapter aux enjeux économiques, sociaux et technologiques du XXIe siècle.

À qui profite le crime ? À tous ceux qui ont la puissance financière de faire entendre leurs intérêts. En premier lieu, aux financeurs privés du système (mutuelles, assureurs, instituts de prévoyance) à qui le gouvernement Ayrault aura en moins de 18 mois accordé de conserver l’opacité des frais de gestion (mutuelles), de plafonner le remboursement des actes médicaux, d’augmenter les subventions publiques pour souscrire les contrats d’assurance et bientôt va leur offrir la régulation des tarifs par les réseaux de soins. Le président de la République leur a même promis la complémentaire pour tous les Français.

Comment expliquer que la France ait la couverture assurantielle privée le plus étendue de l’OCDE (96 % de la population), le paiement direct par les ménages le plus faible au monde (9 % des dépenses) et le taux de renoncement en dentaire et en optique le plus élevé d’Europe, après la Pologne ? Si la mutualisation assurantielle poussée à l’extrême dans notre pays (alors que 50 % de la population a un reste à charge après remboursement de la sécurité sociale inférieur à 250 euros) était efficace et équitable, nous n’aurions pas de tel niveau de renoncement. Il fallait donc bien que ces organismes complémentaires lancent une offensive massive de diversion pour masquer leur inefficacité et l’inégalité d’accès à certains soins dont ils sont pleinement responsables.

Ils dépensent massivement en campagne de communication, afin de rendre le plus dociles possible les médias, surtout ceux en difficultés financières. Ils s’allient avec une revue de consommateurs et un collectif de patients (qui déshonorent au passage tous les bénévoles de terrain qui font un travail fantastique) pour créer un observatoire "citoyen" sur les tarifs des professionnels de santé. Tout ceci permet de fabriquer des données biaisées pour la cause ; le montage est prêt pour ensuite jeter à la vindicte populaire nos professionnels de santé, transformés en boucs émissaires. Et ceci avec votre argent, chers assurés ! On assiste ainsi à une véritable manipulation des foules et à la mainmise des groupes de pression financiers puissants qui profitent de la faiblesse du politique.

L’État agit comme s’il faisait faire le travail de délabrement du système de santé par d’autres, pour ensuite ramasser les morceaux et installer en catimini un système étatisé, fonctionnarisé pour tous et libéral seulement pour certains, les plus aisés (à l’anglaise). Les conservateurs étatistes, de tous bords, sont aidés dans cette entreprise par les ultralibéraux qui encouragent la fin de la sécurité sociale universelle, au nom de la liberté individuelle. Ces derniers ignorent la dimension politique et le rôle symbolique majeur d’union nationale que la sécurité sociale représente d’une part et le fait qu’il n’y a pas de véritable liberté pour tous sans responsabilité et solidarité envers les plus défavorisés d’autre part.

Notre système de santé est en pleine implosion ; on dynamite ses fondamentaux et ses atouts pour légitimer l’installation d’un nouveau système que les Français n’ont pas choisi et qu’on veut leur imposer comme une fatalité. Voltaire écrivait en 1749 : "le génie français est perdu; il veut devenir anglais, hollandais et allemand. Nous sommes des singes qui avons renoncé à nos jolies gambades, pour imiter mal les bœufs et les ours". Il reste à espérer que le retour du génie français en matière de santé ne nécessitera pas un nouveau 1789 !

Frédéric Bizard


Avatar2 u3u8yh - Eugenol
riccyman

03/02/2014 à 17h21

Ce à quoi ameli te répondra que le loup et les enfants se font enculer par le père Noêl. C'est plus clair, non ^^

--
http://www.dailymotion.com/riccyman#video=x12gclg


Avatar2 u3u8yh - Eugenol
riccyman

03/02/2014 à 17h26

Blague à part cet article tourne sur Face de Bouc depuis quelques semaines. Je pourrais en faire un bristol pour la salle d'attente.

--
http://www.dailymotion.com/riccyman#video=x12gclg


dr.demolay

03/02/2014 à 17h40

exacte je le repartage tous les 5 jours car tout est dedans!


ameli

03/02/2014 à 17h55

riccyman écrivait:
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> Ce à quoi ameli te répondra que le loup et les enfants se font enculer par le
> père Noêl. C'est plus clair, non ^^

Bien oui !
Poétiquement, c'est le même discours, non ?
Bizart et moi sommes d'accord, bien que la forme du discours soit différente !

Seulement, faut bien admettre que les professionnels de santé n'ont pas tous le cul bien propre... et que des fois, il feraient bien de se le nettoyer avant de donner des leçons d'hygiène aux autres.


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edmond

03/02/2014 à 18h20

Il faut arrêter la manipulation qui consiste a prendre des exeptions pour en faire une règle et salir tout le monde au passage

En termes populationnels notre action globale est parfaitement objectivable et dans un sens hautement positif

On ne peut pas en dire autant de ceux qui s'acharnent contre nous et sont train de vendre aux financiers un systéme qui a fait ses preuves


Avatar kvapls - Eugenol
God Save the Fluide

03/02/2014 à 18h41

Cher ameli. Le dentiste conseil de mon département est un empaffé qui ne connais rien à la dentisterie à priori (dès que je lui ai parlé de 2_3 trucs un peu poussé, il paraissait ne rien comprendre). A chaque fois que je l'ai appelé pour un conseil sur la NGAP, il m'a renvoyé au site ameli pour que je lise la ngap de façon agressive en disant qu'il ne pouvais pas l'apprendre par cœur (merde il n'a que ça a foutre).

Donc si on devait résonner comme toi, je dirais, certes il y a des dentistes qui ont le cul sale (j'en connais quelques un, mais c'est très loin d'être une généralité). Mais le seul DC que je connaisse est un connard de planqué incompétent donc à priori tout les DC sont comme ça, de toute façon pour préférer de gratter le papier au lieu de bosser. C'est que l'on est un faignant!!!

Tu apprécies? je ne pense pas. Tu penses que j'ai raison? je ne pense pas aussi, alors parles nous avec un peu de respect! MERCI


ameli

03/02/2014 à 18h49

dr.demolay écrivait:
--------------------
> Notre système de santé est en pleine implosion ; on dynamite ses fondamentaux et
> ses atouts pour légitimer l’installation d’un nouveau système que les Français
> n’ont pas choisi et qu’on veut leur imposer comme une fatalité.

Disons que je ne partage pas complètement la dramatisation de ce discours (mais faut bien faire un peu de buzz, et à sciences-po, ils savent le faire), mais que je suis d'accord en gros.

Par exemple, j'ai du mal à admettre que la prétendue gauche au pouvoir néglige complètement, sans même les étudier, certaines positions de la Cour des Comptes, pour poursuivre ce que la droite avait initié, et qui ne me parait pas aller vers de la bonne gestion et de la simple logique : utiliser ce qui marche et l'améliorer.
La "mutualisation assurancielle" de toute la population est une vaste fumisterie. C'est une forme couteuse de libéralisme qui ne fait que le bonheur des assurances, qui n'entraine aucun gain qualitatif (ex : les réseaux dentaires, les low-cost, etc), et qui coute une fortune aux cotisants avec une solidarité minimaliste. Efficience zéro.
Quitte à augmenter les ressources du financement et élargir les prises en charge, mieux aurait valu élargir la sécu comme ça se fait en Alsace Moselle depuis des décennies, pour un cout modeste (payés par les salariés et non par le patronat), une bonne efficacité... et un contrôle pertinent. Ces cotisations "supplémentaires" sont modifiées tous les ans, en fonction des dépenses : l'an dernier, elles avaient baissé de 0,1% (!!!)(qui dit mieux ?), j'attends pour cette année.

Pourquoi cette "sécu-complémentaire" alsacienne est-elle moins chère, nettement moins chère ?
C'est tout con, parce qu'elle s'appuie sur la sécu "généraliste", qu'il n'y a qu'à modifier un paramétrage informatique, qu'il n'y a pas de personnel en sus, et que les frais de gestion sont réduits au minimum, voire au néant. Exactement l'inverse d'une assurance et d'une mutuelle, qui sont contraint d'embaucher, de monter un réseau de boutiques de vente, de faire de la pub, et de faire du bénéfice.

Je me pose donc des questions politiques : pourquoi une solution onéreuse et peu efficiente a-t-elle été choisie par la droite et suivie par la gauche (le recours aux assurances), alors que toutes les données économiques privilégiaient le système Alsace-Moselle qui, il est vrai, rend en grande partie les complémentaires-santé peu utiles, réduisant leurs champs d'intervention au dentaire et à l'optique ?
Serait-ce que le pouvoir et l'influence politique des complémentaires est encore bien plus grand que ce que je croyais ? Bin oui.
C'est bien pourquoi je dis régulièrement que le pouvoir de la profession dentaire est nul, archi-nul. A coté, on ne pèse rien : une plume balayée par une tornade.


ameli

03/02/2014 à 19h24

God Save the Fluide écrivait:
-----------------------------
> Tu apprécies? je ne pense pas. Tu penses que j'ai raison?

Arrête de voir la vie en blanc ou noir !
Il y a des connards et des voleurs chez les toubibs, les dentistes, les garagistes, les fonctionnaires ARS (tiens, aujourd'hui je fais que rattrapper les boulettes des bureaux voisins) et dans toutes les professions.
Je connais personnellement de vrais connards parmi les DC, et je ne me prive pas de les contrer en défendant ceux qu'ils attaquent à l'Ordre (mais discrètement, en sous-marin : devoir de réserve). Je les torpille, et je n'ai aucun sens de la confraternité, je n'ai pas d'esprit de corps.
Oserais-tu dire que les dentistes sont des gens biens ? tu rigoles, non ?
Pour moi, c'est des gens normaux, y en a des biens, et y en a que j'évite, et y en a que je ne supporte pas.
Comme chez les DC.
L'auto-critique de la profession est-elle un sujet tabou ?

J'aime bien les libéraux, et je crois que cette forme d'exercice peut faire de la grande qualité, pour peu qu'on leur donne les moyens, mais je sais faire la part des choses. Il y a des libéraux qu'il faut torpiller, des escrocs et des incompétents. Pourquoi en serait-il autrement ? C'est normal.
Ce que je regrette, c'est que quand on en papouille un pour fraude massive ou pour incurie notoire, les autres (les bons) se lèvent comme un seul homme pour crier au harcèlement, à la victimisation, et prennent les tarifs sécu comme excuse ! Je trouve ça stupide, et nuisible au corps d'ensemble, et je n'excuse pas.
Je n'ai personnellement aucun scrupule à torpiller un libéral, comme je n'ai aucun scrupule à saboter le travail d'un DC quand il est mauvais ou de mauvaise foi, et j'en connais !
Y en a d'ailleurs quelques uns sur le nonol qui peuvent le certifier, mais je n'en parle jamais, et je ne demande surtout pas qu'ils le certifient. C'est entre eux et moi. Tu me crois ou non, c'est ton problème.


Mosquitogif zt3c7k - Eugenol
mosquito

03/02/2014 à 20h15

ameli écrivait:

> le système Alsace-Moselle rend en grande partie les
> complémentaires-santé peu utiles, réduisant leurs champs d'intervention au
> dentaire et à l'optique ?
> Serait-ce que le pouvoir et l'influence politique des complémentaires est encore
> bien plus grand que ce que je croyais ? Bin oui.
> C'est bien pourquoi je dis régulièrement que le pouvoir de la profession
> dentaire est nul, archi-nul. A coté, on ne pèse rien : une plume balayée par une
> tornade.
------------------

la cotisation complémentaires ce sont des taxes (CMU entre autres, de la pub soutien à la presse sinistrée en lecteurs) cela permet de faire des journaux dociles sans trop sortir des caisse de l'état; la presse de droite comme de gauche est déjà largement soutenue par l'état.


Avatar kvapls - Eugenol
God Save the Fluide

03/02/2014 à 20h27

ameli écrivait:
---------------
> God Save the Fluide écrivait:
> -----------------------------
> > Tu apprécies? je ne pense pas. Tu penses que j'ai raison?
>
> Arrête de voir la vie en blanc ou noir !
> Il y a des connards et des voleurs chez les toubibs, les dentistes, les
> garagistes, les fonctionnaires ARS (tiens, aujourd'hui je fais que rattrapper
> les boulettes des bureaux voisins) et dans toutes les professions.
> Je connais personnellement de vrais connards parmi les DC, et je ne me prive pas
> de les contrer en défendant ceux qu'ils attaquent à l'Ordre (mais discrètement,
> en sous-marin : devoir de réserve). Je les torpille, et je n'ai aucun sens de la
> confraternité, je n'ai pas d'esprit de corps.
> Oserais-tu dire que les dentistes sont des gens biens ? tu rigoles, non ?
> Pour moi, c'est des gens normaux, y en a des biens, et y en a que j'évite, et y
> en a que je ne supporte pas.
> Comme chez les DC.
> L'auto-critique de la profession est-elle un sujet tabou ?
>
> J'aime bien les libéraux, et je crois que cette forme d'exercice peut faire de
> la grande qualité, pour peu qu'on leur donne les moyens, mais je sais faire la
> part des choses. Il y a des libéraux qu'il faut torpiller, des escrocs et des
> incompétents. Pourquoi en serait-il autrement ? C'est normal.
> Ce que je regrette, c'est que quand on en papouille un pour fraude massive ou
> pour incurie notoire, les autres (les bons) se lèvent comme un seul homme pour
> crier au harcèlement, à la victimisation, et prennent les tarifs sécu comme
> excuse ! Je trouve ça stupide, et nuisible au corps d'ensemble, et je n'excuse
> pas.
> Je n'ai personnellement aucun scrupule à torpiller un libéral, comme je n'ai
> aucun scrupule à saboter le travail d'un DC quand il est mauvais ou de mauvaise
> foi, et j'en connais !
> Y en a d'ailleurs quelques uns sur le nonol qui peuvent le certifier, mais je
> n'en parle jamais, et je ne demande surtout pas qu'ils le certifient. C'est
> entre eux et moi. Tu me crois ou non, c'est ton problème.


T’inquiètes, je suis d'accord avec ton discours... mais je t'entend plus parler des dentistes comme escroc et je trouve que la façon dont tu tournes tes phrases met un peu tout le monde dans le même panier. Moi la CON fraternité, je l'ai peut être plus subit que les autres donc je ne me sent pas confraternel du tout (ça n'existe pas d'ailleurs). Par contre jamais je défonce un autre praticien, mais quand je suis en désaccord total avec son plan de traitement, je le fait sentir. Aujourd'hui quelqu'un qui ne se plaignait pas s'est retrouvé avec un devis pour 4 ccm (sans aucune raison, les dents avec amalgame IMPECCABLE)mais elle est venue avoir un avis contradictoire. Moi j'ai juste proposé un onlay résine sur 1 dent car un peu trop abîmé à mon gout mais rien d'urgent et je lui ai dis, la patiente a bien compris que l'autre dentiste était un c..... mais moi je n'ai en rien discuté son traitement car je n'en ai pas le droit.
Donc je suis d'accord sur le fait, il y a des connards dans notre profession dans la même proportionnalité que la population globale, mais ne stigmatisons pas, sanctionnons juste ceux que l'on chope.


ameli

04/02/2014 à 12h34

God Save the Fluide écrivait:
-----------------------------
mais je t'entend plus parler
> des dentistes comme escroc et je trouve que la façon dont tu tournes tes phrases
> met un peu tout le monde dans le même panier.

C'est un peu vrai, mais ce n'est qu'une mini-provocation qui répond à certaines affirmations que je trouve trop grosses.
Souvent, quand on parle des CMU ici, c'est pour relever leurs truandes, leurs abus, lers rendez-vous manqués, etc. C'est évidemment vrai ! Bref, le CMU et le diable ne sont peut être pas frères, mais sont cousins, et si on pouvait le brûler, ça assainirait l'atmosphère.
J'observe quant à moi, que les plus gros profiteurs du système CMU sont avant tout les praticiens, que les plus gros fraudeurs CMU sont des praticiens. C'est une donnée mathématique incontestable. Comme elle ne fait pas plaisir, nous l'occultons.
Je ne dis donc pas que tout le monde est dans le même panier, mais qu'on doit regarder la vérité en face, même quand elle est laide. Tant pis ! Et qu'avant de donner un cours de morale inefficace à des indécrottables petits truands, on devrait s'interroger sur ce qu'on capable de modifier plus facilement : nous-mêmes, ou au moins, faire le ménage dans nos propres rangs !
Je ne dis pas que le système CMU est pervers, car il rend des services à une partie de la population. Le système n'est pas en cause, mais il demande à être amélioré à la marge. En fait, ce sont les comportements individuels qui sont la cause des dérives du système : et ça, pour les comportements éthiques personnels, on n'est pas meilleurs que les autres, hélas.


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chicot29

04/02/2014 à 12h52

Pfffff ! Du fond de ton bureau tu sais à quoi ca ressemble en moyenne une bouche de bénéficiaire de la CMU par rapport à la population générale ? Tiens 2 échantillons.
Alors 2 solutions : je les soigne je suis un profiteur, je ne les soigne pas je suis un salaud.
MERDE A LA FIN.

Katya s boy friend vkudyp - Eugenol
Katya rnn6pr - Eugenol

Index kgtkwa - Eugenol
floyden

04/02/2014 à 12h55

ameli écrivait:
---------------

> Ce que je regrette, c'est que quand on en papouille un pour fraude massive ou
> pour incurie notoire, les autres (les bons) se lèvent comme un seul homme pour
> crier au harcèlement, à la victimisation, et prennent les tarifs sécu comme
> excuse ! Je trouve ça stupide, et nuisible au corps d'ensemble, et je n'excuse
> pas.

Il me semble que lorsque l'affaire du confrère Marseillais est sortie il y a un an, tout le monde ici s'est levé comme un seul homme, mais pour l'enfoncer, pas le défendre. Tout le monde a râlé sur ses agissements scandaleux, la lenteur des contrôles, les sanctions trop laxistes (il parait qu'il exerce encore), le discrédit jeté sur toute la profession. Et surtout que ces pratiques sont connues de tous, alors que fout donc la sécu!

Sinon je vais être plus sévère que toi, je suppute que les libéraux génèrent plus d'escrocs et d'incompétents que la moyenne. Parce que la tentation est plus grande, et que la faiblesse des honoraires de soins est une excuse facile et toute trouvée pour adoucir moralement le passage vers le coté obscur.

Pas de médecine libéral sans contrôles, mais pas non plus sans honoraires décents. La carotte et le bâton. Aujourd'hui il n'y a ni l'un ni l'autre.


P2eqdh3csim6s7nb09ktdq3e7ev8 - Eugenol
barbabapat

04/02/2014 à 12h56

Ameli, tu connais l'économie.

Lorsque tu achetes 3 kg de mirabelles dans une cagette ou 200 grammes, tu n'achete pas totallement le meme produits.

Dans tes 3 kg de mirabelles, un tiers est bien avancées et finieront en compote ou en confiture, un tier est des fruits abimes qui ont des defauts esthetiques, une partie pourrait finir en eau de vie si la quantitée est suffisante pour la distiller et moins de 500 grammes sont dans la qualité de la barquette de 200 grammes et devront de toute façons etre mangés rappidement avant de passer.

La CMU c'est du soins à la cagette pour lequel le financeur demande du sous soins pour soigner selon lui des sous patients.

Tu avait un systeme d'aides exceptionnelles qui fonctionnait bien, où le financeur ne traitait pas les patient comme des sous patients qui devaient avoir accès à des sous soins que l'on a detruit sur l'hôtel du soin à la cagette.
Enfin le patient qui ne paye pas est considéré par la sécu comme un enfant ou une personne sous tutelle, ce qui montre le respect par l'institution qu'est la secutité sociale de ceux qu'elles considére comme devant avoir accès à des sous soins.


vmdeugénol

04/02/2014 à 13h04

Vu du côté dirigeants, je comprend bien que le système est plutôt bien.
Vu du coté usagés de la santé, je comprend qu'ils ne voudraient pas que cela change, c'est à dire qu'ils risquent d'avoir à payer pour quelque soin que ce soit.
Vu du coté des soignants, il est bien évident que cela ne peut plus fonctionner.

En conclusion, une fois mis au vote le soignant perd à 2 voix contre une !!

Vive la démocratie.

Le truc c'est quand même que sans les soignants le système s'effondre... mais s'il s'effondre et que c'est de la faute aux soignants, le dirigeant est doublement gagnant. Il n'est pas responsable face au peuple, il n'a plus à distribuer de l'argent pour des soins qui n'existent plus.

Vive le cynisme.

Il faudrait arrêter de se mentir comme disait Napoléon, fraudeurs, glandeurs, profiteurs et j'en passe tous sont le produit et les enfants de ce système tout tordu. Il est pourtant vrai qu'il est hyper séduisant sur le papier ou plutôt sur le papyrus, c'est un très très vieux truc qui a très mal supporté le monde réel.

Vive l'optimisme.


ameli

04/02/2014 à 13h50

chicot29 écrivait:
------------------
> Pfffff ! Du fond de ton bureau tu sais à quoi ca ressemble en moyenne une bouche
> de bénéficiaire de la CMU par rapport à la population générale ?

J'ai fait 15 ans de centre dentaire au fauteuil, après quelques années de libéral ! je sais.
Et j'ai fait 10 ans de pilotage et d'organisation de centres dentaires, je sais.
Ceux ici qui m'attribuent un "bureau" doivent savoir que je ne suis au "bureau" que depuis 3 ans et 1/2... et que j'en sors très souvent pour aller sur le terrain.
Je connais très probablement bien mieux la profession (et ses problèmes) que la majorité ici.


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chicot29

04/02/2014 à 14h08

Moi aussi j'ai fait quelques années en salarié en mutuelle (mais au pourcentage du chiffre d'affaire) , une création, une reprise en association scm et pour finir une reprise seul. Par contre je n'ai aucune expérience en tant que fonctionnaire (ou assimilé) à salaire fixe quelque soit le travail produit. Ca a l'air pas mal pour prendre de la hauteur.))))))))


ameli

04/02/2014 à 19h39

chicot29 écrivait:
------------------
Par contre je n'ai aucune expérience en tant que
> fonctionnaire (ou assimilé) à salaire fixe quelque soit le travail produit.

Tu vois, j'ai plus d'expérience de toi !
Mon apothéose, c'est le fonctionnariat : on me demande une production intellectuelle de très haut niveau, pour un salaire médiocre, mais je me bats pour ajuster mes prestations à mon salaire. J'admets que j'ai du mal : je n'arrive pas à me retenir d'être brillant et parfait, et donc d'être sous-payé.
Pour être honnête, je me sens plus à l'aise maintenant qu'à mon époque libérale. Je gagnais bien ma vie, j'avais une auto de course, une copine assermentée pas trop couteuse et une épouse presque fidèle, mais ça doit être une question de caractère : je ne crois pas être fait pour être libéral.

Bizarrement, maintenant, c'est plus varié, même si c'est souvent hors champ "dentaire pur". Je fais ma semaine sur les NMR et les MSP. ça bouge, c'est prenant, intéressant : je sors du bureau. Demain, tournée mairies et MSP, départ 13h retour probable 24h. J'espère bien me faire inviter à bouffer par un maire ou un toubib, déjà que je suis mal payé ! tu penses, même pas 10 000, c'est un scandale, non ?
Je voulais quelques volontaires pour ces expérimentations NMR, je les ai.
J'ai pas eu besoin de demander à beaucoup de monde !
J'étais au téléphone, "tu veux des sous, toi ? j'ai 28 000/an à partager, t'en veux ?..." Bingo, du premier coup, le mec a accepté !
J'ai du talent pour repérer les volontaires, non ? L'ARS a bien de la chance de m'avoir. Y a que moi pour trouver des volontaires aussi vite.

Tiens, dès que j'ai quelques minutes, je ferai un topo sur les NMR. Les dentistes entrent dans la danse, doucement, mais y entrent. C'est un début timide, mais réel. Il faudrait quand même qu'ils sachent comment ça fonctionne, parce qu'un jour ou l'autre, ils ne pourront pas négliger cet argent.
Je prends les paris : ces rémunérations annexes et complémentaires vont monter en puissance, et tant pis pour ceux qui ne les veulent pas ou qui pensent que les engagements sont trop contraignants : ils ne les auront pas.


RépondreCiter
Capture d  cran 2015 03 12 12.28 - Eugenol
chicot29

04/02/2014 à 19h53

ameli écrivait:
---------------

> Tiens, dès que j'ai quelques minutes, je ferai un topo sur les NMR. Les
> dentistes entrent dans la danse, doucement, mais y entrent. C'est un début
> timide, mais réel. Il faudrait quand même qu'ils sachent comment ça fonctionne,
> parce qu'un jour ou l'autre, ils ne pourront pas négliger cet argent.
> Je prends les paris : ces rémunérations annexes et complémentaires vont monter
> en puissance, et tant pis pour ceux qui ne les veulent pas ou qui pensent que
> les engagements sont trop contraignants : ils ne les auront pas.

Tu vois dans le monde agricole les NMR s'appellent les "restitutions". Je pense m'être cassé de ce métier de cinglé avant d'en avoir besoin. C'est quand meme dingue le socialisme, mettre les gens dans la merde et en situation de quémander des subventions.
Ce pays est foutu.


ameli

04/02/2014 à 19h54

vmdeugénol écrivait:
--------------------
> Le truc c'est quand même que sans les soignants le système s'effondre...

Ton raisonnement ne tient pas : il y aura toujours des soignants.
Si un système s'effondre, il sera remplacé par un autre avant d'être tombé.

C'est d'ailleurs une de mes craintes. Divers facteurs conjugués ont affaibli le secteur libéral et renforcé le secteur salariat-assuranciel.
Le système libéral pourrait s'effondrer demain qu'avant d'être au sol, les low-cost et les boutiques d'assureurs mettraient des fleurs au balcon... et embaucheraient les ex-libéraux.
Mais des soignants, il y en aura toujours.


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Mosquitogif zt3c7k - Eugenol
mosquito

04/02/2014 à 20h22

ameli écrivait:
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> Ton raisonnement ne tient pas : il y aura toujours des soignants.
> Si un système s'effondre, il sera remplacé par un autre avant d'être tombé.
>
> C'est d'ailleurs une de mes craintes. Divers facteurs conjugués ont affaibli le
> secteur libéral et renforcé le secteur salariat-assuranciel.
> Le système libéral pourrait s'effondrer demain qu'avant d'être au sol, les
> low-cost et les boutiques d'assureurs mettraient des fleurs au balcon... et
> embaucheraient les ex-libéraux.
> Mais des soignants, il y en aura toujours.
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le seul truc qui me rassure des fois , c'est que la dernière fois que l'on a voulu court-circuiter les libéraux pour du tout état ça a foiré , c'était la vaccination contre la fameuse grippe H1N1.