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La Guérison en ODF
13/12/2003 à 09h16
La Guérison en Orthopédie Dento-Faciale
Préambule :
Méfions nous, en ces temps troublés où nos législateurs cherchent à faire feu de tout bois pour réduire les dépenses publiques. Dire que le praticien ODF ne guérit pas serait le ranger dans la même catégorie que les artisans du cosmétique que sont les coiffeurs, esthéticiens et autres promoteurs du « beau » et de la mode.
Or nos aînés se sont battus pour que notre profession soit « médicale » à part entière et pour les en remercier, faisons en sorte qu’elle le reste en ayant comme ultime objectif, même s’il est difficile voire impossible à atteindre, la guérison de nos patients et en particulier celle des plus jeunes d’entre eux.
Introduction :
Si nous voulons aborder la guérison en ODF, il faut tout de suite redonner aux dysmorphoses leur entière qualité de symptôme.
Guérit-on un symptôme ? Non bien sûr, on guérit une maladie, par contre on élimine un symptôme. L’élimination du symptôme ne garantit en aucun cas la guérison qui représente l’élimination de la maladie. C’est une condition nécessaire mais insuffisante. Comme exemple, l’obtention d’une occlusion la plus parfaite soit-elle ne garantit en rien la stabilité du traitement, c’est une condition nécessaire mais insuffisante pour annoncer la fin du traitement qui devrait représenter la guérison du patient.
Pour définir la guérison nous devons reprendre le cheminement intellectuel qui nous a mené au diagnostic. Qu’est-ce qu’un diagnostic ? Globalement, c’est donner un nom à la maladie. Et quand on a donné un nom à la maladie, il est beaucoup plus simple d’aborder sa guérison.
Comment arrive-t-on au diagnostic ? Il est le résultat d’un faisceau d’arguments. Un symptôme seul (hormis les pathognomoniques) définit rarement une maladie. Et c’est la grande difficulté de l’ODF car il n’existe pas le chromosome ou la bactérie de la classe II division 2. Donc pour définir la guérison il faut reprendre l’ensemble des critères qui ont permis le diagnostic et s’assurer de leur élimination un à un. En dehors de cette démarche il n’est point de qualification de guérison possible.
La particularité, passionnante, de la démarche bioprogressive est d’être allé au-delà du simple diagnostic morphologique, toute petite partie du véritable diagnostic en ODF. Pour être caricatural, une « endognatie maxillaire totale » n’est pas le diagnostic ODF chez l’asthmatique, mais c’est « asthme » ayant entraîné des complications ventilatoires avec des répercussions sur la posture qui représente la maladie qui est à l’origine de la dysmorphose. Donc la guérison chez ce patient là n’est pas (seulement) de l’orthopédie maxillaire transversale, mais la disparition de l’asthme en tant que maladie.
Même si le combat est difficile, il n’est pas perdu d’avance, et le praticien ODF à un rôle important à jouer.
Maintenant si la maladie est installée depuis longtemps, l’espoir de guérison diminue et au niveau morphologique (entre autres) subsiste des séquelles qu’il faudra gérer. Il sera alors illusoire de vouloir atteindre la moindre stabilité de nos traitements car le risque de rechute du symptôme, séquelle de maladie sous jacente, sera permanent.
De l’origine des dysmorphoses :
Dans la transmission des parents aux enfants, si on est sûr dune chose (hormis tous les grands syndromes génétiques), c’est que la sensibilité muqueuse est héréditaire. La prévalence des maladies ORL et allergologiques est en constante augmentation.
Depuis la deuxième moitié du XXème siècle, nos sociétés de consommation ont subit de profondes mutations. La plus importante est peut-être la généralisation du chauffage central et l’extension des moquettes extrêmement favorable à la prolifération des acariens. Puis il y a eu les changements alimentaires de plus en plus prédigérés et entraînant aussi son cortège d’allergies. Quant à la pollution et au tabac, leur influence n’est plus à démontrer dans l’aggravation et le déclenchement des pathologies de la petite enfance.
Pour prouver que tout cela nous concerne, est-il nécessaire de reprendre l’expérience de HARVOLD sur le macaque ?
C’est dés la naissance que tout se joue et c’est à la naissance que le taux de croissance est le plus important et que donc les déformations peuvent être les plus importantes. L’orifice oral à cet âge là n’est pas fait (comme plus tard d’ailleurs) pour subir des efforts ventilatoires. Le voile du palais est au contact de l’épiglotte et la ventilation est obligatoirement nasale.
Puis apparaît un phénomène typiquement humain entraîné par la bipédie, le redressement de la tête sur le cou et consécutivement à la croissance vertébrale, la séparation du voile et de l’épiglotte avec l’apparition de cette zone particulière qu’est l’oropharynx.
Toute difficulté d’origine ventilatoire provoque des adaptations fonctionnelles et posturales qui ont pour but la survie de l’individu. Et toutes ces adaptations sont coûteuses sur le plan morphologique d’où lapparition des dysmorphoses.
Bien sûr il n’y a pas que la ventilation qui joue dans l’apparition des dysmorphoses. Nous pourrions citer les strabismes, les scolioses, les mauvaises habitudes etc.… tout ce qui peut modifier la posture est à l’origine de dysmorphose. Mais en regardant de près, combien d’enfants n’ont pas de problème ventilatoire ?
Et c’est justement chez l’enfant, individu donc en croissance que nos espoirs de guérison sont les plus importants. L’avenir médical de l’orthopédie dento-faciale ne se situe-t-il pas de fait au niveau des traitements précoces. Il faudrait que le praticien ODF ait une formation plus poussée ORL, allergologique, et posturale qui lui permette de travailler plus efficacement en équipe avec les professionnels de ces autres disciplines. La guérison de nos patients coûte ce prix là.
En fin de croissance ou après la croissance ce ne sont plus que des séquelles que nous devons gérer. La maladie est parfois derrière nous et a été elle-même guérie avant notre intervention, c’est hélas une situation rare. Bien souvent la maladie est toujours latente et la guérison peut s’avérer impossible et donc il faut savoir travailler avec et gérer au mieux la contention.
A propos de la conduite du traitement :
Comme il est dit plus haut, l’obtention de la meilleure occlusion possible (et finalement peut importe la technique utilisée pourvu qu’elle remplisse les objectifs morphologiques fixés à l’avance) est une condition nécessaire mais pas suffisante pour que le traitement aboutisse. Que se passe-il autour de l’obtention de cette occlusion ?
L’étape la plus difficile à franchir est bien celle du diagnostic (pas morphologique mais étiologique !) car sans elle point de salut. Il ne s’agit ensuite de glisser ce diagnostic dans un tiroir pour ne plus s’en servir ou pour le ressortir après la rechute en disant c’est pas ma faute …
Si nous partons du postula suivant : « il n’existe pas de dysmorphose sans un certain degré de comportement dysfonctionnel » alors tous nos patients sont redevables d’éducation fonctionnelle. Pas certains d’entre eux, mais tous …
N’entrons pas dans les détails, mais lorsqu’on établit un programme d’éducation fonctionnel systématique les réponses au traitement (car il s’agit d’un traitement à part entière) sont différentes et méritent elles aussi d’être individualisées :
Parfois cela se passe très bien et on obtient sans difficulté une normalisation des comportements fonctionnels (ceci étant nous attendons avec impatience des instruments de mesure objectifs utilisables au cabinet du genre électromyographe, rhino manomètre et autres encore auxquels nous n’avons pas encore pensé).
Parfois nous sommes confrontés à des difficultés qui arrivent à être surmontées en élevant d’un cran le niveau d’éducation fonctionnelle ou en ayant recours à un éducateur extérieur au cabinet (orthophoniste, kinésithérapeute, allergologue, ORL …)
Parfois c’est l’échec : maladie non guérissable, manque de coopération, âge de première consultation trop tardive etc.… et il ne nous restera plus qu’à gérer les séquelles mais en connaissance de cause.
En guise de conclusion :
Bien sûr si nous avons fait toutes ces études c’est bien pour donner des beaux sourires aux patients dont nous avons la charge. Mais si justement nous avons fait toutes ces études c’est bien pour nous rendre compte que cela n’est pas si facile et que si nous ne voulons pas que notre travail soit éphémère, nous devons rester des thérapeutes et même s’il ne s’agit pas de la motivation initiale des enfants et des adultes qui viennent nous voir, nous devrons toujours tendre vers la guérison tant bien que mal.
Il est évident qu’aujourd’hui nous n’arriverons pas à tout guérir et que dans bien des cas il faudra faire avec et ce qui nous fera avancer c’est bien la connaissance de nos limites actuelles. Cette connaissance nous permettra de faire reculer les limites de demain.
Quoi qu’il en soit l’important est au quotidien de travailler pour aboutir à un optimum individualisé pour chacun de nos patients.
13/12/2003 à 20h36
Je vais essayer de faire des reeducations respiratoires avec l appareillage de LVL medical , c est un petit masque qui se met sur le nez et qui cree grace a un petit compresseur une pression positive dans le nez, ca sert pour l apnee du sommeil en empechant le verrouillage de la respiration.
Autre sujet, as tu essaye les implants non osteointegres pour faire des tractions orthodontiques, ca me tente bien et puis comme ca cela reconciliera les omni et les ortho, si on leur fait poser des implants, ils vont subitement trouver que l ortho c est une belle chose..........
14/12/2003 à 09h38
J'ai une amie pédiâtre, chef de clinique qui s'occupe de cas de détresse ventilatoire sévère. Pour la survie des patients, évidemment on leur pose des masques de ventilation assistée. Le problème est qu'elle a remarqué que cette ventilation mécanique provoque des déformations faciales et son équipe est en train de chercher un autre systhème.
C'est une éducation ventilatoire active dont nous avons besoin et surtout une prise de conscience de la nécessité de respirer par le nez. La pression positive peut être une aide à cette prise de conscience.
Quant aux implants d'ancrage cela peut être une solution valable pour l'adulte. En ce qui concerne l'enfant je n'ai jamais réellement eu de problème d'ancrage. Nous ne parlons alors plus d'orthopédie dento faciale, mais juste d'orthodontie.
15/12/2003 à 20h07
Désolé d'avoir gueulé sur ta précédente intervention ("pourqoui j'ai fait le CECSMO").Merci pour ce brillant résumé auquel j'adhére TOTALEMENT. Question: c'est enseigné au CECSMO (pas à ma connaissance..)? Parceque moi j'ai appris la même chose dans des formations paralléles....
D'autre part, tu oublies une chose fondamentale: on ne guérit pas nos patients ni leurs maladies, au mieux on va leur donner un cap, un chemin, qui leur permettra de guérir et quelques coups de main de ci de là avec nos techniques mais il est effectivement fondamental de savoir ce dont ils souffrent pourt leur donner la bonne direction.
15/12/2003 à 21h13
Exemple non exhaustif: béance + succion du pouce + interposition linguale/déglutition atypique + respiration buccale. Cause?
1/ probléme ORL, "allergie", patient peut pas respirer correctement...
2/ traumatisme cervicales propulsées en avant qui ont poussé langue....
3/probléme affectif et donc succion pouce/doudou....
4/ probléme position langue à cause frein trop court......
5/ autres causes qui me viennent pas ici et maintenant...
6/ les précédents mélangés selon l'ordre et le nombre que tu veux + habitudes mises en place secondairement (allergies/asthme parceque respiration buccale...) mais avec en général une cause prioritaire à traiter (ici je me sers de kinesiologie pour traiter les priorités).
Cas de 1/ seront traités par suppression des produits allergénes (souvent les produits laitiers), cas de 2/ traités par prise en charge ostéo, cas 3/ par prise en charge "psy", pour ce qui est des 4/ j'aime pas trop les freinectomies...ensuite il faudra mettre en place traitement correctif mais qui sera "viable" que si cause primaire éliminée.
Tout ça pour dire que le côté psy est aussi trés important et que tu sembles ne pas lui accorder trop d'importance par rapport au côté posture/fonctionnel