Cookie Consent byPrivacyPolicies.comTrevor Lyons - Eugenol

Trevor Lyons

Dentarue

23/07/2026 à 09h12

Le xylitol n’est pas un secret : il existe des essais randomisés publiés montrant qu’il peut réduire ou retarder la transmission de Streptococcus mutans de la mère à l’enfant, surtout chez des mères à forte charge bactérienne. En revanche, la traduction en “moins de caries” est moins certaine selon les études et les revues concluent à un niveau de preuve limité/variable. Donc c’est un outil intéressant en complément, mais ça ne remplace pas le brossage au dentifrice fluoré, la réduction des sucres et le suivi dentaire, et l’idée d’un complot n’est pas étayée par la littérature.


sebbzh

23/07/2026 à 23h16

Hey, doucement les gars, j'ai relayé ce post en traduisant littéralement ce qu'il raconte. Ce qui ne veut pas dire que j'adhère à 100%. Néanmoins, parce que c'est VRAI que comme le xylitol ne peut pas être breveté, il n'y a aucun intérêt de la part de la Big Pharma à le promouvoir.

@adhoc : t'as lu fil au-dessus ? si oui, tu sais que le chewing gum n'est PAS la meilleure méthode.

@Dentarue : tu te trompes, il est TRES LARGEMENT avéré scientifiquement que le xylitol diminue le nombre de caries, c'est dose/dépendant (10g/j min et non 5g/j, et pas uniquement sous forme de chewing gum mais directement en poudre bain de bouche). Je te croyais plus attentif aux publis (nombreuses, sur ce fil plus haut). C'est non seulement un outil intéressant mais SINE QUA NON dans la paro (comme l'érythritol !) ! Essayer, c'est l'adopter. Plus de saignement : ça veut dire quoi en termes médical ? Pour le reste (fluor, suivi) je suis bien évidemment d'accord.

Le côté complotiste du post est assez "américain" et est en trop, OK. Mais remettons l'église au milieu du village : qui d'entre vous proposez xylitol/érythritol à vos patients, nombreux, atteints de paro (ou de caries...) ???

Juste un exemple. J'ai un confrère : 64 ans, dont les derniers 30 ans avec ses différentes brossettes et son protocole toussatoussa, tous les 6 mois à subir un détartrage de 45min, et toujours le même discours (ahlala, ça craint les dents tellement c'est mobile, des dents qui branlent de partout). EN MOINS D'UN MOIS PLUS DE SAIGNEMENT : qui dit mieux, chers spécialistes ?

Alors non, ce n'est pas du complotisme DE VOTRE PART, c'est de la méconnaissance qui se double d'indifférence et finalement de défiance, de la part de la profession. Parce que c'est pas écrit dans le manuel, c'est trop simple, et surtout ça pourrait diminuer le nombre de clients et donc le CA.

Mais pourtant, si VOUS, vous aviez la gencive fragile et la dent qui tremble, je sais exactement ce que vous feriez là, maintenant...

Je souhaite que ce fil de discussion soit aussi suivi sur la toile (...), pour que cela change, pour que les patients atteints de PARODONTITE soient enfin conscients qu'ils peuvent REELLEMENT être soignés autrement qu'à coups de factures à 4 ou 5 chiffres et avec un résultat plus qu'aléatoire.

Et être en même temps accompagnés par un(e) dentiste/paro digne du serment grec.

Est-ce trop demander ?


Dentarue

24/07/2026 à 10h01

1. Sur la paro : le niveau de preuve clinique est faible à modéré et hétérogène. Une revue systématique dédiée aux scores gingivaux conclut que le chewing-gum au xylitol peut réduire l’inflammation gingivale, mais que les études sont peu nombreuses et hétérogènes → ce n’est pas “sine qua non” et ça ne remplace pas le contrôle mécanique du biofilm ni la thérapeutique parodontale.
2. Sur la plaque : oui, effet antiplaque mesurable, mais ce n’est pas spécifique à la paro “avérée”. Une méta-analyse 2025 montre une baisse significative d’index de plaque avec des “sweets/gums” au xylitol, avec forte hétérogénéité (I² élevés) → intéressant comme adjuvant, pas comme traitement de fond de la parodontite.
3. Sur la carie et le “dose-dépendant 10 g/j minimum” : la littérature ne soutient pas un seuil universel à 10 g/j. Une revue 2025 centrée sur le chewing-gum indique que le meilleur signal “spécifique xylitol vs sorbitol” est surtout sur S. mutans et, plus inconstant, sur plaque/carie; elle cite une étude dose-réponse où l’effet plafonne entre ~6.9 et 10.3 g/j, et qu’il n’y a pas d’effet à 3.4 g/j—mais ça ne fait pas “10 g/j minimum” applicable à tous.
4. “Bain de bouche/poudre” : ce n’est pas le corpus le plus solide. Les meilleures revues sur plaque/gingivite portent principalement sur chewing-gum/candies; extrapoler à des bains de bouche “poudre xylitol” est spéculatif en l’état.
5. “Plus de saignement en <1 mois” : possible, mais non spécifique et non preuve de guérison de parodontite. Les essais sur gingivite montrent des baisses de scores gingivaux parfois importantes dans certaines études, mais aussi des résultats nuls, et la revue conclut explicitement que l’évidence reste inconclusive.
6. L’argument “Big Pharma ne promeut pas” n’explique pas l’absence de recommandation forte : c’est surtout la qualité/consistance des essais cliniques en parodontite qui limite. D’ailleurs, il existe de multiples SR/NMA récentes—donc ce n’est pas “caché”.
☝️


sebbzh

24/07/2026 à 11h43

Eh ouais, y'a que les patients qui voient les résultats, quand les professionnels font l'autruche comme toi avec des publis bidon ou pas assez bien menées. J'en ai mis un sacré paquet dans ce fil. Tant qu'ici on ne vient pas témoigner (comme algi), il ne se passera rien, ça restera sous le radar.

Je suis fatigué. Mais merci quand-même.


Dentarue

24/07/2026 à 12h09

Je comprends la frustration, et je ne dis pas que le xylitol “ne marche pas”. Je dis juste que ce qu’on peut affirmer dépend du niveau de preuve.
Il existe des essais randomisés et des suivis (p. ex. sur la transmission de S. mutans mère‑enfant) qui vont dans le bon sens, et des revues qui concluent à un effet possible, mais avec hétérogénéité et parfois certitude faible sur la réduction de caries à long terme.
Les témoignages sont intéressants, mais ils ne remplacent pas des études comparatives.


sebbzh

28/07/2026 à 18h47

La question centrale est de savoir si le xylitol et/ou l’érythritol peuvent atteindre la poche sous-gingivale à une concentration suffisante pour modifier l’écologie du biofilm. Une poche parodontale n’est pas un espace fermé : des échanges existent avec la cavité buccale et certaines molécules peuvent y pénétrer, mais on connaît mal la concentration réellement obtenue au fond de la poche et sa durée d’action.

L’hypothèse intéressante est donc une action de modulation plutôt que d’élimination. Le xylitol et l’érythritol pourraient exercer une pression écologique répétée : perturber certains métabolismes bactériens, réduire la production ou la stabilité de la matrice extracellulaire, diminuer la capacité du biofilm à s’organiser en communauté pathogène et favoriser progressivement un état plus compatible avec la santé.

Dans ce modèle, l’objectif n’est pas de supprimer le biofilm, mais de le faire évoluer d’un état dysbiotique vers un état symbiotique. Une exposition quotidienne pourrait théoriquement être plus efficace sur le long terme qu’une destruction mécanique ponctuelle suivie d’une recolonisation.

Le principal manque actuel est une étude qui mesure directement l’effet d’un bain de bouche ou d’une utilisation quotidienne de polyols sur le biofilm sous-gingival : composition microbienne, matrice, activité inflammatoire et évolution des poches. La plausibilité biologique existe, de nombreux témoignages existent, mais la preuve clinique directe reste insuffisante.

L'étude qu'il nous manque !!!


sebbzh

28/07/2026 à 18h56

Il faut distinguer clairement les différentes phases d’évolution. Les observations rapportées concernent surtout les phénomènes rapides : diminution de l’inflammation gingivale, baisse du saignement, réduction de l’œdème et diminution de la profondeur de sondage des poches en quelques jours à quelques semaines. Ces changements relèvent principalement de l’état inflammatoire des tissus mous et de l’interaction entre le biofilm et la réponse de l’hôte.

La réduction rapide de la profondeur des poches ne signifie pas nécessairement une régénération osseuse ou une récupération immédiate de l’attache perdue. Une partie de la profondeur mesurée peut être liée au gonflement inflammatoire ; lorsque celui-ci disparaît, les mesures peuvent s’améliorer rapidement. Les phénomènes structurels profonds appartiennent à une autre temporalité, beaucoup plus lente, limitée par les capacités physiologiques de cicatrisation et de remodelage des tissus.

Ce profil d’évolution est compatible avec une approche de modulation écologique du biofilm plutôt qu’avec une simple logique d’élimination. Une modification de la matrice, de l’organisation du biofilm et de ses signaux inflammatoires pourrait suffire à réduire rapidement l’agressivité du système sans nécessairement détruire toute la communauté microbienne.

La question essentielle devient donc celle de la stabilité à long terme : peut-on maintenir un biofilm dans un état compatible avec la santé grâce à une pression écologique quotidienne, afin d’éviter les cycles répétés de destruction et de recolonisation ?

C’est cette hypothèse qui mérite d’être ensuite étudiée !!


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