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Partir... ou ne pas rester ?
10/05/2005 à 14h42
[dédicace à mes amis du Nord]
Petit reflexion ouverte et qui n'engage que moi sur le "départ" ou le "restage", vis à vis de la région qui nous a vu naitre et/ou grandir, suite à des discussions de Capbreton, autour de l'apéro. Car en sortie de cursus, où à chaque grande étape (genre fin de collabo...)se pose (ou non) la question de :
- bon, je joue le copinage de voisinage et je m'installe ici...
ou bien:
- Ok, Cassos, si je pars pas maintenant, je le ferai jamais ?
Alors d'abord, d'après moi pourquoi rester ?
-c'est simple, ça augemente les chances de démarrer son activité, on est pas perdus pour les démarches. Les soirées avec les potes et la famille sont toujours les memes, et puis zut, quoi, on reste parce qu'on est bien ici, qu'on est chez nous, qu'on aime bien les gens de chez nous, que les gens de chez nous nous aiment bien.
Ensuite, pourquoi ne pas partir ?
- Arriver dans une région où on ne connait personne, ou bien une personne ou deux, c'est dur. Surtout le premier hiver... Si on est en couple, il a intéret à tenir la route parce que c'est le seul radeau qu'on a. On ne sait pas ce que valent les hostos, les magasins, les toubibs, les itinéraires, les garagistes. On ne peut évidemment pas compter sur les parents, les amis de parents. Comment savoir si ce boulot pour lequel on fait tant de km, tant de "sacrifices", sera à la hauteur de nos espérances ? Et si on remet ce boulot en cause, qu'est-ce qu'on fait ? Parce qu'inactif chez soi c'est dur, mais bon on va voir les parents et le réseau est là pour rebondir, mais quand on est loin, que le réseau n'existe pas... c'est hard. Personnellement il m'a fallu un an pour tisser un pseudo réseau qui m'a permis de rebondir récemment sur une nouvelle collabo (faudra que je vous raconte...).
A contrario... pourquoi ne pas rester, pourquoi partir ?
- Déjà parce qu'on le peut, héhé, toutes les professions ne peuvent pas jouir d'une mobilité comme la notre. C'est aussi une bonne excuse pour éviter le gigot-haricots verts traditionnel du diamanche de belle-maman... Ensuite cela permet de faire jouer la démographie... "allo le CDOCD ? où c'est-ce qu'ty donc qu'il y a du boulot ?" Voir autre chose, fréquenter d'autres collègues que ceux avec qui on a fait ses études ça nous ouvre... forcément.
Découvrir une région, c'est génial.. on se rend compte qu'à force de la parcourir, de la visiter, de lire des trucs, on la connait mieux que certains qui habitent là, c'est drole. En plus, on devient un point de chute pour les amis ou la famille, qui font une "halte" sur la route quand on est pas le but meme du voyage. Enfin, c'est étonnant de voir au bout de deux ans le nombre de gens qu'on peut connaitre par le biais de toutes sortes d'activités, (ça, c'est sur des fois il faut un peu se forcer), asso sportives, boulot, et puis on se rend compte qu'on a tissé un bout de réseau... on commence à se faire au coin et on envisage notre région d'origine comme un lieu "cool", un lieu de vacances, où quand on y va, on est chouchoutés par la famille... on revoit plein de potes, c'est très bien...
Pour ce qui est de la famille, on a remarqué avec mon ange qu'on adorait les revoir ... 2 jours. Après, on se rend compte qu'il est loin le temps où on vivait chez eux...
Bref, peut etre pas mal de lieux communs mais c'est mon inspiration du moment. Je concluerais cependant par une note plus "tranchée" à savoir que d'après moi prendre le "risque" de partir ne vaut le coût que si l'endroit où on va a UN AUTRE intéret que le boulot en lui même (mer, ski, proximité de frontières, musée du patchwork, etc.) Moi c'était la mer et le climat. A contrario, ne pas refuser de partir au pretexte de la "mentalité" de l'éventuelle région d'accueil. Vaut mieux etre honnete avec soi meme et ne pas chercher ce genre d'excuses...
Voilà, j'espère apporter de l'eau au moulin de nos indécis de la semaine, et j'invite chacun à poster sa reflexion sur son "restage" ou son "départ". J'espère que PatVat passera par là.
@+
10/05/2005 à 17h33
Partir, rester, c'est la question qui tourne en boucle dans mon cerveau depuis quelques mois...
Partir parce qu'il n'y a pas de boulot ici et qu'ailleurs il y en a,
parce qu'ailleurs je peux recommencer mon histoire sur des bases saines avec des chances de succés,
parce que je suis jeune sans attache à priori, que c'est une expérience excitante,
parce qu'ailleurs il y a la mer, de l'eau, du ski, tant à découvrir, la France est magnifique, surprenante,
parce qu'ailleurs il a forcément des amitiés nouvelles qui naitrons,
parce qu'ailleurs d'autres l'ont fait avant,
parce qu'ailleurs il y a peut-être du bonheur à portée de main...
Rester parce qu'ici c'est chez moi,
parce qu'ici je suis née, j'ai grandi, appris, construit des repères rassurants,
parce qu'ici c'est superbe, que ma région mal aimée, méconnue coule dans mes veines,
parce qu'ici il y a ma famille toute petite, toute fragileet dont j'ai besoin et qui a besoin de moi,
parce qu'ici il y a mon cabinet à moi et parce que j'ai pas l'habitude d'abandonner le navire dans la tempête, on m'a appris ici même que le match n'est fini que quand la balle de match a été joué et gagné, qu'avant il peut se passer n'importe quoi l'important est d'y croire toujours, de courir sur chaque point avec la même détermination,
parce qu'ici il y a mes amis si importants à mon coeur, des frères et des soeurs, et qu'en grandissant la vie nous fait comprendre qu'en cas de coups durs c'est vers ces amitiés là, celles qui ont tout connues qu'on se tourne, pour un coup de blues passager quand le cabinet ne tourne pas bien, quand on a un petit chagrin, besoin de réconfort ou qu'un grand malheur nous frappe.
Il y a autant de pour que de contre, des gens heureux d'être partis sans doute, certains regrettant leur choix et revenant auprés des leurs certainement aussi.
La vraie question à mon sens, celle à laquelle je m'efforce de répondre pour prendre LA décision dont tu parles ldl, c'est : où se trouve mon bonheur ?
A quoi je suis prête pour "réussir", qu'est-ce qui a le plus d'importance pour moi ?
Suis-je heureuse ici actuellement ?
Le serais-je plus ailleurs ?
10/05/2005 à 17h55
C'est vrai, très joliment dit, d'autant plus que cela reflète mon état d'esprit actuel.
Je suis très tenté de planter mon activité présente (pour des raisons perso) et de partir à l'autre bout de la France essayer de m'y installer.
Un peu la page blanche de l'écrivain, avec la même angoisse...par où commencer!
Le sud-ouest m'attire énormément, depuis longtemps, j'ai choisi de m'installer dans ma région d'origine pensant que cela faciliterait le début de mon activité ; si ça à pu être vrai, ça ne l'a été qu'un court moment.
Mais il est vrai que partir dans une région dont on ne connaît que les bons côtés, pour l'avoir vu sous les meilleures auspices n'est peut-être pas l'argument le plus "raisonnable"...justement est-il question de raison ou du coeur?
D'un autre côté, eugenol semble raccourcir les distances.
10/05/2005 à 18h34
Incisive, je crois que tu mets le doigt sur le problème:
ce n'est pas parce qu'on part qu'on sera plus heureux
Ce n'est pas parce qu'on reste que notre vie sera mieux. Je pense qu'au final, le bonheur au sens propre est au rendez-vous où qu'on soit, du moment qu'on le "ménage" et qu'on sache le capturer, et que la vie nous foute aussi un peu la paix.
Mais des fois partir permet la rupture dans une routine qu'on aurait voulue plus tardive à s'installer.
10/05/2005 à 19h53
Il ne partent jamais athos, ils sont toujours vivants dans nos curs………
10/05/2005 à 20h35
j'ai pour ma part change 3 fois de cabinet....pour fuire le fisc .....non je deconne; plus serieusement chaque fois que j ai bouge la dualite je reste je part ne s 'est pas pose,a chaque fois mes cab tournaient plus que correct ,j'avais envie de changer d'air; je n'ai jamais regrette et mes deux filles non plus;par contre on efface tout et on recommence ;nouveaux patients ,nouveaux prothesistes ;pour les tiedes ou les frileux quand apres 10 ans d'exercice vs ouvrez votre carnet de rdv et qu 'il est tout vierge on est saisi d'un petit vertige;en plus quand vs faisiez un bon chiffre avant et que les impots vs rattrape et que la tresorerie fond comme neige au soleil bonjour l'angoisse;c est pour cela que je suis dans un hospice maintenant,non je deconne encore;en fait debut petit village sympa ,ensuite ville moyenne;enfin paris centre;voila si cela vs a donne des idees tant mieux abientot bye
10/05/2005 à 21h28
3 cabinets = 3 vie différentes forcément pas le même type de patientèle, peut-être pas les mêmes envies ou les mêmes besoins.
Qu'est-ce qui t'as plu le plus?
10/05/2005 à 22h01
remotivation ds le boulot nouveau challenge quand aux trois vie differentes non pas si differentes car cela a corespondu chaque fois a une etape pour ma famille ecole primaire secondaire et fac pour mes filles;par contre ce que je voulais je l ai eu un exercice sur mesure des patients sympas ;cab trois jours par semaine; dans ces conditions certainement pas de retraite avant longtemps
10/05/2005 à 22h16
Pour ceux qui ont envie de partir : mon prat va certainement chercher un collab ou un assoc (s'il est fait du bon boulot !).
10/05/2005 à 23h07
bonsoir,
oui, il faudrait une cinquantaine de vies pour explorer les possibilités qui s'ouvrent à nous. mais nous devons faire des choix sans jamais avoir de regrets, il faut les vivre à fond tout en sachant que nous avons la chance de pouvoir changer si nous le souhaitons.
Avant de m'installer je suis parti bosser à l'île de la Réunion loin de mes parents, de mes amis et de mes racines.....je garde un souvenir ému des choses vécus là bas même si après 2 années j'ai éprouvé un grand besoin de revenir chez moi. On m'y proposait une très belle association et j'y ai laissé de très bons amis.
Pensons à celles et ceux qui n'ont pas professionellement le choix comme nous le connaissons.
amha la richesse d'une vie tient plus à notre action qu'à l'endroit où elle a lieu.
et puis rien n'est inéluctable..
@+
11/05/2005 à 00h53
Ouais, bon, c'est bien beau ça mais rester et voir veillir avec soi ses patients, c'est sympa aussi, non?
Faudrait demander aux vieux...
Cela fait 8 ans que je suis dans ma "campagne" et j'ai pas fait encore tout ce que je voulais, alors, je finis ici et on verra dans qq années...
11/05/2005 à 01h40
8 heures sans eugenol et je vois des posts plus beaux les uns que les autres. Partir, revenir, pas grave, votre ame et votre talent vous suivent. Bravo a tous.
11/05/2005 à 10h56
mais nous pouvons dire aussi, certains choix sont comme certaines voies
-à sens unique
11/05/2005 à 12h33
Demande à alhoun, il n'est pas facile de se passer de sa famille, de ses racines. Tout le monde ne peut pas vivre bien avec un arbre généalogique haut comme un radis.
Partout tu devras lutter contre les bataillons de piquets, barbelés, grillages prévus par la nomenclôture.
Tu ne peux pas mettre en équation ton émotivité et ta motivation. Tu peux mettre tes gouts en fiches, étudier des courbes, procéder à des sondages, mais si tu cherches la fille idéale, qu'a l'cul intégral, elle est à coté de toi, où que tu sois.
Et si tu veux changer l'eau de son bain, ne change pas l'eau en vain.
11/05/2005 à 13h34
j'ai franchi le pas,apres 25 ans dans le meme cabinet a toulouse,j'ai vendu,j'attends de passer l'acte definitif
et je vais en collabo dans une scm
puis assoc dans un an si convenance
gros stress en attendant
mais je pense qu'il ne faut pas hesiter a suivre son instinct,si l'envie de partir se fait pressante il faut foncer
le "si j'avais su..."est la pire des souffrances
la vie est courte et ce n'est pas une repetition generale
ps:j'ai 51 ans donc il n'est jamais trop tard
11/05/2005 à 13h57
J'ai vu, DC, que tes post, souvent ne comportent qu'un mot. Mais quel contenu ! Une jouissance textuelle !
Freud disait que dans le jeu de mots et l'érotisme, tout converge.
Ce qu'on débite comme conneries !
Je disais simplement à Ldl que son plaisir dépendra du concours de sa dame, et qu'il y obtiendra le confort. Son avenir professionnel ne doit pas être une obsession, car il risque la tristesse et le curare.
Il a raison de parler de ses émois, l'homme est toujours plus détendu quand il sort de confesse. T'es jeune, Ldl, te dépêche pas de vieillir !
11/05/2005 à 14h23
Ameli, la décision du départ ou non, je l'ai déjà prise il y a deux ans... je suis parti (pas super loin)! Et j'en suis très heureux.
Ces reflexions se veulent juste un débat "comme ça", vu qu'ici on peut pas parler bagnoles... :-), histoire d'aider d'autres (jeunes et moins jeunes) que j'ai senti en "reflexions" lors de nos rencontres confraternelles... De plus, l'avis de chacun est intéressant !
Mon avis est assez tranché : "Barrez-vous !", c'est le conseil que je donne à mes amis proches (je suis souvent le seul...) mais je suis conscient que chaque cas est particulier (et hop un nouveau poncif !) et du coup, j'en appelais chacun...
Tu as dit en d'autre terme (plus clairs...) mes idées, a savoir le concours du conjoint, surtout pour le "premier hiver"... et le fait que le travail n'est pas (dans nos métiers) une fin en soi.
J'abonde également en ton sens quant à la plume de DC.