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assurance et responsabilité
10/05/2006 à 18h26
Vous l'avez sans doute appris, mais le Sou Médical a renoncé à assurer les obstétriciens. Cette mauvaise humeur a pour but évident de placer les pouvoirs publics devant leurs responsabilités. Le syndicat a beau râler qu'on se préoccupe davantage de la santé des assureurs que de la santé des femmes, personne ne bouge, sauf 3 autres assureurs qui ont pris le relais, contre une très nette augmentation des primes.
Le problème est reel, car 10% des praticiens supportent 70% des risques.
Fort de ce constat, les medecins libéraux proposent la création d'un fonds d'assurance des spécialités à risque, alimenté par eux-même, par la sécu, et par les assurances des patients. Il y aurait indemnisation si pas de faute inexcusable. Mais il y a une faille : faute grave ou non, le médecin est responsable de ses actes. S'il est responsable, excusable ou non, il doit y avoir dédommagement.
Autre solution : la mutualisation des risques. Les primes des plus exposés seraient diminuées en échange d'une augmentation des primes des moins exposés. Mais, comme la concurrence existe, les moins exposés, devant l'augmentation de leur prime, fuiraient vers des assurances moins onéreuses. Donc, à moins d'imposer ce système, il n'a aucune chance de marcher.
Troisième solution : l'écrêtement des indemnisations. Les sommes astronomiques versées sont très rares, mais très couteuses. On rembourserait normalement jusqu'à 500 000E, tout ce qui dépasse est versé par l'état (faut pas rêver) ou par la mutualisation chez tout le monde. C'est pas mal, mais reste à savoir qui serait compris dans cette mutualisation(médecins, cliniques, sécu, état...?).
Les assurances ont un cout de plus en plus élevé, et les dentistes ne sont pas à l'abri de ce phénomène. Les assurances sont fondées sur un principe de solidarité, et c'est une conception qui est souvent étrangère à des professions qui revendiquent leur indépendance. C'est donc un dossier difficile. Mais dans ce cas, je crois qu'à terme, il n'y aura pas le choix, il faudra s'entendre, tous bords syndicaux confondus. Autant s'atteler au dossier tout de suite, sinon, les implanto ou les spé du bridge complet vont souffrir dans quelques années.
Car, qu'on le regrette ou non, méthode globale ou non, il y a parmi les dentistes certaines spécialités (non reconnues) plus risquées d'un point de vue assurance que d'autres.
10/05/2006 à 18h35
annie Ecrivait:
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> tout s'effrite
Proverbe belge?
10/05/2006 à 18h35
Très bonne analyse....Mais les précédents et la connaissance du "milieu" me font douter d'une réelle prise en compte de cette évolution et j'ai peur qu'une fois de plus ça soit devant le fait accompli qu'on se décide à se bouger les fesses....
10/05/2006 à 18h39
docdent Ecrivait:
j'ai
> peur qu'une fois de plus ça soit devant le fait
> accompli qu'on se décide à se bouger les
> fesses....
ça pas de doute c'est un proverbe bien français...
10/05/2006 à 18h55
L'idée est sympa ameli, mais vu la solidarité intra professionnelle inexistante, quid de la solidarité inter ?
10/05/2006 à 22h24
Tu es bien informé ameli, mais le risque dentaire est ridicule par rapport au risque obstétrique. L'augmentation des primes, même si on s'en plaint, restera acceptable.
En ce qui concerne le sou médical, le risque a été démesurément majoré (volontairement ?) et ne correspond pas à la réalité. La manoeuvre a pour but de faire accepter par l'état la solution 3, mais plus vraisemblablement à hauteur de un million d'euros.
11/05/2006 à 00h02
Et le conseil de l'ordre et la sécu aussi tiens...
11/05/2006 à 08h46
Pour continuer sur la réflexion d'Ameli, si un personnage politique est responsable (sans être coupable) d'un problème de santé, il n'y a pas d'indemnisation.
Mais si un professionnel de santé est responsable (toujours sans être coupable) d'un problème de santé, il y a indemnisation.
...deux poids, deux mesures.
11/05/2006 à 12h05
Il est vrai que le risque dentaire est, pour le moment mesuré, mais il est en augmentation constante.
Deux raisons majeures. La première est liée à des améliorations techniques couteuses.
La deuxième est davantage liée à l'évolution de la société. Les patients acceptent de moins en moins les échecs et autres aléas, et les procédures qu'ils engagent sont souvent confirmées par les tribunaux qui font entrer l'obligation de résultat dans la coutume !
Il me paraît aussi évident que le "Sou" tente là une manoeuvre qui n'est pas sans intérêt.
Si je m'inquiête, c'est que les dentistes ont aussi des exercices professionnels très différents que les assureurs vont finir par différencier dans des primes d'assurances délirantes pour certains et modiques pour d'autres. C'est ce différentiel qu'il faudrait réduire, pour ne pas surcharger certains qui ne manqueront pas de répercuter cette augmentation de charges sur les patients. Le risque est de voir l'accès à certains soins réduit encore davantage.