Cookie Consent byPrivacyPolicies.comAh la chouette de vie professionnelle! - Eugenol

Ah la chouette de vie professionnelle!

PAL

17/11/2006 à 12h10

Youp la boum ! Tagada tsoin tsoin !

J’sais pas c’ que j’ai, aujourd’hui, je forise !

Ouais, bon, d’accord, y aurait bien quelques motifs de tracassin, si qu’on voulait chercher la bestiole, mais ça vaut pas l’ coup de se mettre la rate au court bouillon.
Avec l’âge, j’ai pris un peu d’ baquet mou, c’est vrai, mais rapport aux hectolitres de mousse que mon estogome a dû encaisser pendant les années fac, faut pas s’ plaindre !
C’est patent, je ramollis de partout, à une très notable exception près. Mais on s’en carre, vu que j’ai pas du tout l’intention d’ me lancer dans l’ saut en largeur.
Je presbytise, c’est évident, mais j’ m’ en accommode si j’ose dire. Et puis de toute façon, j’ai perdu d’ vue mon ophtalmo, on verra plus tard.

Depuis une pige, j’ passe moins de temps au turf. Conséquemment, on affure un peu moins de flouze. Mais à quoi ça rime de trimer comme Stakhanov, si Copé doit t’ écoper l’ crapaud des deux tiers ? Au moins, j’ peux aller au cinoche, biner dans l’ jardinet ou traîner mes guêtres dans les festivaux.
C’est sûr, les emmouscailleurs, les pénibles et les andouilles nous cernent de près. C’est pas une surprise. Avant d’ passer la poêle à gauche, le philosophe Franck Zappathoustra avait déclaré : « Jusqu’à preuve inverse du contrario, il y a 85,17% de connards dans la population générale ». C’était un chef de file du mouvement optimiste.

Mais il en reste quasi quinze pour cent ! Perso, ça m’ suffit laaaargement !

Ah, la chouette de vie professionnelle !
Ah les chouettes de gens !

Déjà, il y a 27 ans…
Dans les couloirs de la fac, derrière les tristement célèbres Adolf Tanniou, Heinrich Souchay et leurs quelques cons disciples, psychopathes notoires ou simples frustrés jouissant de leur pouvoir de terreur et d’humiliation des arpètes, on remarquait parfois une espèce de papillon blanc virevolter discrètement et se fondre aussitôt dans la masse emblousée. C’était un petit bonhomme au crâne satiné, à la démarche chaloupée, aux enjambées trop longues. En dépit d’un gabarit rikiki, presque aussi ridi que le mien, il ectoplasmait du corps professoral patibulaire en irradiant de douceur, de bienveillance et de compétence tranquille. Toujours un peu ailleurs, sans doute poète dans l’âme, il affichait un vague sourire, comme s’il s’amusait sous cape du grand guignol universitaire et du grotesque autoritarisme de ses collègues. Au grand dam de ces derniers, il entretenait avec les étudiants une relation affective et non de domination ou de mépris. Je le revois traverser l’amphi et bondir comme un zébulon espiègle sur l’estrade, souriant sous les vivats, tandis que dans un coin, tel étudiant benêt et ébouriffé, devenu conférencier infatué depuis, enflammait ses pets pour faire ricaner bêtement ses potes potaches. Chargé de la patho géné, ce génial timide ne dispensait pas vraiment un cours, il nous parlait, nous captivait, nous passionnait de sa science immense. « N’écrivez pas, écoutez ! » répétait-il, sauf lorsque ses propos rejoignaient les sujets possibles d’examen.
En clinique, j’avais surpris sa merveilleuse délicatesse. Un novice, la paluche tremblante, peinait à mobiliser une sagesse maxillaire et l’appela à son secours. Idéalement posté aux panards du patient, les mains dans le dos, je pus observer le maître, feignant de seulement inspecter la zone, placer discrètement un magistral et décisif coup d ‘élévateur, replacer la ratiche au fond de son alvéole et se retourner vers le bleu : « Mais c’est très bien, tu as fais le plus difficile, essaie maintenant de faire ce geste. ». Fallait voir les mirettes de l’apprenti, lorsque la rebelle céda à la première rotation d’un Chompret manipulé à deux doigts! A cette seconde même, l’amour de l’art était en lui chevillé.
A quelques mètres de là, un chef de service, hargneux et condescendant, prenait son pied à enguirlander devant son patient une étudiante en larmes.

Professeur Dubois, soyez béni par St Desmotom !

Excusez-moi, chuis un peu émouvé.

Aujourd’hui encore, ma vie au cab est enchouettée par des tas de gens.

Et d’abord, que serais-je sans ma perle assistante ? Un balbutiement ? A la limite… Et encore, un balbutiement prompt !
J’aurais pu tomber sur son négaton, une syndicaliste acrimonieuse, une réfractaire à l’esprit retors, une lunatique, une feignasse, une empotée, une vulgasse cra-cra, une sans –gêne, une fouine, une négligente, une ronchon, une souillon, un thon… Y a des confrangins qui sont tombés sur ce pack complet ! Les malheureux !
C’est quand même du troufignon ! Moi qui suis infoutu de donner ni ordre, ni consigne, ni directive, j’ai jamais eu à me faire violence. ( de toute façon, ayant une sainte horreur de la violence, je m’ vois mal l’exercer contre mézigos ! ) Tout est fait sans que j’ demande rien et plus mieux que j’eusse pu l’espérer. Total, j’ai jamais à chipoter, et ça tombe bien, parce que je sais pas tancer.
Grâce à icelle, me v’ là donc exempté de toutes les pénibles vacations accessoires : bigophone, récurage, sté, stock, rencards, perceptions, casquages, télétrans, courriers, commandes, livraisons, classements, relances. Tout ! Bilan, je fais plus que 35 plombes de cab par semaine, sans prise de tronche et rilax. C’est pas chouette, une collabelle pareille ?

Ca fait que j’ suis concentré à donf pour cimenter les p’tites coiffes de mon protho. Et là, c’est que du bonheur ! Elles sont systématiquement livrées bien avant l’heure H et elles s’endentent en souplesse, impecc et sans surocc ! Ah qu’il est chouette, c’ t’ homme-là ! Quelque soit la minabilité de mes décortics et siloconages, il se démerde pour m’abouler un bijou ajusté au quart de poil! Depuis que j’ le connais, c’est retours zéro et stressogramme plat !

La compta ? Je sais pas si, à force que ma daronne m’ait forcé à bouffer d’ la cervelle de mouton, j’ suis devenu con comme un bouc, mais j’y entrave que pouic ! En plus, j’ trouve ça infumable : passer des plombes à chercher en vain trois euros quarante-douze d’erreur dans une année entière, ça m’a toujours farci l’ bocal à ras bord. Mais j’ m’ en balance, des paiements! J’ai ma chouette de copine comptable, une fée qu’ a la bosse (des maths)! Au bout des comptes, elle m’amène des paxons d’ papelards avec une croix où faut que je signe, et pi c’est mar !

Pendant qu’elle fume par les oreilles pour m’éviter du tracas, j’ai l’ temps de prendre un p’tit caoua en devisant gaiement avec un des commerciaux sympas qui viennent juste pour me détendre le bulbe et la colonne entre deux cas. On cause vacances ou rockblues. Parfois j’ leur prends un truc, genre compo Kicolpa à Laspatul, faut bien qu’ils graillent. Et alors là, hop, les remises, les cadeaux et les petites attentions ! C’est là qu’on voit qu’y sont chouettes ! Bons d’achats, pinards fins, bousins numériques, y savent pas quoi inventer pour me mettre en joie !

Le midi, j’ me fait un bouffement dans l’ quartier. Récemment, j’ai dégotté un p’tit gastos qui, au tarif d’une demi consulte, te concocte avec le sourire une chouette tambouille esstra-essquize. Et pi alors digeste : pas un renvoi, pas une flatulence, rien !

Et après, je retrouve tous ces cli… ces patients, sans lesquels je ne serais qu’un rat, un vermisseau, que dis-je, une chiure de mouche. Du p’tit poulbot espiègle au tendre papy perclus d’arthrose, de l’ado poly-piercée à la bath mamma, de l’artiste fendard à la veuve amitieuse, du prolot moscovite au camelot malien, de l’épicier nordaf au financier teuton, du journaleux local au maître de conf, du mécano des organes auto à celui des organes vitaux, ils sont tous plus chouettes les uns que les autres !
Quand on pense : ils se pointent chez moi pour m’enchanter de leur cordialité, pour m’obliger de leur confiance et de leur fidélité !

Est-ce que tu mérites autant d’honneurs, pauvre Pal ?
Ben non !

Alors c’est moi qui dit merci ! Non mais dites donc !

Et youp la boum ! Dagada tsoin tsoin !



Utilisateur banni

17/11/2006 à 12h34

Mince, trouve plus le lien pour le site...
;)


alhoun

17/11/2006 à 12h38

"J’aurais pu tomber sur son négaton, une syndicaliste acrimonieuse, une réfractaire à l’esprit retors, une lunatique, une feignasse, une empotée, une vulgasse cra-cra, une sans –gêne, une fouine, une négligente, une ronchon, une souillon, un thon… Y a des confrangins qui sont tombés sur ce pack complet ! Les malheureux ! "


oui, mais ce n'est pas gentil de la citer, en plus!!
;)


Image19 iebot6 - Eugenol
athos

17/11/2006 à 12h54

stressogramme a zero...merci pal!


bjc

17/11/2006 à 13h02

Je vais le filer à mes assistantes, si tu permets, cela vaudra tous les compliments.


Dscf1124 irilgj - Eugenol
framboisine

17/11/2006 à 18h20

Je me demandais quand est ce que tu allais te décider à nous dédier un petit quelque chose.

;)


cyberquenottes

17/11/2006 à 19h19

PAL Ecrivait:
-------------------------------------------------------
> J’aurais pu tomber sur son négaton, une
> syndicaliste acrimonieuse, une réfractaire à
> l’esprit retors, une lunatique, une feignasse, une
> empotée, une vulgasse cra-cra, une sans –gêne, une
> fouine, une négligente, une ronchon, une souillon,
> un thon… Y a des confrangins qui sont tombés sur
> ce pack complet ! Les malheureux !


naaarik naaarik naaarik

pôv' gars , on parle de toi


Utilisateur banni

17/11/2006 à 20h51

Comme quoi PAL n'ivente rien, aucun mérite ce gars là...


endomaitre

17/11/2006 à 21h13

pal je t'aime


azerty

17/11/2006 à 22h39

c'est ben vrai, on t'aime...