Cookie Consent byPrivacyPolicies.comLa pochetronne - Eugenol

La pochetronne

PAL

17/09/2007 à 20h24

J’exécute un rapide signe de croix et entrouvre, tout doucettement, la lourde de la salle d’attente. J’ suis au parfum : j’ai rencard avec une siphonnée de haut vol.
Dans ces cas-là, on a beau être rodé, y a toujours un peu d’angoisse : la connerie humaine, c’est le cosmos, c’est l’infini, c’est l’inconnu, ça fout le vertige !

Manifestement, les tuyaux que m’avait refilés l’assistante étaient de première bourre ! Au fond de la pièce, vautrée en vrac sur la bergère, une espèce de vieil épouvantail à moineaux pionce la gueule ouverte.
« Madame Givray, s’il vous plait. »
La tignasse explosée au pétard, la calamiteuse tressaute et me reluque d’un air ahuri comme si elle avait jamais vu un mecton en zeblou. Sagace, je remarque illico qu’elle a pas une tronche à refuser la chopine de râpeux : elle a les châsses injectés, le reniflard en fraise haribo, la couenne piquetée violace et le gabarit typique, une barrique montée sur deux tasseaux.
« Heu, oui, c’est moi. Vous êtes le docteur Pal ? »
« Soi-même, en graisse et en os ! »
« Ah y faut j’ vous essplique… »
« Bien sûr, mais avancez-donc par là-bas. »
« …c’est particulier… »
« On n’en doute pas, mais allez-y, c’est tout droit. »
« …c’est pas ordinaire…. »
« Avancez encore, la porte au fond. »
« …c’est spécial…. »
La vache, elle daube le picton à plein blaire ! Elle m’a l’air bien imbibée, la mémère. Avec ce qu’elle me souffle au naze, faudrait pas gratter une allouf, ça f’rait lance-flammes ! Elle a dû sécher une boutanche au zinc du coinstrot juste avant de se radiner.
« Asseyez-vous là, Madame. »
« Alors voilà, Docteur, d’abord, faut j’ vous dise, je pousse des p’tits cris, comme ça : hiii, hiii, quand on m’ soigne. »
« Tiens donc ! »
« Oui, même quand j’ai pas mal, ça m’aide à supporter. Passque j’ suis hy-per sensible ! Le grand professeur qui m’ soignait à Bordeaux, y me connaissait bien, lui, c’est pour ça, j’ préfère vous prév’nir. »
« C’est spécial, effectivement ! Et c’est quoi, vot’ probloque ? »
« Alors oui. J’arrive de Bordeaux donc, et un grand Professeur traitait ma molaire depuis six mois, mais il a pas eu le temps de terminer… »
« Depuis six mois ?? Et le grand sachem vous a pas laissé une bafouille pour mézigue ? Qu’est-ce qu’elle avait c’ te molaire ? »
« Figurez-vous, j’avais eu des élancements à cause d’un gâteau sec très coupant, et j’ai poussé des p’tits cris, hiii, hiii, comme ça, et puis… »
« Jeeee vois ! Allez donc vous installer ! »

A peine l’entonnoir entrebâillé, la rentière commence à couiner avec application. Aaaah pas d’ ça chez Pal !
« Ecoute, Bobonne, t’arrêtes de piauler recta ! Ca me désoriente et tout l’ monde va croire que tu morfles parce que j’ trifouille à vif ! »
Le boulot du gland professeur impose le respect, alors là, pardon ! Pour rester dans la nuance, je dirais que c’est une méga-merde ! La 46 est un chicot pourrave bouchonné avec une vieille boulette de coton tellement djeulâsse que je flippe de trouver dessous un nid grouillant d’asticoinces. La vieille refoule du goulot, grave, on dirait qu’elle vient de bouffer tout un cimetière.

« Vous permettez que j’ me rince la bouche ? »
« Aaah mais j’ permets pas, je préconise ! »

Pendant que la poivrote se douche consciencieusement la luette, j’ harpigne tranquillos la titanerie, la javel et l’hydroxyde.
C’est alors que mon œil droit, le plus furtif, accroche une mouche à mouise qui tournoie près du burlingue. Or j’exècre les diptères ! Ô taon, suspend ton vol, que j’essaie de lui télépather ! Macache, la bestiole vient au contraire tournoyer autour de la têtière, comme si qu’elle avait reniflé le rougnottage aigu d’ la nécrobiose. Par Azith ! Assistante ! Occissez z’ou chassez sans chichi cet exaspérant insecte !
Bon alors, ça y est ? C’est rincé ?
Je zedecisse l’organe et suis dès lors en mesure d’exposer savamment diagnos et pronos :
« Madame, soyez forte ! Vot’ paveton, y flotte dans la béchamelle. Le sauvetage s’annonce coton, si j’ose dire ! »
« Oh mais je sais, docteur, mais je veux abbbsolument conserver cett’ molaire, tentez tout c’ qu’ est possible, si vous plait, quel qu’en soit le prix. »

Ah d’accord !! J’ai bité pourquoi la sommité girondine faisait durer le plaisir !

Le patient étant roi dès lors qu’il sait larguer les fafiots avec panache, je consens à tenter de lui décalminer les tubulures sous Birodo. Mais faudra pas ouigner !

Reste plus qu’à lui faire admettre que la chlorexidine est plus indiquée que le Beaujolpif !


Avatar transparent iqadnc - Eugenol
adhoc

17/09/2007 à 20h53



Ou va -t-il chercher celà? :-)))


Images qct94b - Eugenol
themumbly

17/09/2007 à 21h02

zedecisse.....énorme!!!


024 vownvo - Eugenol
annie

17/09/2007 à 21h28

Moi c'est plus simple! j'admets pas je preconise!
J'aime bien celui ci,tu progresses:)! ne me dis pas que c'est un de tes plus anciens,juste pour me ridiculiser!)


Image 4 lrchtq - Eugenol
Alain

18/09/2007 à 17h06

Ô taon, suspend ton vol

il est mûr pour le Nobel de Vermot, le Pal.


Avatar transparent iqadnc - Eugenol
adhoc

18/09/2007 à 17h08

Peut- être écrire -suspends- (3eme groupe)? :-)))
bjorn?


alhoun

18/09/2007 à 18h27

le s n'est pas indispensable par télépathie.


Image19 iebot6 - Eugenol
athos

18/09/2007 à 18h32

annie Ecrivait:

> Moi c'est plus simple! j'admets pas je
preconise!
= J'aime bien celui ci

oui,jolie paraphrase d'une replique de B Blier dans un film a retrouver: "j'permets pas, j'preconise"...mais le titre m'echappe.


Image19 iebot6 - Eugenol
athos

18/09/2007 à 18h36

peut etre replique au "dab" (jean gabin) de bernard blier dans "le cave se rebiffe"...

j'ai bon pal?


Xjphza7eguwv295wrsgcye3qg2mq - Eugenol
rockblues

19/09/2007 à 01h46

Tiens, Athos,

cadeau!

http://www.audiard.net/


Amibien

19/09/2007 à 02h28

Je me suis étranglé de rire, c'est malin !

bravo PAL, mais cela tu dois t'y être habitué...


Image19 iebot6 - Eugenol
athos

19/09/2007 à 10h19

héhé...merci rock!


cyberquenottes

19/09/2007 à 16h55

un bon gros sourire comme toujours

merci Pal