Cookie Consent byPrivacyPolicies.comAlice Terrik - Eugenol

Alice Terrik

PAL

25/09/2007 à 18h46

J’avoue avoir été scié à la base au moment de son coup de sang, mais tout bien cogité, c’était fatal. Mes capteurs internes à potentiel chiatique s’étaient mis à clignoter orange à l’instant de son premier déboulage, y a deux piges.

En gros, la greluche est constituée d’un paquet de nerfs avec un peu de barbaque maigre autour. Elle déambule comme elle pense et comme elle jacasse : à toute berzingue. C’est sec, convulsif, ça débite mitraillette. C’est le genre de surtendue triphasée qui vous aplatit les accus en moins de deux. Je préfère pas imaginer le cataclisse si qu’elle oubliait un matin de gober sa poignée de calmants !
Deuxième signal d’alerte : le seul truc qui lui monte au mou pour expliquer ses tracas dentaires, c’est que « le travail a été mal fait ». Hope-là, attention les bleus ! C’est mauvais, ça, trrrrès mauvais ! Et faut surtout pas essayer de lui faire changer d’idée, c’est comme harponné dans le corps calleux, et le moindre micro-stimulus la fait partir en vrille façon pétard d’artifice !

Flegme et sang-froid Palien en boucliers, consentant à poireauter pour elle en dehors de mes plages habituelles et ne relevant qu’avec des risettes les quelques rencards loupés, j’avais contenu jusqu’ici l’effervescence chronique de ce concentré de nitro. Elle semblait super-jouasse de mes services, et elle m’avait même envoyé son bonhomme et ses deux chiards.

Mais faut jamais désespérer des brise-burettes, y restent jamais longtemps en grève.

Quand l’agitée s’est radinée hier, je me suis demandé si elle avait ses ourses ou si c’était la pleine lune : elle était encore plus cocotte-minute que d’hab, les oreilles en soupapes commençant à larguer la vapeur. Je pige vite, y a douillage :
« Ah faut m’ l ‘arracher, j’ai essayé de l’enlever moi-même mais j’ai pas l’instrument, ah non là, j’en peux pu ! »
On pourrait p’ t’être se calmer un chouïa, non ? Ben non ! Le temps que je sorte tout le bourrier, elle m’a seriné trois fois d’un ton martial : « Faut m’enlever ça ! »

Le problo est limpide : 35, enchâssée sur un inlay-core gabarit baobab, oscille dans tous les sens, tubercule éclaté. J’entreprends donc au cyto d’articaïner la zone, mais je ressens déjà le bouillonnement stressique de la fumelle qui commence à me gagner par contagion ondes courtes. Avant que je lui aie seringué au ralenti une demi-carpule dans la couenne, elle s’agite tellement que je stoppe carrément tout pour lui demander si elle aurait pas du poil à gratter dans le string.
« Ah non, mais là, arrêtez, laissez-moi respirer, et puis j’ai mal ! »
Oh là ! Le ton est franchement belliqueux et je note dans son regard la même douceur que dans celui d’une vipère à qui on flanque des coups de trique. J’ la sens mal, la séance charcute !
« Mais Madame, rien ne vous empêche de respirer normalement, et si vous ressentez quelque chose, vous me faites un simple signe de la main et j’arrête instantanément. »
J’ai beau tenter le déminage, j’ai déjà les abeilles à la ruche et la tronche aimable de la furie ne me laisse que peu d’espoir pour la suite. M’enfin, la lourder hic et nunc, ça me semble un poil précipité. Respire à donf, Pal, c’est ton destin !
Je termine posément d’empaffer profond tous les environs de la condamnée, et enjoins la rognasse de se rincer le goulot. Elle s’exécute sèchement avant de se rejeter en position, sans omettre de soupirer le plus bruyamment possible, histoire de faire encore monter la tension d’un cran.
D’un fastoche coup de crocheton, je décapsule la céram et son pieu qui trimballe aussi la moitié linguale de la racine. Reste l’autre moitié à exosser pour en finir. Pour un briscard des units, l’affaire est simplissime, à condition de pas exploser le débris en bourrinant comme un sauvage. Alors je dégaine mon plus délicat périotome et entreprends, à deux doigts légers, de le glisser furtivement dans le ligamodonte accessible.
Et là, c’est l’ hallu !
Après seulement trois tendres mouvements de reptation circum-chicot, l’hargneuse se redresse d’un bond et me sort : « Excusez-moi de vous le dire, mais vous êtes brutal !! »
J’éberlue !
« Brutal ??? Vous avez dit « brutal » ? Pal, brutal ? »
« Parfaitement, brutal, j’ai l’impression d’être dans un atelier de mécanique !! »
« Allons, soyons sérieux, Madame, lui fais-je un rien narquois, j’utilise cet outil très fin, calmement et avec les doigts, c’est quand même pas un démonte-pneu ! »
« NON MAIS VOUS AVEZ VU LES GESTES QUE VOUS FAITES ?? » explose l’hystérique en foutant le son à donf.

Jet de l’éponge instantané !

« Ecoute, gorgone, chuis p’tête simplet, mais malgré des centaines d’avulsages, j’ai toujours pas pigé comment déraciner une ratiche à coup de soufflette. Alors tu verrouilles le clapoir sur cette compresse et tu gicles ! T’iras te dégotter un confrangin plus câlin qui te luxera ça les paluches dans le dos ! »

Alors, la forcenée pète la tomate et crache tout son fiel en pliant ses gaules:
« Ouiiii, vous, le corps médical, y a qu’ le pognon et votre p’tite fierté qui comptent, on peut rien vous dire, vous z’êtes tous les mêmes, j’ vous ferai pas de pub, et gna-gna-gna… »

Par St Dess ! Elle m’a dynamité la zénitude, la garce !

Mais ça s’arrose, les mecs ! la Paltientèle est ce soir épurée d’une nuisible !


Dr - Eugenol
JeRis

25/09/2007 à 19h41

... automne 2007 ... un bon cru :)
Tu m'en mets une caisse de coté dès qu'il est relié.


LdL

25/09/2007 à 20h00

Comme d'ab, énorme.
Mais pour le coup, j'ai besoin d'aide: "avoir les abeilles à la ruche"... ?



[pour les quelques qui ne me considéraient pas déjà ainsi, je vais passer pour un simplet]


Avatar transparent iqadnc - Eugenol
adhoc

25/09/2007 à 20h03

"Le confrangin plus câlin" et la gravure dans le corps calleux sont des moments de rencontre inoubliables. Merci, pal!


calypso83

25/09/2007 à 20h55

Trop bon ..!


Blason dql7mj - Eugenol
growler

25/09/2007 à 22h58

la surtendue triphasée.....MDR!!!

du vécu pour nous tous, c'est sûr!

@+++


LdL

26/09/2007 à 18h28

En tout cas personne ne m'aide pour mes abeilles !