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LINDHE jan

RADMA

10/06/2004 à 01h26

VU SUR PARODONTOLOGIE.COM :

Jan Lindhe,
Un reportage de Claude Ceffalou.

DEBUT DE LA TOURNEE D'ADIEU ?

C'est toujours la même très grande joie d'assister à une conférence du maître de Göteborg. La parodontologie, on est obligé de le reconnaître, il y a réfléchi. Et ce, depuis un bon nombre d'années. Et curieusement, on a eu un tout petit peu l'impression de revenir au point de départ. Le point de départ des " modernes ", les Glickman, les Waerhaug, c'est-à-dire : hygiène orale, contrôle de plaque, quelques extractions éventuellement, restaurations temporaires puis d'usage (à marges supragingivales) et maintenance. On est tenté d'ajouter point final. La boucle est bouclée.

Malgré tout, quel est le paradigme actuel de Lindhe ?

En matière de classification :
Lindhe accepte la classification 1999 de l'AAP mais préfère le terme de parodontite récidivante à celui de parodontite réfractaire.

En matière d'étiologie :
On retrouve les deux grandes associations bactériennes P. gingivalis, B forsythus et T. denticola d'une part et A.a., P.gingivalis et P. intermedia d'autre part en tant qu'agents déclenchants. Pour ce qui concerne les agents favorisants, le diabète, le stress, le tabac le HIV et…..un revenant, le traumatisme occlusal.

En matière de traitement :
Pour les parodontites chroniques, Lindhe est favorable à la stratégie classique, thérapeutique étiologique, lambeau (QUEL QUE SOIT LE TYPE) et maintenance. Pour les parodontites agressives généralisées il prescrit toujours le cocktail antibiotique préconisé par Kornmann il y déjà plus de 10 ans, l'association amoxicilline-métronidazole, mais aussi la tétracycline. Pour les parodontites localisées, il conseille de se contenter dans la thérapeutique étiologique de l'enseignement de l'hygiène sans curetages et de passer directement à la chirurgie sous tétracycline (1gramme par 24 h pendant….1mois).

En matière de liens parodontites-maladies systémiques.
Où l'on reparle d'infection focale. On trouve des mots nouveaux, le " torrent bactério-circulatoire), mais l'analyse n'a pas fondamentalement changé. L'individu constitue un tout dont le parodonte n'est en aucune façon séparable.

1° Infections respiratoires : On sait depuis 1994 (Lorenz et Weiss) que les sujets dentés présentent plus d'infections nosocomiales que les sujets édentés, la réduction des pneumonies chez les sujets âgés (à bouche traitée) en maison de repos, observée en 2001 par Yoneyama semble confirmer le lien. Il se pourrait donc que les bactéries buccales soient inhalées et de ce fait à l'origine des infections pulmonaires.

2° Maladies cardio-vasculaires : Là encore les bactéries circulantes ne peuvent avoir qu'un effet délétère sur les cellules endothéliales qui sont plus vulnérables aux molécules circulantes et favorisent la formation du caillot obturateur.

3° Accouchements prématurés : On y pense depuis les travaux d'Offenbacher, ils seraient dus à une greffe bactérienne au niveau de l'utérus.

Jan Lindhe, en bon guide, accorde des étoiles, selon la vraisemblance du lien. Pour les pathologies respiratoires des sujets âgés +++. Pour le diabète (là dans les deux sens)+++. Pour les naissances prématurées++. En ce qui concerne le pathologies cardio-vasculaires, le lien est moins évident+.

En conclusion, après le très grand voyage de recherche entrepris par Jan Lindhe dès les années 60, n'est on pas revenu, comme nous le disions dans l'introduction, dans les parages du départ. Le voyage, celui de Lindhe et le nôtre dans son sillage, n'a-t-il pas pris la forme d'une circumnavigation ? Ou exprimé différemment : le clinicien Lindhe traite-t-il ses patients dans les années 2000 de façon très différente de ce qu'il faisait dans les années 60 ? Néanmoins, même si c'est vrai, nous avons fait un beau voyage.


phil

10/06/2004 à 12h33

algi dit que l'on tourne parfois en rond dans nos débats mais on est pas les seuls .
Lindhe c'est un grand monsieur que j'ai plusieurs fois vu en conférence . Ce que tu rapporte je l'ai entendu à Deauville il y a 2 ou 3 ans . Lindhe et son équipe ont changé l'approche des années 80 .Il demeure très écouté . C'est bien mais il ne fait plus avancer grand chose . Maintenant c'est un classique qui a un peu vieilli comme tout un pan des parodontistes . Il n'a qu'à lire le dernier journal de paro . Ca ne bouge pas beaucoup...


Patrick

10/06/2004 à 14h50

Qu'attendons nous pour travailler de concert pour faire bouger les choses ?

Il n'y a pas de grands ou de petits, il y a des gars qui travaillent avec passion et ceux qui mégotent en attendant cinq heures.

Vous vous situez où ?

La vie passe tellement vite, il est temps de s'unir et de s'y mettre.

[email protected]

Algi, je crois que je vais m'inscrire en Dentosophie, je sens qu'il y a quelque chose à saisir là-bas.

P.S. Lindhe, son livre est bien fait mais comme dit phil ...

Le plus dur pour ses gens là, c'est de reconnaître qu'ils ont fait fausse route ou pris une route trop radicale, alors ils essayent de tourner en rond.


isaïe

11/06/2004 à 10h50

A propos du traumatisme occlusal.
Je ne crois pas que ce soit la dent qui tape plus sur son antagoniste qui est en cause, on voit des destructions sans antagonistes, etc...
Le trauma occlusal serait, à mon sens et en restant prudent (hypothèse) ces contacts qui induisent ce stress postural qui entraîne baisse de l'immunité (via augmentation du taux sanguin du cortisol par exemple). Je constate chez les patients rééquilibrés une amélioration spontanée de l'état paro, on ne peut pas l'attribuer à mes traitements paro que je qualifierais élégamment de basiques.
cfr. site sur l'état paro de ces indiens d'Amazonie, nord Brésil: plus de cuspides à l'âge adulte, hygiène zéro.
Il ne faut pas tirer des conclusions hâtives et inventer de nouveaux dogmes indémontrables par définition (on en a déjà assez), mais ça vaut la peine d'observer certains patients et de discuter.


Algi

11/06/2004 à 11h50

D'accord avec toi, du moins de façon bétement clinique et intuitive: mes patients, petits ou grands, qui font soit du soulet et besombes soit portent des gouttieres ou qui sont bétement équilibrés avec leurs dents à eux ont des bouches en meilleur état qu'au départ....et pas tous se brossent avec H202et bicarbonate (mais je sens que ça va pas durer...)

Ceci dit est-ce étonnant? Meilleur équilibre, patients motivés pour aller mieux et donc meilleur tonus global donc plus d'énergie, de "pêche" et donc meilleur systéme immunitaire et meilleur état paro mais surtout meilleur état général et c'est là que notre profession prend toute sa dimension de profession de santé: on fait réellement du bien aux gens et ça, de bon matin c'est trés trés bon de le dire et de le faire savoir: si JE suis content JE suis en forme et JE suis meilleur thérapeute et en retour JE serai encore plus en forme et encore meilleur thérapeute, pas mal comme cercle vicieux, non?


Patrick

11/06/2004 à 12h12

le cas des Indiens: le type de nourriture explique l'usure, ainsi que la durée de mastication des aliments fibreux. Idem esquimaux