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Phiphi les bons tuyaux
02/09/2008 à 17h01
Dans la catégorie des louzeurs virtuoses, y a pas que des crétins congénitaux. Le raté que je viens de déboulonner à l’instant avait même un peu de bulbe dans la rotonde à la naissance.
Au départ, sans être une épée non plus, Phiphi avait une ou deux aires de la cervelle qui tournaient rond. La preuve, la première fois qu’il s’était pointé, il s’était vanté d’être passé à la téloche dans pratiquement tous les jeux de lettres à la Capello. Même s’il avait toujours paumé avant de gagner la moindre encyclopédie sur les armoiries et blasons de Basse Bretagne, faut quand même pas être complètement twit pour être sélectionné !
Donc, le mec, tif blond, il bleu ( je m’ demande c’ qu’on voit, avec des yeux bleus !?), trentenaire un peu zétrange, quasi psy, mais néanmoins aimable et fort civil, déboulait au cabinoche tous les trois mois pour se faire dégoudronner la buse, attendu qu’il clopait comme un sapeur turc attendant la mise bas de son premier mioche dans les couloirs de la maternité.
Un jour, dans l’exercice de ma noble mission sanitaire, je tentai une vulgarisation motivatoire en vue d’une désaccoutumance tabagique du dit-patient. C’est alors que l’évidence s’imposa à moi que le zigoto, sans doute démoulé à chaud par un guette-au-trou trop pressé, n’avait pas la lumière dans toutes les pièces.
« Mais vous n’avez jamais essayé d’arrêter de fumer, ou au moins de diminuer ? »
« Si, une fois ! J’ai été dans un centre anti-tabac, et je suis descendu à quatre paquets. »
« Descendu à quatre paquets ??? »
« D’habitude, j’en fume six par jour. »
Notons un premier signe de connerie gluante : ce guignol n’a même pas pigé que c’est les clopes qu’il fallait fumer.
« Mais c’est énooorme ! Vous ne devez faire que ça !? »
« Je suis même obligé de me lever trois fois par nuit pour fumer. »
Par Anchyme ! J’vois d’ici les poumons en papier craft, les alvéoles caramélisées et la broncherie encalaminée !
« Mais y a aussi le café qui me tache les dents, » poursuit-il sans martel apparent, « j’en bois beaucoup. »
« Ah bon, combien par jour ? » que j’y fais, m’attendant au pire.
« Huit litres, à peu près. »
« Queuaaaa???? »
Oh la tache !! C’est pu de l’addiction, c’est de l’autolyse !
L’idée me vint aussitôt que ce sot grenu, chômiste chronique, accroc à tout et mou comme un bédaveur, ne devait pas s'arroser la gargouane qu’ avec du Château La Pompe. Même si je l’avais jamais vu complètement malté, je savais déjà qu’il se dopait sec à la binouze pour s’entraîner à Motus, avec une descente que j’aimerais pas remonter en vélo.
Mais alors là, c’est le décrochage, la vrille, le piqué !
Car v’la t-y pas que c’ midi, on le voit déambuler dans la rue et s’approcher en sinusoïde de notre entrée. Il en a un sacré coup dans la sacoche, c’est clair, mais va savoir s’il est fonzdé aux médocs ou au Médoc !
Drelin !
Merde, c’est pour nous !
« Assistante, ouvrez-lui l’huis ! »
Elle appuie cinq secondes sur le bouton du portier.
Re-drelin !
D’accord ! Si cet emplâtre arrive même pas à pousser la lourde, c’est qu’il est total fracasse !
Effectivement, trois longues broquilles après, ce sac à schnick fait une entrée tituboïde dans notre corridor, bourrant des épaules dans tous les murs. Eclatante illustration d’une règle basique du code de la route : le plus dangereux, quand on est murgé, c’est les lignes droites.
« Mon-jour…Nocdeur, j’aurais meuzoin …….d’un mon nédar-drage. »
C’est peu dire que le branque fouette sévèrement du carafon et vu comment il louche en visant à côté de ma pomme, il doit voir au moins trois Pal. Pas question de lui fourrer les doigts dans l’ grusinoir, y s’ rait foutu de nous dégobiller sur la casaque!
« Oui, mais je n’ai pas le temps maintenant ! On va vous donner un rendez-vous. Un matin, de préférence. Voilà,-voilà, allez, vous mettez pas en retard, c’est par là, à bientôt, au r’v…»
« Mais.. Nites-moi, nocdeur….. Ezque vous jouez au nierzé ?
« Au quoi ? »
« Au nier-zé. Au BMU, goi. »
« Ah non, jamais ! »
« Mazque j’ai un sssu-per duyau ! Zi vous me dddonniez zinc euros, mar exembe, je mourrais les jouer mour vous. »
Des clous ! Déjà que je pige pas pourquoi on met des jockeys sur les bourrins de course (ils tiennent tout seuls, c’est pas des vélos !), j’ vais pas m’ laisser entourlouper par un souillard sevré à la queue de morue qui pense qu’à s’ payer son litron de rosé !
« Non merci ! »
« Ou juste deux euros, à z’ moment-là
.Hein ? »
« Non, non, même pas un centime de kopeck, je joue jamais d’oseille. »
« Ben vous z’avez dddort ! Alors dant pis, zzzé bas grave ! En r’voir, nocdeur. »
En regardant le toquard s’éloigner en zigzag, j’ai comme un p’tit regret. Finalement, je parierais bien… qu’il va arriver chez lui dans l’ désordre !
02/09/2008 à 20h57
"« Si, une fois ! J’ai été dans un centre anti-tabac, et je suis descendu à quatre paquets. »"
... j'ai explosé de rire!
02/09/2008 à 21h31
JeRis Ecrivait: ... j'ai explosé de rire!
Change de pseudo ! du genre Jexplosederir:))
Merci à Pal pour cette bonne humeur un jour de rentrée des classes.