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Y a pas d'justice!
03/10/2008 à 19h05
En baguenaudant c’midi dans le quartier, j’ai dicavé une de ces bombes ! U-ne-gre-luche, mes aïeux ! Le genre à vous carboniser un croque-monsieur à distance ! J’étais à ses basques, alors j’ai humé à plein pif son sillage parfumé à la goyave, et mes mirettes exorbitées ont pu empiffrer ma boîte à fantasmes : de haut en bas, une longue crinière ondoyante, puis une échine galbée en caisson de Stradivarius. Oh tcheu croupe suggestive qu’elle me chaloupait devant le blaire ! Aïe aïe aïe ! En matant ça, j’ vous garantis qu’on a tendance à penser à autre chose qu’au dogme de l’infaillibilité pontificale !
Deux heures après, j’étais encore dans la lune - façon de causer, hein - à rêvasser sur cette nymphe aux proportions affolantes, lorsqu’on carillonne à la lourde du cabinoche. J’appuie sur le bouton, un filet de bave aux commissures, m’imaginant déjà la belle inconnue venant prendre rencard pour un petit polissage.
Ouap, par St Thol ! Que nenni !
Le mammifère bipède qui encombre tout le chambranle n’a aucune chance de faire sur moi un quelconque effet pine-up. On dirait le sergent Garcia en roupane à fleurs ! C’est d’ailleurs à cet abominable accoutrement que nous déduisons qu’il s’agit d’ une femelle, car aucun autre élément ne l’indique. Son tiffouilleur lui a menuisé une tignasse grisâtre façon casque, et son oculiste des lorgnons cul-de-bouteille qui lui lentillent d’énormes yeux de buf. Cette tronche de mérou-loche repose sur un silhouette de barrique de deux cent litres. Comme elle a les panards écartés de quatre vingt centimètres à cause de ses cuissots de mammouth, elle n’avance qu’en oscillant comme un culbuto, et à bout de souffle. C’est bien le genre à clamser d’une embellie pulmonaire !
Bon, moi, à la vue de ce mochops, je m’arrache vite fait, laissant à l’assistante le soin de lui demander quel mauvais zef l’amène.
Quelques minutes après, je suis mis au parfum. Dame nature devait vraiment être de mauvais poil le jour de sa conception : en plus d’être moche à faire avorter une truie du Vietnam et de gnouquer la vidange, Bertha n’a rien sous l’ cresson ! La mémère s’est gouré d’adresse, en sautant une ligne après avoir pris rencard bigophonique chez un confrangin. Avouez que j’ai pas le bol !
Je suis fait comme un rat : l’autre chicotiste est à pétaouchenoque, la grosse prétend trop morfler pour attendre, j’ai dix broquilles devant moi. Ffff, bon, ben faites entrer !
Vu l’allure sportive de la nouvelle, je soigne l’interrogatoire.
« Madame, avez-vous des problèmes de santé ? »
« Oh oui ! »
« Eh ben…. lesquels ? »
« J’ fais du diabète… »
Elle le fait ! C’est malin !
« …et pi d’ la tension. Et pi j’avais des boutons sur la joue, là, et le pharmacien y m’avait dit que c’était du sporiasis… »
« Du sporiasis ? »
« Oui, du sporiasis, mais comme ça passait pas avec la pommade, j’ai montré à mon chirurgien, et bé c’était pas du sporiasis ! C’était un carminome ! »
« Un carminome !? Dites-donc, vous lui d’vez une fière bretelle, à vot’ chirurgien ! »
« Oh oui ! »
« Et votre problème aux dents, c’est quoi ? »
« J’en ai cassé une en croquant dans un quignon, j’ai attendu, pi maintenant j’ai très mal. »
« Bon allez-y, on va zieu..on va regarder. »
C’est vite dit ! La barbaque du pachyderme déborde tellement du fauteuil que je peux même pas lui approcher la déchiqueteuse, si tant est que j’en aurais eu envie. Debout, à distance, les bras tendus à fond, j’entre aperçois le désastre : tout est dégueu, et 48 est pétée sous la viande.
« Oh là-là, c’est pas reluisant, tout ça ! Il y a au moins dix à foutre au haricot ! »
« Pourtant j’ me les lave trois fois par jour. »
Mais bien sûr ! Je sais pas si elle fait ça au doigt ou à l’ éponge, mais faudrait passer d’urgence au canard vécé !
Quoi qu’il en soit, ouf ! Le cas n’est pas de ma compétence.
« Ecoutez Madame, les choses étant ce qu’elles sont, je vais vous adresser à un stomatologue. »
« D’accord. C’est mieux que j ’vais en clinique, passque si mettons que je ferais une hémar…rogie enfiinn…queee je dis, hein - eh ben… j’ les aurais sous la main. »
« Tout à fait, exactement. »
« Mais … Y aurait pas un produit pour me gorgar… me gargor… riser ? Exoltril ou ché pas quoi ? »
« Si si, l’assistante va vous donner ça. Au revoir, M’dame. »
J’ouvre grand toutes les fenêtres, et je cogite. J’aimerais bien savoir pourquoi la grosse Bertha débarque chez Pal, et le super canon de ce midi chez un autre ? Merde, à la fin !
03/10/2008 à 23h40
... super canon, t'aurais eu du mal à la soigner aussi ... sauf un petit det de routine ... là c'est du bonheur!
Super canon quand elle ouvre la bouche ... t'as aussi parfois de sacrées surprise! ... parfois rien qu'à l'entendre parler.