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discrimination positive
28/03/2009 à 13h59
Je suis un farouche adversaire de tout ce qui ressemble à de la discrimination positive. La fabrication d'aides à certains et non à d'autres me parait être un alibi commode pour masquer des insuffisances.
Au lieu de mettre chacun à égalité dans les starting-blocks, on donne de l'avance à certains chanceux, c'est une mesure contraire à l'esprit d'un pays républicain.
Pourtant, ma fille vient d'en profiter. Je suis content pour elle, mais j'ai un petit gout d'amertume.
Lors de son inscription au lycée, j'avais le choix entre un lycée urbain bien pensant, et un lycée de cité classé en ZEP. Effectifs moins nombreux en ZEP, profs pareil qu'ailleurs, encadrement adulte plus nombreux, va pour la ZEP. Coup de chance !
Ce lycée public, à la clientèle parfois un peu nerveuse, est largement subventionné par une fondation et a des méthodes pédagogiques surprenantes et efficaces.
Exemple : chaque élève de 2è s'inscrit dans un "projet". Une demi-journée par semaine, en sus des cours normaux, est consacrée à l'étude de ce projet. Elle est inscrite dans le projet "réconciliation". D'autres sont dans les projets énergies renouvelables, vivre en conditions extrèmes, eau rare, dégats touristiques, etc.
Dans l'étude de son projet, elle est allée à Verdun avec une classe d'Allemands, pas marrant, mais instructif. Le projet a aussi fait venir (de là-bas) un palestinien et un israelien qui ont débattu devant les élèves, etc.
Cette nuit, elle est partie pour une semaine en voyage scolaire en Afrique du Sud.
D'autres, suivant les projet, sont allés en Islande, au Burkina-Faso, au Maroc, à Venise, Barcelone, etc... J'ai payé, bien entendu, comme les autres, 150€.
La moitié de ses devoirs scolaires sont consacrés à l'étude de ce projet, à des recherches sur internet, à des contacts avec des correspondants, etc. C'est un gros boulot, mais passionnant.
Et surtout, ça ouvre les yeux à ces jeunes. Leur petit monde personnel et égoïste est écrasé par cette ouverture d'esprit, par cette confrontation directe avec le monde.
Du coup, ce lycée ZEP est plus calme que le beau lycée surchargé de la ville voisine.
Ce projet réconciliation est probablement le plus dur pour la psychologie d'une ado de 15 ans un peu gâtée. La confrontation avec la réalité extérieure est sévère, et ça l'a un peu perturbée, mais elle s'en sortira.
Je suis content pour elle, mais déçu que d'autres n'aient pas cette chance.
28/03/2009 à 14h47
Comme toi, ameli, une situation familiale un peu compliquée, mes garcons separés, un chez papa, un chez maman (leur choix), des établissements scolaires qui se sont succedés, du public, du privé (m'en fous).
Mais quand un enfant bosse bien, veut bosser,et ne fait pas trop le con, un choix d'etablissement est quasi sans importance (je choisis le plus proche en fait!). Seuls les facteurs aléatoires sont dignes d'intéret, le reste est déjà tracé à la petite enfance....
28/03/2009 à 17h28
Des histoires qui se ressemblent... Dans ces écoles "difficiles", les miens ont profité de classes de langue renforcée avec horaires chargés mais aussi des voyages, du sport de haut niveau, des copains de toutes les couleurs , des pieds bien sur terre,la tête dans la réalité , et 5 ou 10 ans après, des prof qui les saluent encore.
Confrontés à l'échec de quelques potes qui n'avaient pas un bon tracé au départ...
T'inquiète pas, améli, elle reviendra...
28/03/2009 à 18h30
D'où le paradoxe : je n'aime pas cette discrimination, mais je suis content qu'elle puisse en profiter grace aux moyens que la fondation sciences-po met à la disposition du lycée.
... et que si ça lui plait, et si elle en a les moyens intello, qu'elle poursuive en sciences-po puisque le lycée y a ses entrées privilégiées.
Il n'empêche que c'est injuste.
28/03/2009 à 18h48
ameli écrivait:
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Au lieu de mettre chacun à égalité dans les starting-blocks, on donne de
> l'avance à certains chanceux, c'est une mesure contraire à l'esprit d'un pays
> républicain.
Biensur tout le monde est à égalité dans les statings blocks pour les petites distances inférieures à 100m. Mais, quand est il lorsque la distance est supérieure à 200m? Tout le monde sait que plus les concurrents sont éloignés de la corde et plus ils sont handicapés par un rayon de courbure plus important. Ainsi, aux startings blocks, on laisse de l'avance, pas à des chanceux, mais à des coureurs qui sont désavantagés par rapport aux autres!
Ansi, les ptits jeunes des cités partent déjà avec un handicap sur la longue piste des études. D'autant plus, qu'à part, l'école certains n'ont pas beaucoup d'épanouissement en dehors. Pourquoi de pas leur donner un petit coup de pouce pour les mettre à égale distance des autres?
28/03/2009 à 18h49
ameli écrivait:
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> D'où le paradoxe : je n'aime pas cette discrimination, mais je suis content
> qu'elle puisse en profiter grace aux moyens que la fondation sciences-po met à
> la disposition du lycée.
> ... et que si ça lui plait, et si elle en a les moyens intello, qu'elle
> poursuive en sciences-po puisque le lycée y a ses entrées privilégiées.
> Il n'empêche que c'est injuste.
p'tain , t'es trop morose et c'est trop dur ce que t'y racontes , t'en perd pas le sommeil , copain ... hein , hein , tu vois quoi ? ;o)