Cookie Consent byPrivacyPolicies.comInterne - Eugenol

Interne

ameli

26/09/2009 à 17h30

On m'a demandé quelle était l'expression juste et parfaite : ancien interne, ou ancienne interne ?

J'ai ma préférence, qui ne sera peut-être pas celle du Conseil de l'Ordre ou celle de l'Académie Française, car je ne suis plus les actualités décidées par ces quarante oies immortelles.
Une langue vit et meurt, elle n'est jamais pure et toujours métissée d'apports étrangers, et parfois étranges. Elle bouge, mais reste dans une logique dictée par l'usage.

Les académiciens me hérissent lorsqu'ils pensent la dominer, la codifier. Autant j'admets que Vaugelas ait voulu la codifier à son époque patoisante, autant je méprise les académiciens quand ils nous font du Malherbe à retardement, l'enfermant dans un carcan, cherchant à imposer le juste vocabulaire et à le changer sans s'occuper de l'usage commun.

Il paraît qu'on dit maintenant auteure. Je n'ose dire ce que je pense de ces pingouins enrubannés d'omelettes aux fines herbes qui ont pondu un oeuf pareil. Pourquoi pas autrice, ou instituteuse ?

La langue est dans la rue, ne la fourrons pas sous la coupole. Je préfèrerais que ces sages séniles se contentent de trouver des mots équivalents et les lancent pour savoir s'ils sont admis par les votes populaires, comme le courriel, plutôt que de chercher à imposer une règle.
Ils auraient largement à occuper leurs jeudis après-midi à contrer les usages farfelus de certains pontifes télévisuels qui nous assènent un gaullien Françaises-Français inutile, faux, et prétentieux, ou du au jour d'aujourd'hui dont le sens cabalistique m'échappe.

San Antonio a fait largement plus pour la langue que l'Académie. Je ne vois pas pourquoi on devrait interdire de jouer avec les mots, les taquiner ou néologiser. On peut aimer redécouvrir les mots désuets dans le Littré autant qu'en inventer de nouveaux, rien que par plaisir. On peut oser des associations douteuses et étonnantes rien que pour un sourire.
Et si par malheur je terminais une phrase par « pinot », il est certain que je chercherais à ce que la suivante commence par « Qu'eût... », pas pour le plaisir de l'interlocuteur, mais pour le mien, car la langue est égoïste autant que communicatrice.

L'internat est un titre. Le doctorat aussi. On dit docteur au masculin car le titre est asexué. L'asexué est grammaticalement masculin. Interne est masculin, on dit ancien interne, quel que soit le contenu de la culotte.
C'est mon avis. Si un académicien (qu'il soit homme ou femme) vient gémir à la porte, tu lui diras de m'envoyer un mel et je te le change en miel.
J'ai des principes, si j'y renonce, je deviens renoncule.
L'académie, quant à elle, je l'en
Pardon. L'académie, quant à elle, recule.


Kon nx3ojp - Eugenol
Kon

26/09/2009 à 19h29

C'est intéressant.
Nul ne peut le nier.
!


Wolford hm5yx3 - Eugenol
Doc lyonnaise

26/09/2009 à 20h32

merci ;-)
et l'assistanat? ancien assistant ou ancienne assistante?


belette

26/09/2009 à 20h32

C'est donc ça ton nouveau job ??? l'acamélie !!!

Docteur es queunotte ... dentiste , autre mot asexué !
Pour l'interne, la nuance est seulement écrite, on fait la liaison et par euphonie, on dit "ancienne" interne
--
^ ... ^
Ô"""Ô
= o = .... surtout du côté de Toulouse...


Pa050055 igyagy - Eugenol
mark

26/09/2009 à 21h29

Je ne vois pas pourquoi ameli s'en prend ainsi à des veillards plus très verts, immortels néanmoins promis aux vers, dans la mesure où la langue vit et évolue plus par les lieux où elle est pratiquée et l'écho que s'en font les médias, puis entérinée plus rapidement par les Larousse et Robert que par nos acacadémiciens.

Par ailleurs, se targuer de pouvoir manier la langue, et s'autoriser soi-même de savants néologismes ou barbares syllogismes n'est pas à la portée de tous, et c'est ignorer, voire dédaigner le peuple que de feindre de croire que la langue populaire torture le français avec la même volonté.


Wra300x300 gotue6 - Eugenol
hop

26/09/2009 à 23h34

ameli écrivait:
---------------

> Une langue vit et meurt... Elle bouge, mais reste dans une logique dictée par l'usage.

> Les académiciens me hérissent lorsqu'ils pensent la dominer, la codifier.


Lol é mdr ;-)) donk tu kife à donf lévolution d'1 lang ?? ;-))

ptdr


ptitbreiz

27/09/2009 à 00h45

ancien ou ancienne sa littérature çà reste de la masturbation intellectuelle


ameli

27/09/2009 à 00h46

hop écrivait:
-------------
> Lol é mdr ;-)) donk tu kife à donf lévolution d'1 lang ?? ;-))

Là, tu mélanges plusieurs langues, abréviations et verlan. Or, on attend d'une langue un minimum de clarté, afin qu'elle soit comprise. Cette pseudo-langue syncrétique est un dialecte destiné à une communauté prépubère dont je m'étonne que tu sois membre.

Mais, au contraire de Sid, je suis très tolérant envers les fautes, surtout si elles sont jolies. Certaines même me semblent très françaises.
C'est la marquise de Sévigné qui écrivait systématiquement "tandresse". Comme on lui signalait cette erreur, elle affirmait que c'était volontaire, car a comme amour est plus joli que e comme ennui...
ça aurait fait hurler Sid et les Académiciens.


1 p3qrc4 - Eugenol
Bjc.

27/09/2009 à 01h05

""a comme amour est plus joli que e comme ennui... ""

tré zoli


ameli

27/09/2009 à 02h27

Bjc. écrivait:
--------------
> tré zoli

N'est-ce pas !

Pourquoi voudriez-vous que nous nous lamentassions pour un si petit a, nous regretterions tous que les académiciens pétassent plus haut que le fut de leur orgue pompeux !


Wra300x300 gotue6 - Eugenol
hop

27/09/2009 à 02h32

ameli écrivait:
---------------
> car a comme "amour"

> "orgue" pompeux
---

les mots entre guillemets ont une particularité commune..laquelle ? quel est le 3ème ?


ameli

27/09/2009 à 02h49

Ils se féminisent quand ils sont en nombre.
Je ne vois pas le troisième, mais j'espère le reconnaître quand je le croiserai !


Wra300x300 gotue6 - Eugenol
hop

27/09/2009 à 02h52

de le croiser, un épicurien comme toi s'en fera un...? un ??


ameli

27/09/2009 à 02h54

Tu n'étais pas là quand j'ai vidé la bouteille de pinot. Qu'eût-il fallu faire pour que tu vinsses ?


ameli

27/09/2009 à 03h04

un... délice.


1 p3qrc4 - Eugenol
Bjc.

27/09/2009 à 05h22

""a comme amour est plus joli que e comme ennui...""

tré zoli, com la markise


ameli

27/09/2009 à 15h17

Le langage SMS, surnommé aussi "syndrôme Omar m'a tuer", est-il criminel, puisqu'il est est supposé être neuronicide ?

Non, il s'agit d'un jeu étrange composé d'entorses décidées au nom de la phonétique, du rébus, du bilinguisme, du sigle, et de la commodité d'usage d'un clavier.
Quant aux smiley, c'est la forme pédante, car baroque, de ce jeu.
Ce qui me gène, un peu, n'exagérons pas, c'est la forme de communautarisme religieux qui l'accompagne. L'adepte est dans le rang, celui qui refuse la règle s'exclut et est exclu du jeu, et des relations qui l'accompagnent.

Ce jeu est insignifiant. Il est bien moins grave que le fier jargon managérial en cours dans certaines hautes sphères économiques et politiques, où on arrive à confondre mood et mode...

Les jargons sont parfois un mal nécessaire. Sans jargonner, les professions médicales, entre autres, ne saurait s'exprimer clairement entre eux. Mais il est indispensable que le jargon soit parfois traduit lorsqu'on sort du milieu dans lequel il a cours. Souvent, on oublie, et on se plante dans le consentement, car l'éclairage ne perce pas la brume...
J'ai été envoyé conférencer (pourquoi moi ? je n'y connais rien !) il y a 8 jours par un grand chef pour une association de dons d'organes, pour y asséner la vérité du contrôle médical. Les discours du cardiologue et de la jeune et charmante nephrologue étaient jargonnants jusqu'à l'incompréhensible. Par chance, le médecin assis à coté de moi m'a poussé, m'empêchant de ronfler dans le micro. La salle aussi était assoupie, malgré les discours enflammés des médecins.
Lorsque j'ai pris la parole, la salle s'est réveillée, non parce que je fus brillant, mais parce qu'elle me comprenait. Je suis simplement sorti du domaine médical, n'y connaissant rien, pour parler de philosophie, de morale, de la souffrance face à la mort de l'être cher, et de la lutte cornélienne (la tirade du Cid) pour faire triompher la raison contre le sentiment.


ameli

27/09/2009 à 15h57

Les mots changent, leurs sens aussi. Au fil des siècles, le poète ou le banlieusard invente un sens nouveau, qui peut se reperdre plus tard.
Nos têtes blondes savent-elles que quand Ronsard parlait de la rose, il ne parlait pas de botanique, mais voulait planter le poireau ?
Et dans une célèbre comptine enfantine, où dans une cuisine, on entendait battre le briquet, il ne s'agissait pas d'aplatir le pain, mais de glisser l'andouille entre les jambons.
Académiques ou non, j'admets ces sens. J'aurais aimé voir la tête de l'Académie lorsqu'elle a du, sous la pression de la rue, admettre certains mots louchébem inventés de toutes pièces, comme le courant loufoque.

Les mots se cajolent ou se domptent, mais il ne faut pas les trahir, comme le mot "énervé", qui a pris avec le temps un sens inverse pourtant admis par notre Académie. On retient le contresens, en oubliant le sens. Tant pis, je le prends, mais le risque de quiproquo est grand.

Le mot se cache, nous nargue, mais si on le place au bon endroit, il embrasse l'idée, et parfois même l'embrase.


Image odged8 - Eugenol
ploc

27/09/2009 à 23h44

ameli écrivait:
---------------
>
> Le mot se cache, nous nargue, mais si on le place au bon endroit, il embrasse> l'idée, et parfois même l'embrase.

il peut en être de mme de la musique des mots,sans mme se preoccuper de leur sens ds ce poème du 17è siecle qui peut paraitre mièvre maintenant

"Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes."

P. de MARBEUF
>


1 p3qrc4 - Eugenol
Bjc.

28/09/2009 à 00h52

el a la ku ku, el a la kuku, el a la kultur


ameli

28/09/2009 à 01h41

Voila qui mérite un prix
remis par ameli.

C'est vrai, c'est charmant. C'est charmant, car il y a un jeu sur les sons, une musique perpétuelle envoutante.
Cette musique crée un rythme, qui peut être charmeur... ou parfois, quand il est maladroit, ridicule.

Ridicule comme dans : "malgré l'appétence, la pitance pèse". Pour mon prochain travail de nègre, je vais le placer dans la bouche d'un politicien postillonneur lors du banquet des vieux de l'hospice.
Faut bien s'amuser... écrire et trouver des liaisons dangereuses, des assonnances curieuses, des combinaisons provocatrices, c'est jubilatoire.


Avatar transparent iqadnc - Eugenol
adhoc

28/09/2009 à 02h16

L'agagadémie...


Gaudi parc guell lezard  ntokms - Eugenol
lezard

28/09/2009 à 21h57

"Et le désir s'accroît quand l'effet se recule" Corneille




Pa050055 igyagy - Eugenol
mark

28/09/2009 à 23h22

"Et le désir fait droit quand de fait on s'em...brase!"


ameli

29/09/2009 à 02h03

mark, je n'ai pas compris ta remarque de samedi !
Tu émets une critique en approuvant, et tu dis que le néologisme n'est pas à la portée de tous, ... et qu'il vient de la rue.
J'avoue ne pas tout saisir ! Tu n'aurais pas été interne chez les jésuites ? Tu veux que je te pistonne pour entrer à la sécu ? T'es dans le droit fil de ce qu'on nous dit d'affirmer aux dentistes qui râlent : être d'accord, en disant non.

Pour parler clair, je pense que l'Académie remplit le même rôle que la NGAP : elle prétend rendre service, et finalement est un obstacle.

Mais au contraire de la NGAP, quand on imagine les séances du dictionnaire(je suis un rêveur), elles doivent être amusantes.
J'aurais aimé savoir sa position concernant l'ouvroir de littérature potentielle. Les pauvres ont du s'arracher les quelques cheveux qui s'obstinaient à rester plantés sur leurs billards.

Les oulipiens, Queneau et Perec, entre autres, ont inventé un nouveau français. Ces drilles, probablement éméchés, ont constaté que chaque art avait ses règles, et qu'il suffisait d'ajouter des règles pour augmenter le potentiel artistique.
Les règles du français sont le vocabulaire et la grammaire. Donc, ajoutons...
Perec s'est ainsi imposé la disparition du e dans un roman surprenant et parfaitement compréhensible. Un travail de virtuose.

Mais on peut en trouver d'autres, des règles permettant la création d'une littérature nouvelle !
De Queneau : le m+7, on prend le mot, on prend un dictionnaire, on prend le 7è mot qui suit et on remplace.
Ce qui donne :
(dictionnaire Petit Larousse 52)
(titre) : la cimaise et la fraction
la cimaise ayant chaponné tout l'éternueur
se tuba fort dépurative quand la buxacée fut verdie...(c'est du Queneau pur jus)

On reconnait, non ? magnifique !

Plus délirant, la LSD : littérature sémio-définitionnelle.
On prend une phrase simple, et on remplace les mots par leur définition du dictionnaire.
la dent est fichue
(mon vieux petit Robert de 85)
l'organe annexe de la bouche de couleur blanchâtre est dans une fâcheuse situation.
(on continue)
L'instrument accessoire de l'ouverture de coloris tirant sur le blanc est dans un ensemble de circonstances qui exige un effort pénible.
etc.

J'imagine la tête des pingouins, et ça me réjouit. Battus par l'arme qu'ils ont créée, le dictionnaire !


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