Tous les forums
Perennité des TTT endo, recolonisation bactérienne
28/03/2010 à 15h42
Bonjour
Je voudrais avoir des éclaircissements au sujet de la perennité des traitements endodontiques.
Je suis en manque d'infos, excusez le manque de références articles. Justement si vous en avez, ça me permet de m'orienter (ne me dites pas "va sur pubmed tu trouvera")
Considérons d'emblée qu'une endo est "faite dans les regles" (digue, cavité d'accès, NiTi, etc...). Sinon ça sert a rien de discuter de ça.
Par contre on peut discuter du type de désinfection:
- Hypochlorite
- Chlorex
- EDTA
- Acides citrique
- antibiotiques
- Calbénium (les profs pédodontie de Lyon en sont fans)
J'ai lu que l'obturation coronaire définitive devait etre faite dans le mois qui suit, idéalement dans la séance. Qu'une tempo coronaire à l'IRM dépassant 1 mois augmentait les chances de recolonisation bactérienne (Stephane Simon dans son livre sur l'endo, mais je n'ai pas les articles).
Mais j'ai lu autre part, et entendu, qu'il n'y aurait pas d'influence, que la recolonisation bactérienne se fesait, mais que les bactéries n'atteignent pas le canal au dela d'un certain niveau de la racine (in vivo sur dents extraites, mais je n'ai pas le nom de l'étude et des praticiens).
En fac, il est souvent impossible de faire les RCR dans le mois. Si on considère que l'endo est OK (malgré les divers parametres liés a la fac), y a t il déja eu une étude portant sur le taux d'echec ou non, la recolonisation bactérienne possible dans ce milieu?
Enfin, on observe parfois (souvent?) l'appartition d'une lésion apicale à +6 mois ou 1 an, voire plus, alors que l'endo est OK. Cela implique donc peut etre une recolonisation bactérienne, ou autre chose comme la présence d'un canal accessoire, les nombreuses portes de sorties vers le parodonte, des forces occlusales particulieres, etc...
Je suis conscient de reparler de choses déja acquises au niveau des connaissances et éprouvées peut etre dans la recherche, mais ça permet de faire une mise à jour.
Merci de tous vos avis
28/03/2010 à 17h59
Il n'y aucune mise à jour à faire, mais à simplement comprendre ce qui se passe. Puisque tu ne veux pas aller sur pubmed, peut être peux tu faire un CES d'endo au cours duquel tu apprendras des choses utiles plutôt que de te poser les mêmes questions que des centaines de gens se sont déjà posées avant toi et auxquelles les réponses ont été publiées des dizaines de fois.
Si une lésion apicale apparaît après l'obturation, c'est que celle ci n'était pas étanche, et que soit il y avait déjà des bactéries dans le canal au moment du traitement canalaire, soit on les y a introduites à ce moment, soit on les a introduites au moment de la désobturation pour mettre un tenon ou au moment du scellement d'un inlay core, ou encore qu'elles se sont introduites après l'obturation canalaire.
Si tu avais eu l'opportunité de voir avec un microscope (pas un microscope opératoire, mais un MEB) l'intérieur d'un canal, tu te demanderais plutôt pourquoi il y a des traitements canalaires qui réussissent (car c'est un véritable merdier à l'intérieur d'un canal, et il y a des milliards de tubuli dentinaires qui sont autant de lieux pouvant abriter des bactéries, sans parler de tous les déchets présents ou produits sur les parois qui sont loin d'être éliminés en totalité même avec une irrigation appuyée).
Pour finir : une endo OK ça ne veut rien dire. La radio n'est qu'une pâle image de la réalité.
Ensuite, en biologie et en endodontie en particulier, ce n'est pas la loi du tout ou rien : des bactéries, il y en a partout. Si l'on a réussi à en réduire le nombre ou à les enfermer suffisamment hermétiquement dans les parois canalaires, et que l'organisme qui abrite les dents a la capacité à guérir et un système immunitaire suffisamment costaud, il ne se passe rien de décelable cliniquement ou radiologiquement. Si l'un ou plusieurs de ces éléments ne sont pas présents, on a un problème.
28/03/2010 à 21h13
Gutgut écrivait:
----------------
> Enfin, on observe parfois (souvent?) l'appartition d'une lésion apicale à +6
> mois ou 1 an, voire plus, alors que l'endo est OK. Cela implique donc peut etre
> une recolonisation bactérienne, ou autre chose comme la présence d'un canal
> accessoire, les nombreuses portes de sorties vers le parodonte, des forces
> occlusales particulieres, etc...
>
Il faut prendre en compte qu'une lésion kystique évolue lentement et que "l'apparition 6 à 12 mois plus tard" n'est en fait que le fait d'un moment où la lésion devient détectable. Ce qui est effectivement interessant, c'est le peu de temps que mettent les bactéries et leurs toxines pour recontaminer le canal. Il faut ensuite entrevoir le problème de biofilm et de sélection bactérienne qu'engendre un traitement ou retraitement endodontique. Par exemple, on peut s'imaginer avec 12 espèces bactériennes dans un canal qui se neutralisent à peu près. On fait le traitement endo, et on laisse derrière nous seulement 4 espèces (toujours présentes mais évidemment avec un nombre réduit de bactéries). Le nouveau cocktail devient soudainement beaucoup plus virulent, s'organise en biofilm pour lutter contre les conditions environnementales beaucoup moins favorable et la lésion commence à appraître...
Bon, ce n'est qu'un sénario possible parmi tant d'autres, c'est juste pour souligner la complexité du problème endodontique à la fois d'un point de vue général, mais aussi d'un point de vue particulier à chaque cas.
Marc a raison, le CES d'endo est sympa, mais il ne répondra cependant pas à toutes tes questions, si tant est que tu sois un minimum curieux. Mais c'est effectivement un bon début pour clarifier l'essentiel.
28/03/2010 à 21h36
Juste une question au passage..
Lors de la préparation du logement pour IC et lors de l'essayage et le scellement de celui-ci procedez vous a une irrigation à l'hypochlorite de sodium?
28/03/2010 à 21h56
Personnellement, je nettoie avec du Cavity Cleanser (CHX à 2%) en vente chez Bisico.
Le but est de ne pas contaminer l'intérieur de la dent avec la salive. Il faut donc être vigilant tout au long de la procédure.
02/04/2010 à 23h24
J'ai fait un TP endo en 2009 formation continue,fac dentaire de Nancy ,il préconisait l'obturation coronaire dans la séance
avec une préférence pour les reconstitutions coronaradiculaires
fibrées comme la fac de Paris ,je crois,un souvenir d'intervenants parisiens à l'ADF 2007.La fac de Lyon est plus favorable aux reconstitutions métalliques;les tenons ne sont pas obligatoires.C'est selon le cas.
C'est préférable dans la séance en plus la digue est en place!
Desgrange parle des méthodes de collage en atmosphère canalaire à l'eugénol.
La description bactérienne de Marc Apap est assez judicieuse et
imagée de l'environnement bactérien.
Je suis d'accord ,il n'y a pas de mise à jour à faire tout a été dit
écrit des centaines de fois;définitivement l'hypo.;les articles c'est pubmed;tout est figé on a atteind le Nirvana de l'endo;
Petit scarabé,un CES d'endo te montrera la voie et tu seras un
jedi de l'endo
SIGNE DARK VADORENDO
03/04/2010 à 19h58
Gutgut écrivait:
----------------
>>
> Après il n'y a pas de consensus je crois.
Mais il n'y a consensus sur rien, le niveau apical ou l'on doit s'arréter, le degré d'alésage, la méthode d'obturation.
Enfin oui, il y a un consensus pour mettre la digue.
Et c'est vrai qu'une pulpectomie correcte faite sous digue qui donne des problèmes, c'est bien rare.
03/04/2010 à 21h43
Je suis bien d'accord, il n'y a pas de "consensus". Mais si on peut raisonner de façon scientifique, en mettant en evidence les pours et les contres ça peut être intéressant. Faire parler les expériences cliniques de chacun, pour peu qu'elles aient une base raisonnable, raisonnée...dans le sens ou des preuves scientifiques existentent, fait avancer le schmilblik.
Pour revenir au sujet du début, mon questionnement portait sur le fait d'obturer coronairement une dent dans le mois qui suit sous peine (malheur !) d'augmenter les risques de recolonisation et compromettre la perennité du TE a long terme (encore faut il définir ce que c'est le long terme...).
Faites parler votre expérience clinique pour observer si vous avez des récidives sous vos couronnes, a quoi est-ce du, quel technique, etc...C'est bien ce a quoi sert un forum.
Quant aux etudes pubmed, ok, mais quid de l'aspect clinique (études in vitro...)
Enfin, le "consensus" sur la digue n'existe pas (en pratique, pas dans les regles), balayé par le faible taux de dentistes qui l'appliquent (ou qui ont au moins un cheminement de pensée allant dans ce sens).
C'est peut etre pas pour parler de consensus mais plutot de réalités cliniques.
04/04/2010 à 01h04
C'est un peu méli mélo tout ça : d'abord, sur pubmed, il y a toutes les publications médicales parues dans les revues scientifiques. Ce sontaussi bien des études cliniques sur patients que des études in vitro, certes souvent plus nombreuses.
Ensuite, tu devrais savoir qu'il est totalement impossible pour un clinicien, c'est à dire un praticien dans son cabinet, de produire des conclusions valables scientifiquement. Tout simplement parce que c'est antinomique avec ce qui définit une expérimentation scientifique.
Tout au plus peut-il fournir des informations sur son ressenti, sa manière de faire, ses tours de main, mais cela ne peut servir que de manière anecdotique. Intéressant, souvent utile, mais insuffisant pour en tirer une conduite à tenir irréfutable.