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DEFICIT SECU
20/07/2010 à 20h55
Creusons le trou de la sécu, c'est bon pour nous !
Le "trou de la sécu" est devenu presque aussi attaché à l'image que que nous avons de notre pays que le château de Versailles ou la Tour Eiffel. Il est vécu comme une espèce de fatalité qui laisse régulièrement place à la volonté de le combler. Cette politique porte sur la culpabilisation (les français consomment trop de médicaments) ou la désignation de responsables (les vieux). Les leviers utilisés sont soit une (légère) augmentation des recettes soit des déremboursements qui font augmenter la part des mutuelles privées (la sécu finance environ 77% des dépenses et ce chiffre s'érode lentement). Et finalement, si augmenter les dépenses de santé, c'était bon pour nous? Cette idée iconoclaste ne sort pas uniquement de mon cerveau tordu mais également des travaux de Brigitte Dormont.
Etat des lieux
Le fameux trou a commencé à se creuser depuis 20 ans et le déficit s'amplifie à l'exception notable du tournant du millénaire marqué par une forte croissance économique et une baisse du chômage. L'année 2010 devrait marquer un nouveau record.
Les dépenses les plus importantes concernent l'hôpital (45% du total), la médecine de ville (plus de 25%) et les médicaments (20%). On voit donc que ces derniers, qui sont souvent pris pour cible et comme base de la politique de réduction des déficits (campagne de com', génériques, ...) ne représentent qu'1/5ème du total.
La France dépense-t-elle plus que les autres pays pour sa santé ?
Deux constatations s'imposent :
•Nous sommes bien dans le "haut du panier" (11.2% du PIB consacré à la santé), 2 points au-dessus de la moyenne des pays de l'OCDE. Mais nous sommes à un niveau très proche de voisins comme la Suisse, l'Allemagne ou la Suède. Et nous sommes très, très loin des Etats-Unis
•Nous sommes le pays de l'OCDE dont le financement public de la santé est le plus élevé (8.3% du PIB). Ceci résulte de notre choix d'avoir un modèle massivement basé sur la solidarité organisée par l'État
Qu'en est-il de l'évolution? Elle est massive. Entre 1960 et 2006, la part de la richesse nationale consacrée à la santé est passée dans l'Hexagone de 3.8% à 11.1%. Dans le même temps, elle bondissait de 5.1% à 15.3% aux USA. Bref, la France n'est pas surconsommatrice de santé comme on l'entend souvent, elle s'inscrit dans une tendance lourde observée dans tous les pays industrialisés.
A qui la faute ?
L'espérance de vie s'est accrue considérablement, ceci a été dit et redit lors du débat sur les retraites. Et elle va continuer de s'accroître. Dès lors, il est tentant (et beaucoup le font) d'imputer à la part grandissante des vieux l'augmentation des dépenses de santé. Ce n'est pas si simple. Comme on pouvait s'y attendre, la consommation de santé s'accroît avec l'âge :
Mais il faut se méfier des stats. En effet, des études menées sur les dépenses de Medicare (couverture maladie pour les plus âgés aux Etats-Unis) montrent que 30% des dépenses sont absorbés par les 5% de patients qui décèdent dans l'année. Les dépenses de santé augmentent donc avec l'âge mais surtout avec la proximité de la mort (qui intervient souvent, fort heureusement, à un âge élevé) :
Ainsi, le vieillissement de la population n'explique pas les hausses de dépenses de santé plus l'espérance de vie augmente, plus la mort est repoussées ainsi que les dépenses afférentes. Le fait que les dépenses de santé pour un individu augmente à l'approche de la mort n'est évidemment pas un plaidoyer en faveur de l'euthanasie. Si l'argument moral n'était pas suffisant, des études ont montré que le pronostic des médecins quant aux chances de survie des patients âgés entrés à l'hôpital est relativement peu fiable ...
Alors d'où vient l'augmentation? Des changements de pratiques médicales et de l'introduction de nouvelles technologies (opératoires ou médicamenteuses). Cela ne veut pas dire que ces nouveaux traitements coûtent plus cher. Au contraire, ils sont souvent moins coûteux. Mais comme ils sont (en général) plus efficaces et comportent moins d'effets secondaires, ils sont applicables à plus de personnes. C'est donc l'effet de volume qui tire les dépenses vers le haut.
Prenons le cas de l'infarctus. Il est dû au fait que les artères coronaires se bouchent. On procédait auparavant par pontage: il fallait opérer à cœur ouvert, ce qui ne pouvait pas être appliqué à tous et comportait une chirurgie lourde avec des risques post-opératoires importants. On peut maintenant visualiser les artères de façon non invasive via la cathéterisation puis dilater les artères (angioplastie) avec éventuellement un petit ressort (le stent) pour empêcher l'artère de se refermer. Ces dernières techniques se font en remontant via les artères mais sans ouvrir le thorax. Elles coûtent donc moins cher mais ont été appliquées à beaucoup plus de patients. Le bénéfice thérapeutique global sur l'ensemble de la population est indéniable mais le coût est plus élevé au global. Notons que l'augmentation de la dépense peut être maximisée par la prévalence de la maladie (c'est le cas pour les maladies cardio-vasculaires) mais le graphique suivant isole ce facteur (il est exprimé en % des patients).
Au final, sur les 54% d'augmentation de dépenses entre 1992 et 2000, on peut décomposer entre :
•+58% pour les changements des pratiques médicales
•-10% pour les changements de morbidité (moins de maladies)
•+3% pour l'augmentation de la taille de la population
•+3% pour le vieillissement de la population
Jusqu'où aller et comment financer?
Evidemment, tous les progrès ne sont pas bons et certaines techniques ou médicaments apportent un surcoût sans réelle avancée. Mais au final, ces surcoûts correspondent à un réel bénéfice aux malades et à la société. Dès lors, peut-on fixer un niveau de dépenses optimal pour maximiser ce bien-être?
Des études ont été menées à ce sujet. Le premier apport est bien sûr celui de la vie allongée et/ou améliorée, pour le malade mais aussi sa famille, son entourage, le capital "culturel" du malade,... Comment quantifier le coût d'une année de vie? Certaines études chiffrent une vie entière entre 2 et 9 millions de dollars. D'autres à 6 M$ (basés sur les chiffres US de l'Agence de Protection de l'Environnement). La base a été fixée à 100.000$ par année de vie en plus par Cutler. Bref, ce montant est forcément sujet à débat et il ne peut exister une vérité indiscutable sur la question. Néanmoins, fixer cette valeur est nécessaire pour jauger de l'efficacité et de la nécessité des politiques en matière de santé.
Ce montant est pondéré par un coefficient appelé QALY (Quality Adjusted Life-Year). Une dépression guérie va par exemple permettre d'améliorer la vie d'un patient d'un coefficient QALY de 0.3 et donc rapporter 30.000$ de bénéfice social. Sauver un patient de la mort a un QALY de 1 (et donc "génère" 100.000$). Si l'on reprend l'exemple du traitement des infarctus, pour chaque année de vie en plus (100.000$), le surcoût a été de 30.000$. On peut donc dire très trivialement que "ça vaut le coup".
Et encore, le calcul fait l'impasse sur les bénéfices plus directs: un homme sauvé d'une crise cardiaque à 50 ans va pouvoir travailler 10 ans de plus, un dépressif guéri retravailler,... Il y a donc un vrai gain économique et humain en face de l'augmentation des coûts de santé. Jusqu'où doit-on aller comme cela? Des études ont montré que l'optimum pourrait être autour de 25% du PIB consacré à santé, soit plus du double de la part actuelle ! Au-delà, on passe l'optimum et les soins coûtent plus chers que le bénéfice attendu. Loin de restreindre les dépenses de santé, il nous faudrait donc les augmenter ! Si, comme on l'a entendu à l'envi lors du débat des retraites, «l'espérance de vie n'a cessé d'augmenter depuis 50 ans et cela va augmenter», c'est en bonne partie grâce à l'augmentation des dépenses de santé. Et si l'on veut que cela continue, cela ne se réalisera pas en dépensant moins.
Comment financer tout cela? Seule une hausse drastique des cotisations peut le permettre, ce qui ne manquerait pas de provoquer une levée de boucliers sur le pouvoir d'achat des ménages et/ou la compétitivité des entreprises. Pour ce qui est des ménages, la santé n'est-elle pas une priorité entre les priorités? Quant aux entreprises, si l'augmentation du coût du travail est un frein, le fait d'évoluer dans une société avec des salariés mieux soignés, plus en forme, moins souvent en arrêt de travail doit aussi être pris en compte.
Crédit photo : cc coljay72 sur Flickr
Réagissez à la note !
source: liberation.fr
21/07/2010 à 15h23
Mettre l'âge de la retraite à 70 ans minimum !
ça permettra de faire rentrer plus de cotis et donc de mieux couvrir les dépenses de santé, c'est marrant que Libé n'y ait pas pensé .
21/07/2010 à 15h38
lezard écrivait:
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> Mettre l'âge de la retraite à 70 ans minimum !
Créer des emplois en France étant de plus en plus compliqué, lourd, taxé et cher, donc dissuasif pour les entreprises et donc la France ayant le taux de chômage chez les jeunes le plus élevé des grands pays de l'OCDE, quels boulots voudrais-tu filer aux mecs d'environ 70 ans ?
21/07/2010 à 16h13
ben balayeur ou pompiste ou rammasseur de canettes comme aux usa ca marche tres bien!
21/07/2010 à 16h13
ben balayeur ou pompiste ou rammasseur de canettes comme aux usa ca marche tres bien!
21/07/2010 à 16h13
hop écrivait:
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quels boulots
> voudrais-tu filer aux mecs d'environ 70 ans ?
Footballeurs en équipe de France ?
21/07/2010 à 16h23
matten écrivait:
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> ben balayeur ou pompiste ou rammasseur de canettes comme aux usa ca marche tres bien!
Pourquoi ne pas filer en priorité ces jobs aux jeunes chômeurs plutôt qu'aux vieux ?
21/07/2010 à 17h52
Biens sur que c'est bon !!
Alors BIEN SUR que la santé va couter de plus en plus cher.
En tout cas, je l'espère.
C'est un CRIME de vouloir faire le contraire.
Cela devrait être un objectif, de pouvoir mettre plus d'argent pour son confort de vie.
Je suis stupéfait que les politiques veuillent diminuer les dépenses de santé !
La question de l'efficacité des dépenses est un autre problème.
L'avenir ?
Pas besoin d'être devin.
En France, le QI est faible, les ressources naturelles quasi inexistantes, il persiste une certaine ploutocratie.
La France est incapable de REFORMER, et le dirigisme d'état bat des records: il décide de TOUT alors qu'il est incompétent !!
Faudrait augmenter fortement le PIB, comme la chine, l'Inde ou le Brésil.
Pour la France c'est impossible.
Donc, comme d'habitude, il va y avoir de la souffrance et des morts, des conflits permanents partout, ce sera moche mais c'est comme ça.
Chacun fera au mieux 'au jour le jour'.
Et évidemment, les cotisations vont augmenter.
Le travail des gouvernements est de trouver une excuse qui 'passe bien'.
Tiens on va commencer tout de suite par annoncer 'qu'il faudra faire un effort.'
Allez, je vais bosser..
21/07/2010 à 21h56
Hop, pas pu répondre plus tôt because beaucoup de boulot et plus d'assistante
A quel job je fais allusion, j'sais pas moi, dentiste au hasard, c'est bien à 67 ans mini la retraite qui nous est promise ??
Je pensais évidement plus aux boulots qualifiés: pourquoi un pilote doit-il prendre sa retraite à 55 ou 60 ans , si on pense qu'il est plus bon pour piloter , il ferait sans doute un très bon instructeur pour les jeunes en formation. Pi qui c'est qui décrète qu'il est dangereux pour les passagers, c'est sans doute pas ce qu'ont du penser les passagers partis de la Guardia et qui on amerri sur l'Hudson quelques minutes plus tard, le pilote avait plus de 60 ans , son expérience et son sang-froid ont permis de sauver tous les passagers et l'équipage ( je sais c'était aussi un remarquable pilote de planeur).
22/07/2010 à 13h23
paradoxe écrivait:
------------------
> En France, le QI est faible, les ressources naturelles quasi inexistantes
>
>
>
>
>
en une phrase, une hypothèse et sa preuve.....
22/07/2010 à 17h50
La prevention.... permettrait, à moyen terme, de reduire le cout en traitement de caries, paro, prothese et autres pathologies definitives consequences d'une prise en charge politique de la maladie et de ses CONSEQUENCES.... souci: faut y mettre des moyens immediatement et obliger les patients ET les therapeutes à changer de mode de fonctionnement.
Evidemment je réve car 1/ le budget sera pas libéré et 2/ on changera pas les mentalités des français..... encore que, concernant la nécessit&é de la prevention et son corollaire, non moins obligatoire, d'honorer correctement les therapeutes les choses pourraient changer.
Je vais citer ici un resumé succint d'un article du nouvel obs de la semaine derniere, rubrique courrier des lecteurs, concernant le "care", sujet abordé par martine aubry, qui pourrait, peut être, alors redorer son blason auprès de nous dentistes:
Serge Guerin, à priori economiste, a sorti un bouquin recemment "de l'état providence à l'état accompagnant" où il dit en substance: "penser le "care" met à jour les effets du productivisme qui vulnerabilise les individus", "accompagner l'autre ce n'est pas l'assister mais au contraire le soutenir pour lui permettre de construire son projet de vie,. Accompagner c'est aussi développer une politique de prevention, gage d'économie à terme, et eviter l'aggravation des situations de fragilité, de marginalité et d'exclusion".
Pour conclure (mais j'attend vos reactions), pour moi la cmu a été une grande avancée pour l'accés au soin des plus démunis, certes les honoraires réglementés sont maigres et nous sommes les seuls à subir la perte financiere. Imaginons que le principe cmu soit généralisés à tous les assurés, charge à nous et nos syndicats d'obtenir des tarifs décents pour les soins et la prothese...
Autre chose aussi, et là je rebondis sur le débat avec les prothesistes et le risque de la denturologie: si on peut vivre correctement des soins appliqués à TOUS les français (peut être serait-il bon de revoit aussi les conditions de prise en charge gratuite des étrangers, reguliers ou pas), donc disais-je, si les soins étaient correctement honorés, on pourrait sans doute accepter de minorer les honoraires de prothése... et pourquoi pas les déléguer à des denturologues correctement formés, au même titre que certains pays europeens ont autorisé les hygienistes...
Tout ça pour essayer d'aller contre ce climat de mauvaise humeur et de colére qui régne sur le forum en ce moment.
OK "on" nous fais chier, OK c'est plus dur et moins rentable que 30 ans en arriere mais soyons honnetes, voulons-nous faire un autre metier?
a+
--
"On a toujours le choix! Mais entre quoi et quoi?
Vas-y boulégue et l'avenir te le dira!"
22/07/2010 à 18h55
Algi écrivait:
--------------
> obliger les patients ET les therapeutes à changer de mode de fonctionnement.
'obliger' est le début du totalitarisme.
> .. sujet abordé par martine aubry..
ok, je comprends mieux l'origine de tes idées ;-))
22/07/2010 à 20h56
Pas trés constructif comme intervention n'est-il pas? Concernant "martine" elle est pas obligée de commettre que des erreurs mais faut avouer que son passif vis à vis des dentistes est lourd...
Aprés, concernant les obligations au vu du tempéramment des français je vois pas comment les faire changer sans les obliger... si t'as des solutions....
Allez je me rentre, à +
--
"On a toujours le choix! Mais entre quoi et quoi?
Vas-y boulégue et l'avenir te le dira!"
22/07/2010 à 21h15
Algi écrivait:
--------------
> Pas trés constructif comme intervention n'est-il pas?
Toi tu trouves constructif de dire qu'il faut 'obliger' les gens à faire quelque chose ? pas très respectueux des libertés, n'est-il pas ?
22/07/2010 à 22h23
Prévention, incitation, obligation, sanction.
Quel est selon toi celui de ces termes qui te paraît le plus approprié pour l'établissement d'une conduite destinée à maintenir un état de santé convenable dans l'ensemble de la population française, en protéger la démographie, et en limiter l'incidence sur le budget de l'Etat?
22/07/2010 à 22h54
mark's écrivait:
----------------
> Quel est selon toi celui de ces termes qui te paraît le plus approprié
Information
> pour l'établissement d'une conduite destinée à maintenir un état de santé convenable dans l'ensemble de la population française
éducation, notamment celle des parents.
> en protéger la démographie,
Je ne vois pas trop, la démographie ? la pilule contraceptive pour tous ?
> et en limiter l'incidence sur le budget de l'Etat ?
Chacun fait ce qu'il veut et donc est libre de choisir son assurance. On propose, on n'impose pas. Du coup l'état fait des é-co-no-mies.
C'est quoi le sujet ? déficit secu ?
22/07/2010 à 23h17
mark's écrivait:
----------------
> Prévention, incitation, obligation, sanction.
>
Moi je dirais Pognon...
Tant que prévention rimera avec bénévolat, il ne faudra pas s'étonner qu'elle soit si peu pratiquée.
Je suis toujours étonné d'entendre des confrères (et dieu sait qu'ils sont nombreux) réclamer des contraintes supplémentaires.
22/07/2010 à 23h51
"Tu comprends, je suis mon meilleur modèle car là, j'ai un chien en ce moment à côté de moi et je le caresse, et c'est très, très beau d'avoir son propre moi-même ! Il y a un an, je t'aurais parlé de mes muscles."
JaClaVpexD
23/07/2010 à 00h31
alapex écrivait:
----------------
> "Tu comprends, je suis mon meilleur modèle car là, j'ai un chien en ce moment à
> côté de moi et je le caresse"
il bande ?
(toi aussi ?)
23/07/2010 à 01h51
vitalic écrivait:
-----------------
> alapex écrivait:
> ----------------
> > "Tu comprends, je suis mon meilleur modèle car là, j'ai un chien en ce moment
> à
> > côté de moi et je le caresse"
>
> il bande ?
> (toi aussi ?)
Quand tu fais le calcul, premièrement, entre penser et dire, il y a un monde de différence et ça, c'est très dur, et, et, et... c'est très facile en même temps. Donc on n'est jamais seul spirituellement avec son anatomie , c'est pour qu'il ne faut pas parler de ses possibilités ou pas !
23/07/2010 à 13h16
Concernant la rémunération des Professionnels de Santé, le constat des défauts de la "rémunération à l'acte" a été fait très officiellement (priorité 1 : actes infirmiers, priorité 2 : médecins).
On réfléchit non à sa suppression, mais à des modulations.
C'est difficilement applicable pour des dentistes, mais il faut absolument trouver une solution intégrant une capitation : ce n'est pas une baisse des revenus des PS qui est recherchée, mais une meilleure efficience.
rapport IGAS RM2008-147P -
Janvier 2009 –« Le système de rémunération doit favoriser une amélioration de la prise en charge globale du
patient. Il doit prendre en compte la valeur ajoutée du médecin pour restaurer la santé du patient et pas
seulement une succession d’actes techniques isolés et cumulatifs dont la contribution aux soins ne répond pas
à une stratégie cohérente dans la prise en charge, notamment pour les maladies chroniques. Il doit favoriser
l’interaction entre la prise en charge hospitalière et ambulatoire, par une cohérence des modes de
rémunération ».
23/07/2010 à 13h29
autre exemple, extrait d'un rapport récent remis au ministre :
"La mission a conscience que cette évolution demande un travail technique et de concertation avec les différents acteurs qu’il ne lui revient pas de mener. Elle attire cependant l’attention sur le fait que, faute de s’engager dans cette voie, ces nouveaux modes d’organisation et de pratique professionnelle (on parle des exercices groupés, maisons de santé, dans l'ambulatoire libéral, etc) risquent de rencontrer des difficultés d’équilibre budgétaire analogues à celles que connaissent bien les centres de santé.
Pour avancer dans cette direction de manière résolue, la mission préconise :
- D’amplifier l’expérimentation des nouveaux modes de rémunération prévue dans le LFSS 2008 tout en assurant son suivi régulier par le Parlement et de passer rapidement à
l’extension de ces formes de rémunération, sous réserve des résultats obtenus. Les facteurs de précarité devraient y être mieux pris en compte, ceux-ci demandant des efforts de coordination, d’articulation santé/social et d’actions de santé publique renforcées ;
- De mettre en place une nouvelle classification des actes médicaux visant à couvrir l’ensemble des activités médicales, qu’elles soient cliniques, médico-techniques ou mixtes (forfait, capitation…). Des modalités permettant de resserrer les liens entre activités, résultats et
rémunérations, déjà partiellement explorées dans certains pôles de santé, pourraient également être expérimentées. Un système de rémunération à la performance collective de la structure portant sur des objectifs d’efficience et de qualité des soins pourrait être ainsi expérimenté, basé sur le volontariat des structures : maîtrise des prescriptions, couverture vaccinale de la patientèle, moindre recours aux urgences hospitalières pour les petites urgences etc. ;
– D’impulser une étude visant à mieux cerner les avantages médico-économiques de ces structures, portant sur leurs coûts réels mais incluant également les éventuelles économies réalisées sur les dépenses de médicaments, d’examens complémentaires, de recours aux urgences ou
d’hospitalisations. Cette étude, comparative de l’exercice habituel, devrait être faite sous le pilotage conjoint de l’Assurance Maladie et la Direction de la Sécurité Sociale."
23/07/2010 à 13h53
ameli écrivait:
---------------
> Un système de rémunération à la performance collective de la structure portant sur des objectifs d’efficience et de qualité des soins pourrait être ainsi expérimenté,
C'est des technocrates qui écrivent ce genre de papelards ?
23/07/2010 à 14h12
Tiens, voilà les auteurs du rapport, pas de technocrates !
Jean-Marc JUILHARD, Sénateur du Puy de Dôme
Bérengère CROCHEMORE Interne en Médecine Générale Ex Présidente de l’ISNAR-MG
Annick TOUBA ,Infirmière libérale, Présidente du Sniil
Guy VALLANCIEN Professeur à l’Université Paris Descartes
Coordination : IGAS, Docteurs Laurent Chambaud et Françoise Schaetzel