Cookie Consent byPrivacyPolicies.comqu'auriez vous fait? - Eugenol

qu'auriez vous fait?

azerty

30/03/2011 à 18h10

la fille d'une de mes patiente, ensceinte de 8 mois de son 2eme enfant a eu un tres grave accident de voiture.
le fille est en fauteuril pour quelques mois,le bébé a été accouché sous le choc. son cerveau est endommagé a 95%. au mieux un état végétatif . mise sous respiration artificielle, opérations.... je passe les détails. on dit aux parents de se préparer au décès.
finalement le petit ne décède pas.
sachant que le suivi est hyper lourd pour les parents, qu'il n'y a pas de structure d'acceuil pour après, qu'auriez vous fait?
s'acharner a le faire vivre avec les conséquences que cela implique? et franchement, es ce une performance médicale de récupérer un nouveau né dans cet état?
laisser le destin faire?
qu'auriez vous fait a leur place sachant que vous savez que le futur sera un enfer pour les parents?


JUAN

30/03/2011 à 18h20

sympa après les news de pluton! c'est à qui décrira l'histoire la plus horrible non? chienne de vie tiens!


Img 3657 cwjvqm - Eugenol
alapex

30/03/2011 à 18h36

Oui , c'est très sympa en ce moment .
J'ai enterré un ami il y a 15 jours , hier le père d'un autre ami ...j'ai quarante douze de tension , sous lisanxya la nuit et Natispray (trinitrine) dans ma poche .


Jocker pour moi .


Grueavatar nptrc9 - Eugenol
Le Choixpeau magique

30/03/2011 à 19h56

Je peux me tromper mais je ne crois pas que dans ces cas là ce soit aux parents de décider.
Soient les médecins considèrent que l'enfant est viable (avec toute l'étendue de ce que ce terme peut supposer dans ces cas là), soit ils considèrent que ce n'est pas le cas et ils ne réaniment pas.
Pour avoir fréquenté un peu le milieu des grands polyhandicapés, il y a pas mal de cas où il y aurait peut être mieux fallu que les médecins ne s'acharnent pas, mais pour certains ce n'est pas possible.


Img 3657 cwjvqm - Eugenol
alapex

30/03/2011 à 20h50

Les médecins sont là pour sauver des vies , pas pour prendre de décision en tenant compte de l'avenir du malade .
La sainte église , tout le monde connait son avis .
Les parents ne peuvent pas demander à ce que le médecin débranche .
Tout cela est compliqué , en tout cas on ne peut juger des parents qui penseraient à , pour le "bien" (désolé pour le mot) de l'enfant , pour leur bien à eux sachant qu'ils ne pourraient faire face aux soins d'un enfant handicapé .


heron

30/03/2011 à 21h12

Pour avoir malheureusement été confronté à ce problème ( jumeaux nés à 6 mois de grossesse, je peux vous dire que l'équipe médicale donne son avis mais écoute aussi celui des parents. Ces décisions sont très difficiles à prendre pour tout le monde. Il ne se passe pas une semaine sans que j'y pense et je crois que le service médical doit se souvenir longtemps aussi de ce genre de situation. C'est vrai qu'après ça on relativise beaucoup nos problèmes de dents à soigner...
Nous avons choisi de laisser faire la nature: ils auraient pu être handicapés lourdement (ou pas), la nature a choisi de nous les reprendre (ils sont décédés), c'est sans doute mieux ainsi, nous n'auront pas à porter le poids de les avoir euthanasiés. Mais chaque histoire est différente et chacun fait avec son bagage intellectuel, culturel et affectif.


Bagheera tudzjy - Eugenol
bagheerra

30/03/2011 à 21h32

Bonjour, on me demande notre avis, donc je donne le mien, un peu à contre-courant. S'il ne vous plait pas, tant pis.

Mon petit frère, sans facteur de risque connu, a fait un AVC à l'âge de 13 ans, suivi de 2 hémorragies intra-crâniennes et d'un spasme cérébral. Cerveau endommagé bien sûr.
Coma profond, pronostic vital engagé, respirateur artificiel donc "débranchable" facilement, etc.

25 ans après, il est triplégique, en fauteuil à vie, incontinent, a des dégâts cérébraux majeurs, un syndrome frontal, capacité de concentration limitée à 7,5 secondes, aucune mémoire immédiate, aucun repère ds le temps ni dans l'espace,
MAIS il se déplace, fait des blagues à longueur de temps, a des amis, il peut communiquer, donner et recevoir. C'est le parrain de mon aîné. Bref, il est ce qu'il est, mais c'est une personne humaine, c'est mon frère.

Alors la peine de mort ? (c'est une comparaison, ne vous choquez pas) Elle est sans doute justifiée dans certains cas selon certains critères avec lesquels on est d'ailleurs pas forcément d'accord, mais il y a toujours un DOUTE... donc je préfère m'abstenir.

Est-ce que c'est facile à vivre ? bien sûr que non. Tout le monde préfèrerait que ça se passe autrement. Mais est-ce que c'est vraiment tout noir ? certainement pas. Il y a bcp de sacrifices, mais beaucoup de choses positives à en retirer. Il suffit de les voir.

La position de la "sainte Eglise" est connue, ce n'est pas une interdiction mais une invitation à s'occuper de tous les être humains tels qu'ils sont. A les aimer, quoi. Positif, non ?

Je plains bcp ces parents, mais si toutes les personnes qu'ils croisent tirent la tronche, ce sera encore plus difficile. Si tout le monde propose son aide, ça peut se passer mieux.

Voilà, ça ne m'empêche pas de repousser avec force l'acharnement thérapeutique inutile.


Grueavatar nptrc9 - Eugenol
Le Choixpeau magique

30/03/2011 à 22h17

bagheerra écrivait:
-------------------
> Alors la peine de mort ? (c'est une comparaison, ne vous choquez pas) Elle est
> sans doute justifiée dans certains cas selon certains critères avec lesquels on
> est d'ailleurs pas forcément d'accord, mais il y a toujours un DOUTE... donc je
> préfère m'abstenir.

Il y a une distinction entre ce qu'on essaye de mettre en place actuellement (l'euthanasie, qui consisterait à dire à ceux qui sont difficiles à vivre pour leurs proches "vous savez, maintenant vous avez le droit de demander à ne plus être un boulet pour les autres"), et l'acte médical qui consiste, devant une personne non viable, à limiter l'acharnement.
Je ne sais pas exactement à quoi correspond un cerveau non fonctionnel à 95%, mais je suppose que si la personne est "sauvée" (ou plutôt survivante), elle aura une vie qui n'aura pas beaucoup de sens ?
Tout ça ne peut pas bien sûr amener des réponses définitives, mais je ne pense pas qu'il soit bon de laisser le poids de cette décision aux parents.



Pa050055 igyagy - Eugenol
mark

30/03/2011 à 23h11

Le médecin informe les parents des risques et du pronostic, et prononce l'éventualité d'une décision de refus d'acharnement thérapeutique.

Les parents examinent les conditions prévisibles d'une vie de leur enfant et le retentissement sur l'ensemble des leurs, y compris des frères et soeurs existant ou à venir, et se prononcent auprès du médecin.

C'est le seul cas de figure où j'entrevois la possibilité d'influer sur le triste cours de la vie de chacun.

Rien moins qu'un "avortement" différé au-delà de la naissance dans les limites de la loi et du supportable pour chacun.


Bagheera tudzjy - Eugenol
bagheerra

31/03/2011 à 13h54

Le Choixpeau magique écrivait:
------------------------------
> Il y a une distinction entre ce qu'on essaye de mettre en place actuellement
> (l'euthanasie, qui consisterait à dire à ceux qui sont difficiles à vivre pour
> leurs proches "vous savez, maintenant vous avez le droit de demander à ne plus
> être un boulet pour les autres"), et l'acte médical qui consiste, devant une
> personne non viable, à limiter l'acharnement.
> Je ne sais pas exactement à quoi correspond un cerveau non fonctionnel à 95%,
> mais je suppose que si la personne est "sauvée" (ou plutôt survivante), elle
> aura une vie qui n'aura pas beaucoup de sens ?
> Tout ça ne peut pas bien sûr amener des réponses définitives, mais je ne pense
> pas qu'il soit bon de laisser le poids de cette décision aux parents.
>
>

Qu'est-ce qui donne du "sens" à une vie ? vaste question et pas de réponse définitive, mais je ne pense pas que cela se limite aux capacités intellectuelles et physiques de la personne. Nous valons plus que cela.


F e01w igu3rl - Eugenol
roumette

31/03/2011 à 15h01

Au mieux un état végétatif ?

Moi, je pense à l'aîné, qui n'est peut être pas en âge de juger de la situation et qui en subira les conséquences plus tard.

Non. Je n'imposerai pas cela à un enfant.