Cookie Consent byPrivacyPolicies.comBrevets : les laboratoires au bord du précipice - Eugenol

Brevets : les laboratoires au bord du précipice

azerty

10/01/2012 à 19h03

Brevets : les laboratoires au bord du précipice
Les grands labos font face à "la falaise des brevets", ou "patent cliff". Leurs médicaments phares vont tomber dans le domaine public, entraînant un manque à gagner colossal.
Publié le 29/11/2011

Pour les laboratoires pharmaceutiques, 2012 est déjà étiquetée comme annus horribilis. Entre le troisième trimestre 2011 et le premier trimestre 2013, huit des médicaments parmi les plus vendus au monde verront leur brevet arriver à échéance aux Etats-Unis ou en Europe (tableau ci-après). A eux seuls, ces médicaments ont généré près de 52 milliards de dollars de recettes en 2010, soit 6% du marché mondial. Bref, c'est un véritable tsunami qui va s'abattre sur ces grands laboratoires, la plupart d'entre eux réalisant la quasi-totalité de leurs chiffre d'affaires grâce à 3 ou 4 médicaments vedette.

Un quart du CA menacé
Ainsi du Lipitor (commercialisé en France sous le nom Tahor), anti cholestérol vedette de Pfizer et médicament le plus vendu au monde : il pèse près de 20% du chiffre d'affaires annuel de l'entreprise mais verra son brevet tomber dans le domaine public fin novembre 2011 aux Etats-Unis et en 2012 en Europe. Le Zyprexa, dont le brevet expire lui aussi fin 2011 aux Etats-Unis, comptait pour 22% du chiffre d'affaires d'Eli Lily en 2010. L'an prochain, le plus gros morceau concerne le Plavix. Cet anti agrégeant plaquettaire, exploité conjointement par Sanofi et Bristol-Myers Squibb, est le deuxième médicament le plus vendu au monde : il a généré 9,4 milliards de dollars de chiffre d'affaires pour les deux laboratoires en 2010. Son brevet expire en mai 2012 aux Etats-Unis.

Les principaux médicaments qui perdront leur brevet entre fin 2011 et fin 2012
Date d'expiration du brevet (USA ou Europe) Médicament Laboratoire Ventes mondiales 2010 (milliards $)
3T 2011 Lipitor / Tahor Pfizer 10,7
4T 2011 Zyprexa Eli Lilly 5,73
1T 2012 Seroquel AstraZeneca 5,3
1T 2012 Lexapro Forest 2,3
1T 2012 Tricor Abbott 1,6
1T 2012 Provigil Teva 1,2
2T 2012 Plavix Sanofi Aventis et Bristol-Myers Squibb 9,4
3T 2012 Diovan Novartis 6,1
3T 2012 Singulair Merck 5
3T 2012 Actos Takeda 4,3
Source : JDN



Une fois que les versions génériques arrivent sur le marché, la sanction est sans appel : "Les ventes du princeps chutent en moyenne de 80%", affirme Claude Le Pen, professeur à l'université Paris-Dauphine. L'anticancéreux Gemzar d'Eli Lilly a, par exemple, vu ses ventes chuter de 72% en un an après l'expiration de son brevet en novembre 2010. Sans compter une sévère coupe du prix. "Pour inciter à vendre le générique, dont les marges sont moins élevées pour les pharmaciens, l'Assurance maladie diminue en général les prix de moitié", ajoute-t-il.

Les marchés s'inquiètent d'ailleurs au plus haut point. Malgré des rachats d'action massifs et des dividendes généreux censé soutenir leur cours de bourse, le prix de l'action des "big pharma" n'en finit plus de chuter. Et en novembre 2011, l'agence Fitch a dégradé la note d'Eli Lilly de A+ à A, arguant justement de la perte des brevets de ses blockbusters.

Gagner du temps
Face aux échéances, les laboratoires cherchent d'abord à gagner du temps. "Un médicament est généralement protégé par plusieurs brevets, dont la date d'expiration s'échelonne dans le temps", explique Claude Le Pen. Certaines firmes tentent aussi de lancer leur propre concurrent ou une nouvelle formule quelques mois ou quelques années avant l'expiration du brevet. En 2009, le laboratoire Cephalon (racheté depuis par Teva) a ainsi lancé le Nuvigil, une version "améliorée" du Provigil, dont le brevet expire en mars 2012 aux Etats-Unis. Celui du Nuvigil expire lui en... 2023. Les labos se résolvent aussi parfois à fabriquer les génériques de leurs propres médicaments tombés dans le domaine public. "Cela permet au moins de préserver les outils de production", justifie Claude Le Pen.

La perte de revenus totale pour les laboratoires s'élèvera à 120 milliards de dollars pour la période 2011-2015

Enfin, ils tentent de rassurer les marchés sur leur "pipeline", c'est-à-dire les médicaments en phase de test. Problème, ces nouvelles molécules sont bien loin de compenser les extraordinaires recettes de leurs médicaments vedettes. Ce sont pour la plupart des médicaments s'adressant à une cible très réduite. Le produit phare de Genzyme, le Cerezyme, traite par exemple la maladie de Gaucher, qui concerne à peine 500 personnes en France. Mais il est vrai que le traitement médicamenteux par patient frise les 300 000 euros annuels...

Mégafusions et restructurations
Malgré ces parades, la panique règne dans le petit monde des laboratoires. Ces derniers se sont lancés depuis 2009 dans des mégafusions et plans de restructuration massifs. Sanofi a par exemple déboursé 20 milliards de dollars début 2011 pour s'offrir la société américaine de biotechnologies Genzyme, tout en annonçant son troisième plan social en trois ans. Le japonais Takeda compte amortir la perte du chiffre d'affaires de son antidiabétique Actos grâce au récent rachat du suisse Nycomed.

De grandes manœuvres qui ne devraient pas cesser dans l'immédiat, tant les prochaines années ne s'annoncent guère joyeuses : entre 2013 et 2015, d'autres blockbusters vont perdre à leur tour leur brevet, comme l'anti-inflammatoire de Pfizer Celebrex (2,3 milliards de dollars de recettes en 2010), le traitement contre la maladie d'Alzheimer d'Eisai Aricept (3,7 milliards de dollars) ou l'anti ulcéreux Nexium d'AstraZeneca (4,9 milliards). Selon le cabinet d'études IMS Health, la perte de revenus totale pour les laboratoires s'élèvera à 120 milliards de dollars pour la période 2011-2015.

Céline DELUZARCHE, Journal du Net


Cuisinier2 vnbbxx - Eugenol
jeff2

10/01/2012 à 19h14

Et encore quand le scandale du tahor explosera, beaucoup de labo fermeront leur porte, car sans doute l'afssaps aura enfin commencé son vrai travail.
Pour ceux qui ne comprendrait et qui ont du cholestérol, lisez ce livre aux édition Souccar:
"Cholestérol, mensonges et propagandes"


azerty

10/01/2012 à 19h19

je pense que celivre esten complement de l'emission "médicaments a vendre" sur arte il y a qq tp.


Photo thumb 45 lnhuvp - Eugenol
wakrap

10/01/2012 à 20h14

Bonjour,

En voilà un sujet qui me plait.

Pour ne pas faire trop long:
Ce sujet est basé sur une prémisse : la propriété intellectuelle, que des libéraux dont Bastiat ont défendue avec vigueur (et qui pour moi est dépassée), il y a 150 ans, avant sa création juridique.

L'argumentaire est qu'il faut rémunérer l'inventeur pour son investissement, il touche donc des royalties durant une période légale arbitraire connue à l'avance (20 ans pour les médocs). Le prix est fixé en fonction de cette durée.

De là il découle que ils ne perdent absolument rien au terme de cette période. Ils n'auront aucune perte de revenus.
Parler de perte de revenu dans ce cas est aussi absurde que de dire que quand un commerçant a vendu une télé il a ensuite une perte de revenu parce qu'il ne la vendra pas une deuxième fois.
Ils ont touché leur royalties durant la période convenue au départ. Ils ne les toucheront pas une deuxième fois, c'est évident.

Cet article est donc nul, économiquement parlant.


Zorglub

10/01/2012 à 22h43

wakrap écrivait:
----------------
> Bonjour,
>
> En voilà un sujet qui me plait.
>
> Pour ne pas faire trop long:
> Ce sujet est basé sur une prémisse : la propriété intellectuelle, que des
> libéraux dont Bastiat ont défendue avec vigueur (et qui pour moi est dépassée),
> il y a 150 ans, avant sa création juridique.
>
> L'argumentaire est qu'il faut rémunérer l'inventeur pour son investissement, il
> touche donc des royalties durant une période légale arbitraire connue à l'avance
> (20 ans pour les médocs). Le prix est fixé en fonction de cette durée.
>
> De là il découle que ils ne perdent absolument rien au terme de cette période.
> Ils n'auront aucune perte de revenus.
> Parler de perte de revenu dans ce cas est aussi absurde que de dire que quand un
> commerçant a vendu une télé il a ensuite une perte de revenu parce qu'il ne la
> vendra pas une deuxième fois.
> Ils ont touché leur royalties durant la période convenue au départ. Ils ne les
> toucheront pas une deuxième fois, c'est évident.
>
> Cet article est donc nul, économiquement parlant.

C'est un point de vue mais si cela signifie que certains continuerons a vendre ces médocs moins chers et sans faire de recherche, le problème est de savoir si les labos traditionnels vont pouvoir continuer à investir dans la recherche. Nous sommes dans le médical et pas dans le purement économique. N'y a-t-il pas concurrence déloyale entre ceux qui font de la recherche et ceux qui se contentent de retirer les marrons du feu sans jamais faire avancer la science. Prenons les antibiotiques et les résistances, sans trouver de nouvelles molécules, on va assister à de nouvelles épidémies. Les fabriquants de génériques ne devraient-ils pas reverser une part de leurs bénéfices à la recherche ?


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wakrap

10/01/2012 à 23h05

gloubi boulga dans ton propos.
Les labos de recherche ont été payés pour leur recherche: 20 ans de royalties.
C'est un fait.

Vouloir continuer à les payer, si ils ne trouvent rien, n'a aucun sens.
Depuis 20 ans, si ils n'ont rien trouvé, c'est qu'ils sont nuls à ce niveau.
Si ils ont trouvé quelque chose en 20 ans , ils touchent des royalties dessus.

Continuer à les subventionner consiste soutenir un oligopole parasite et inefficace car incapable de trouver de nouvelles molécules.

Pour aller plus au fond, la critique essentielle face à ces droits intellectuels, fait que ces entreprises, une fois une découverte réalisée, concentrent leur savoir-faire non dans ce qu'elles savent théoriquement faire, la recherche, mais dans la commercialisation et l'optimisation de leur rente de situation.


Une solution arbitraire à ce problème de mauvaise allocation des ressources, serait de séparer la recherche de la production.

Les labos pharmaceutiques seraient exclusivement concentrés sur la recherche et toucheraient des royalties de tous les producteurs durant la vie du brevet.

L'avantage serait double: maintenir la spécialisation sur la recherche et laisser des professionnels de la production produire en concurrence et réaliser donc des économies très importantes à ce niveau.

Un labo qui détient un monopole sur la production n'a aucun intérêt à améliorer l'efficacité de sa production, pourquoi s'emmerder à ce niveau puisque le prix de vente sera le même.


Cuisinier2 vnbbxx - Eugenol
jeff2

11/01/2012 à 00h17

Nous sommes arrivé à un stade, où la recherche ne peut plus que fonctionner sans moyen colossaux d'investissement.
La plupart des recherches pharmaceutiques actuelles sont centrée sur le gain, or, la vraie recherche doit être centré sur le non profit et beaucoup de chercheurs que je soigne, le disent, en coulisse.
Passer dix ans de sa vie sur une recherche qui actuellement ne déboucherait sur aucun médicament mais permettrait de guérir des millions de personnes, n'a aucune chance de voir le jour.
Même Bill Gates préfère donner son argent à Monsento, ce qui en dit long sur la grosse pieuvre agro-alimentaire-pharmarceutique qui emprisonne la vraie recherche.

Alors ne pleurez pas sur les gros groupes pharmaceutiques, ils ne leur restent plus qu'à nous balancer quelques nouveaux virus dans l'air pour gagner de l'argent. On en reparlera dans quelques mois.


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wakrap

11/01/2012 à 03h17

Au nez, comme ça , je dirais que l'avenir de la médecine n'est pas dans la recherche pharmaceutique mais dans le génie génétique et les nanotechnologies.
L'age d'or des labo pharmaceutiques est passé, nous changeons de paradigme.

Bill Gates n'a pas tort. L'avenir de la médecine est beaucoup plus dans la génétique.