Tous les forums
Rencontre Syndicat / UNOCAM
07/04/2013 à 19h40
Ce jeudi a eu lieu la fameuse réunion entre l’UNOCAM (Complémentaires : Mutuelles, Assurances et Instituts de Prévoyance) et les Syndicats Représentatifs de la profession afin d’envisager l’édition d’une Charte de Bonnes Pratiques. Un sujet a eu tendance à revenir sur le tapis : les honoraires des chirurgiens dentistes
En introduction de sa Charte, l’UNOCAM nous fait remarquer que le renoncement aux soins bucco-dentaires est essentiellement du à des raisons économiques.
Sur ce point, nous expliquons que cela arrange bien tout le monde de croire à une ineptie pareil (le gouvernement, les médias et les complémentaires santé) mais étant donné que les soins bucco dentaires en France sont pris dans une immense majorité en charge à 100% par une couverture basique (Sécu + mutuelle), il faudra bien dissocier une bonne fois pour toutes les prothèses bucco-dentaires, les actes non opposables et les actes hors nomenclature, des soins opposables qui peuvent expliquer ce renoncement de nos concitoyens à consulter dans nos cabinets.
Nous avons ensuite abordé un sujet «épineux»: la réponse des Complémentaires à leurs adhérents, dans le cas d’une demande d’information sur le restant à charge, suite à l’envoi d’un devis établi par le chirurgien dentiste traitant.
Nous détaillons alors tous les points sensibles qui ont le don d’exaspérer la profession, à savoir :
- Les tentatives multiples d’explications à l’adhérent sans que celui-ci soit demandeur qu’il existe des partenaires dans le «réseau» de la complémentaire qui pratiquent des tarifs bien inférieurs au devis proposé;
- Les tentatives grossières de détournement de l’adhérent vers ses praticiens partenaires du «réseau» basées uniquement sur des critères financiers et non objectifs (ex : inciter un patient à quitter son chirurgien dentiste traitant pour économiser 15 euros sur un devis et l’envoyer à 40 kilomètres de son domicile vers un partenaire du « réseau »);
- Les tentatives pernicieuses de jeter le discrédit sur un praticien en comparant son devis remis au patient avec une supposée « moyenne régionale » des honoraires des praticiens de son secteur (sur quels critères ???).
En effet il est plus facile de semer le doute dans la tête d’un adhérent sur le fait que son praticien est plus «cher» que ses chers confrères aux alentours, sans jamais expliquer à cet adhérent que nous ne sommes pas uniquement des revendeurs de dispositifs médicaux identiques.
Sur ce point, nous tenons à préciser à nos interlocuteurs de l’UNOCAM que si l’on doit comparer nos honoraires (dans 99% des cas établis avec « tact et mesure », ce que nous impose notre Code de déontologie) avec une activité commerciale, ce que n’est pas la santé, alors prenons l’exemple de la restauration:
- En France et ailleurs il existe, fort heureusement, plusieurs types de restauration : les « fast food » type Mc Donald’s, les restaurants conventionnels et les restaurants gastronomiques;
- Imaginons que les complémentaires aient à analyser une facture de «hamburger » établie dans chacun de ces établissements. Il est évident qu’un hamburger type Mc Donald’s n’aura pas au final le même prix que celui réalisé dans un restaurant étoilé.
- En effet, entre un grand chef, une salle de réception, des charges de personnel, l’achat du « produit », sa préparation et sa présentation nous allons obtenir une facture multipliée par 10 par rapport au fast-food et jusqu’à preuve du contraire, il en faut pour tous les goûts.
Si l’on revient à ce qui nous intéresse, il est impossible de trouver des devis bucco-dentaires variant du simple au quintuple pour un même acte, tout simplement car dans chaque région, il y a une « autorégulation » naturelle qui s’opère dans le sens où le confrère qui vient juste de s’installer ne va pas pratiquer des honoraires largement supérieurs à ses voisins. Et si dans le lot, il y en a un petit nombre qui pratique des honoraires largement «majorés» sans aucune valeur ajoutée, à une époque où les infos circulent à la vitesse du web, les patients s’en apercevront très vite sans que les complémentaires s’en mêlent.
Il ne viendrait pas à l’idée de nos concitoyens que toute la restauration proposée en France soit au tarif des «fast-food», car dans un pays qui défend la qualité de sa gastronomie, la liberté individuelle et le libre choix, cela serait assez mal vécu.
Pourquoi alors vouloir appliquer cela à la médecine bucco dentaire et en général à la médecine toute entière?
Un cabinet tenu par un praticien «surdiplômé» avec 2 assistantes en plein centre ville, équipé « high tech», prenant le temps de réaliser chaque étape de soins conformément aux connaissances médicales avérées avec les meilleurs matériaux du marché, faisant appel à un laboratoire de prothèse dentaire français aux tarifs supérieurs à la moyenne régionale et qui pourra, de ce fait, justifier de ses honoraires à la fin des traitements prodigués sur ces patients, pourquoi vouloir jeter le discrédit sur ce type de chirurgien dentiste ?
N’a-t-on pas le droit de proposer ce qu’il y a de mieux et de tirer au maximum vers la qualité dans notre exercice ?
Sommes nous condamnés dans les années à venir à nous aligner sur les méthodes de travail des centres « low-cost » qui pullulent comme la vérole ?
Nos patients souhaitent-ils basculer dans une dentisterie «unique», à bas coût, dont la qualité serait plus que discutable ?
Nos consoeurs et confrères le savent mieux que quiconque, la prise en charge des soins non opposables (prothèses, implants, paro) est proche du néant, et ils essayent depuis 30 ans de s’adapter à cette démission des pouvoirs publics en pratiquant des tarifs raisonnables (dans la moyenne européenne tout en ayant les tarifs de soins les plus bas d’Europe).
Au lieu de se vanter de «financer» 38,3% des 10,3 milliards d’euros de frais dentaires, les complémentaires feraient mieux de prendre enfin en charge ce que leurs adhérents réclament, à savoir les actes non opposables et remboursés partiellement par l’UNCAM, au lieu de les inciter à aller chez le praticien le moins cher de la région qui, pressé comme un citron, se voit imposer ses honoraires par la même complémentaire.
Mais la question est «en ont elles les moyens financiers» ?
En se promenant sur le web pour connaître leurs bénéfices annuels, nous pensons que le «problème» des honoraires dans le bucco-dentaire serait résolu aussi vite qu’une course en monocoque autour du monde ou qu’une campagne de pub annuelle.
Nous verrons avec cette Charte, et nous n’en sommes qu’au début des négociations, si nous arriverons à changer les mentalités au sein de ces plates-formes type Santé Clair... Nous resterons extrêmement vigilants sur ces pratiques douteuses et, la plupart du temps, illégales.
07/04/2013 à 20h12
C'est très bien dit!
A propos, où en est l'idée (la demande lors des négociations?) de ne plus utiliser le terme "dépassements d'honoraires" pour les soins prothétiques?
07/04/2013 à 20h33
c'est réglé pour l'UNCAM et l'UNOCAM, par contre pour les médias c'est autre chose
07/04/2013 à 21h28
ameli-direct aujourd'hui
il n'y a pas de dépassement d'honoraires
juste du "tarif" !
est ce mieux ?
==================
Acte dentaire avec dépassement :
Prothèses et orthopédie dento-faciale
(données observées du 01/07/2012 au 31/12/2012)
Ce(s) acte(s) peu(ven)t faire l'objet d’un dépassement de tarif
==================
sur le SNIR c'est aussi indiqué il me semble
07/04/2013 à 21h31
La CMU complémentaire donne droit à une prise en charge à 100 % de vos soins avec dispense d’avance des frais.
En pratique chez le chirurgien-dentiste
Sur présentation de votre attestation de droit à la CMU complémentaire et de votre carte Vitale, vous n’avez en principe* rien à payer pour les consultations et les soins dentaires, ni pour les soins de prothèse dentaire et les traitements d’ODF dans la limite des tarifs de la CMU complémentaire.
* sauf exigence particulière de votre part, comme par exemple un rendez-vous en dehors des heures habituelles du cabinet. Dans cette situation,votre chirurgien-dentiste peut appliquer un dépassement exceptionnel (DE) qui est à votre charge.
==========================================================
désolé , mais il existe les prothèses "hors panier CMU" qui sont à honoraires libres en ED sans DE
alors , là aussi , il y a une corrrection à apporter
07/04/2013 à 23h12
Patatrasse,
Ce sont de bons arguments que t'apportes face à l'UNOCAM.
Si ce n'est pas déjà fait, celà pourrait être utile aussi d'aller aux négociations avec des documents présentant les tarifs des soins bucco-dentaires et actes prothétiques dans les autres pays européens. De plus, nous sommes extrêmement taxés par rapport à d'autres libéraux en France et par rapport à d'autres pays. Celà montre les gros efforts que nous assumons déjà.
Nous ne sommes pas responsables de l’abandon des traitements prothétiques ou implantaires par nos patients, à la place de la sécu, qui a décidé de ne pas rembourser ces actes médicaux fort utiles et des mutuelles qui la suivent sans gêne.
Qu'attendent-ils de nous en fait, qu'on travaille gratuitement ? car personne ne veut payer les frais bucco-dentaires !
08/04/2013 à 16h38
merci Denty, Picalilly et les autres (mention particulière à Yobi ,c'est très sport de ta part)