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Déserts medicaux, il faut quand meme arrêter.
27/09/2013 à 13h20
http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualite/exercice/un-premier-contrat-de-praticien-territorial-de-medecine-generale-en-poitou-charen
Après le désert médical à aubervillier, voici le désert médical en bordure de chatellerault.
https://maps.google.fr/maps?q=Cenon-sur-Vienne&oe=utf-8&rls=org.mozilla:fr:official&client=firefox-a&channel=fflb&gws_rd=cr&um=1&ie=UTF-8&hl=fr&sa=N&tab=wl
27/09/2013 à 13h42
La définition des zones géographiques destinées aux PTMG ne se fait pas seulement (contrairement à la schématisation de la presse non spécialisée) en fonction de la densité médicale.
J'ai par exemple dans ma région, une zone plutot bien couverte par la médecine générale, avec des chiffres démographiques qui ne sont pas si éloignés que ça de la moyenne.
Seulement, les voyants de morbidité ne sont pas au rouge, ils sont noirs ! Les chiffres de tumeurs, d'AVC et de cardio-pulmonaires y sont absolument catastrophiques. Conséquence directe, la présence médicale doit y évidemment nettement plus forte qu'ailleurs. Comme ces zones sont rarement touristiques, et particulièrement peu attirantes pour les nouveaux praticiens, il faut les attirer avec des carottes ou des garanties.
27/09/2013 à 13h47
Pour les curieux, je signale le site "cartosanté". On y trouve non seulement les données démographiques, profession par profession, mais également les données de santé des populations (quand on va sur cartosanté-pro), y compris les flux de population.
ça permet de mieux comprendre le pourquoi de certains "encouragements" aux professionnels de santé.
Et, évidemment, c'est très intéressant quand on veut s'installer.
27/09/2013 à 14h53
Des encouragements genre "moins de coups de pelle sur la nuque" ? je croyais qu'on en avait fini avec les niches fiscales.
27/09/2013 à 14h59
Ameli, je reproche au discours politique et journalistique sur les déserts médicaux d'être complètement délirant.
Qu'il faille recentrer l'offre de soin et creer des déserts médicaux pour inciter la population à arrêter de s'installer dans des confettis de communes c'est certain.
Par contre le faire en mentant sciemment à la population et en entretenant par un discours démagogique l'idée saugrenue que l'offre de soins restera éclatée.
28/09/2013 à 00h34
Les petits hôpitaux ferment et c'est aux libéraux à qui l'ont demande de se pourrir la vie !
c'est l'hôpital qui se fout de la charité.
28/09/2013 à 08h16
Ameli les problèmes cités pour votre secteur me paraissent faiblement dépendant de la présence de médecins, et surtout dépendant des conditions de vie. La carte si elle est ainsi faite est donc un non sens.
28/09/2013 à 10h23
chicot29 écrivait:
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> Des encouragements genre "moins de coups de pelle sur la nuque" ? je croyais
> qu'on en avait fini avec les niches fiscales.
MDR.
Mon humble témoignage:
Quand j'ai commencé, j'étais en désert médical.
C'était très interressant, très cool, j'étais un nabab, respecté, et je gagnais plus de 15000 euros net par mois, peu de charges, ce qui me permettait de partir tout les WE .
MAIS MAIS , ça c'était avant.
Maintenant, que ce soit désert médical ou ville, c'est galère.
Et je ne suis pas sur que mes confrères isolés gagnent autant et soient aussi respectés qu'avant.
Galère pour galère, autant être là où on est le mieux.
28/09/2013 à 12h28
Shadow écrivait:
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> Ameli les problèmes cités pour votre secteur me paraissent faiblement dépendant
> de la présence de médecins, et surtout dépendant des conditions de vie.
On est d'accord, mais qui doit alerter la population, faire de la prévention, de la diététique, de l'éducation thérapeutique, tisser un réseau anti-alcool, repérer les premiers signes et traitrer aux premiers signes sinon les médecins ?
T'en fais pas, dans des zones en crises sanitaires telles que celle-là, on a tourné et retourné le problème dans tous les sens, la présence médicale renforcée s'impose. Elle n'est pas suffisante pour régler le problème dans sa composante sociale, mais elle est indispensable pour limiter les dégats. Ce ne sont pas des décisions administratives, mais des décisions concertées avec tous les acteurs locaux : médecins, professionnels, politiques, hopitaux, Samu-pompiers, etc.
D'ailleurs dans les cartes publiées par les ARS pour ces PTMG, tu observeras que ces cartes sont (à quelques détails près) la superposition des zones rurales profondes et des quartiers sensibles. C'est logique. On y ajoute les zones en crise sanitaire, qui sont souvent des anciens bassins industriels voués définitivement au chômage, aux retraites anticipées, et aux tiercé-bistrots.
Ce ne sont pas forcément des "deserts médicaux", mais ce sont des endroits où l'offre de soins n'est pas en adéquation avec les besoins.
28/09/2013 à 12h54
ameli écrivait:
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> Shadow écrivait:
> ----------------
>
> On est d'accord, mais qui doit alerter la population, faire de la prévention, de
> la diététique, de l'éducation thérapeutique, tisser un réseau anti-alcool,
> repérer les premiers signes et traitrer aux premiers signes sinon les médecins ?
Les personnels des services sociaux, les professeurs d'ecole, les personnels de la sécurité sociale qui devraient voir des patients avant de voir des dossiers de remboursements à rejetter pour faire des économie et ameliorer leur salaire en fin de mois qui sont payés pour cela déjà avant les medicaux à qui on demande de faire cela bénévolement sur leur temps de travail.
Après, on ne soigne pas un patient contre son grès et demander aux medicaux sans leur donner des moyens de contrainte sur les patients de se demerder les mains vides ne fonctionne pas.
Tu es là dessus dans des choix de vie pour les patients et sans contrainte il ne changeront pas par rapport à ces choix qui sont les leurs.
30/09/2013 à 13h59
barbabapat écrivait:
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> Après, on ne soigne pas un patient contre son grès et demander aux medicaux sans
> leur donner des moyens de contrainte sur les patients de se demerder les mains
> vides ne fonctionne pas.
Si on se laisse aller dans le fatalisme, c'est sur : on n'y arrivera pas.
Il y a des moyens, des structures, des relais, des réseaux, des investissements médico-sociaux lourds. Il faut les placer là où sont les besoins, il faut remettre chaque acteur à sa place. Il faut faire un "état des lieux" régulièrement et s'il le faut, modifier en douceur le paysage sanitaire pour l'adapter à la réalité constatée, car l'état des lieux (critère géographique et critère sanitaire) d'aujourd'hui n'est pas celui d'hier.
L'exemple typique, ce sont les CSAPA (lutte contre la toxico, substitution...) : à quoi ça sert de prioriser de la toxico en centre ville, et pas dans les "zones" ?
Il n'y a pas à faire de la contrainte, mais déjà il faut placer une offre en face d'un besoin. Puis seulement, il y aura de la demande. Et quand la demande sera là, la prévention sera là, et les finances baisseront : c'est le manque de soins qui coute cher, pas le soin !
Je pense que tu n'as pas conscience de la gravité de ce problème qui est un problème majeur de la politique sanitaire : ce n'est pas une question de financement, c'est une question de répartition judicieuse de ces moyens sur le territoire. C'est valable autant pour la médecine générale, le premier recours, les urgences, le sanitaire hospitalier ou le médico-social.
Le laisser-faire crée des décalages énormes, et des trous sur la carte. Comme on ne peut pas déplacer la campagne à la ville, ni l'inverse, ni placer les quartiers défavorisés en centre ville, il faut s'adapter. On ne contraint personne : on place les moyens là où il le faut. Ce n'est pas forcément simple, car on joue sur les priorités, et ça fait forcément des mécontents, surtout au niveau des politiques locaux : si on déplace un CSAPA d'une localité à une autre, ça t'attire les foudres de la commune quittée ! Bin, tant pis.
C'est d'ailleurs un point qui me contrarie personnellement : cette "démocratie sanitaire" et cette négociation permanente. Les acteurs locaux privilégient leur intérêt personnel ou local, et bataillent pour conserver leur petit privilège (celui par exemple de conserver un service d'urgence inutile et peu performant) ; que le voisin souffre ou crève, ils n'en ont rien à taper. Il n'y a pas assez de "hauteur de vue" qui permette de trouver un intérêt public collectif.
Ces fois, je me dis que l'administration est trop gentille. Elle subit des décisions ubuesques, dues à des pratiques politiques partisanes.
30/09/2013 à 17h26
ameli écrivait:
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Comme on
> ne peut pas déplacer la campagne à la ville, ni l'inverse, ni placer les
> quartiers défavorisés en centre ville, il faut s'adapter. On ne contraint
> personne : on place les moyens là où il le faut.
D'un point de vue écologique, il faut revenir sur l'exode en peripherie des grandes ville avec des quartier dortoirs qui ne permettent pas de mettre en place des transports en communs satifaisant. Le tout voiture, tout diesel est mort et habiter ces endroits coutera toujours plus cher en essence avec des zones de travails qui elles sont toujours plus en centralisation. Donc, oui il faut deplacer la campagne à la ville et ne laisser à la campagne que des actifs qui eux peuvent se déplacer. En allemagne, tu as du logement social pour les personnes agées qui permet d'eviter d'avoir trop recours à du personnel pour les sortir de l'isolement et facilite la vie des personnels medico sociaux.
Pour ce qui est des quartiers defavorisés, c'est un probléme de securité publique qui explique la désertion des professionnels de santé. Soit l'etat et les habitants font leur travail en virrant les voyoux, soit ce n'est pas aux professionnels de santé de pourvoir à la demission de l'etat et de la population de ces endroits qui protegent leurs voyoux.
30/09/2013 à 20h13
barbabapat écrivait:
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Donc, oui il
> faut deplacer la campagne à la ville et ne laisser à la campagne que des actifs
> qui eux peuvent se déplacer.
Hihihi. ça fait un peu planification à la soviétique, et c'est à peu près le système en place en Chine, des exemples de libéralisme (?) contemporain.
Disons que je ne partage pas ce point de vue. Je suis trop libéral pour imposer quoi que ce soit de ce genre. Placer les retraités en résidence surveillée urbaine, non merci.
Et faut pas déconner non plus, mettre en place des lignes de bus, c'est jouable. Dans ma communauté de communes, il y a une croissance des transports publics de 8%/an depuis 5 an, essentiellement par minibus (ou taxi collectif). Ce n'est ni compliqué, ni cher. C'est juste une question de volonté.
En allemagne, tu as du logement social pour les
> personnes agées qui permet d'eviter d'avoir trop recours à du personnel pour les
> sortir de l'isolement et facilite la vie des personnels medico sociaux.
On est meilleurs (globalement) que les Allemands sur ce point.
A ce sujet, ils mettent "de coté" leurs bénéfices sur l'assurance-maladie pour financer leurs retards accumulés dans le domaine médico-social. Donc, ils rattraperont leurs retards, mais il faudra quelques années. Mais ils ont un vrai problème : l'Allemagne vieillit très vite, et il leur faudra beaucoup d'argent. Leurs bénéfices ne suffiront pas.
> Pour ce qui est des quartiers defavorisés, c'est un probléme de securité
> publique qui explique la désertion des professionnels de santé.
Oui. Mais le fatalisme et le constat ne suffisent pas à régler le problème.
On n'a pas tant de solutions. On a la solution appliquée à la Nouvelle Orléans après l'ouragan Kathrina : raser le quartier sans reconstruire, et donc disperser/déplacer le problème. On a la solution incitative, mais faut trouver laquelle est la plus pertinente. On a aussi le centre de santé, municipal, associatif ou étatique.
Si on attend que la paix règne grace aux forces de l'ordre, on risque d'attendre longtemps.