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il s'en passe de belles à Toulouse ....
22/03/2014 à 11h36
Une affaire de plagiat secoue la faculté dentaire de Toulouse
Le Monde.fr 19.10.2013 Par Isabelle Rey-Lefebvre
Le couple Christine et Michel Marchal-Sixou, tous deux enseignants à la faculté d'odontologie de l'université Paul-Sabatier (Toulouse-III), se serait bien passés de ces moments pénibles à la barre du tribunal correctionnel de Paris, vendredi 18 octobre. Mâchoires serrées, gestes nerveux, il ont, douze heures durant, dû se défendre de l'accusation de plagiat ou, en langage juridique, de "complicité de contrefaçon d'une œuvre de l'esprit".
L'affaire a démarré en août 2008, lorsque l'un de leurs anciens étudiants, Samer Nuwwareh, porte plainte pour plagiat de son travail de mémoire de master dans une thèse soutenue, en décembre 2006, par Christine Marchal-Sixou. Les emprunts ne sont pas anodins, puisque, selon les huit experts qui se sont penchés sur ces deux documents, pas moins de 44 pages sur les 150 que comporte la thèse sont directement inspirées, voire copiées-collées, moins les fautes d'orthographe, du mémoire de master de M. Nuwwareh. Elles ont, lors de l'audience, été reconnues, par de multiples experts, comme l'élément essentiel constituant l'apport original à la science de cette thèse.
Les débats n'ont pas tant porté sur les similitudes, reconnues de part et d'autre, que sur la paternité de ces travaux : qui a copié qui ? Qui a inventé quoi ? L'affaire est délicate, dans la mesure où Christine Marchal-Sixou et Samer Nuwwareh travaillaient dans le même laboratoire, dirigé par Michel Sixou, doyen jusqu'en septembre 2013 de la faculté dentaire, sur des recherches proches. Ils ont d'ailleurs collaboré étroitement, notamment par échange de mails, ce qui permet de dire, pour la défense de Christine Marchal-Sixou, que le travail de M. Nuwwareh est une œuvre collective, elle-même inspirée des travaux antérieurs de Mme Marchal-Sixou, et appartenant au laboratoire.
UNE THÈSE EN TEMPS RECORD
Du côté de M. Nuwwareh, aujourd'hui installé au Canada et qui avait fait le déplacement, on met en avant les petits arrangements entre amis que se sont autorisés ces deux universitaires. Mme Marchal-Sixou s'inscrit en doctorat à Paris-V-Descartes avec deux directeurs de thèse, un professeur parisien, Christian Hervé, et un toulousain, Gérard Paloudier, mais mène toutes ses recherches dans le laboratoire de son mari. Pour ajouter à la confusion, les deux conjoints ont une seule et même adresse mail, si bien que lorsque M. Nuwwareh écrit à son directeur de labo, sa femme en a immédiatement connaissance.
La thèse de Mme Marchal-Sixou est menée en un temps record – deux ans – grâce aux travaux de tout le laboratoire, où M. Nuwwareh pilote cette recherche
22/03/2014 à 11h43
Faculté dentaire : le doyen contraint à la démission
Publié le 18/01/2014
Michel Sixou a démissionné de ses fonctions à la faculté dentaire.
Mis en cause dans l’affaire de plagiat pour laquelle son épouse a été condamnée et cible de violentes critiques de la part de ses opposants, le doyen de la faculté dentaire, Michel Sixou, a démissionné hier.
Il était un doyen en sursis. En démissionnant, mercredi, de son mandat d’administrateur de l’UFR d’odontologie (la faculté dentaire) de Paul-Sabatier, Michel Sixou a mis un terme à une situation devenue intenable. Président de l’université Toulouse III-Paul Sabatier, Bertrand Monthubert, dit «en avoir pris acte» avant de nommer Hugues Chap comme administrateur provisoire. «Il est notamment chargé de prendre des dispositions pour que la sérénité nécessaire au bon fonctionnement de la faculté soit rétablie» précise Bertrand Monthubert.
Au cours des dernières semaines, le climat était devenu délétère à la faculté d’odontologie : les règlements de comptes, les menaces et les accusations de triche aux élections internes, sur fond de lutte pour la conquête du pouvoir, avaient fini par miner la gouvernance. À un point tel que Bertrand Monthubert a commandité un rapport de l’inspection générale de l’administration de l’Education nationale et de la recherche pour pointer des dysfonctionnements qualifiés de «graves». Lesquels ? Bertrand Monthubert n’entre pas dans les détails. «C’est une situation extrêmement complexe» concède-t-il. Mais il annonce un plan d’action en même qu’une nouvelle mission d’inspection.
Attaqué en justice
Les querelles intestines se sont aussi déplacées sur le terrain judiciaire : le 19 décembre dernier, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Chantal Sixou, épouse de Michel et enseignante à la fac dentaire, pour le plagiat du mémoire d’un étudiant jordanien (lire par ailleurs). Michel Sixou, également poursuivi mais relaxé, affirme qu’à travers son épouse, c’est lui que l’on cherche à atteindre. Ses opposants en effet financeraient l’action en justice du plaignant. L’affaire doit être rejugée en appel et Michel Sixou, maintenant libéré de son devoir de réserve, se dit prêt à contre-attaquer : «Les actions systématiques de dénigrement, plaintes et calomnies d’une minorité d’enseignants et de retraités de cette faculté depuis de nombreuses années ont atteint aujourd’hui une intensité qui a paralysé mes actions dans le cadre de mes fonctions de doyen puis d’administrateur de cette faculté, explique-t-il. La violence des attaques subies par mon épouse et moi-même a également des répercussions graves sur l’équilibre de ma vie privée. Je souhaite pouvoir assurer ma défense et celle de mon épouse de la façon la plus efficace possible en ayant retrouvé une liberté d’expression que ma fonction ne permettait pas».
Bertrand Monthubert salue sa décision : «Il ne pouvait plus exercer son administration dans de bonnes conditions. Le travail doit se faire dans la sérénité et mon rôle est de ramener le calme». En attendant de nouvelles élections et qu’il puisse à nouveau occuper son fauteuil de doyen, Michel Sixou conserve ses prérogatives de professeur universitaire.
Le Parquet fait appel
Le Parquet de Paris a fait appel de la décision de la 31e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Le 19 décembre dernier, les juges avaient reconnu coupable et condamné Chantal Sixou, enseignante à la fac dentaire, à 5 000 € d’amende pour «contrefaçon d’une œuvre de l’esprit au mépris des droits de l’auteur» mais relaxé son mari, Michel Sixou, des faits de «complicité de contrefaçon» pour lesquels il était poursuivi. À l’origine de l’affaire, un étudiant jordanien de l’université Paul-Sabatier de Toulouse, Samer Nuwwareh, aujourd’hui au Canada, avait reconnu dans la thèse de Mme Sixou de nombreux passages de son mémoire (lire «La Dépêche» du 27 décembre et du 14 janvier). Le couple Sixou, qui nie formellement le plagiat, a interjeté appel. «On repart de zéro» considère François Cantier, l’avocat du couple, qui espère pouvoir démontrer en appel que «l’écrit de M. Nuwwareh n’a pas d’antériorité sur la thèse de Mme Sixou».
22/03/2014 à 12h08
C'est dépenser beaucoup d’énergie pour une simple thèse. Je croyais que la science théorique appartenait a tout le monde...heureusement qu'internet est en train de balayer tout ca!*
22/03/2014 à 13h26
adhoc écrivait:
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> C'est dépenser beaucoup d’énergie pour une simple thèse. Je croyais que la
> science théorique appartenait a tout le monde...heureusement qu'internet est en
> train de balayer tout ca!*
apparemment c'était une thèse de DOCTORAT D'ETAT !
dont le sujet faisait avancer à grands pas l'odontologie ...
... ce qui n'empêche pas la propriété intellectuelle d'un écrit ( le copyright )
22/03/2014 à 14h08
"La thèse de Mme Marchal-Sixou est menée en un temps record – deux ans –"
Deux ans pour un "copié collé" ça serait un record en effet... :)