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20 ans...
02/04/2014 à 17h25
Bonjour
01/04/2014, cela fait vingt ans que je suis installé. Ah que de beaux rêves à cette époque, un "beau" métier, des revenus confortables à prévoir, une certaine notabilité. j'étais pétri de certitudes.
Résultat, pour mes neuf premiers mois d'exercice, 369 francs de bénéfice déclaré. Bon, il y avait les intérêts bien sûr, mais quand même, quelle claque. Et puis le métier, l'endo non mécanisé à l'époque, c'était 45 minutes par canal, déjà pas rentable, la DO, OC pareil.
Enfin ce ne fut pas facile, mais j'ai fait le chemin.
D'un point de vue réglementaire, à cette époque, nous étions tranquilles, un livre recettes dépenses, un contrôle radio tous les huit ans et l'on était dans les clous.
En vingt ans, j'ai vu arriver des normes, des contraintes, des contrôles internes, externes,des agences, autorités et j'en oublie, le tout payé avec mes sous. Notre abattement de 20% envolé. Il y eu les tarifs de prothèses CMU.
Il y eu aussi un contrôle fiscal professionnel, puis personnel pour mon épouse et moi, un contrôle d'urssaf. On peut dire que j'ai bien fait le métier.
Aujourd'hui arrivent un CCAM, des réseaux de soins, un devis infâme.
Vingt ans de gesticulations syndicales aussi, chacun dans son rôle, le bon, la brute et le truand, que chacun y accole les noms qu'il veut, parce que ce qui est certain, c'est que rien ne s'est amélioré.
Vingt ans, ce devrait être une fête. C'est une tranche de vie. Oui mon métier me fait vivre, et j'aime ce que je fais.
Mais il reste encore vingt ans à tirer, e,t ce que je trouve regrettable,je n'ai aucune certitude quant à l'avenir de ma profession en général, et au mien en particulier. Je plains les jeunes diplômés qui s'installent, attention au côté obscure de la force les jeunes.
Quel gâchis tout de même, et quelle honte pour nos dirigeants et (ir)responsables.
Je fais confiance à notre instinct de survie et notre imagination pour nous sortir de ces mauvais pas.
J'espère que nous n'en serons pas réduits à faire des obturations à la mie de pain ou aux crottes de nez pour équilibrer nos comptes.
vulpi
PS : Chicot, je fais des vœux pour que tu te trompes au sujet de l'avenir du pays, mais...
Marc, je te remercie pour le Clinic de juillet 2012, il est encore source d'inspiration pour moi.
Grincheux, si tu pouvais corriger mes fautes d'orthographe cela m'arrangerai, d'une part, il n'est jamais trop tard pour apprendre, d'autre part, me faire fouetter en public par un inconnu a toujours provoqué chez moi une augmentation de la surface corporelle forte agréable, par avance merci.
02/04/2014 à 18h11
il y a 20 ans, lors de mon installation, le commercial d'une boite dentaire gagnait 60000 Fr par mois, et il n'était pas le patron, juste un salarié lambda. ça donne une idée de l'argent qui circulait dans le dentaire...
02/04/2014 à 19h21
Je suis dans le même état d'esprit que vulpi avec un parcours similaire, le contrôle fiscal en moins (moins de goût pour les coups de cravache aussi mais on ne discute pas des goûts et des couleurs ;) ).
C'est un parcours qui génère beaucoup d'amertume, et de l'inquiétude pour les 20/25 ans qui restent à tirer.
Je sais déjà que dans ces conditions ça va pas être possible.
Il reste à sortir de cette merde par le haut, en réformant notre exercice pour retrouver le plaisir d'aller travailler.
L'investissement dans les contre-angles bagues rouge et les fraises à gros grain est une possibilité. Ce sera dommage pour les patients qui ne pourront pas tous suivre mais on arrive à un point où c'est eux ou moi.
Il n'y a rien à attendre des autorités de tutelles, qui se foutent de tout du moment que ça ne leur coûte pas un rond.
02/04/2014 à 21h51
pgc disait : "Il n'y a rien à attendre des autorités de tutelles, qui se foutent de tout du moment que ça ne leur coûte pas un rond."
Vrai, entendu, il y a une dizaine d'année, de la bouche d'un ex confrère devenu député : "mais chers Confrères ne rêvez pas, vous n'aurez rien parce qu'il ne serait pas populaire d'augmenter des Dentistes
02/04/2014 à 21h59
Sympa, le fil!
> Et puis le métier, l'endo non mécanisé à l'époque, c'était 45 minutes par canal, déjà pas rentable, la DO, OC pareil. <
Quand même, on avait le gyromatic dans les années 80 , et en 94 existait dejà la rotation continue!
02/04/2014 à 22h58
moi c'est il y avait 23 ans, quasiment hier quoi!
Je me souviens des amalgames, des screw post, de l'endo avec les limes aciers qui cassent, les lentulo, la conicité à 2%, les ciment ZOE, le cabinet qui sent l'eugénol, les radios avec le révélateur qui fait des taches partout, les règles de trois pour la longueur de travail, les surfaçages par quadrant ou sextant...
Le soir je rentrait à la maison à 140 à l'heure sur les départementales désertes...
En 23 ans j'ai découvert la dentisterie adhésive, la fin des plombages,le NiTi, la rotation continue puis la réciprocité, l'obturation aux thermafils, la paro médicale, le microscope opératoire, la pano numérique, les implants en omnipratique, les céramo céramique...
Non seulement j'en oublie mais en plus il m'en reste plein à découvrir!
Par contre ce qui fait vraiment chier, et je pèse mes mots, c'est qu'en l'espace d'un instant j'ai pris 23 ans dans la gueule!
03/04/2014 à 01h13
tu as raison pour le giromatic, mais pas enseigné à la fac, j'avais oublié la règle de trois, un must, perso je déterminais au touché, perception de la constriction apicale à la lime K08, ça marchait en plus!
Enfin vive le localisateur, très décrié à l'époque, vive l'easyshade et tous nos beaux et dispendieux jouets. Notre métier est comme un art martial, il y a du chemin avant la douzième dan, pour ceux qui l’atteindrons.
Il n’empêche, à niveau de formation égal, nous serions plus peinard au CNRS ou dans un ministère, la prise de risque financière et le service rendu ne sont pas "récompensés".
03/04/2014 à 15h59
Et encore, vous n'avez pas connu la sonde équarrissoire, les empreintes à la bague de cuivre et à la pâte de Kerr, le stenss et les couronnes ajustées, les facettes crampons platines et les couronnes richmond, les ciments pierre et les silicates, les fiches papiers et les stylos, les aurifications à la feuille d'or, les coulées de cylindres à la fronde à main. De toute façon , il n'y avait rien d'autre.
Cétait ni mieux, ni moins bien , simplement différent.
03/04/2014 à 17h32
Haaa la bague de Cu !! oui oui de Cu (c'est comme ça qu'on la nommait entre copines !) ... qu'il fallait bouteroller .... j'aimais bien ce mot .... un must ce truc !
03/04/2014 à 20h50
Bouteroller, écraser, découper, étamer, recuire et cette si délicieuse odeur de pomme qui s'élevait au bout de la précelle lorsque brutalement, la bague chauffée au rouge était trempée dans l'alcool.
Ah, rien à voir avec l'utilisation inodore et aseptisée des pâtes à empreintes par condensation ou par addition et je ne parle pas de celle qui sentait bassement et sournoisement une vile odeur à base d'oeuf pas très frais lorsqu'elle établissait ses ponts di-sulfures.