Cookie Consent byPrivacyPolicies.comle journalisme indépendant façon Erwan Le Fur - Eugenol

le journalisme indépendant façon Erwan Le Fur

Roger federer 300x217 eqdnuv - Eugenol
Patatrasse

20/02/2015 à 18h21

en apéritif http://urlz.fr/1yU2

Dans la galaxie des personnages qui gravitent autour de la société Santéclair, il en est un aujourd'hui qui mérite toute notre attention: M. Erwan Le Fur.
M. Le Fur, pour mémoire, est celui qui a poussé la société Santéclair à assigner la FSDL en justice après s'être inscrit dans plusieurs groupes de discussions fermés réservés aux professionnels de santé et réalisé des captures d'écran des échanges qui y ont eu lieu.
Contre toute attente, M. Le Fur n'est ni cadre ni salarié de la société pour laquelle il a réalisé cette surveillance internet. Il se présente à tous comme un "journaliste indépendant", spécialisé dans les domaines de la santé et des cosmétiques et basé à Rennes. Il a écrit des articles pour le compte des magazines 60 Millions des Consommateurs et Ouest-France, dont un (très à charge) en date du mois d'octobre 2010 sur les tarifs des traitements dentaires.
Son profil LinkedIn, succinct, montre qu'il a été diplômé de l'Université de Montréal, sans précision sur la nature de son diplôme (il semblerait que ce soit une maîtrise en chimie) et qu'il a travaillé de 2006 à 2009 pour l'Institut National de la Consommation avant de devenir "indépendant".
M. Le Fur est également l'un des grands animateurs et signataires du Collectif Open Data Santé, dont l'objectif est d'ouvrir les données de l'Assurance Maladie au grand public en général et aux financeurs des complémentaires en particulier.
http://ufc-quechoisir-lille.org/nos-actions/sante/liberez-donnees-sante-maladie-securite-sociale-pharmacie-hopital/
M. Le Fur est donc à priori pigiste, sans connotation négative, un statut précaire dont il était le premier à faire état du temps où il exerçait au Québec
http://www.ajiq.qc.ca/bulletin-independant/lavenir-est-au-travail-precaire.php
Les revenus des pigistes étant par définition fluctuants, beaucoup sinon la quasi-totalité ont une activité annexe pour les compléter (enseignement, traduction, consulting etc.). Dans le cas de M. Le Fur, nous n'en connaissons pas la nature exacte, celle-ci étant mentionnée nulle part. Mais celui-ci, comme l'ensemble de ses collègues, indépendants ou non, sont en principe soumis à la Charte des Journalistes éditée par le SNJ (Syndicat National des Journalistes)
http://www.snj.fr/content/charte-d%E2%80%99%C3%A9thique-professionnelle-des-journalistes
où il est expressément mentionné que [le journaliste] "Ne touche pas d’argent dans un service public, une institution ou une entreprise privée où sa qualité de journaliste, ses influences, ses relations seraient susceptibles d’être exploitées" et "Refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication", entre autres...
Mais là où les choses se compliquent, c'est que si on approfondit davantage, l'on s'aperçoit que, sauf improbable homonymie...

http://www.societe.com/societe/monsieur-erwan-le-fur-523367415.html

... notre "journaliste indépendant" en question n'est pas enregistré auprès des organismes sociaux en tant que journaliste (codes APE 924Z pour les Agences de Presse et APE 90-03B pour les journalistes indépendants) mais en tant que "activité de santé humaine non classée ailleurs" (APE 8690F) qui regroupe : http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=nomenclatures/naf2008/n5_86.90f.htm
et que par conséquent, l'activité journalistique n'est pas son occupation "principale", "rémunérée" et "régulière"...
Notre journaliste indépendant ne semble donc pas être celui qu'il prétend... Au moins a-t-il l'honnêteté de ne pas solliciter auprès du fisc l'abattement de 7650 euros sur les revenus journalistiques...
Quelque part, il est un exemple intéressant d'une technique que la société Santéclair a élevée au rang d'art: le mélange des genres. Une société de services aux complémentaires qui dit "assister les consommateurs" (sic), travaille avec des journalistes "indépendants" qui n'en sont pas vraiment, monte un réseau de "praticiens vertueux" qui doivent rendre des comptes au niveau déontologique dans lequel figurent également des "défenseurs" de la profession (cadres ou ex-cadres CNSD)...
Non décidément, plus on y regarde de près, plus on trouve tout cela fascinant...
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http://www.fsdl.fr/