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un cas
28/05/2005 à 12h18
Patiente du début de la semaine.
parkinsonienne de 50 ans, tremblements unilatéraux importants, douleurs de l'épaule et du bassin qui l'empêchent de dormir. Très grand état de stress avec des épisodes de détresse respiratoire et crises de panique sur fond dépressif, spasmes du larynx et contractures dans le thorax. Le suivi médical ne change pas grandchose à son état, anti-douleurs et antiinflammatoires sont sans effets.
Je lui place un plan rétroincisif qui soulage immédiatement la plupart des symptomes. J'ai contact sur les 2 canines uniquement.
Elle me rappelle 5 heures plus tard, retour des symptomes respiratoires, de l'oppression thoracique. Les points de contact se sont antériorisés, elle se retrouve sur 42 et 32 avec une bascule latérale. Suppression des contacts et nouvelle amélioration. Après quelques heures rebelote et recorrection.
Ceci montre probablement un besoin de propulsion contrariée par sa supraclusion, mais Occlusion et Bjc pourront commenter.
Je lui ai construit également une gouttière souple avec une compensation au niveau molaire de la perte de hauteur. Ce dispositif induit également une levée de la supraclusion avec disparition des symptomes. Je lui ai proposé cette gouttière souple parce qu'elle a parfois des difficultés avec la profondeur du palais dans ses problèmes respiratoires.
On peut discuter de l'opportunité de tel ou tel traitement d'urgence, mais il est certain qu'il n'y a pas de point d'appel au niveau de l'atm et que la pose d'un jig aurait été une catastrophe. Il est certain aussi que ma gouttière souple ne sera d'aucun intérêt pour une réhabilitation correcte. Il est sûr également que son occlusion est partie prenante dans son problème de santé, c'est surtout sur ce point qu'il faut attirer l'attention.
Il serait intéressant aussi de connaître votre avis sur l'origine de cet effondrement postérieur que nous rencontrons souvent. A noter qu'elle déglutit systématiquement dents serrées, c'est d'ailleurs une caractéristiques des patients parkinsoniens, c'est cette tendance à serrer les dents avec vigueur.
J'ai, et nous avons, d'autres cas d'effondrements postérieurs où la déglutition est incorrecte et où le patient détruit ses reliefs coronaires naturels ou artificiels, il est impossible de dire que l'interposition linguale est permanente, la force linguale est incapable de faire éclater les céramiques.
L'attention devrait être attirée sur ces décalages dans le plan occlusal, ils compromettent nos travaux à long terme s'ils ne sont pas corrigés et sont un symptome facile à identifier d'un sérieux problème occlusal qui a ou aura des conséquences sur la santé générale du patient.
Rem.
Il faut noter que dans ce cas, il ne s'agit pas d'une "aimable" surcharge occlusale d'une incisive, mais d'une supraclusion très importante avec une forte linguoversion de incisives inférieures. Aux dires de la patiente, c'est une supraclusion en évolution qui était moins prononcée il a quelques années.
29/05/2005 à 13h33
DSF impossible : il n'y a jamais (eu) occlusion "réflexe" dans ton cas et tu peux faire une vidéo pour l'objectiver "objectivement".
"Simple comme choux" au niveau diagnostic / tt occlusal : infragnathie organique due à DSD "ancestrale" (enfance) et sans "effondrement" mystique des PM et M, ni "pressions linguales", utopiques et dévastatrices.
L'interposition linguale ne sert qu'à compenser le manque de DVO dento-dentaire liée à la DSD = inhibition des m. élévateurs (ouverture réflexe de Sherrington) : la "déglutitin salivaire infantile" qui n'a jamais été interceptée ni traitée est à l'origine de ce cas.
Une malocclusion fait éclater tout ce que tu veux et sans le concours "direct" de la langue : métal, porcelaines, dents, etc., et en moins de temps qu'il ne faut pour me lire ici.
Traitement = PMRI-PO transitoire (= "provisoire" et avant tout plan de traitement et réhabilitation définitifs) pour augmenter la DVO + participation canines + calages postérieurs PM et M, accompagnant un recul *naturel* de la mdb.
Si tu favorises une avancée de la mdb, tu vas créer / augmenter malocclusion + algies des m. ptérygoïdiens externes.
Or, ces algies sont déjà palpables objectivement ("signes") et sans rien modifier au niveau occlusal.
Et comme tu le sais : encore faut-il avoir l'habitude de palper les ptérygoïdiens externes = le "thermomètre" référentiel objectif de la malocclusion. :-)
29/05/2005 à 15h26
"Une malocclusion fait éclater tout ce que tu veux et sans le concours "direct" de la langue : métal, porcelaines, dents, etc., et en moins de temps qu'il ne faut pour me lire ici."
Donc il y a forcément contact entre les dents malgré l'interposition linguale qui n'est donc pas permanente du tout.
Dans ce cas, la déglutition se fait en dents serrées, malgré la perte de hauteur.
Je pense, mais ça doit se discuter, que ta perception n'est pas correcte pour cette patiente, parce que le plan la met en protrusion immédiate, la linguo-version des incisives inférieures me fait aussi penser que la situation pathologique de la mandibule est une rétrusion forcée par l'effondrement postérieur.
A noter que le plan lui a été proposé pour la dépanner (je pense qu'on peut le considérer comme un traitement d'urgence bien supérieur au jig) en lui disant qu'il servirait à un moment donné pour déterminer une nouvelle occlusion, mais elle ne veut déjà plus s'en passer un seul instant.
Il n'y a aucune douleur à la palpation des prérygoïdiens, ni à aucun des muscles masticateurs d'ailleurs, pas de bruits atm, ni plaintes à ce niveau. Uniquement épaule gauche, hanche gauche, détresse respiratoire, paniques et parkinson.
La difficulté a été de lui faire admettre que son problème était dentaire parce qu'il n'y avait pas de point d'appel à ce niveau, ni atm ni tête ni cou. Elle en est maintenant persuadée vu l'impact de la mise hors circuit de son articulé actuel et de la récupération d'une hauteur qui s'approche d'une situation correcte.
L'avantage du plan est qu'il ne préjuge pas, de par sa conception, de la position que prendra la mandibule, myodéterminée et non jigo- ou gouttièro-déterminée, je ne sais pas a priori si elle ira devant derrière à gauche ou à droite (même si on en a bien une petite idée)
On pourrait aussi examiner en profondeur les atm. A mon avis on va y retrouver la conséquence de la malocclusion (au sens large). Je préfère "libérer" la mandibule et me fier à la disparition des indices mesurables et symptomes (plus étendus que tête et cou) plutôt qu'à une situation atm dont je ne sais pas dire, en l'examinant si elle est pathogène ou pas.
"les ptérygoïdiens externes = le "thermomètre" référentiel objectif de la malocclusion."
Vue classique, mais trop partielle du problème occlusal, il y a bien d'autres indices, et certains mesurables, de problème occlusal quand les ptérygoïdiens sont silencieux.
30/05/2005 à 01h28
> Dans ce cas, la déglutition se fait en dents serrées, malgré la perte de hauteur.
>
Ne pas confondre "déglutition salivaire" et "bruxisme", stp.
> le plan la met en protrusion immédiate
>
Jamais vu en 25 ans ! - Le pb est au niveau de ton "plan", non au niveau de la mdb - Vérifie si tu n'a pas un contact postérieur nocif qui force ta "protrusion immédiate" = contractions des ptéryg. externes - Que racontent ces pérygoïdiens ext. G. + D.? - Et que racontent le chemin / distance d'ouverture / fermeture buccale?
> le plan lui a été proposé pour la dépanner (je pense qu'on peut le considérer comme un traitement d'urgence
>
Dis donc, ne serait-ce pas la méthode du traitement PMRI "inachevé" que tu nous ferais là?
> Il n'y a aucune douleur à la palpation des prérygoïdiens
>
Pas si sûr : il y a "protrusion immédiate" par quels muscles, alors?
> récupération d'une hauteur qui s'approche d'une situation correcte
>
Combien de jours / semaines / mois mets-tu pour y arriver?
> Je préfère "libérer" la mandibule
>
Si tu obtiens une "protrusion immédiate" sur PMRI, c'est que ta mandibule n'est pas encore "libérée" = interférence nociceptive lors de la fermeture mdb.
Voy. : Occlusodontologie & Occlusion neuromusculaire
> > "ptérygoïdiens externes"
> >
> Vue classique, mais trop partielle du problème occlusal
>
NB : "thermomètre référentiel objectif" ne signifie nullement "symptomatologie in extenso", subj. + obj.
30/05/2005 à 10h00
"Si tu obtiens une "protrusion immédiate" sur PMRI, c'est que ta mandibule n'est pas encore "libérée" = interférence nociceptive lors de la fermeture mdb."
On peut écarter cette éventualité, étant donné la configuration de l'engrènement. Cfr supraclusion incisive.
02/06/2005 à 11h41
Dans la série Guide clinique, il y a dans "imagerie de l'atm" un cas rapporté à la page98, cas n°5.
"clinique:
douleurs articulaires atm permanentes bilatérales consécutives à un traitement orthodontique de rééducation de classe 3, durée deux ans"
En coupe sagittale irm, les condyles sont plaqués contre le versant osseux tympanal, etc..."
Il m'étonnerait fort que ce patient équipé d'un plan de morsure rétro incisif parte spontanément en rétrusion.
Tout l'intérêt de ce dispositif est justement de ne pas préjuger de la situation de repos musculaire de la mandibule.
Il est clair également qu'il n'est pas nécessaire d'activer des muscles propulseurs pour avancer une mandibule quand l'ancienne occlusion l'a maintenue en rétrusion forcée.
04/06/2005 à 11h11
Huml : tu as perdu ! Combien tu me donnes ? :-)
> douleurs articulaires atm permanentes bilatérales
>
= douleurs des m. ptérygoïdiens externes !
"La douleur est musculaire. Elle pourrait à la rigueur être qualifiée de musculo-articulaire, dans le cas où l'insertion postérieure du chef supérieur de ptérygoïdien externe serait considérée comme faisant partie de l'ATM.
Si non il est impropre de parler de douleur articulaire" (1)
(1) Jeanmonod A., Occlusodontologie, Applications cliniques, CdP, Paris (France), 1988:92
> Il m'étonnerait fort que ce patient équipé d'un plan de morsure rétro incisif parte spontanément en rétrusion.
>
Pourtant, c'est un lot quotidien observé dans les traitements par PMRI-PO.
C'est bien ce que j'écrivais dans un post : tes traitements par "PMRI" paraissent "inachevés" et c'est pour cela que tu ne leurs ferais pas "confiance".
Persévère en Occlusodontologie : tes patients et toi y gagneront sûrement. :-)
04/06/2005 à 12h59
Palpation endobuccale. En arrière et en haut des tubérosités maxillaires, on palpe en général facilement les crochets des apophyses ptérygoïdes.
Les ptérygoïdiens s'inserent, comme leur nom l'indique sur ces apophyses. On palpe en général le chef inférieur, propulseur. Quant au chef supérieur, plus important dans le cadre des DTM, il reste difficilement palpable.
04/06/2005 à 13h10
il reste difficilement palpable: c'est bien ce qui me semblait. merci CMF
05/06/2005 à 08h32
La première fois que l'on fait l'amour, c'est aussi difficilement « palpable ».
Avec l'entraînement, cela va tout seul et « les deux doigts dans le nez » !
:-)
Dans le grenier Web, j’ai trouvé çà :
http://users.skynet.be/occlusion/clin_9904.html#pterig
Gros gâté, va !
05/06/2005 à 11h07
Prends un crâne entre les mains et observe-le dans tous les sens et avec tous tes sens.
Demain, tu n’auras plus qu’à te contorsionner les auriculaires pour vérifier que c’est tout à fait possible et tu découvriras plein de très « bonnes » choses pour tes patients. :-)