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Une colle pour Dancha .
14/06/2006 à 20h22
annie Ecrivait:
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> première réponse modifier la posture de la tête
>
> comment?
Posture : dos contre un mur, colonne appliquée contre au maximum, allonger la colonne en poussant sur les talon et en essayant de se faire grandir et remontant l’arrière de la tête. Le but étant de diminuer la lordose cervicale. Dans cette position, vider ses poumons le plus profondément possible une dizaine de fois lentement et soufflant par le nez. L’inspiration se fera automatiquement après expiration. But : se familiariser avec une position cervicale différente et avec le passage de l’air par le nez. Faire cela matin et soir. Lorsque le mouvement devient facile à reproduire, essayer de penser à le réaliser n’importe où dans la journée, assis ou debout, sans appui dorsal.
Mais ceci ne peut donner un résultat que si c’est associé à une éducation à la déglutition. C’est la deuxième réponse.
Je considère personnellement que le système dentaire a besoin d’un apprentissage, tout comme la marche ou l’écriture, que cet apprentissage est réalisé normalement d’une manière naturelle depuis la naissance jusqu’à l’age adulte. Au tout début par la stimulations des gencives du haut contre les gencives du bas, puis par le jeu des incisives temporaires supérieures et inférieures et ainsi de suite jusqu’à l’apparition des secondes molaires permanentes (dans notre civilisation) avec un pic lors de la mise en place incisives et un autre avec les canines. D’où prohibition de toutes ces cochonneries appelées tétine, sucette ou choulette… Cela fonctionne avec la langue comme des vases communicants au niveau cérébral : pour que la langue régresse (succion/déglutition du nouveau-né), il faut que les contacts dentaires se développent et réciproquement.
Cela dit, environ 30 % des enfants entre 6 et 9 ans ont une déglutition immature avec propulsion linguale. 80 % de celles-ci vont ensuite disparaître spontanément. Une déglutition atypique (on ne dit plus « infantile », cela fait péjoratif) à cet age doit donc être considérée comme une déglutition de transition et ne devrait être considérée comme anormale (et faire l’objet d’un traitement) que si elle persiste plus tardivement.
Pour créer ces stimulations lorsqu’elles ont été insuffisantes pour quelque raison que ce soit, demander de déglutir « dents serrées » tout simplement. Au début, faire contrôler avec les doigts la contraction musculaire des masséters. On peut aussi avec profit faire manger des aliments style « salade de carottes » râpées finement, à mâcher alternativement des deux cotés jusqu’à ce qu’ils soient devenus quasiment liquides.
Lorsqu’une béance existe, il convient d’abord de la fermer orthodontiquement (la langue a horreur des vides, elle y fourre toujours son nez…). La récupération est très facile dès qu’il y a contact dentaire. Un point particulier que j’observe régulièrement : une béance se rouvre dès qu’on arrête la traction verticale orthodontique, jusqu’à ce que l’incisive latérale supérieure soit au contact de la canine inférieure. A partir de ce moment là, il y a quasi stabilité. Les élastiques sont portés alors en nocturne par sécurité, puis éliminés. Je n’ai pas d’explication à ce rôle des latérales, je constate simplement que les centrales ne suffisent pas, que ce sont les latérales qui sont le facteur déclanchant..
Lorsque la béance semble irréductible, il pourrait s’agir souvent d’un réflexe très ancien, en réaction à un biberon à trous trop gros. Les parents sont contents, car le BB boit à toute vitesse. Mais il manque de s’étrangler et repousse alors la tétine avec la langue. Ce mouvement serait ensuite considéré par le cerveau comme nécessaire à la survie et donc impossible à corriger.
La troisième réponse, est le port d’un écran buccal qui oblige à ventiler par le nez (de nombreux fournisseurs en proposent. Voir les cours de Daniel Rollet sur le sujet). Ecran à porter à la maison et surtout la nuit. Au début, ne pas hésiter à mettre du sparadrap micropore pour garder la bouche fermée (hé oui, Amibien, tu avais raison).
Cependant… Est-on toujours certain que la ventilation est possible même lorsqu’un examen approfondi par un ORL n’a pas révélé d’obstacle ?
Il faut examiner le seuil narinaire et sa largeur, comme le montre magistralement Jacques Talmant depuis des années. Prise suffisamment tôt, une expansion transversale des fosses nasales est parfaitement possible et donnera des résultats remarquables.
Il faut examiner également la hauteur de l’étage inférieur. Dans le cas suivant (téléprofil joint), il ne faut par rêver : sans génioplastie ou chir orthognathique, la bouche ne pourra se fermer… Le manque de coaptation labiale entraîne ipso-facto une propulsion linguale. Il sera parfaitement illusoire d’espérer une récupération, même avec un Soulet-Besombes…
Le sujet est extrêmement vaste, je vous ai dit ce que j’en pensais. Je ne pourrai sans doute pas avant pas mal de temps reprendre la parole de cette manière, par manque de disponibilité. Ne m’en veuillez pas. Je continuerai cependant à me brancher de temps en temps sur Eugénol pour le plaisir de vous lire…
Daniel
14/06/2006 à 22h06
merci beaucoup Dancha pour ta réponse
la photo de référence,tu parles d'un cas précédent ou tu as oublié de la joindre?
15/06/2006 à 12h09
C'est un oubli. Je la mettrai demain, car aujourd'hui je ne suis pas à mon cabinet.
Daniel
16/06/2006 à 16h08
Voici donc le téléprofil que j’avais oublié de poster. Il s’agit d’une jeune fille qui a une hauteur faciale excessive. Observez la contracture du muscle houppe du menton nécessaire à la coaptation labiale.. Observez également son nez et la brièveté de sa lèvre supérieure. Le développement vertical de la pyramide nasale au cours de la croissance dépend de la tension de cette lèvre. Comme elle était tout le temps relevée (comme pour chercher à aspirer l’air par la bouche), le nez est hypodéveloppé.
Dans ce cas, il est totalement illusoire d’obtenir une déglutition normale.
16/06/2006 à 20h58
.. et j'en rajoute encore un (ce sera le dernier).
Dans ce cas-ci, observez le nez : il s’est développé correctement. Il a toujours fonctionné. Il est cependant totalement illusoire d’espérer récupérer une déglutition normale. C’est la mandibule qui a eu une croissance perturbée. Que pouvons-nous faire ? (je vous pose la question !).
17/06/2006 à 10h09
nous,je ne sais pas mais toi qu'as tu fais?
changer la position de la mandibule avec des cales occlusales?
19/06/2006 à 16h18
Toujours les caractères accentués qui ne passent pas pour les clichés. J'ai encore été piégé ! Voici la photo en question.
19/06/2006 à 20h19
encore un de tes miracles,au moins la c'est du concret et il n'y a aucune contre-argumentation possible
20/06/2006 à 14h27
limlim Ecrivait:
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> De le chirurgie peut etre ??
Oui Limlim, il y a eu de la chirurgie.
Mais n’est pas « un de mes miracles » comme dit Annie, c’est un traitement réalisé avec du simple bon sens !
Il faut sortir l’orthodontie du carcan mécaniste dans lequel certains l’enferment (fils miraculeux qui existent en fait depuis au moins 25 ans mais seulement chez un seul fournisseur qui en possédait le brevet, braquets extraordinaires à fermeture automatique qui ont la capacité unique de « repousser » la corticale au delà de sa position.. toujours la même chose, les mêmes arguments !) comme si les forces légères venaient seulement d’être découvertes et que 5% seulement des orthodontistes avaient jeté à la poubelle leur vieux matériel pour pouvoir maintenant faire des miracles grâce à monsieur Damon et aux gentils fabricants qui ventent ces merveilleux produits ! Il y a plus de 30 ans qu’on sait qu’il faut utiliser des forces légères ! Birte Melsen l’avait montré il y fort longtemps, Ricketts avait développé le LQPT (light square progressiv technique), ancêtre de la « Bioprogressive » en France, Burstone avait fait des travaux très approfondis sur le sujet et développé lui aussi une technique. Que ceux qui ont continué à utiliser des systèmes brutaux pour le parodonte par manque de discernement et influence commerciale battent leur coulpe ! Ils n’avaient qu’à faire le choix de la bonne technique. Que maintenant ils se rendent compte que leur système est dépassé c’est formidable (je dirais même « enfin » !), mais qu’ils n’imaginent pas qu’il ont découvert la pierre philosophale !
Un traitement orthodontique, c’est de la simple logique, et vous êtes tous capables de réaliser un plan de traitement ou au minimum juger si le plan de traitement proposé « tient la route ». « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement…etc.. » dit-on. Plus c’est simple et plus cela aura des chances d’être vrai et efficace !
Une fois le diagnostic effectué et les problèmes bien définis, pour effectuer un bon traitement, que faut-il ?
- Se fixer un but précis
- Voir les moyens dont on dispose. Si on en manque, on peut essayer d’en trouver, voire en inventer (ce que j’ai fait il y a plus de dix ans en prenant des ancrages osseux pour un adolescent qui souffrait des effets faciaux abominables d’un syndrome génétique, intraitables conventionnellement).
- Contrôler systématiquement la situation par rapport au départ et par rapport au but fixé.
Prenons ce cas. Quel est son problème ?
- un manque de développement transversal maxillaire
- des malpositions par manque de place
- un problème vertical et une mandibule hypodéveloppée.
Qu’est-ce qu’il faut faire ? C’est simplement dicté par le bon sens !
- une expansion orthopédique maxillaire dès que possible (j’en fais très souvent entre 4 et 5 ans, en denture temporaire). Quel que soit le moyen, on s’en fiche, pourvu que ce soit une expansion orthopédique.
- des alignements, et cela on sait tous faire ! La nécessité d’avulsions dépendra de la place disponible. Arrêtons la querelle extractions/non extractions !
- une chirurgie bi-maxillaire, pour corriger l’hyperdivergence, avancer la mandibule et une génioplastie pour recréer une éminence mentonnière convenable.
C’est tout ce qui a été fait, et n’importe quel orthodontiste allié à un bon chirurgien aurait pu le réaliser. Il n’y a donc pas eu de « miracle », comme tu le dis, Annie.
Limlim, ai-je répondu correctement à la colle ? Tu me mets combien ?
20/06/2006 à 14h48
"Il faut sortir l’orthodontie du carcan mécaniste dans lequel certains l’enferment (fils miraculeux qui existent en fait depuis au moins 25 ans mais seulement chez un seul fournisseur qui en possédait le brevet, braquets extraordinaires à fermeture automatique qui ont la capacité unique de « repousser » la corticale au delà de sa position.. toujours la même chose, les mêmes arguments !) comme si les forces légères venaient seulement d’être découvertes et que 5% seulement des orthodontistes avaient jeté à la poubelle leur vieux matériel pour pouvoir maintenant faire des miracles grâce à monsieur Damon et aux gentils fabricants qui ventent ces merveilleux produits ! Il y a plus de 30 ans qu’on sait qu’il faut utiliser des forces légères ! Birte Melsen l’avait montré il y fort longtemps, Ricketts avait développé le LQPT (light square progressiv technique), ancêtre de la « Bioprogressive » en France, Burstone avait fait des travaux très approfondis sur le sujet et développé lui aussi une technique."
Lu et approuvé Dancha. Je ne saurais mieux dire.
20/06/2006 à 15h22
Bonsoir Dancha,
1°) « Lorsqu’une béance existe, il convient d’abord de la fermer orthodontiquement »
J’espère que quand tu dis cela tu penses à un premier système passif qui laisse les incisives égresser et rentrer toutes seules, et qu’ensuite, lorsqu’elles ne se déplacent plus, tu mets une mécanique orthodontique active. (je dis cela pour des jeunes qui pourraient croire que l’on met d’emblée un système actif, cause de résorptions radiculaires)
2°) « (la langue a horreur des vides, elle y fourre toujours son nez…) »
Absolument.
3°) « La récupération est très facile dès qu’il y a contact dentaire. Un point particulier que j’observe régulièrement : une béance se rouvre dès qu’on arrête la traction verticale orthodontique, jusqu’à ce que l’incisive latérale supérieure soit au contact de la canine inférieure. A partir de ce moment là, il y a quasi stabilité. Les élastiques sont portés alors en nocturne par sécurité, puis éliminés. Je n’ai pas d’explication à ce rôle des latérales, je constate simplement que les centrales ne suffisent pas, que ce sont les latérales qui sont le facteur déclanchant.. »
Une béance se rouvre tout simplement parce qu’il reste « un vide ou la langue fourre son nez. » .Le traitement n’étant pas fini, (reformage d’arcade), la langue ne peut pas compenser en largeur la place qu’on lui enlève en longueur. Contacts incisivo-canin, pourquoi pas !!!
Par contre, je n’ai pas bien compris où tu mettais les élastiques ?
@+ BJc.
20/06/2006 à 16h51
bjc Ecrivait:
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> Par contre, je n’ai pas bien compris où tu mettais
> les élastiques ?
>
En distal à la molaire, en mésial comme sur ces photos d'un cas très ancien, pendant et après.
20/06/2006 à 16h53
Il y a vraiment un souci, les deux images ne passent pas ensemble. Je les envoie une par une !
20/06/2006 à 19h14
lakme Ecrivait:
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> Lu et approuvé Dancha. Je ne saurais mieux dire.
Merci Lakme, cela fait plaisir de rencontrer quelqu'un sur la même longueur d'onde !
Dniel
21/06/2006 à 11h03
Merci dancha et les autres pour vos explications.
Le contact des laterales pour moi s'explique car il permet une plus grande stabilite de la mandibule pdt la deglutition , si on a un contact molaires et incives la mandibule n"a plus besoin de la langue pour se stabiliser car le calage molaire incisive est alors suffisament stable, on peut donc en deduire que l' eln et tobogan a langue sont des belles conneries ainsi que les reeducation orthophonique.Pour ma part je considere le debat sur la deglutition infantile clos : note de dancha 20/20.
Mais je reste en partie sur ma faim, le cas que tu presentes a une respiration normale. Est ce que tu aurais pris le risque de faire une chirurgie si sur le dernier cas que tu presentes le patient avait eu une respiration buccale?
J'ai suivi une conference a venise sur les implants et l'ortho curieusement apres de longs debats et des tonnes de scanners , les conferenciers en sont arrives aux meme conclusions que toi ,autre point interessant il ne faut pas mettre d'implants en lingual a la mandibule ca ne tient pas .
24/06/2006 à 11h53
"Le contact des laterales pour moi s'explique car il permet une plus grande stabilite de la mandibule pdt la deglutition"
Si c'était une question de calage, ne pourrait-on pas espérer plus de la canine ou de la centrale que de la latérale?
Et au fait pourquoi la latérale et pas la centrale?
"Pour ma part je considere le debat sur la deglutition infantile clos" Comment puis-je me convertir?
24/06/2006 à 13h54
Bonjour,
"Pour ma part je considere le debat sur la deglutition infantile clos"
3 petits tours et puis s’en vont ?
Bjc.
24/06/2006 à 14h14
isaïe Ecrivait:
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>...
> Et au fait pourquoi la latérale et pas la
> centrale?
Je n'ai pas d'explication. C'est mon expérience clinique qui m'a fait dire cela. Peut-être y a-t-il une réponse à chercher dans les neuro-sciences, mais je manque aujourd'hui de compétence dans ce domaine.
Daniel
24/06/2006 à 15h36
Il est clair que le sujet est fondamental et ... sensible.
Je ne sais pas si vous avez remarqué que, depuis quelques jours, les mouches ne sont plus sur les fleurets des protagonistes, même si les assauts ne sont pas encore meurtriers. Mais déjà une égratignure pour ELN et j'attends la botte de Bjc... Je n'ai pas le niveau de ces maîtres d'escrime, mais, spectateur fasciné, je pense que le rôle essentiel de la latérale supérieure peut être mis en évidence par une autre voie.