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Jeunes médecins : défendre la liberté d'installation, du pur égoïsme ?
21/08/2012 à 17h45
ameli écrivait:
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> bill écrivait:
> --------------
> > Ça participe de la volonté de destruction du système libéral qui voulait que
> tu
> > aies encore le droit de choisir ton lieu d'installation.
>
> On n'est pas dans un système libéral, on est dans un système conventionné. C'est
> bien davantage qu'une nuance.
> Celui qui ne signe pas la convention est un libéral... et il fait ce qu'il veut.
>
> > Si aujourd'hui (et demain) on manque de médecins c'est la faute aux cranes
> > d'oeufs
>
> On ne manque pas de médecins, il n'y en a jamais eu autant.
>
>
Ne jouons pas sur les mots tu as très bien saisi ce que je voulais dire: exercice libéral conventionné vs salariat conventionné.
Je comprends que tant de jeunes se cassent de ce pays où quand tu bosses tu n'auras bientôt que des devoirs face à des hordes de branleurs qui eux n'ont que des droits.
21/08/2012 à 18h04
king_zoulou écrivait:
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> Pourquoi ? Parce qu'il y a assez de médecins au jour d'aujourd'hui, on ne peut
> plus augmenter le numerus clausus suffisamment pour proposer une carotte en
> contrepartie d'une obligation d'aller servir ces concitoyens à la campagne.
> C'est en 95 qu'il aurait fallu instituer cela "on double le numerus clausus, par
> contre, les 3000 derniers prix, vous êtes obligés d'aller bosser à la cambrousse
> pendant trois ans après vos études".
> La proposition aurait été parfaitement juste, les gens parfaitement au courant
> se seraient lancés dans la médecine en connaissance de cause et on réglait le
> problème.
Oh! Vous arrêtez de me plagier là!!! ;-)
C'est inapplicable car beaucoup trop simple, gratuit et sans contestation possible.
--
Faut savoir faire autre chose que de regarder toute sa vie dans la bouche des gens. (Ameli, 7/12/11)
21/08/2012 à 18h08
levm écrivait:
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> Pour ceux qui ne travaillent pas ou peu : le gain est toujours croissant :
A bas les privilèges réservés aux fainéants
Arrêtons de travailler, réclamons les 399€ qu'on nous doit, et partons en vacances en compagnie de ces veinards.
> Tous mes amis , qui ont fait de la finance, fuient la France comme la peste et
> s'exilent à Londres ,
Qu'ils y aillent. D'autres sont allés en Espagne...
J'en connais aussi qui font le chemin inverse. Chacun ses choix.
> J'ai l'impression que tout le luxe qu'offrait la médecine est voué à
> disparaitre:
Exact : le luxe, c'est fini.
Ce sont les comptes sociaux qui ont payé ce luxe. Tes amis de la finance t'expliqueront qu'on n'a plus les moyens de faire des cadeaux. Maintenant, faut ramer.
Conclusion, fallait faire comme eux : faire financier, et partir à Londres.
> On a trop tendance à oublier qu'un étudiant en médecine a travaillé dur ,pendant
> longtemps .
> On a trop tendance à oublier qu'il a sacrifié des nuits, week-ends , vacances ,
> une dizaine d'année de sa vie pour ses études au détriment sa vie perso .
Tu vas me faire pleurer !
Je t'objecterai simplement que c'est sa vie perso, et que ses choix perso ne nous concernent pas. Il avait le choix. Il n'avait qu'à faire financier ou RSA. Il connaissait dès l'entrée en médecine les avantages et les inconvénients des études et du boulot : à lui d'assumer.
Il savait qu'il ne serait jamais libre, car il savait que la médecine est une profession avec énormément de contraintes.
Si étudiant en médecine était aussi pénible que tu l'affirmes, comment se fait-il qu'il y ait tant de volontaires pour aller dans cet enfer ? Tous des fous ?
21/08/2012 à 18h20
ameli écrivait:
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comment se
> fait-il qu'il y ait tant de volontaires pour aller dans cet enfer ? Tous des
> fous ?
Le point de contentieux est qu'avec ce type de mesure ils ne pourront pas s'installer dans la région de leur chois avant 3 a 5 ans, plus les études de spécialité ou la majorité ne peuvent pas vraiment choisir leur lieux d'etudes en toute liberté.
Passer quatre ans dans un endroit que l'on ne choisit pas, puis quatre ans dans un autre que l'on peut choisir qu'a moitié pour au bout de huit ans pouvoir aller dans la régions de son choix ça fait beaucoup.
On fait quoi si la femme ou le marie ne peut pas suivre, ou ne veut pas passer quatre ans dans la cambrousse ?
L'éducation des enfants on fait comment ?
Si on veut acheter une maison ?
Plus pour l'image des études, la vie de merde quand on est interne c'est rentrer dans les moeurs, c'est presque glamour, mais passer quatre ans dans le deser médical faut qu'il s'y fasse.
C'est plus un problème de vie humaines que financier.
--
หมอจัดฟัน
21/08/2012 à 19h03
> Tu vas me faire pleurer !
> Je t'objecterai simplement que c'est sa vie perso, et que ses choix perso ne
> nous concernent pas. Il avait le choix. Il n'avait qu'à faire financier ou RSA.
> Il connaissait dès l'entrée en médecine les avantages et les inconvénients des
> études et du boulot : à lui d'assumer.
> Il savait qu'il ne serait jamais libre, car il savait que la médecine est une
> profession avec énormément de contraintes.
> Si étudiant en médecine était aussi pénible que tu l'affirmes, comment se
> fait-il qu'il y ait tant de volontaires pour aller dans cet enfer ? Tous des
> fous ?
Le métier jouit d'une bonne réputation , d'où les demandes importantes en P1.
La médecine (-chirurgie ), est perçue comme une profession intellectuelle avec un certain confort de vie .
Le sacrifice , que représente les études et leurs contraintes , est supportable grâce la douce illusion d'une lumière au bout du tunnel.
Le fait de supprimer un à un ,tous les avantages que la médecine offre va avoir des répercutions . Il faut quelques (dizaines d') années avant de changer les mœurs.
Et oui , beaucoup vont délaisser la médecine et partir ailleurs .
21/08/2012 à 19h14
ameli écrivait:
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> Si étudiant en médecine était aussi pénible que tu l'affirmes, comment se
> fait-il qu'il y ait tant de volontaires pour aller dans cet enfer ? Tous des
> fous ?
Il ne faut pas oublier que pour le P1 de base, les seules connaissances du monde de la médecine et des joies des études qui vont avec, se limitent à la série "Urgences".
Les désillusions sont nombreuses mais une fois que la première année est réussie, le cursus suit son cours...
21/08/2012 à 19h50
Alors que les hauts et moins hauts fonctionnaires ainsi que les médias s'obstinnent à voir les médecins comme dans 'morts sur ordonnance' je signale que ds la promo de mon fils DCIV ,il y a 2 filles pour un garçon!!
Qui souhaitent concilier vie de famille et metier..Elles lâcheront c'est sùr!! verront autre chose..comme tous ceux de la generation Y qui ne veulent pas se laisser enfermer..
21/08/2012 à 20h13
ameli écrivait:
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"Je t'objecterai simplement que c'est sa vie perso, et que ses choix perso ne nous concernent pas. Il avait le choix. Il n'avait qu'à faire financier ou RSA. Il connaissait dès l'entrée en médecine les avantages et les inconvénients des études et du boulot : à lui d'assumer. "
Et bien y a qu'à arrêter de payer le chômage à tous ceux qui ont fait un choix bidon de formation, tel que bep secrétariat, carrossier ou autres. Ils le savaient bien qu'ils ne trouveraient pas de boulot. A eux d'assumer," Il connaissait dès l'entrée les avantages et les inconvénients des études et du boulot". Comme quoi cette méthode de réflexion marche pour tout. Il faut juste être un peu méprisant comme un intello de gauche.
21/08/2012 à 20h45
Il connaissait dès l'entrée en médecine les avantages et les inconvénients des études et du boulot : à lui d'assumer. Il savait qu'il ne serait jamais libre, car il savait que la médecine est une profession avec énormément de contraintes. Si étudiant en médecine était aussi pénible que tu l'affirmes, comment se fait-il qu'il y ait tant de volontaires pour aller dans cet enfer ? Tous des fous ?
Et les étudiants en psychologie, en lettres moderne, en histoire de l'art tu crois réellement qu'ils sont au courant des débouchés en fin d'études.
En dentaire, tu commences à connaître les conditions d'exercice réels quand lors de l'entretient on te dit d'oublier l'ensemble des protocoles appris à la fac pour leur version nomenclature française.
Avant l'internat en médecine, tu as aucune idée réelles des conditions d'exercice.
Après si on arrive au délire des infirmières ou 10 ans après la fin de leur formation, plus de 25% arrêtent de travailler dans le secteur mais avec des médecins à bac +10. Ça va faire un gros trou dans les finances publiques.
21/08/2012 à 21h09
Pourtant facile de résoudre les problèmes dans ce pays:
-tu es médecin, dentiste, nanti, tu dois tout à la société, tu t'installes où on te dit et tu remercies le monsieur
-tu es chômeur, tu n'as pas de boulot, il y a des centaines de milliers d'emplois non pourvus dans ce pays, tu pars bosser où on a besoin de toi, même dans un ex-désert médical puisque tu auras tout ce qu'il te faut.
Ca serait ça une politique "normale" en Normalie.
21/08/2012 à 21h49
dentalproject écrivait:
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> Et bien y a qu'à arrêter de payer le chômage à tous ceux qui ont fait un choix
> bidon de formation, tel que bep secrétariat, carrossier ou autres. Ils le
> savaient bien qu'ils ne trouveraient pas de boulot.
Tu veux plutôt dire "sociologie, histoire de l'art, archéologie et autres"
Parce que bep secrétariat, carrossier et autres, c'est le genre d'études qui te donnent un boulot garanti ^^
Améli: blablabla il y aura des mesures incitatives pour s'installer à la campagne et blablabla des mesures limitatives pour s'installer en zone sous-dotée.
Tu me fais rire, car ce que tu dis représente exactement ce que j'ai écrit plus haut sur les mesures idiotes et l'argent public gaspillé. Des gens sont payés pour pondre des rapports réfléchissant à des problématiques pour aboutir à ce genre de conclusion en omettant un LEGER détail: 10% des médecins s'installent, 15% du volume des fraichement diplômés partent à l'étranger tous les ans. Ah oui, le problème c'est que régler ce problème est trop compliqué et onéreux alors prenons des mesures à la con qui vont à peu près marcher à court terme et assurer la réélection de ceux qui l'auront prises et tant pis si ça ne fait qu'aggraver le problème de fond (bah oui, vu que chaque mesure contraignante supplémentaire finit par se traduire en pourcentage dans les chiffres cités plus haut)
Sinon, pourquoi les étudiants vont-ils en médecine si c'est "l'enfer" ?
Bah, contrairement à ce que tu crois, les petits jeunes qui vont en p1 ne connaissent STRICTEMENT rien, ni de la médecine, ni des études. Et je ne dis pas ça parce que je fais des présentation aux petits jeunes dans les salons de l'étudiant et que j'ai aussi eut fait plusieurs fois la présentation de dentaire dans l'amphi des p1 ;)
Tout ce qu'ils en savent, c'est dr House, Urgence, Grey's anatomy + l'image qu'a l'inconscient collectif du médecin qui gagne pleeeein de pognon.
D'ailleurs, ça me rappelle une amie qui n'a personne de sa famille dans la médecine. Quand elle a trouvé un poste salarié à 3000 euros par mois (si on informait les jeunes médecins que leur destin en France à moyen terme, c'est le salariat à 3000 euros par mois, je ne suis pas sur que les "vocations" ne disparaissent pas subitement chez beaucoup), la première réaction de son père a été "t'as pas fait médecine et 9 ans d'étude pour ne gagner que 3000 euros par mois ! ça va pas bien d'accepter ???"
Aaaaah, l'inconscient collectif...
21/08/2012 à 23h16
Ben quoi ? 3000 euros par mois comparé au 399 d'un RSA c'est pas mal ! Reste plus qu'a rembourser le coût des 9 ans d'études à l'état !))))) hein améli ?
22/08/2012 à 11h28
chicchique écrivait:
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> Alors que les hauts et moins hauts fonctionnaires ainsi que les médias
> s'obstinnent à voir les médecins comme dans 'morts sur ordonnance' je signale
> que ds la promo de mon fils DCIV ,il y a 2 filles pour un garçon!!
Oui, cette mutation des professions médicales est entamée depuis lurette, et certains s'obstinent à ne pas en tenir compte.
Oui, tout change, y compris le fait que les professions médicales et paramédicales ne sont plus des professions indépendantes telles que nous les avons vécues.
Cette féminisation a une conséquence évidente sur la vie de famille, et donc sur la vie professionelle : une aspiration au "temps partiel", et une forte aspiration au salariat, pour gagner du temps de vie familiale.
Si on ajoute à cela l'inflation des charges pour le plateau technique, les cabinets vont se transformer : des structures plus importantes et moins nombreuses, avec des salariés. Donc des cabinets de 5 fauteuils + 1 salle de chir, ouverts du lundi au samedi, avec autant de praticiens qu'il faut pour rester ouvert, soit l'équivalent de 8 praticiens ETP minimum par cabinet dentaire qui se relaieront sur les équipements.
Et c'est pareil chez les médecins.
En zone rurale, les MSP permettront de partager les frais de fonctionnement.
> Elles lâcheront c'est sùr!!
Non, elles ne lâcheront pas. Elle travailleront à temps partiel.
22/08/2012 à 11h52
Le problème c’est qu’au départ , je le vois chez mes jeunes ,le salariat n’était pas leur objectif..ils préféraient le libéral non par forcement le gout pur de l’argent, mais une mentalité :
l’indépendance ,être maitre de ses choix ,de pouvoir former son personnel à sa convenance ,de choisir ses formations continues.
Les cabinets de radiologie et d’analyse médicale deviennent propriété de grands groupes privés dont ils deviendront les ‘petites mains’ , ou être le salarié médecin généraliste de Mr le maire n’est pas leur but non plus ;celui là quand il demandera à être pris en urgence ,ce sera tapis rouge !
( C’est ce qui est arrivé dans mon département ,une commune a salarié un généraliste)
Dejà en libéral ,quand on a demandé un service à la mairie , c’est délicat de parler hygiène bucco dentaire ,alors les pauvres je les plains…
Enfin ils se mettront en arrêt maladie ,comme un des cantonniers de mon village ,dès que le maire lui fait une réflexion , toc :en déprime…
Cela pourrait être drôle si ce n’était pas navrant..
22/08/2012 à 12h04
J'ai bien peur , améli, que ca foire. je suis dans une petite bourgade un peu prétentieuse (signes caractéristiques: les boudins en plastique partout dans les rues et les trottoirs, qui se font massacrer régulièrement par les 15T!).
La msp a juste "délocalisé" de leurs cab des prat existants , attiré un assez agé, et un cycle de roumains qui repart tres vite.
Tu sais bien, les jardins privatifs pendant la NEP!!!! Les projets collectifs , plein de bonnes intentions, ne résistent pas à l'inertie collective et la démotivation.
http://genoudesalpages.blogspot.fr/2011/09/il-y-parfois-des-telescopages-de.html
22/08/2012 à 12h14
king_zoulou écrivait:
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Des gens sont payés
> pour pondre des rapports réfléchissant à des problématiques pour aboutir à ce
> genre de conclusion en omettant un LEGER détail: 10% des médecins s'installent,
> 15% du volume des fraichement diplômés partent à l'étranger tous les ans.
C'est effectivement un détail !
Car tu n'as pas intégré l'autre donnée : l'aspiration au salariat et au temps partiel.
Donc, ce ne sont pas des professionnels qui "s'installent", mais des investisseurs-chefs d'entreprise qui créent des cabinets et qui embauchent des salariés. Que le patron du cabinet soit un dentiste (ou un médecin) ou un investisseur, où est la différence ?
D'autre part, oui, certains étudiants partent à l'étranger, soit pour poursuivre leur cursus, soit pour y vivre et y travailler. C'est ce qu'on appelle la vie ! Y a bien des footeux qui vont au Barein, pourquoi pas.
Mais ces départs sont compensés par ceux qui viennent en France pour y vivre et y travailler. En ce moment, il y a davantage d'arrivées que de départs.
Le monde n'est pas figé et immuable, et tant mieux.
> oui, le problème c'est que régler ce problème est trop compliqué et onéreux
> alors prenons des mesures à la con...
Le problème politique de la désertification médicale a été abordé dans tous les pays développés. Les différentes mesures prises, partout, se rejoignent : la France ne prend pas de mesures différentes des autres.
En France, selon les études européennes sur le sujet, il n'y a pas de problème de nombre mais de répartition ; la situation n'est critique que dans de rares cantons, et les mesures correctrices nécessaires ne seront pas douloureuses.
> Bah, contrairement à ce que tu crois, les petits jeunes qui vont en p1 ne
> connaissent STRICTEMENT rien, ni de la médecine, ni des études.
La liberté de choix (du métier, de l'installation, du mode d'exercice, etc) n'est méritée que si elle est conjointe de la responsabilité. Ce n'est pas un "libéral" qui va me dire le contraire !
Celui qui entre en fac de médecine a fait librement un choix dont il est responsable. Je ne vais ni l'en féliciter ni le plaindre. Si son choix s'est fait sur des critères fantaisistes ou sur des renseignements bidonnés, c'est de sa responsabilité, il ne peut s'en prendre qu'à lui-même, et il peut changer et aller en BEP-coiffure après un échec. Moi, après le bac, je suis allé "regarder travailler" mon dentiste pendant une semaine avant de me décider !
Ce raisonnement est le même pour ceux qui choisissent de faire des études de psycho-socio... : à eux d'assumer le risque.
22/08/2012 à 12h26
ameli écrivait:
---------------
>
> La liberté de choix (du métier, de l'installation, du mode d'exercice, etc)
> n'est méritée que si elle est conjointe de la responsabilité. Ce n'est pas un
> "libéral" qui va me dire le contraire !
> Celui qui entre en fac de médecine a fait librement un choix dont il est
> responsable. Je ne vais ni l'en féliciter ni le plaindre. Si son choix s'est
> fait sur des critères fantaisistes ou sur des renseignements bidonnés, c'est de
> sa responsabilité, il ne peut s'en prendre qu'à lui-même, et il peut changer et
> aller en BEP-coiffure après un échec. Moi, après le bac, je suis allé "regarder
> travailler" mon dentiste pendant une semaine avant de me décider !
> Ce raisonnement est le même pour ceux qui choisissent de faire des études de
> psycho-socio... : à eux d'assumer le risque.
Sur mais le problème c'est qu'a dévaloriser les études de médecines de cette manières les bons candidats vont aller ailleurs.
Dèja l'internat obligatoire ça a était un coups dure, mais perdre ne partie son choix d'implantation pour 3 a 5 ans ça fait beaucoup.
Je n'irais pas en medecine a l'heure actuelle trop de contrainte pas assez de bénéfice.
Quand a aller voir bosser les professionnels avant de se décider c'est pas terrible comme argument. Il y a plusieurs type d'activité en dentaire .Je suppose qu'un étudiant hésitant entre dentaire et médecine n'aurait pas une idée représentative de l’exercice en allant vous voir travailler une semaine :-) . Pourtant quand vous avez choisi c’était après avoir vue du libéral.
En médicine c'est encore plus varié et en ce moment il changent les régles en court de route.
--
หมอจัดฟัน
22/08/2012 à 12h30
ameli écrivait:
---------------
>
> Si on ajoute à cela l'inflation des charges pour le plateau technique, les
> cabinets vont se transformer : des structures plus importantes et moins
> nombreuses, avec des salariés. Donc des cabinets de 5 fauteuils + 1 salle de
> chir, ouverts du lundi au samedi, avec autant de praticiens qu'il faut pour
> rester ouvert, soit l'équivalent de 8 praticiens ETP minimum par cabinet
> dentaire qui se relaieront sur les équipements.
> Et c'est pareil chez les médecins.
> En zone rurale, les MSP permettront de partager les frais de fonctionnement.
>
Pour les MSP, il n'y a aucun gain en terme de charge. Il y a suffisamment de statistiques sur le sujet pour le valider depuis longtemps. Oui tu partage les frais de fonctionnements qui sont aux moins identiques voir supérieurs.
8 praticiens sur un cabinet là où actuellement tu as une majorité de cabinets individuels, cela implique un développement toujours plus importants des déserts médicaux. Tu ne peux regrouper des praticien et ne pas créer des désert médicaux qui imposeront aux patients de faire 50 km pour aller voir les praticiens de ces structures de groupe.
De même si tu veux un bloc chir dans chaque structure cela se fera comme avec la gynécologie et la chirurgie actuellement avec une disparition des structure de proximité qui n'ont pas assez d'activité et sont alors jugées dangereuses.
Donc au lieu de faire croire à une utopie de la disparition des déserts médicaux, on va aller vers une augmentation de leur nombre et de la distance à parcourir pour répondre à des objectifs comptables de réduction des couts. C'est déjà ce que l'on voit avec les premières MSP qui ont tendance à aspirer les praticiens des alentours en leur sein et à concentrer l'offre médicale en créant à leur périphérie des déserts médicaux.
22/08/2012 à 12h33
ameli écrivait:
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Moi, après le bac, je suis allé "regarder
> travailler" mon dentiste pendant une semaine avant de me décider !
Et tu es devenus dentiste conseil à la sécu. Il faisait quoi le dentiste que tu as suivit pendant une semaine pour que tu fasse un métier différent de petit fonctionnaire.
22/08/2012 à 12h43
adhoc écrivait:
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> La msp a juste "délocalisé" de leurs cab des prat existants , attiré un assez
> agé, et un cycle de roumains qui repart tres vite.
Les MSP ont eu un effet d'aubaine qui a attiré de mauvais projets, soutenus mordicus par de petits potentats politiques locaux.
J'ai déjà flingué plusieurs projets mal ficelés dans mon département.
Dans ma région, sur environ 15 projets présentés, 4 ont été jugés viables et bons, et seront soutenus par l'ARS. Il y a un écrémage important et nécessaire.
Malheureusement, ces pouvoirs politiques locaux ne tiennent pas toujours compte de l'avis de l'administration, finalisent ce projet mal engagé... et vont dans le mur avec l'argent du contribuable, pour leur petite gloriole personnelle et locale... et l'election suivante.
Les MSP n'ont pas pour but essentiel d'attirer des intervenants, mais de pérenniser l'offre, et surtout de travailler différemment.
C'est donc la qualité humaine des membres de l'équipe en place, leurs liens amicaux, leurs motivations qui font la différence. Difficile donc d'intégrer un étranger parlant mal français, qui part avec le handicap du manque de "liens" !
Les MSP sont une belle façon de pratiquer, mais elles ont de fortes exigences. Qui néglige ces exigences va à l'echec.
22/08/2012 à 13h45
ameli écrivait:
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> Les MSP sont une belle façon de pratiquer, mais elles ont de fortes exigences.
> Qui néglige ces exigences va à l'echec.
Pour les dentistes, les MSP sont nulles à chier.
Voir ce petit recueil de témoignages de dentistes sur le forum, UNANIMES en défaveur de l'exercice dentaire en MSP:
http://www.eugenol.com/sujets/393620-chirurgiens-dentistes-generalistes-et-maisons-de-sante-y-a-t-il-un-interet-pour-les-dentistes?page=1#post_568582
On attend toujours les avis des "nombreux" dentistes épanouis en MSP que tu as rencontrés à maintes reprises... ;-)
Pour les généralistes c'est peut-être confortable, pour les CD, aucun intérêt.
--
Faut savoir faire autre chose que de regarder toute sa vie dans la bouche des gens. (Ameli, 7/12/11)
22/08/2012 à 14h11
Pour revenir au sujet initial du fil , je pense personnellement que les générations actuelles de médecins qui ne veulent pas s'installer en campagne et préfèrent la ville sont d'un crétinisme avéré , commettent une grave erreur de jugement quant à la pratique de leur métier , qu'ils sont responsables de l'interrogation des politiques à ce propos .
Je suis très amusé par le terme de désertification des campagnes , de certaines régions , et finalement on voudrait nous présenter "la" chose avec en arrière plan , 2 gendarmes encadrant un gueux , médecin de son état , parachuté de Marseille à Trou duc-ville dans le pas de Calais .
S'ils ne veulent pas faire 200 heures par semaine , pourquoi ne pas s'associer et tourner 3 jours par semaine .
Bref ils leur manquent un cerveau , le même sans doute qui leur fait ignorer notre profession , je serais curieux de voir un questionnaire sur les dents remplis par eux , au débotté .
Qu'ils se gèrent et se débrouillent et qu'on n'essaye pas ICI de nous dire que parce qu'ils risquent de se faire e**erder EUX , c'est le doigt dans l'engrenage qui nous y entrainera aussi .
22/08/2012 à 14h30
uɹöɾq écrivait:
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> Voir ce petit recueil de témoignages de dentistes sur le forum, UNANIMES en
> défaveur de l'exercice dentaire en MSP:
Je les crois sur parole, et je m'en fiche.
Comme d'ailleurs des témoignages des clients de la SNCF qui affirment que les trains n'arrivent pas à l'heure.
Je fais un constat : les passagers des trains qui arrivent à l'heure ne disent rien, et ceux qui protestent contre les retards des trains reprennent le train.
Donc, les protestations et témoignages n'ont guère d'importance, du moment que les clients existent. Une dizaine de candidats dentistes pour des MSP par région, c'est suffisant. Je les ai, largement. Je ne vais donc pas me lancer dans un combat pour convaincre des réticents : je n'en ai pas besoin. Pire : je n'en veux pas, le risque est trop grand, tant pour eux que pour la cohésion de l'équipe !
Quand on ne veut pas aller dans une MSP, il ne faut surtout pas y aller !
Je peux même aller plus loin.
Travailler dans une MSP est sans grand intérêt pour un dentiste. Ce n'est pas une affaire financière, il y a moins de loyer mais souvent plus de charges de structure. Il faut faire copain-copain avec des gens qu'on n'aime pas forcément, on est obligé de travailler en équipe. Il y a des obligations de présence aux réunions. On se partage des patients. Faut se consulter pour les modifications d'organisation, pour certains investissements communs. Etc.
Tous ces détails rafraichissants, voire refroidissants, je les précise dès la première réunion, et ils sont répétés chaque fois par le consultant de l'opérateur.
Ne survivent que les volontaires convaincus. Les autres n'ont rien à faire dans une MSP, ils ne sont pas désirés.
22/08/2012 à 16h55
alapex écrivait:
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> S'ils ne veulent pas faire 200 heures par semaine , pourquoi ne pas s'associer
> et tourner 3 jours par semaine .
Enfin un esprit éclairé !
Ceux qui ne voient pas que la société change sont aveuglés par leurs certitudes.
La société change et les pratiques médicales (et dentaires) suivent. On n'est plus dans une période dans laquelle on raisonne en ETP mais en temps (ETP ne veut plus rien dire), sous la pression de la féminisation, et c'est tant mieux. C'est aussi une liberté que nos anciens ne pouvaient pas se permettre, avec un inconvénient : un nivellement des revenus.
Les prestations sociales aussi changent, et l'économie de la santé va dans le même sens : on va à grands pas vers l'exercice partagé et son corollaire : la coordination des soins, la filière de prise en charge globale. C'est non seulement moins couteux mais aussi plus efficace.
Ceci dans tous les pays !
Cet exercice partagé peut prendre différentes formes, qui n'entravent en rien la liberté des pratiques. ça peut être l'association, la MSP, ça peut être l'entreprise avec des salariés, ou même ça peut être comme il y a 100 ans la coopérative. On va donc vers le regroupement des plateaux, une certaine centralisation dans des bourgs et évidemment des antennes locales pour la médecine de premier degré avec (pourquoi pas) délégation de taches et transmission internet de données vers un référent mieux formé.
ça se fait déjà un peu partout. C'est entamé en France pour des professions à forts besoins logistiques : pharmacies et labos.
La France traîne, comme d'habitude. Non à cause des pouvoirs publics, qui ne sont pas décideurs dans les formes d'exercice, mais à cause de nos propres mentalités individualistes. Dès qu'il doit se remettre en cause, dès qu'il doit partager, le Français devient méfiant. Il préfère regarder le passé avec nostalgie.
Les autres pays sont moins cons que nous, et avancent plus vite. Mais je vois bien qu'on ne va pas rester indéfiniment au XXè siècle, et que ça commence à bouger sous la pression des plus jeunes.
Cela étant, on n'oblige personne.... quoique la sécu prend la donnée en compte et commence à rémunérer ce partage.
Mais les mentalités changent. Petit à petit, on y vient.
L'exercice individuel va disparaitre.
22/08/2012 à 17h41
barbabapat écrivait:
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C'est
> déjà ce que l'on voit avec les premières MSP qui ont tendance à aspirer les
> praticiens des alentours en leur sein et à concentrer l'offre médicale en créant
> à leur périphérie des déserts médicaux.
C'est pourquoi les études d'impact se sont très notablement améliorées !
Pour décider de la nécessité d'implantation, on tient désormais compte des indices de disparité et d'agrégation (indice de Gini).
Quand il y a risque d'accroitre le risque sanitaire par transferts de compétences médicales en un lieu central (par comparaison des "gini" avant et après), la MSP doit se construire concomitemment avec un pôle de santé, donc avec des antennes.
Un projet de MSP n'est jamais déconnecté de l'environnement. S'il y a risque de désertification accru, le projet est refusé, et les subventions aussi.
Exemple :
J'ai un projet en territoire fragile identifié, de superficie modérée. Absolument tous les intervenants potentiels sont situés dans le bourg (gini 1), et d'autres sont prêts à venir. Les patients des villages environnants se déplacent depuis des décennies et les habitudes sont ancrées. On n'a pas de raisons de rectifier ce gini étonnant.
Donc, on ne va pas imposer un pôle de santé à ces professionnels, et créer artificiellement une antenne : le réseau d'infirmiers donnant l'alerte aux médecins en cas de problème éventuel, et le centre 15 fonctionnant bien.
Le projet de santé doit être rédigé en conséquence : lien fort, fréquent et formalisé entre infirmiers et médecins afin d'améliorer l'existant. Bref, c'est pas une révolution des pratiques !